La Patrouille de France fête ses 60 ans

« Mesdames et messieurs, la Patrouille de France vous salue! ». Ces mots ont été prononcés pour la première fois le 17 mai 1953 par Jacques Noetinger, qui, commentant le meeting aérien d’Alger-Maison Blanche, avait été enthousiasmé par la prestation d’une formation issue de la 3e Escadre de chasse, emmenée par le commandant Pierre Delachenal et composé des lieutenants Dellac, Lecong et Petit. Et le 14 septembre de la même année, l’état-major de l’armée de l’Air entérina cette appellation.

Mais il faut remonter un peu plus loin dans le temps pour retrouver les origines de la Patrouille de France. C’est en mai 1931, soit quelques années avant la création officielle de l’armée de l’Air, qu’est constituée la patrouille d’Etampes, avec seulement trois biplans Morane-Saulnier MS-230. Elle s’illustre alors dans les meetings aériens en faisant preuve d’audace.

L’école de pilotage d’Etampes ayant été fermée en 1937, la formation rejoint Salon-de-Provence et devient la « Patrouille de l’Ecole de l’Air ». Mais elle cesse ses activités lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Il faudra attendra 1946 pour qu’une nouvelle formation acrobatique voit le jour. Constituée à Tours, elle reprend le nom de « Patrouille d’Etampes » avant de devenir la « l’Equipe de présentation de l’armée de l’Air n°58 ».

Mais, dans le même temps, des patrouilles se forment avec des avions à réaction. Et c’est celle constituée par le commandant Delachenal, qui évolue sur F-84G Thunderjet, qui finit par s’imposer et devenir la « Patrouille de France. »

Les années suivantes, cette formation est confiée à plusieurs unités différentes avant de se fixer pendant quelques temps à Dijon, alors siège de la 2e Escadre de Chasse. A l’époque, elle compte 12 appareils, à savoir des Mystère IVA de Dassault. En 1959, la Patrouille de France est sollicitée par le général de Gaulle pour l’accompagner dans sa grande tournée africaine.

Seulement, en janvier 1964, en raison de restrictions budgétaires, cette formation est dissoute. Pour autant, le nom de la Patrouille de France ne disparaît pas puisqu’il est donné à la Patrouille de l’Ecole de l’Air de Salon de Provence, qui avait repris ses activités après la guerre.

Dès lors, la Patrouille de France sera définitivement fixée sur la base aérienne 701 « Général Pineau ». Elle compte alors 11 Fouga Magister, cet appareil servant à l’instruction des jeunes élèves officiers pilotes. Elle enchaîne ensuite les démonstrations, tant en France qu’à l’étranger, et établit ainsi sa renommée tout en gagnant l’estime du public.

En 1980, la Patrouille de France abandonne ses Fouga pour 8 Alphajet, le nouvel avion d’entraînement de l’armée de l’Air. C’est donc avec cet appareil, encore en service aujourd’hui, que cette formation survolera la Statue de la Liberté, à New York, en 1986 ou encore les Pyramides d’Egypte. Outre des démonstrations aériennes, sa tâche est également d’assurer des missions de représentation diplomatique, comme cela a été le cas en Asie en 2004 ou bien encore en Amérique du Sud et aux Antilles en 2009.

Le spectable aérien qu’offre la Patrouille de France est le fruit de 60 ans d’expérience. Une expérience qui serait mise à mal si, par malheur, elle devait cesser ses activités pour des impératifs financiers, comme c’est actuellement le cas pour ses homologues américaines. « On ne peut pas s’arrêter, (…) il faudrait recréer le processus de passation d’hommes à hommes, ce qui demanderait des années. Et on passerait probablement par des épisodes dramatiques », expliquait récemment le lieutenant-colonel Bruno Bézier, directeur des équipes de présentation de l’Armée de l’air.

Les 8 Alphajet de la PAF évoluent en formation très serrée, à moins de deux mètres les uns des autres, à une vitesse pouvant atteindre les 800 km/h. Ce qui demande bien évidemment de la précision, du sang-froid et une grande maîtrise. Chaque année, 3 nouveaux pilotes la rejoignent. Si un haut niveau technique est exigé, il n’est pas le seul élément pris en compte lors de leur sélection. Leur volontarisme, leur motivation et surtout leurs qualités humaines sont également déterminants.

Pour les 60 ans de la Patrouille de France, emmenée cette année par le commandant Raphaël Nal, un grand meeting aérien se tiendra pendant 2 jours à partir de ce 25 mai. Plusieurs formations y sont invitées, comme les Red Arrows britanniques, les Frecce Tricolori italiens, la Patrouille Suisse, les Diables rouges belges, la Patrulla Aguila espagnole, la Striji russe ou encore la Team Iskra polonaise. Ce sera aussi l’occasion pour le public (100.000 personnes attendues et la manifestation sera retransmise par France2)de voir évoluer d’autres appareils, comme le Rafale, les Mirage 2000 D/N/-5, le Mirage F1CR (bientôt à la retraite…), etc.

Enfin, et toujours dans le cadre de 60e anniversaire, un film réalisé par Eric Magnan et promettant de montrer « la Patrouille de France en action comme personne ne l’avait jamais vue » (voir le « trailer » ci-dessus), sera disponible en DVD le 24 juin prochain.

Photo : Le 60 dessiné par la Patrouille de France (c) Patrouille de France

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