L’État islamique dans le Grand Sahara défie la Force conjointe du G5 Sahel

Ce 15 janvier, la ministre française des Armées, Florence Parly, réunit ses homologues du G5 Sahel à Paris pour évoquer la montée en puissance de la Force conjointe à laquelle participent le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad (FC-G5S).

Organisée un mois après le sommet de La Celle-Saint-Cloud, qui a permis de collecter des fonds au profit du G5 Sahel, cette réunion vise à faire le point sur les capacités nécessaires à cette FC-G5S pour qu’elle soit pleinement opérationnelle à partir du printemps prochain.

« Il y a eu des avancées, mais ce n’est pas encore suffisant. Il faut un coup d’accélérateur », explique-t-on dans l’entourage de Mme Parly. Et cela, même si « constituer des coalitions prend du temps. » D’autant plus que les déficits capacitaires sont nombreux (logistique, transmissions, appui aérien, etc).

« L’objectif est de ressortir de la réunion avec une feuille de route, et un calendrier des opérations », a-t-on également indiqué, de même source.

Dans un premier temps, les opérations se concentreront dans la zone dite des trois frontières, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. C’est là que les combattants de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) sont les plus actifs. Et, visiblement, ils attendent la FC-G5S de pied ferme.

« Nous allons tout faire pour que le G5 Sahel ne s’installe pas » dans cette zone, a dit, à l’AFP, un certain « Amar », un proche d’Adnan Abou Walid Sahraoui, le chef de l’EIGS. « Nos frères Iyad Ag Ghaly et les autres moujahidine défendent comme nous l’islam », en faisant référence au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), qui est la principale alliance jihadiste créée en mars 2017.

« Pour combattre les mécréants, nous nous donnons la main », a continué « Amar ». « Nous allons continuer à lutter ensemble », a-t-il insisté, en précisant que son groupe n’avait pas renié son allégeance à l’État islamique.

Par ailleurs, s’agissant du GSIM, il a été rapporté, la semaine passée, que Bamako envisageait une vaste opération militaire dans le centre du Mali, c’est à dire là où l’alliance jihadiste est la plus active.

Nous ne voulons pas donner trop de détails, ni la date du début des opérations, mais c’est effectivement une vaste opération anti-terroriste au centre du Mali, pour assurer la sécurité des biens et des personnes, également pour combattre les jihadistes », a en effet indiqué un responsable du ministère malien de la Défense à l’AFP.

« Pour combattre l’ennemi, il faut utiliser les mêmes méthodes que lui (…) Des membres des forces de sécurité et de défense pourront organiser des patrouilles à pied et à moto », avance ce plan de sécurisation, auquel l’agence de presse a eu accès. Il est également prévu une « administration mobile » pour rassurer les populations et relancer « le secteur de l’éducation ».

D’après le responsable malien déjà cité, « il n’est pas exclu que les forces internationales au Mali participent d’une manière ou d’une autre à cette opération ». En clair, la MINUSMA [mission des nations unies, ndlr] et la force française Barkhane seraient sollicitées.

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