Bientôt un « smartphone » dans le paquetage des soldats français?

A-t-on surestimé les capacités russes en matière de guerre électronique? Ainsi, en 2019, la Défense belge avait décidé de restreindre l’usage du téléphone portable pour ses soldats déployés en Estonie pour des raisons tenant à la sécurité opérationnelle [SECOPS]. En cause? Les applications de géolocalisation, susceptibles de mettre en danger une opération militaire. Mais pas seulement.

Lors de l’exercice Polaris 21, organisée fin novembre par la Marine nationale, il aura suffi qu’un seul téléphone portable ait « borné » à proximité d’une antenne relai pour couler fictivement un navire alors en navigation côtière. Et les exemples de ce type sont nombreux… [on pourrait également citer le cas d’une batterie de défense aérienne Pantsir-1 syrienne, détruite par une frappe israélienne, à cause d’un « smartphone » resté allumé, ou encore celui d’une expérimentation – édifiante – de l’armée belge…]

Or, en Ukraine, on nous explique au contraire que le « smartphone » est une arme… en particulier pour les civils. « Tutos de cocktail Molotov sur Twitter, cours de conduite de tank sur TikTok, astuce barricades sur Facebook : les réseaux sociaux sont devenus d’inattendus alliés des civils entrés en résistance contre l’invasion russe », a en effet récemment résumé Le Figaro.

À noter, cependant qu’Internet fonctionne encore en Ukraine en partie grâce aux satellites Starlink mis en orbite par l’entreprise américaine SpaceX, dirigée par Elon Musk. Cette constellation permet en effet aux zones mal desservies par les réseaux fixes et mobiles d’avoir un accès au réseau…

Cet usage du téléphone portable va-t-il inspirer l’armée française? « Soldats et citoyens font la guerre avec leurs smartphones en Ukraine », a ainsi relevé la Croix. Et, a confié un officier au quotidien, « c’est une des leçons. Dans les réseaux sociaux, l’efficacité vient de l’initiative individuelle. Il va falloir intégrer ces technologies duales, civiles avec des applications militaires ».

L’usage d’un « smartphone » sur le champ de bataille permettrait de nombreuses applications, comme l’a précisé une « haut gradé » français à Europe1. « La technologie est partout et le smartphone est devenu un outil de combat. Évidemment, il faudra le sécuriser sur un réseau autonome » mais « il pourrait être utilisé sur le terrain pour faire de la lutte informationnelle, prendre en photo des cibles, faire de la télémédecine d’urgence pour les blessés ou encore investir le champ cyber ».

Quoi qu’il en soit, de tels usages ont déjà été évoqués par le passé. Ainsi, en 2009, l’US Army avait même encouragé ses troupes à utiliser des iPod Touch et des iPhone en Afghanistan afin de bénéficier de certaines applications, notamment les outils de traduction. Et Raytheon avait même lancé, à l’époque, le RATS [Raytheon Android Tactical System], un dispositif qui, basé sur le système d’exploitation Android, devait permettre à un soldat de recevoir sur son téléphone des données tactiques, voire des images transmises par un drone ou un satellite, via une liaison chiffrée. Le prix annoncé était alors de 500 dollars.

Dans la même veine, et grâce à l’innovation participative, le ministère des Armées s’est doté du système Auxylium pour les soldats engagés dans la mission intérieure [MISSINT] Sentinelle. Cette solution, qui repose sur une « smartphone » Android amélioré, un modem dédié [le « boîtier Helium »] et des « bulles de communication privée », vise à remédier à la saturation éventuelle des réseaux téléphoniques classiques en cas d’attentat.

Photo : Raytheon

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69 contributions

  1. ji_louis dit :

    Il suffira de connaître la fréquence d’émission/réception de ces appareils pour savoir par goniométrie où sont les soldats pour leur envoyer un cadeau de l’artillerie. Ou pire : Un drone commercial équipé gonio, qui remonte le signal et largue une bombinette quand la direction s’inverse (passage à la verticale de la cible).

    Il ne faut pas oublier que tout internet mobile fonctionne par des communications radio, et que même cryptées, elles permettens de savoir la position de l’émetteur par relevé gonio. Il est tout à fait faisable de créer des détecteurs gonio spécialisés sur ces fréquences, connectés eux aussi à internet, de taille modeste (2 fois celle des téléphones portables), et utilisables comme des balises de détection de l’adversaire.

    • vascocap dit :

      C’est pas faux, mais j’imagine qu’a l’EM, les huiles et les ingés y ont pensé….

      • Leonidas dit :

        @vascocap
        Ouai ils y ont pensé comme ils avaient pensé au logiciel de paiement de soldes louvois…

    • Math dit :

      J’opterai pour bien plus simple: une application de QOS dérivée de son usage initial en cas d’invasion. Si l’ennemis reproduit l’erreur des russes, l’opérateur sait déjà précisément où se trouve chaque utilisateur. Il n’a plus qu’à balancer les coordonnés aux moyens de frappe, voir aux soldats si on peut faire de la réalité augmentees

    • Math dit :

      Pour les fréquences, il n’y a pas de magie non plus. Haute fréquence courtes distances, gros volume. Basse fréquence, longue distance, petits volumes et passe les murs. Une architecture qui pourrait être pénible à écouter de loin vu qu’elle n’émet pas loin serait un grand nombre d’antennes haute fréquence pour créer une ligne de communication sur les arrières. A voir si c’est défendable en pays mal conquis.
      Autre techno: un réseau FH à flux directionnels pour convoyer de l’info c’est bien et discret. Mais si le support de la parabole bouge, il faut le réaligner et ça prend du temps.
      Si l’ennemi utilise le réseau de l’opérateur local, c’est open bar.

      La question du smartphone, c’est la boucle d’accès radio, le bout de la chaîne. Il n’y a pas de miracle. Toute les x milliseconde, un smartphone recherche des antennes à proximité et choisi celle avec laquelle il veut échanger en fonction de la qualité du signal reçu. Donc toutes les x millisecondes, votre smartphone dit où vous êtes et vous n’y pouvez rien. À quoi ça sert de se camoufler et de rester immobile pendant des heures derrière un arbre si vous clamez sur toutes les antennes qui écoutent et vous cherchent (elles sont conçues pour le faire) « Je suis ici! ». C’est juste con, voir criminel. La question des applications de géolocalisation est une fumisterie. Le smartphone et le réseau font déjà le travail de vous geolocaliser. La géolocalisation est une interface graphique facile à utiliser, c’est tout.
      Le smartphone dans le paquetage, ok, mais pour les couillons hors de portée de l’artillerie. Sinon, je préfère prendre des cours de secourisme que d’avoir une application en réalité augmentée.

      • Simplet dit :

        Je n’y connais rien. Mais ne peut-on imaginer avoir juste un récepteur pour les troufions ? Et ne peut-on concevoir un smartphone qui ne cherche un relais que le temps d’envoyer un message ?

        • adnstep dit :

          Ben, c’est le principe des communications militaires . Plus évasion de fq et autres techniques…

    • Belzébuth dit :

      @ ji_louis
      Un espion directement sur soi, si la sécurité est percée:
      https://mobile.twitter.com/ThreshedThought/status/1524687923676954624

    • Juste pour info dit :

      Bonjour,
      « Il ne faut pas oublier que tout internet mobile fonctionne par des communications radio, et que même cryptées… »

      Merci pour vos explications techniques mais on dit « communications radio « chiffrées » et non pas « cryptées » ».
      Crypter un message, ça n’existe pas!
      Lorsque l’on est à l’origine du message on le chiffre avec une clé de chiffrement, le destinataire ami le déchiffre avec une clé de déchiffrement.
      On décrypte un message lorsque l’on à pas la clé de déchiffrement.
      On ne « crypte » donc pas lorsque on est à l’origine du message au regard du fait que l’on possède la clé de chiffrement 😉

      • ji_louis dit :

        La technique s’appelle cryptologie. Le chiffrement n’en est qu’un des aspects. Il existe des techniques de chiffrement sans clé (problème: dépendance au format).

      • Ératosthène dit :

        Merci beaucoup pour ces infos.

    • adnstep dit :

      Ça fait bien 20 ans que les JTAC communiquent avec les avions de cette manière. Comment voulez-vous transmettre une situation à un chasseur sans système de com ?

    • Ted dit :

      il existe une solution Pour contrer ça, c’est »l’évasion de fréquence »,et c’est déjà utilisé sur les transmissions militaires depuis des dizaines d’années…

    • Marmotte dit :

      Je mets des smartphone low cost ,par terre , un peu partout , lequel choisir? au bout d’un certain temps, plus de bombinette à larguer. Ca n’a jamais servi à quelque chose de tirer sur tout ce qui bouge!

  2. Prof de physique dit :

    Android est un système libre GNU/Linux adapté aux sartphones par Google. au passage, cette entreprise en a profité pour installer des applications intrusives, pour suivre, tracer, espionner ses utilisateurs.
    Devant ce scandale, des militants du mouvement des logiciels libres ont crée des versions « vermifugées », déparasitées de toutes les coquinerie du gros GAFAM, qui permettent d’utiliser certains modèles de smartphone sans faciliter l’espionnage de leurs utilisateurs.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/LineageOS
    https://fr.wikipedia.org/wiki//e/
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_distributions_alternatives_Android
    J’ose espérer que ces ordiphones militaires seront dotés d’un système d’exploitation lui aussi épuré des saloperies gafamesques.

    • Robert dit :

      N’est-ce pas Microsoft qui équipe nombre d’administrations françaises qui a des liens avec le renseignement américain?

      • lgbtqi+ dit :

        Si, et vu la passoire que ses systèmes d’exploitation ont la réputation d’être, je crains que finalement les liens soient… universels.

        Les puces Intel sont également incriminées.

    • lgbtqi+ dit :

      Merci pour les liens !

    • adnstep dit :

      L’important, c’est surtout la maintenabilité, la compatibilité et le suivi de versions, ce que les tenants du libre ont beaucoup de mal à assurer. Les industriels de défense y ont perdu quelques plumes.

      • PK dit :

        Vous pourriez développer ?

        Car l’industrie privée est justement très faible dans ce domaine : la maintenance est faîte avec les pieds et les durées de vie des produits sans commune mesure avec la durée des matériels, surtout dans l’armée où les durées se comptent souvent en dizaines d’année…

        Quand on a du matos libre, donc avec les sources, maintenir le produit est facile : il suffit d’embaucher un mec compétent. Vos industriels de la défense n’ont pas fait comme tout le monde : je prends PARCE QUE C’EST GRATUIT et ensuite je geins parce que je ne sais pas quoi en faire ?

        • adnstep dit :

          Non, quand on a des os (par exemple) libres au sein du matériel militaire, ce n’est pas plus simple qu’avec du Windows. Le maintien en conditions opérationnelles exige depuis longtemps qu’on arrête le bricolage, et les fournisseurs d’os libre avec un suivi professionnel (Redhat entreprise, au hasard ) ne sont pas pléthore, même si on préférera utiliser CentOS parfois, et se passer de support.

          Que ce soit Windows ou RedHat (ou autre linux) qui monte de version, c’est toujours un casse tête pour s’assurer de la compatibilité des matériels informatiques embarqués (aéronef, navire, ou autre), ou au sol.

          « il suffit d’embaucher un mec compétent. » Il faudrait en embaucher bien plus qu’un.

        • lgbtqi+ dit :

          Je suis partisane de systèmes libres et les utilise dès que possible. On y trouve des outils très intéressants qu’on ne trouve pas dans les systèmes captifs.
          Cependant, il faut reconnaître que le monde libre me semble atteint par la maladie de la division, un peu comme le(s) protestantisme(s), au lieu de se concentrer, et que l’interface graphique de nombreux logiciels pourrait être améliorée.
          En tous les cas, je recommande à chacun de tâter du libre, ne serait-ce qu’avec un liveCD / clef bootable et une distribution facile et bien documentée en FR comme Ubuntu par exemple. Par curiosité… comme par précaution. Ainsi, quand vous avez un système windows qui pose des pbs, vous pouvez facilement récupérer vos données

  3. GN dit :

    Côté gendarmerie, cela existe déjà avec les téléphones NeoGend, permettant l’accès aux applications métiers (fichiers mais pas que) et bientot à la radio PCStorm (Reseau Radio du Futur). Chaque gendarme est peu a peu doté d’un CrossCall.

  4. Plusdepognon dit :

    Bientôt des sms surtaxés pour choisir le camp vainqueur ?
    https://mwi.usma.edu/the-mirage-of-the-interconnected-battlefield

    Avec des plateformes des géants numériques immiscées partout « pour se simplifier la vie » :
    https://theconversation.com/le-geoint-nouveau-processus-de-connaissance-des-lieux-et-des-hommes-175357

    Vivement les Jeux uchroniques…
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Wang_(s%C3%A9rie_litt%C3%A9raire)

    Pas certain que ce soient des États-nations au bout du fil.
    https://korii.slate.fr/tech/amazon-sidewalk-reseau-geant-mesh-wifi-surveillance-vie-privee-objets-connectes

    • Plusdepognon dit :

      Évoquer les tactiques des ukrainiens sans mentionner les moyens US mis en oeuvre dans cette guerre par procuration, qui se déroule en Europe, c’est regarder le doigt sans voir la Lune…
      https://korii.slate.fr/tech/comment-etats-unis-abreuvent-ukraine-informations-tactiques-secretes-vitales-troisieme-guerre-mondiale

      • Ronin dit :

        @ Pdp
        Vous faites bien de le rappeler tout de même et mettre l’accent sur le rôle très important des moyens considérables du renseignement des armées américaines, avec des moyens de communication dernier cri donnés aux ukrainiens pour recevoir un rafraîchissement incroyablement rapide de la situation tactique du théâtre.

        Le budget du renseignement militaire de l’armée américaine, sans les autres « agences », représentant à lui seul plus de 90 milliards de dollars sur 750 (par comparaison celui des armées françaises est de deux milliards d’euros environ.).
        Il y aurait ainsi par exemple plus d’une quarantaine de satellites militaires américains braqués directement sur l’Ukraine et ses alentours.

        En effet, plus que la résistance ukrainienne c’est sans aucun doute ces moyens qui expliquent en majeure partie; la situation récente et actuelle.

        Ces moyens considérables mis en œuvre pour l’Ukraine expliquent en effet que nulle attaque, nul mouvement de troupe ou de logistique, nulle offensive majeure (c’est sans doute pour cela que les russes ont décidé de totalement changer leurs modes d’action.), nul point faible ou point fort des russes, ne soient connus, et ainsi largement anticipés.

        Il n’y aurait pas eu de résistance ukrainienne, telle qu’on l’a connait actuellement sur le terrain, sans ces moyens militaires. Pas d’attaques de convois aussi systématique, pas d’anticipation de la moindre attaque russe (au rythme des très lentes avancées actuel il faudra au moins deux mois aux russes pour conquérir le Donbass.

        Ce qu’ils finiront par faire, sinon ce serait acter une vraie défaite pour Poutine et son entourage !

        Pas de frappes ciblées, et particulièrement bien ciblées pour le coup, ni même de localisation des navires principaux russes, pas autant de ciblage de généraux russes, sans cette intervention directe des armées américaines dans le ciel, et sur le terrain (on sait que depuis huit ans les forces spéciales américaines et britanniques sont en Ukraine)…

        Par exemple, l’attaque première de l’aéroport de Hostomel, près de Kiev, n’avait aucune chance de réussir. Ce genre d’attaque aéroportée reposant essentiellement sur l’effet de surprise.
        Tout cela n’aurait pas été possible avec les seuls moyens, presque insignifiants et outre qu’humains, des systèmes de renseignements ukrainiens.

        Ce qui repose la question de la belligérance directe des américains dans ce conflit.

        Il ne fait de mystère pour personne, suffisamment objective, que les américains sont en guerre contre les russes, souhaitant même de leur propre aveu affaiblir durablement la Russie par ce conflit, et par l’intermédiaire du sacrifice du peuple ukrainien.
        Il est toujours important de le redire, au passage.

        En fait, la principale erreur des russes est qu’ils croyaient faire la guerre à la seule armée ukrainienne (celle de 2014 en plus.), mais qu’ils se retrouvent à faire la guerre à cette dernière, et aux Etats-Unis d’Amérique.

        C’est à dire, une armée ukrainienne très considérablement renforcée, en renseignement principalement, par les moyens de l’armée américaine.

        Encore une fois, on est là bien au delà de la simple cobelligérance classique de livraison d’armes, mais bel et bien dans le cas d’une intervention directe et déterminante.

        Le plus surprenant c’est que les russes pour l’instant, ne l’évoquent guère!

        Mais à force de chercher à acculer toujours plus Poutine (au lieu de chercher à négocier !!!), avec de nouvelles extensions de l’OTAN par exemple (le moment est particulièrement mal (ou bien !!!) choisi), il ne faudra pas encore venir s’étonner (sauf en Europe (Encore la principale grande perdante !), que les russes finissent également par passer à un stade supérieur ; à force de les pousser…

        Une guerre qui s’annonce donc plus longue, avec plus de destructions, plus de morts, plus de conséquences majeures y compris en Europe de l’ouest, plus d’impacts, et plus de moyens, ce que l’on habituellement appelle une escalade, que prévue.

        • ji_louis dit :

          Poutine n’a pas confiance en ses services de renseignement, ce qui l’aveugle pas mal. Quant au nucléaire, il reste l’armement de recours en cas de danger existantiel, et ne pas réussir à prendre le Donbas n’est pas encore existantiel.

          • Vinz dit :

            Non, pas le nucléaire tactique qui faisait parti de la doctrine d’emploi quasi au même titre qu’une artillerie ordinaire par le Pacte de Varsovie. Et Poutine est un enfant de la guerre froide. Pour le moment il s’en passe, mais l’occasion fera le larron.

        • PK dit :

          « Le plus surprenant c’est que les russes pour l’instant, ne l’évoquent guère! »

          Officiellement, car officieusement (= sur les réseaux pro-russes), ça en discute ferme depuis 2 mois…

        • Ératosthène dit :

          @Romin :
          « Ce qui repose la question de la belligérance directe des américains dans ce conflit.
          Il ne fait de mystère pour personne, suffisamment objective, que les américains sont en guerre contre les russes »
          puis,
          « Encore une fois, on est là bien au delà de la simple cobelligérance classique de livraison d’armes, mais bel et bien dans le cas d’une intervention directe et déterminante. »

          R A P P E L  : La Russie, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont signé un traîté par lequel en échange de l’abandon de l’arme nucléaire ukrainienne, ceux-ci s’engage à la défendre en cas d’invasion.
          Où allez-vous chercher midi à quatorze heures ?
          Je n’écris pas que les États-Unis se sont toujours bien comportés pendant les 20-30 dernières années. Je précise simplement qu’ils respectent un contrat avec la Grande-Bretagne.
          Par ailleurs, de même que nous avions secouru le Mali qui avait coulé puis nous y guerroyons sans cesse, rien n’empêche l’Ukraine d’avoir des accords avec d’autres pays qui participent au guerroyage.

        • Plusdepognon dit :

          @ Ronin
          Les américains ne s’en cachent pas, c’est cela qui est relativement inédit :
          https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-un-avion-russe-avec-des-centaines-de-soldats-a-son-bord-abattu-au-debut-de-l-invasion-grace-au-renseignement-americain-20220429

          Ça et les méthodes utilisées qui ressemblent à ce que décrivait le commandant Brossolet, ui ont été envisagées par des officiers américains.
          https://www.lopinion.fr/secret-defense/la-mort-de-guy-brossollet-theoricien-de-la-non-bataille

          C’était tellement sur toutes les ondes avec les motens de l’infoguerre US, que c’en est sidérant que les russes soient tombés dans le panneau, 32 ans après l’histoire du Koweït et de Saddam Hussein…
          https://www.liberation.fr/international/europe/invasion-russe-en-ukraine-le-renseignement-francais-failles-que-vaille-20220424_M5FUTSBY2VCYLJ2DUY6A67Q3RM/

  5. Castel dit :

    Les dimensions de l’appareil sur la photo paraissent vraiment réduites…..lisibilité ?
    Maintenant, au final, il.ne s’agirait peut-être pas de celui-là…
    En tout cas, la première chose dont l’armée devrait se préoccuper est un cryptage efficace, y comprit sur le positionnement bien sûr…
    Mais tout bien réfléchit, ce genre de matériel me semble indispensable en dotation, ne serait-ce que pour éviter que nos militaires ne soient tentés d’emmener leur smartphone personnel en opération, à condition qu’il puisse servir-le cas échéant-pour des communications personnelles sans risquer d’indiquer la position du soldat à l’ennemi…
    Pas facile, sans doute, mais je fais confiance à nos techniciens pour trouver une solution, car, il me semble, que dans dans l’autre sens, il pourrait s’agir d’un outil précieux pour que nos unités reste en contact, en cas de défaillance des radios habituelles !!!

    • Dolgan dit :

      Et on l appellerait CONTACT ?

      Je dis ça , je dis rien.

    • philbeau dit :

      Concernant le hardware , on a un fournisseur national qui est déjà là (mobiles « tout terrains ») :

      https://www.lesechos.fr/2017/01/le-fabricant-francais-de-smartphones-crosscall-veut-elargir-son-public-159563

      • Ératosthène dit :

        À quoi cela sert-il d’être fabriqué en France, si c’est pour se dénommer crosscall ? Je comprends le public qui boude.

        • Carin dit :

          Le véritable problème de cette entreprise aixoise, c’est que si elle revendique le côté « France »
          de ses appareils, ils sont fabriqués en…. Chine! Ils ne sont donc pas utilisables par nos milis.

    • Notapix dit :

      L’appareil sur la photo est un HTC Dream, le tout premier smartphone Android produit, fin 2008. M. Lagneau indique que l’illustration vient de Raytheon, qui a proposé son RATS en 2009 : c’est une image d’époque, qui n’a rien à voir avec ce qu’on pourrait utiliser aujourd’hui (le HTC Dream étant aux smartphones d’aujourd’hui ce qu’une 2CV est à une Tesla).

      Ce genre de matériel peut évidemment être très utile, mais un smartphone civil (comme ici) dépend d’un réseau civil, basé sur des infrastructures civiles (antennes, câbles, etc). Un système militaire aura besoin d’une infrastructure militaire, transportable, rustique et résiliente, pour communiquer avec les « smartphones » des soldats. Qui n’auront donc probablement que peu à voir avec les smartphones grand public, ou du moins pas plus qu’un VBCI n’a de similarité avec un autobus : ça sert à la même chose, mais sinon…

  6. Alfred dit :

    De mieux en mieux. C’est un concours d’idées fumeuses ? Parce que des cours de conduite de char sur Tik Tok, des recettes de cocktail molotov et des astuces de barricades, c’est un peu léger en termes de formation et d’efficacité tactique. Et si face à une difficulté particulière sur le terrain, tout le monde se met à donner son avis ou à prendre celui de machin et de bidule, ça risque de devenir rapidement le b…. au détriment de la rapidité de la réaction et de la cohérence de la manoeuvre. Sans parler des dérives. Déjà que certains arrivaient à écouter France Inter avec les C10, en crapahutant….

    • Edgar dit :

      @ Alfred « Parce que des cours de conduite de char sur Tik Tok, … » Bah, ça dépend. Imaginez : vous êtes un gros paysan de la Beauce (avec beaucoup de tracteurs), un jour, après une nouvelle crise existentielle du sieur Poutine, vous trouvez un T-72 en panne au beau milieu de vos champs de blé. Dans le même temps, vous apprenez que l’armée française viens de s’apercevoir que revendre son dernier Leclerc au Qatar n’était pas une bonne idée. Vous vous dites que ramener ce T-72 du côté de l’Elysée, histoire de voir si vos militaires pourraient en faire quelque chose, serait sans doute une idée pertinente. Qu’est-ce que vous faites ?

  7. Roland de Roncevaux dit :

    « Tutos de cocktail Molotov sur Twitter, cours de conduite de tank sur TikTok, astuce barricades sur Facebook : les réseaux sociaux sont devenus d’inattendus alliés des civils entrés en résistance contre l’invasion russe » a en effet récemment résumé Le Figaro, « Soldats et citoyens font la guerre avec leurs smartphones en Ukraine », a ainsi relevé la Croix… Lit-on vraiment des bêtises pareilles dans la presse officielle française ? Les lecteurs du Figaro et de la Croix sont-ils ahuris à ce point ? On imagine aussi que les enfants jettent leurs poupées pour arrêter les missiles et que les grands-mères ont tricoté des gilets-par-balles.

  8. Pravda dit :

    Les ukrainiens suivent grossièrement le déploiement des troupes russes grâce à leurs smartphones, c’est assez impressionnant de « visu » de voir la concentration au centre alors que les lignes au nord paraissent dégarnies:
    https://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/uny6vm/a_heatmap_of_phones_connected_to_the_russian/

  9. who? dit :

    « Bientôt un « smartphone » dans le paquetage des soldats français? »
    On est déjà pas foutu d’obtenir une parka et un sac a dos…

  10. Stéphane Leroy dit :

    Je parcours les commentaires…
    Et bien souvent, lorsqu’il s’agit d’innovations, d’idées d’optimisation…me vient une réflexion qui, je précise par avance, ne vise personne…en particulier…

    Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient…

    Bon week-end

    • adnstep dit :

      L’innovation est au coeur des armées. (Chaque armée dispose d’ailleurs d’un centre d’essais et d’expérimentation). Mais entre l’idée sympa et l’utilité opérationnelle, il y a un monde, et de toute façon même s’il y a utilité, encore faut-il conserver une compatibilité avec des matériels et des systèmes d’armes de plus en plus complexes. En fait, le plus souvent, les militaires développent des prototypes et des démonstrateurs qui sont ensuite intégrés dans les futures versions des matériels.

      https://www.defense.gouv.fr/nos-expertises/innovation-technologie

  11. Thaurac dit :

    Encore une retombée de la guerre en Ukraine, où les commandements est très décentralisés et favorise les prises d’initiatives au niveau le plus bas de l’échelon, et valable aussi pour le renseignements..

  12. fred131 dit :

    Petit délire hollywoodien: un soldat son smartphone à la main lors d’une pause. Un SMS arrive:  » ceci est le dernier message de votre vie, signé le drone suicide qui se dirige vers vous. Merci de votre attention, attention le petit oiseau va exploser ».
    .
    Bon je sais c’est pas aussi simple mais les russes ont tapé un dirigeant techtechne comme ça.

  13. PK dit :

    Le problème n’est pas le téléphone, mais le réseau. Si c’est pour avoir une connexion sûre, ça passe par le satellite et ça existe déjà. Mais impossible de connecter tout le monde.

    Si c’est pour déployer un réseau téléphonique au fur et à mesure que les troupes avancent, quel intérêt ?

    À noter – si c’est vrai – que les Ukrainiens ont réussi à cartographier l’emplacement des troupes russes en remontant leurs communications. Bizarre que dans une guerre totale – comme on nous l’explique ici – que les Russes n’aient pas coupé les communications.

    • Math dit :

      Les régiments de transmission plantent des antennes, pour que l’assaillant puisse progresser et communiquer.

      • PK dit :

        Donc on en revient à ce que sait faire l’armée, c’est-à-dire un système de communication individuelle, valable seulement autour du gros de ses troupes ou bien par satellite.

        • adnstep dit :

          Ou tout autre bidule volant : ballon captif, drone de communication, ravitailleur à l’arrière de la ligne de front qui sert aussi de relais com…

    • Pravda dit :

      Les russes utilisent des appareils civils pour communiquer faute de moyens, ils n’ont donc pas le choix. Une armée moderne et équipée aurait en effet coupé les communications.

  14. Paul Bismuth dit :

    Pour les forces de sécurité intérieure, cela marche bien depuis des années:
    https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/neo-2-des-telephones-pour-tous-les-gendarmes-mobiles

  15. aldo dit :

    Tant que l’on n’oublie pas de leur apprendre à se servir d’une boussole…

  16. Thierry dit :

    le simple fait que le soldat puisse se géolocaliser avec précision est déjà un énorme avantage puisque sa hiérarchie peut connaître sa position exact en permanence et lui donner des instructions pertinente, bien entendu cela à condition que l’adversaire ne puisse avoir accès à ces infos et c’est là le défis qu’a relevé avec succès l’Ukraine contre les hackers russes qui semblent impuissant à collecter ces données.

    Leur matériel n’est sans doute pas aussi performant qu’on le pensait et quand à avoir accès aux données d’une antenne relai, ce serait facile sur le territoire Russe sous contrôle étroit, mais pas en Ukraine et autres pays ou les réseaux échappent totalement à leur main mise.

    Idem pour l’exercice de la marine national qui ne peut compter que sur les antennes relais française pour borner un appel, ça donne un avantage défensif évident sur l’attaquant, mais cet avantage se perd si vous attaquez un autre pays.

    Donc oui au smartphone militaire et même civil dans certains cas à condition de bien en définir l’usage.

  17. adnstep dit :

    La liaison 16 et les LDT, ça parle à quelqu’un ici ?

  18. wrecker47 dit :

    Il est vrai qu’il y a vingt ans la biffe laissait déjà au magasin radio les PP8 et autres radios pour faire des exerciceds sur le terrain …Question de poids …Nos biffins devenaient déjà paresseux !…

  19. Coco l'asticot dit :

    Comment on fait en guerre totale (maintenant ils appellent ça de « haute intensité ») avec une puissance qui a les mêmes capacités, quand l’ennemi aura détruit toutes les antennes, les installations de communication et les relais satellites ? On aura l’air bien malin avec nos smartphones… Et on reviendra aux fondamentaux comme toujours.

  20. Alfred dit :

    @Edgar. Je ne me dis rien du tout. Déjà, on ne remorque pas un T72 en panne sur une grande distance, et le charger au treuil sur une remorque porte char n’est pas une affaire d’amateur (à condition d’avoir le materiel ad hoc, pour commencer). Ensuite, mon petit doigt me dit qu’en fonction des circonstances de l’abandon, soit le « propriétaire »du T72 viendrait le récupérer pour le dépanner, soit l’équipage l’aurait incendié ou piégé avant de l’abandonner. Parce qu’il ne faudrait pas non plus prendre tous les petits hommes verts pour des moujiks attardés, ni trop regarder la télévision et les âneries qu’on peut trouver sur internet non plus.

  21. adnstep dit :

    Géolocaliser un smartphone autour d’un camp dans le désert, ok.

    Géolocaliser un smartphone particulier parmi un grand nombre, ok.

    Mais géolocaliser 1000 smartphones perdus dans une masse grouillante de smartphones en ville, et qui communiqueraient uniquement en réseau maillé (ce que peuvent faire tous les smartphones du marché), c’est déjà plus sport, non ?