Les opérations extérieures mettent la maintenance du matériel à rude épreuve

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Actuellement, les forces françaises sont engagés dans quatre opérations extérieures (OPEX) majeures, dont Sangaris en Centrafrique, Barkhane au Sahel, Chammal en Irak et en Syrie et Daman au Liban, dans le cadre de la Finul.

Comme le souligne la députée Marie Recalde (PS), qui redigé un rapport sur les conséquences des OPEX sur le Maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels avec son collègue Alain Marty (LR), le « rythme et l’intensité de nos engagements se sont considérablement accrus depuis les années 2010 » et ce « niveau d’engagement, inédit, dépasse le modèle décrit par le Livre blanc » sur la Défense et la sécurité nationale (LBDSN) de 2013.

Et le matériel est d’autant mis à rude épreuve que les conditions de leur utilisation sont nettement plus exigeantes qu’en Europe, avec des chaleurs élevées (jusqu’à 60°c sur certains théâtres), des terrains difficiles et abrasifs (sable abondant, poussières, roches coupantes, etc…). Cela entraîne, par exemple, une surconsommation des moteurs d’hélicoptères.

Qui plus est, à ces conditions difficiles, il faut ajouter des nécessités opérationnelles qui supposent aussi une consommation accrue du potentiel. Les avions de combat de l’armée de l’Air utilisent ainsi davantage la postcombustion en opération et emportent une charge maximale par rapport aux spécifications du constructeur.

Autre exemple, au Mali, un Véhicule de l’avant blindé (VAB) peut parcourir jusqu’à 1.600 km en une semaine contre seulement 400 km par an en métropole.

vab-20151212Et c’est sans compter sur les « dommages de guerre » et les accidents, qui ont détruit, comme le rappelle M. Marty, « 60 véhicules terrestres » entre fin août 2013 et début mars 2015. Mais ce sont « les hélicoptères de reconnaissance et d’attaque qui subissent les plus lourds dommages au cours d’actions de feu », précise-t-il.

Malgré ces difficultés, le taux de disponibilité des matériels engagés dans ces opérations est au plus haut, atteignant les 90%. Mécaniciens et logisticiens arrivent à faire des miracles…

Mais là où les choses se compliquent sérieusement, c’est au moment du retour de ces équipements en métropole, d’autant plus qu’il faut continuer à assurer la maintenance de ceux encore engagés en opération. Et cela n’est pas sans conséquence sur l’entraînement des forces, en raison d’un manque de matériel, ce dernier étant, en plus, prioritairement affecté aux opérations extérieures.

« La remise en état des matériels rentrés d’OPEX est plus longue, plus lourde et plus coûteuse du fait des conditions d’engagement extrêmes », avance M. Marty. Ainsi, la régénération d’un char AMX-10 RC représente 676 heures de travail pour un coût évalué à environ 190.000 euros.

En outre, la remise en état n’est pas toujours possible. Pour l’armée de Terre, le nombre de véhicules bons pour la casse a triplé depuis 2013, avec une petite trentaine par an rendus inutilisables.

Et environ 17% du parc désengagé a été purement et simplement éliminé, en raison de la vétusté des véhicules ou du coût, jugé trop important, pour leur remise en état.

S’ajoute à cela les déflations d’effectifs qui ont affecté le soutien des armées pour des raisons comptables. « Selon le directeur central de la SIMMAD [ndlr, Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère la Défense], 20 appareils de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) sont, de manière chronique, en attente de techniciens pour assurer la remise en état des équipements et reconstituer leur potentiel ». Un exemple parmi tant d’autres…

D’où un effort particulier qui doit être fait dans ce domaine. « Le renforcement des effectifs de soutien nous paraît particulièrement important. Lorsqu’on analyse les conséquences des déflations d’effectifs opérées entre 2008 et 2015, (…), on arrive à 8.700 supprimés au niveau des MCO aéronautique et terrestre. Aujourd’hui, on constate de fortes tensions sur certains territoires et en OPEX », a souligné M. Marty lors de la présentation de ce rapport.

Et d’ajouter : « L’arrivée de nouveaux matériels très technologiques et hyper-connectés nécessitera à l’avenir le recours à des maintenanciers d’un haut niveau technique », notamment avec le programme Scorpion de l’armée de terre et l’arrivée des frégates multimissions « dont les logiciels nécessaires à leur fonctionnement comprennent quelque 120 millions de lignes de code informatique ».

Aussi, a conclu M. Marty, « en plus des équipes de soutien compétentes pour la maintenance traditionnelle, les forces auront sans doute besoin de véritables ingénieurs militaires au sein de la chaîne MCO, lesquels relèveront des catégories administratives supérieures les plus coûteuses » en terme de masse salariale.

Même si des efforts ont été consentis, notamment au niveau des crédits d’Entretien programme des matériels (EPM), le rapport de Mme Recalde et de M. Marty avance quelques pistes pour améliorer ce qui peut l’être en matière de MCO.

L’une d’entre elles consisterait à « modifier la procédure du décret d’avance OPEX pour assurer un financement ‘au fil de l’eau’ et une plus grande réactivité face aux besoins opérationnels ».

En fin d’année, le dépassement des surcoûts liés aux OPEX fait l’objet d’une loi de finances rectificative. L’idée serait donc de rendre le décret d’avance OPEX semestriel, voire trimestriel.  »

« Cette simple modification de la procédure n’aurait que des vertus et ce, sans dépenser un euro supplémentaire. Elle permettrait, d’une part, d’assurer le financement des priorités en OPEX et, d’autre part, de ne plus ‘cannibaliser’ les ressources nécessaires au soutien en métropole. Elle n’aurait aucune incidence sur le solde budgétaire, et elle permettrait, enfin, de rendre plus efficace les procédures de contractualisation des marchés. En effet, certains sont lancés en urgence, en fin d’année, une fois les ressources du décret d’avance rendues effectivement disponibles », a fait valoir Mme Recalde.

Enfin, une autre recommandation serait de « dégeler au moins partiellement la réserve de précaution dès le début de l’année », dont le montant est de 1,63 milliard d’euros pour la mission Défense. « Ce mécanisme budgétaire est nécessaire au pilotage de la dépense publique. Mais le recours à la réserve ne doit pas se traduire par des tensions opérationnelles pour nos forces, alors que les pouvoirs publics exigent d’elles un engagement sans faille encore renforcé par les événements tragiques que vient de connaître notre pays », a expliqué la députée.

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