Le président Macron a fixé les priorités de l’action internationale de la France pour 2018

Après les autorités religieuses et la presse, le président Macron a poursuivi le traditionnel « marathon » des voeux en s’adressant, le 4 janvier, au corps diplomatique. À cette occasion, il a fixé, dans les grandes lignes, les priorités de la politique international qu’il entend mener en 2018.

 

Bande sahélo-saharienne

Évoquant l’opération Barkhane, le président Macron a confirmé que la France resterait engagée dans le combat contre les groupes jihadistes présents dans la région car ce dernier est « indispensable ». Ce qui suppose, a-t-il dit, un « travail intense, politique et militaire pour réussir à obtenir dans les semaines […] qui viennent des victoires dont nous avons besoin face au terrorisme. »

« Il nous faudra, pour cela, appliquer avec rigueur et célérité les accords d’Alger », négociés en 2015 entre les autorités maliennes et les groupes armés indépendantistes touaregs, a estimé M. Macron. Sans surprise, le président français a insisté sur la nécessité d’accélérer la « mise en place » de la Force conjointe du G5 Sahel, « indispensable relais de la force Barkhane et de la MINUSMA [Mission des Nations unies au Mali, ndlr] » pour lutter contre les groupes terroristes.

« Cette lutte contre le terrorisme islamiste est à la fois une lutte armée, un combat politique et une lutte contre des réseaux » qui font « du trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains, l’un et l’autre se nourrissant mutuellement », a encore souligné M. Macron.

Sur ce point, le locataire de l’Élysée a insisté sur la nécessité de couper « toutes les voies de financement » des organisations terroristes. Ce qui suppose, a-t-il dit, « d’avoir un travail extrêmement structuré avec l’ensemble de nos partenaires qui consiste à surveiller l’ensemble des plateformes de financement, d’avoir des partenariats avec les acteurs bancaires ou financiers qui permettent ces transits [d’argent]. »

« Nous reculerons devant aucun effort pour faire disparaître toutes les possibilités de financement des organisations terroristes », a assuré M. Macron. Aussi, une conférence se tiendra à Paris en avril 2018 afin d’évoquer ce sujet. Ce sera « un moment important de la mobilisation des prochains mois, sur laquelle je ne cesserai moi-même de m’investir et qui mobilise plusieurs ministres du gouvernement et pour laquelle j’appelle la coopération forte de tous [les] pays », a-t-il ajouté.

Propagande terroriste

« Daesh, comme al-Qaïda, AQMI ou Boko Haram sont aussi des entreprises de propagande à l’échelle mondiale, via les réseaux [sociaux] et la lutte contre la propagation des idées terroristes sur Internet, en liaison avec les plateformes du secteur, est devenu un aspect essentiel de notre combat » contre le terrorisme, a constaté le président Macron.

Cette lutte sera « intensifiée dans les mois qui viennent », aux Nations unies et dans le cadre du G7, a priori sur la base du plan d’actions franco-britannique relatif à « l’utilisation de l’Internet à des fins terroristes, dévoilé le 14 juin 2017.

« Pour ma part, je pense qu’il faudra immanquablement légiférer, dans le cadre européen à coup sûr. Je souhaite que nous puissions décliner ces législations au-delà », a dit M. Macron, qui a déploré le fait que « nous avons laissé pendant des heures, parfois des jours, des contenus de propagande se diffuser sur les réseaux et atteindre les êtres les plus fragiles au sein même de nos sociétés » au nom de « principes détournés par les mêmes acteurs. »

Aide au développement

Pour lutter contre le terrorisme et, aussi, pour juguler les flux migratoires à destination de l’Europe, le président Macron a insisté sur l’importance de l’aide au développement. Afin de combattre « l’obscurantisme » et donc, l’idéologie jihadiste, il compte mettre l’accent sur l’éducation, en particulier sur celle des jeunes filles. Une « priorité absolue » selon lui. Le 2 février, une réunion sur le « Partenariat mondial pour l’éducation » se tiendra, en sa présence, au Sénégal.

S’agissant des flux migratoires, le président Macron a plaidé pour une « politique de développement et de partenariat » avec les pays d’origine, en misant sur l’éducation, l’économie et la culture.
Par ailleurs, les contrôles effectués dans les pays de transit, comme le Tchad et le Niger, se poursuivront. Là, il s’agit d’aider les migrants ne pouvant pas bénéficier du statut de réfugié à revenir dans leur pays d’origine.

Enfin, au niveau européen, le président Macron souhaite que les 7 textes relatifs à la politique migratoire en cours de discussion et qui permettront, entre autre, d’avoir « une protection commune aux frontières » et d’harmoniser le droit d’asile soient rapidement adoptés. C’est à dire dans les six mois qui viennent.

Libye

Pour régler la question migratoire et réduire la menace terroriste, M. Macron veut arriver à une stabilisation de la situation en Libye. Une étape « déterminante », a-t-il dit.

« Nous avons pu penser par le passé que l’intervention de puissances extérieures mettant fin au régime d’un dictateur suffisait à régler le sort d’un pays. Elle a suffi à régler le sort du dictateur. Mais elle n’a pas stabilisé le pays », a affirmé M. Macron, en faisant référence aux opérations militaires lancées en 2011. « Et le peuple libyen souffre aussi des décisions que nous n’avons pas prise à ce moment-là pour lui. Nous avons donc une responsabilité qui est, aujoud’hui, de construire la stabilité de la Libye qui seule permettra de régler durablement le sujet des migrations », a-t-il conclu.

Syrie

Le président Macron a estimé que la guerre civile syrienne ne pouvait être réglée que « quelques » puissances seulement, en référence aux pourparlers d’Astana, qui, associant la Russie, l’Iran et la Turquie (mais pas l’opposition syrienne), font de l’ombre aux discussions menées à Genève sous l’égide des Nations unies.

« Nous devons sortir de postures morales qui parfois nous ‘impuissantent’ mais nous devons aussi sortir de concessions faites à certaines puissances qui pensent qu’à quelques-uns, reconnaissant une partie d’une opposition désignée depuis l’extérieur, ils pourraient régler de manière stable et durable la situation en Syrie », a lancé M. Macron.

« La responsabilité des Nations unies, des puissances de la région, de l’Europe, des États-Unis dans ce contexte est grande et je compte pleinement m’y engager pour […] réussir à construire la paix en Syrie », a continué le président Macron, qui, par ailleurs, plaide pour la création d’un groupe de contact sur la Syrie avec les membres permanents du Conseil de sécurité et les pays de la région.

Irak

Que ce soit en Syrie et en Irak, il importe, pour M. Macron, de « gagner la paix » afin d’éviter la résurgence de l’État islamique, vaincu militairement.

« Cela supposera une action diplomatique intense, d’abord en Irak pour permettre d’organiser au mois de mai prochain des élections libres et permettre d’ici-là au Premier ministre Haider al-Abadi de construire un Etat stable », a estimé le locataire de l’Élysée. « Il est indispensable que, dans les prochains mois, il puisse y avoir une normalisation progressive de la situation en Irak, une démilitarisation des milices non reconnues (..) et une stabilité assurée par le gouvernement d’Irak, lequel doit être aidé dans cette entreprise par l’ensemble des puissances internationales », a-t-il insisté.

Enfin, sans désigner explicitement l’Iran, le président Macron a affirmé qu’il faudra être « vigilant » à ce qu’il n’y ait « aucune déstabilisation en Irak liée à des puissances extérieures. »

Nucléaire iranien

Le président Macron a répété la volonté de la France d' »engager un dialogue » avec l’Iran afin « d’encadrer » ses activités liées aux missiles balistiques et compléter l’accord sur son programme nucléaire obtenu le 14 juillet 2015 à Vienne (que le président Trump menace par ailleurs de dénoncer) par un « accord cadre » sur influence régionale, que ce soit en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban.

« Nous continuerons à veiller à ce que les droits (liberté de conscience et de manifester) soient pleinement respectés » en Iran, a également dit M. Macron, alors le régime a été confronté à des manifestations. Sur ce dernier point, il a insisté sur le fait que tout changement politique à Téhéran ne pourrait venir que « du peuple iranien lui-même » et « pas de l’extérieur ».

Corée du Nord

Sur le dossier nord-coréen, M. Macron a souligné le « rôle tout particulier » qu’est susceptible de tenir la Chine à l’égard de la Corée du Nord.

« J’aurai l’occasion dans quelques jours de m’entretenir avec le président chinois de ce sujet, car je pense que la Chine a un rôle tout particulier pour aider à pacifier cette situation, et je sais combien le président chinois a manifesté sa pleine conscience de cette problématique qui n’est plus seulement régionale (…) mais bien mondiale », a en effet déclaré le président français.

« Nous poursuivrons ainsi avec vigueur la recherche d’une solution politique mettant un terme aux provocations de la Corée du Nord et ouvrant la voie à la dénucléarisation de la péninsule coréenne », a-t-il aussi assuré, en soulignant l’importance d’exercer des « pressions graduées » afin de « recréer des canaux discussions » avec Pyongyang.

Union européenne

S’agissant de l’Union européenne, M. Macron a plaidé pour une « avant-garde ouverte » qui permettrait d’aller de l’avant dans certains domaines (culture, économie, éduction, investissements, etc). « Les moins-disants ne doivent pas bloquer les plus ambitieux », a-t-il lâché. En outre, il a critiqué la « naïveté » européenne face à la concurrence des autres puissances économiques. Refusant, toutefois, tout protectionnisme, il a dit souhaiter, en matière commerciale, plus de réalisme et de réciprocité.

Comme l’on pouvait s’y attendre, il a une nouvelle souligné l’importance du couple franco-allemand. Le 55e anniversaire du Traité de l’Élysée sera ainsi l’occasion de redéfinir des volontés et des axes communs aux deux pays. « Si la France et l’Allemagne ne se mettent pas d’accord, ça n’avance pas », a-t-il dit.

Le président Macron a aussi insisté sur la nécessité d’associer davantage les peuples à la construction européenne, via des consultations citoyennes. La France en organisera une au printemps prochain.

Centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918

« J’inviterai le 11 novembre à Paris près de 80 chefs d’Etat et de gouvernement des pays belligérants », a annoncé M. Macron. Ce sera ainsi « l’occasion de réfléchir à l’organisation du monde » et de « bien souligner quelle est notre responsabilité collective, à nous qui devrions savoir mieux que tous nos prédécesseurs ce qui a conduit l’humanité au malheur dans le passé et ce qui pourrait cause sa perte à l’avenir », a-t-il ajouté.

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