Des cyber-espions chinois auraient volé d’importantes données relatives aux capacités sous-marines de l’US Navy

L’affaire de ces deux anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] mis en examen pour avoir communiqué des informations sensibles au renseignement chinois a récemment fait couler beaucoup d’encre.

Cette semaine, rapporte Valeurs Actuelles, la cellule de coordination nationale du renseignement et de lutte contre le terrorisme (CNRLT), de l’Élysée, a expliqué que la Chine « n’hésite plus à mener des actions offensives et à infiltrer les milieux dirigeants avec des méthodes sophistiquées et difficiles à appréhender ». Et les agents qu’elle recrute en France sont « traités » depuis des pays tiers, ce qui rend le travail du contre-espionnage plus compliqué.

Cependant, de telles affaires éclatent régulièrement aux États-Unis. Le 8 juin, Kevin Mallory, un ancien agent de la CIA âgé de 61 ans, a été reconnu coupable par un jury fédéral d’avoir transmis des informations confidentielles à un service chinois. Il risque désormais une peine d’emprisonnement à perpétuité.

Le même sort attend Ron Rockwell Hansen, un ex-employé de la Defense Intelligence Agency (DIA) qui a été arrêté cette semaine pour avoir, lui aussi, travaillé pour le compte de la Chine, en échange de la somme rondelette de 800.000 dollars. Le prix à payer pour obtenir, entre autres, des documents hautement classifiés sur la stratégie de l’US Cyber Command, chargé notamment de contrer le piratage informatique chinois.

Et dans ce domaine, la Chine passe pour être à la pointe. De nombreux rapports officiels ou établis par des sociétés de sécurité informatique ont pointé l’activité des cyber-espions de l’unité chinoise 61398. L’un d’eux, publié en 2013 par le Pentagone et transmis au Congrès accusait Pékin de « mener une campagne de collecte de renseignements contre les secteurs qui soutiennent des programmes de défense nationale aux États-Unis, dans les domaines diplomatique, économique et industriels ». Des programmes comme celui de l’avion de 5e génération F-35 avaient notamment été visés.

Et l’on ne peut s’empêcher de penser que les récents progrès réalisés par l’industrie chinoise de l’armement reposent en partie sur ces informations sensibles dérobées dans les réseaux informatiques américains. Et, malgré les mesures de protection, la moisson n’est sans doute pas finie.

Ainsi, le Washington Post a révélé, le 8 juin, que des pirates informatiques chinois avaient réussi à subtiliser 614 giga-octets de données confidentelles relatives à plusieurs programmes d’armement conduits par l’US Navy, en s’introduisant dans le système informatique d’un sous-traitant du Naval Undersea Warfare Center.

Parmi les programmes concernés, l’on trouve des capteurs, des systèmes de chiffrement et des moyens de guerre électronique utilisés par les sous-marins américains ainsi que le mystérieux projet « Sea Dragon », lancé en 2012 par le bureau spécial du Pentagone afin d’adapter les technologies militaires américaines existantes à de nouvelles applications. Pendant longtemps, il a été sous la coupe du Secret Capabilities Office.

Le vol des données relatives aux capacités de guerre électronique des sous-marins nucléaires américains, par nature très sensibles, est particulièrement embarrassante puisque cela donne à ceux qui les ont dérobées les moyens d’éventuellement les contrer.

« Les experts militaires craignent que les Chinois aient développé des moyens qui pourraient compliquer la capacité de l’US Navy à défendre les alliés des États-Unis en Asie en cas de conflit avec la Chine », souligne en effet le Washington Post.

Or, dans cette éventualité, la marine américaine compte avant tout sur ses sous-marins, qui est l’un de ses points forts par rapport à son homologue chinoise. D’autant plus que, comme l’a souligné l’amiral James Stavridis, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), la Chine disposerait désormais d’une « une idée raisonnable du niveau de connaissances » de la marine américaine sur ses différentes plate-formes […], ce qui réduit considérablement notre marge de manoeuvre en cas de situation de combat rapproché avec des sous-marins chinois. »

Quant au projet Sea Dragon, il vise à mettre au point, à partir d’un système existant, un missile supersonique destinés à donner aux sous-marins de l’US Navy une capacité anti-navire à longue portée. « Le Pentagone a demandé ou utilisé plus de 300 millions de dollars pour le projet depuis fin 2015 et a annoncé qu’il prévoyait de commencer les essais sous-marins en septembre », écrit le quotidien américain.

De son côté, l’US Navy n’a pas souhaité commenter ces informations, son porte-parole, le capitaine de frégate Bill Speaks, ayant invoqué des « raisons de sécurité ». Toutefois, a-t-il dit, le Pentagone « s’adapte continuellement à la cybermenace. » Le souci est que ce ne sont pas les réseaux militaires qui sont en cause, mais ceux des entreprises ayant des contrats avec le département américain de la Défense.

« La plupart des cyber opérations chinoises détectées contre l’industrie se concentrent sur des entreprises du secteur de la défense ou des entreprises technologiques soutenant les réseaux gouvernementaux », avait ainsi constaté, en février, Dan Coats, le Directeur national du renseignement américain.

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