Environ 10% des militaires français déployés en opérations extérieures appartiennent aux forces spéciales

La Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 qui s’achève a été favorable aux forces spéciales, même si des difficultés subsistent, notamment au niveau de leurs équipements.

Au cours de ces dernières années, les unités mises à la disposition du Commandement des opérations spéciales (COS) ont vu leurs effectifs augmenter : +430 personnels pour l’armée de Terre, +200 pour la Marine, qui a pu créer un septième commando marine (« Ponchardier »), +240 pour l’armée de l’Air, ce qui a permis de renforcer l’escadron de transport 3/61 Poitou. Seule ombre au tableau : le commando parachutiste de l’Air (CPA) 10 demeure encore en sous-effectif.

Cependant, cet effort, aussi important qu’il ait été, est encore insuffisant. « Les engagements sont plus nombreux et vont au-delà des contrats opérationnels fixés : deux Task Force (forces d’intervention) majeures, au lieu d’une seule, sont déployées pour l’une au Sahel et pour l’autre au Levant », a souligné l’amiral Laurent Isnard, le commandant des opérations spéciales, lors d’une audition devant la commission « Défense », à l’Assemblée nationale.

Actuellement, près de 6.000 militaires français sont engagés dans une opération extérieure (OPEX), dont 4.000 au Sahel (Barkhane), 1.200 au Levant (Chammal) et 750 au Liban (Daman). Et parmi eux, l’on compte une part relativement importante de commandos des forces spéciales.

« En permanence, ce sont environ 800 militaires, dont 600 des forces spéciales, qui sont placés sous mon contrôle opérationnel et déployés en opérations extérieures , ce qui représente environ 10 % des forces françaises déployées en OPEX », a indiqué l’amiral Isnard.

« Ces forces sont engagées dans trois types d’action : des actions offensives directes (à raison de plusieurs par semaine, notamment en Afrique ou au Levant), des missions de renseignement, pour mieux comprendre les situations ou pour préparer des opérations et enfin des missions dites d’environnement, qui comprennent notamment la formation et l’accompagnement de partenaires », a expliqué le COS.

De par la nature de leurs missions des forces spéciales sont particulièrement exposées. D’après les chiffres donnés par l’amiral Isnard, elles ont ainsi déploré 26 blessés et 2 tués au cours de ces trois dernières années.

Cela étant, les opérations spéciales mobilisent au-delà des seules unités du COS. En moyenne, « 30% des aviateurs déployés au profit du Commandement des opérations spéciales proviennent d’unités conventionnelles qui s’intègrent naturellement aux opérations spéciales ou fournissent à ces dernières des capacités rares », avait ainsi expliqué, la semaine passée, le général Louis Fontant, le « Général Forces spéciales air » (GFSA).

« En ce qui concerne le positionnement du COS entre les forces spéciales, les forces conventionnelles et les forces clandestines, nous avons su trouver un équilibre. Les opérations Barkhane et Sabre se déroulent toutes deux au Sahel mais nos forces n’y font pas le même métier. Les logistiques y sont parfois intégrées : les forces spéciales de l’opération Sabre soutiennent les hélicoptères Cougar tandis que l’opération Barkhane soutient les Tigre; nous assurons le soutien énergétique à Tombouctou tandis que les forces conventionnelles nous assurent la garde », a expliqué l’amiral Isnard. « Forces conventionnelles et forces spéciales peuvent s’appuyer mutuellement si elles ont une difficulté ou un geste technique particulier à accomplir », a-t-il précisé.

Quoi qu’il en soit, le rythme opérationnel des forces spéciales est intense. « Les pilotes d’hélicoptères partent une à deux fois par an, sur les théâtres d’opération au Sahel. Quant aux commandos, ils font au minimum une opération par an. Lorsque vous ajoutez à cela les formations et les séances d’entraînement, au bout du compte cela fait beaucoup de périodes d’absence loin des familles, ce qui provoque un stress. De surcroît, quand un événement imprévu survient et que telle équipe doit partir plus tôt que prévu en opération, cela suscite beaucoup d’angoisse dans nos familles », a expliqué le COS, tout en soulignant que « ce problème n’est pas propre aux forces spéciales. »

Pour la prochaine Loi de programmation militaire, qui sera dévoilée début février, l’amiral Isnard plaide pour revoir à la hausse « les formats projetables ». Il s’agirait ainsi de pouvoir « reproduire, sur un autre théâtre, ce que le COS réalise aujourd’hui au Sahel, c’est-à-dire déployer deux forces d’environ 300 opérateurs disposant chacune de moyens aériens – hélicoptères et avions. Cela représenterait une Task Force de plus par rapport au contrat actuel. »

En outre, a-t-il continué, « au Levant, les armées ne savent pas déployer au profit du COS dans la durée un deuxième plot d’hélicoptères ou des avions de transport tactique (ATA). Il importe que la LPM intègre ce besoin, faute de quoi, un tel volume de force ne pourra être projeté de manière autonome. »

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