Selon l’ONU, l’État islamique compterait encore 20.000 à 30.000 combattants en Irak et en Syrie

Peu avant de quitter la tête des forces françaises engagées dans la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, le général François Parisot avait estimé qu’il fallait encore deux ou trois mois aux Forces démocratiques syriennes [une alliance arabo-kurde soutenue par le coalition, ndlr] pour venir à bout des dernières positions tenues par l’État islamique [EI ou Daesh] sur la rive orientale de l’Euphrate, en Syrie.

Pour autant, cela ne voudra pas dire que le combat sera terminé. En Irak, où la fin des combats contre elle a été proclamée le 10 décembre 2017 par le Premier ministre, Haider al-Abadi, l’organisation jihadiste a renoué avec la guérilla et les attentats dans les régions qu’elle contrôlait jusqu’alors. Ce mouvement avait été anticipé devant l’avancée des troupes irakiennes soutenues par la coalition.

Ainsi en est-il dans les régions de Kirkouk, où les jihadistes se dissimulent dans les grottes et les tunnels creusés dans les monts Hamrin, de Diyala et de Salaheddine. Pour contrer cette guérilla, Bagdad a lancé, début juillet, l’opération « Vengeance pour les martyrs » entre l’axe Diyala-Kirkouk et la frontière avec l’Iran. D’ailleurs, la semaine passée, les Rafale de l’armée de l’Air basés en Jordanie ont eu à intervenir à deux reprises pour détruire des pick-up de l’EI, « en appui des opérations de sécurisation de l’armée irakienne ».

En Syrie, où il cherche à maintenir les dernières positions qui lui restent dans l’est, en particulier dans la province de Deir ez-Zor, l’EI a mené une série d’attaques et d’attentats qui ont fait, fin juillet, près de 250 tués dans la région méridionale de Soueïda. Et il a enlevé une trentaine de personnes appartenant à la communauté druze, puis diffusé la vidéo montrant la décapitation de l’un des otages, un étudiant de 19 ans.

L’État islamique est « une hydre dont il faudra en permanence contrôler qu’elle ne soit pas en train de se réveiller », notamment en Irak et en Syrie, avait expliqué le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées, lors d’un passage sur l’antenne de CNEWS, en mai dernier.

Mais la grande question est de connaître le nombre de combattants sur lesquels l’EI peut encore compter, après ses revers militaires et financiers (l’organisation a perdu une partie substantielles de ses sources de revenus). Or, depuis qu’il a proclamé son « califat », en juillet 2014, personne n’a vraiment pu s’accorder sur le niveau de ses effectifs.

En juin 2016, le directeur de la CIA, qui était alors John Brennan, avait avancé que Daesh disposait de 18.000 à 23.000 combattants. Un niveau largement en-deçà de l’évaluation faite par des responsables irakiens, qui parlèrent de 100.000 à 200.000 combattants. L’EI occupe un tiers de l’Irak et un tiers de la Syrie, avec une population entre 10 et 12 millions de personnes sur 250.000 kilomètres carrés, la même taille que la Grande-Bretagne. Cela donne aux djihadistes un large potentiel de recrutement », avait alors expliqué Fuad Hussein, chef du cabinet de Massoud Barzani, le président de la région autonome du Kurdistan irakien.

Quant aux combattants étrangers de Daesh, le directeur du Comité contre le terrorisme des Nations unies évalua leur nombre à 30.000, en juillet 2016. Cette évaluation correspondait peu ou prou à celle faite six mois plus tôt par le Soufan Group.

Depuis, Daesh a donc perdu la quasi-totalité de son emprise territoriale et subi des pertes importantes. Cependant, à en croire un rapport des Nations unies, il disposerait encore de forces relativement importantes, tant en Irak qu’en Syrie. En effet, selon le document, l’organisation jihadiste y compterait encore entre 20.000 et 30.000 combattants.

Cet effectif serait réparti à « proportion grossièrement égale » entre l’Irak et la Syrie, avec une « partie importante de milliers de combattants terroristes étrangers », dont le flux d’arrivée est « pour ainsi dire tari ».

Pour le rapport – et les faits récents le confirment – l’EI est « toujours capable de mener des attaques sur le territoire syrien » et même s’il « contrôle plus totalement de territoire en Irak », il « reste actif grâce à des cellules dormantes. »

Le document explique que l’État islamique fonctionne maintenant en « réseau » et que la discipline imposée par son chef Abou Bakr al-Baghdadi est « intacte ». Ce dernier « reste en position d’autorité », avance-t-il.

Par ailleurs, un certain nombre de combattants de Daesh ont quitté le Levant pour rejoindre d’autres zones de conflit, comme par exemple l’Afghanistan ou le Yémen, où il compterait jusqu’à 500 fidèles (contre 6.000 pour al-Qaïda dans la péninsule arabique – AQPA). L’organisation est également présente en Libye, avec 3.000 à 4.000 sympathisants.

Si le nombre d’attentats a diminué en Europe, avance le rapport, les « moteurs sous-jacents du terrorisme sont toujours présents et peut-être plus raffinés que jamais. » Et cette situation pourrait durer jusqu’à ce l’EI se réorganise et qu’al-Qaïda « augmente son activité terroriste internationale ou que d’autres organisations émergent dans l’arène terroriste. »

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