L’ONU parle de « signes avant-coureurs » d’un génocide en Centrafrique

Depuis le mois de mai, des affrontements meutriers entre différents groupes armés ont régulièrement lieu dans le sud-est de la Centrafrique, en particulier dans les secteurs d’Alindao, Bangassou, Mobaye et Bria. Ces combats, qui n’ont pas épargné les Casques bleus marocains de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilité de la République centrafricaine (MINUSCA), ont provoqué la fuite de plusieurs milliers de civils.

Cette situation est due, dans les grandes lignes, à la rivalité entre deux anciens groupes de l’ex-coalition rebelle de la Séléka, à savoir le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) du chef de guerre Nouredine Adam et l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Darass, pour le contrôle des ressources minières du pays.

Le FPRC compte plusieurs alliés, dont le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) d’Al Katim et des groupes armés associés à une milice « anti-balaka » à dominante chrétienne, commandée par un certain Maxime Mokom. Or, c’est cette dernière qui aurait multiplié les attaques contre l’UPC et l’ethnie peule et visé le quartier musulman de Tokoyo, à Bangassou.

Depuis maintenant plusieurs semaines, les Nations unies ne cesse d’alerter la communauté internationale sur la situation explosive que connait la Centrafrique. Mais comme la capitale, Bangui, n’est pas concernée par les troubles actuels, le message a visiblement du mal à passer.

En juin, dans un rapport sur la Centrafrique remis au Conseil de sécurité, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, se disait préoccupé par les risques « d’instabilité généralisée », voire « d’embrasement ». Puis, les incidents entre des « groupes d’autodéfense » et la communauté musulmane se sont poursuivis, comme à Zemio, à 290 km à l’est de Bangassou, ou encore à Bria

Le 26 juillet dernier, après la mort de trois Casques bleus marocains, M. Guterres s’est à nouveau dit « extrêmement inquiet au sujet des combats dans le sud-est de la République centrafricaine, des tensions inter-ethniques exacerbées et des efforts de détracteurs pour essayer de faire dérailler le processus de stabilisation du pays. » Et d’ajouter : « Si on la laisse perdurer, la situation actuelle risque de saper les résultats durement acquis pour parvenir à une paix durable », avant appeler, encore, « toutes les parties à « cesser la violence » et à « prendre des actions pour éviter une plus grande détérioration de la fragile situation en matière de sécurité ».

Deux jours plus tard, Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies, a prévenu que les « violences répétées contre les civils et les casques bleus risquent de marquer un point de basculement qu’il faut éviter à tout prix. »

Mais plus le temps passe, plus la situation se dégrade, comme en témoignent les combats qui ont eu lieu le 3 août à Gambo, une ville située à environ 75 km de Bangassou, entre « anti-balaka » et combattants de l’UPC. Ces affrontements auraient fait plusieurs « dizaines de morts », dont 6 parmi les volontaires de la Croix-Rouge.

Et désormais, les responsables de l’ONU ne parlent plus de « déstabilisation généralisée » ou « d’embrasement » mais de risque de génocide.

« Les signes avant-coureurs de génocide sont là », a en effet déclaré, le 8 août, Stephen O’Brien, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires. « Nous devons agir maintenant, ne pas réduire l’effort de l’ONU et prier pour ne pas avoir à vivre en le regrettant », a-t-il ajouté, avant de plaider pour revoir à la hausse les effectifs de militaires et de policiers de la MINUSCA.

Qui plus est, a encore souligné M. O’Brien, « la moitié de la population a besoin d’une aide alimentaire pour survivre » alors que la Centrafrique compte actuellement un demi-million de réfugiés sur 4,5 millions d’habitants. « Une rechute dans une crise humanitaire de grande ampleur est imminente », a-t-il prévenu.

En octobre 2016, la France a mis fin à l’opération Sangaris, estimant qu’elle avait atteint ses objectifs (empêcher un génocide en décembre 2013, permettre la relance d’un processus de normalisation politique, appuyer la montée en puissance de la MINUSCA).

Or, moins d’un an plus tard, la pouvoir centrafricain a du mal à imposer son autorité dans le pays (« l’État a perdu le contrôle des préfectures du centre et de l’est, le FPRC et le MPC y établissent progressivement des structures administratives parallèles », indiquait le rapport diffusé en juin), les groupes armés dictent leur loi, la MINUSCA est à la peine et le spectre d’un génocide est de retour…

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