Face à la Corée du Nord, le Japon songe à se doter d’une capacité de frappe à longue distance

En raison de sa Constitution pacifiste, le Japon ne dispose actuellement pas de capacité de frappe à longue distance, la portée des missiles en dotation au sein de ses Forces d’autodéfense n’excédant pas 300 km. Jusqu’à présent, la question sur ce sujet ne se posait pas vraiment, Tokyo se reposant sur le Traité de défense mutuelle et de sécurité conclu avec Washington. Selon ce dernier, il reviendrait aux États-Unis de riposter à toute agression d’un pays tiers contre l’archipel nippon.

Seulement, le Japon est désormais sous la menace quasi-constante des missiles nord-coréens, dont plusieurs sont tombés, ces derniers mois, dans sa zone économique exclusive (ZEE).

D’où le débat, très délicat politiquement, sur l’opportunité d’équiper la force aérienne nippone de missiles de croisières capables d’atteindre les sites de lancement en Corée du Nord. En clair, il s’agirait pour le Japon de se doter de capacités offensives, ce que ne lui permettrait donc pas sa Constitution.

Cela étant, pour certains, tout est question d’interprétation. Aussi, ils estiment que de tels missiles à longue portée (capables d’atteindre non seulement la Corée du Nord mais aussi la Chine continentale) peuvent avoir un rôle « défensif » dans la mesure où ils seraient dissuasifs.

Selon les médias nippons, Tokyo envisagerait d’acquérir trois types de missiles : l’AGM-158 JASSM (Joint air-to-surface standoff missile), l’AGM-158C LRASM (Long Range Anti-Ship Missile) et le Joint Strike Missile développé par le norvégien Kongsberg pour l’avion de combat F-35, dont le Japon a commandé 42 exemplaires.

Ce projet d’acquérir de tels missiles a été révélé par la presse il y a quelques jours. Dans un premier temps, le ministre japonais de la Défense, Itsunori Onodera, a semblé en relativiser la portée. « Nous n’envisageons pas de financement [pour cette capacité] pour le moment » et « nous comptons sur les États-Unis pour attaquer les bases ennemies », a-t-il affirmé, lors d’un point presse, le 7 décembre.

Ce jour-là [date anniversaire de l’attaque de Pearl Harbor, ndlr] n’était-il pas approprié pour faire une telle annonce? Toujours est-il que, le lendemaine, M. Onodera a finalement admis que son ministère allait demander une enveloppe spéciale pour la prochaine année budgétaire, qui commencera en avril 2018, pour acquérir des missiles de longue portée en vue d’en équiper les F-15J des forces d’autodéfense nippones.

Ces missiles sont destinés « à nous permettre de faire face à l’adversaire depuis un lieu situé au-delà de la portée des menaces », a fait valoir M. Onodera devant la presse, ce 8 décembre.

Plus tôt, le Sénat japonais a estimé que les essais de missiles nord-coréens représentaient une « menace imminente » pour la Japon.

L’été dernier, le ministère japonais de la Défense a demandé un budget record, d’un montant de plus de 40 milliards d’euros (5.255 milliards de yens), en hausse de 2,54% par rapport au précédent exercice. Et cela, pour renforcer la défense antimissile et payer la livraison de 6 F-35J ainsi que l’achat de drones HALE (Haute altitude Longue Endurance) MQ-4 Global Hawk, de navires anti-mines et de capacités de combat amphibie. Cela étant, tout ne pouvant pas être financé, le programme d’avion de 5e génération F-3 (ATD X-2) serait en suspens.

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