Le Conseil de sécurité de l’ONU autorise le déploiement d’une force internationale au Mali

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité, le 20 décembre, la résolution 2085 autorisant, le déploiement sous « conduite africaine » d’une Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) pour une « durée initiale d’une année ». Aucun calendrier précis n’a cependant été donné.

Cette résolution, présentée par la France, valide ainsi le concept d’opérations (conops) préparé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et visant à soutenir l’armée malienne à déloger les groupes islamistes (AQMI, MUJAO, Ansar Dine) qui ont pris le contrôle du Nord-Mali après en avoir chassé les rebelles indépendantistes touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) au côté desquels ils ont mené une offensive lancée au début de cette année.

Le plan de la Cédéao, validé par l’Union africaine, prévoit d’envoyer au Mali une force militaire de 3.300 hommes, soutenue sur le plan logistique par des pays occidentaux.

Selon la résolution 2085, la MISMA aura pour mission d' »aider à reconstituer la capacité des Forces maliennes » ainsi que  » les autorités à reprendre les zones du nord de son territoire qui sont contrôlées par des groupes armés terroristes et extrémistes, tout en préservant la population civile. »

Le texte demande à l’Union africaine de remettre au Conseil de sécurité, tous les 60 jours, un rapport concernant « le déploiement de la MISMA, y compris avant le lancement de l’offensive dans le nord du pays », et portant notamment sur son entraînement, sa structure de commandement, son équipement, son « adaptation opérationnelle au climat et au terrain d’opérations et sa capacité de réaliser des opérations armées conjointes avec un soutien logistique et un appui-feu aérien et terrestre. »

Si aucun calendrier précis n’a été donné, l’offensive dans le Nord-Mali ne pourra se faire que si la planification militaire, qui « devra continuer d’être affinée », donne « satisfaction » au Conseil de sécurité.

Parallèlement, la résolution appelle les autorités maliennes à lancer un « dialogue politique pour rétablir pleinement l’ordre constitutionnel » avec la tenue d’élections présidentielles et législatives en 2013. D’autre part, elles sont également invitées à négocier de façon « crédible » avec les groupes rebelles présents au Nord-Mali à la condition qu’ils aient rompu tout lien avec les « organisations terroristes » comme al-Qaïda au Maghreb islamique et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest.

Le moment d’une intervention militaire au Mali « n’est pas imminent. Il est maintenant autorisé » a commenté le président Hollande, ce 21 décembre, sur les ondes d’Europe 1. « La résolution de l’ONU va permettre le dialogue politique. Ensuite, s’il y a toujours une occupation du Nord-Mali, ce sont les Africains qui mèneront cette opération avec le gouvernement malien », a-t-il ajouté.

Pour rappel, Paris devrait apporter un soutien logistique à l’opération militaire envisagée. Qui plus, la France sera la nation cadre de la mission européenne pour le Mali (EUTM-Mali), dont l’objet sera de former 4 bataillons de l’armée malienne.

« Le rôle de la France, c’est de lutter contre le terrorisme, c’est d’empêcher qu’un groupement terroriste comme Aqmi, c’est-à-dire al-Qaida, puisse s’installer dans une partie du territoire malien et engager des opérations de déstabilisation d’autres pays », a encore affirmé le chef de l’Etat.

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