L’aviation russe aurait simulé l’attaque d’un radar en Norvège

Depuis 2012, et grâce aux recettes générées par l’exploitation de ses hydrocarbures dont elle doit évidemment assurer la protection, la Norvège augmente régulièrement ses dépenses militaires. Cette année encore, elles ont été annoncées en hausse de 7% pour s’établir à 44,6 milliards de couronnes (soit 4,46 milliards d’euros au cours actuel). Un part importante de cette somme (25%) a été jusqu’à présent dédiée à l’acquisition de nouveaux équipements, comme le F-35, les avions de patrouille maritime P8 Poseidon ou encore les sous-marins U-212 NG.

Dans un document relatif aux projets d’investissement du ministère norvégien de la Défense pour la période 2018-2025 [.pdf], il est désormais question de mettre l’accent sur le renouvellement des capacités des forces terrestres. Renouvellement qui a déjà commencé avec l’annonce, en décembre, du choix du système d’artillerie sud-coréen K9 Thunder.

Mais il s’agit d’aller plus loin encore avec un effort sur les flottes de véhicules blindés et l’acquisition de nouveaux chars de combat afin de remplacer les Leopard 2A4NO, qu’il n’est désormais plus question de moderniser. Sur ce point, en juin 2017, le général Arik Brandvik avait évoqué un char léger, construit le châssis du CV-90, avec in canon de 120 mm. En tout cas, le budget alloué chaque année aux équipements de la Hæren [force terrestre norvégienne, ndlr] devrait passer de 157 à 420 millions d’ici 2025.

En outre, l’accent est également mis sur les réservistes. Pour rappel, le service militaire n’a pas été abrogé dans le pays. Mieux : il a été étendu aux jeunes filles.

La raison de cette modernisation des forces armées norvégiennes est en grande partie liée à l’intensification des activités russes dans l’Arctique, où la Russie ne cesse de renforcer ses infrastructures militaires. Étant donné son potentiel économique (hydrocarbures, terres rares, etc), cette région fait l’objet de disputes territoriales entre les pays riverains.

Au début de ce mois, le général Morten Haga Lunde, le chef du renseignement militaire norvégien (Etterretningstjenesten), a donné un aperçu de ces activités militaires russes. Ainsi, l’an passé, trois incidents majeurs ont été constatés.

Selon le général Lunde, le 24 mars 2017, 9 bombardiers russes, en provenance de la base de Kola, ont effectué un « vol tactique » simulant une attaque des installations mises en oeuvre par le renseignement militaire norvégien sur l’île de Vardø, où sont notamment implantés les radars Globus II et Globus III, financés par les États-Unis.

Or, la présence de ces radars est régulièrement dénoncée par Moscou. « La Norvège doit comprendre que, après être devenue un avant-poste de l’Otan, elle devra faire face […] à la force militaire de la Russie », avait lancé, en juin 2017, Teimuraz Ramishvili, l’ambassadeur russe en poste à Oslo. « Par conséquent, il n’y aura plus d’Arctique pacifique », avait-il ajouté.

Pour rappel, en 2013, des bombardiers russes avaient également simulé l’attaque de deux importantes bases militaires suédoises.

Le second incident évoqué par le général Lunde s’est produit deux mois plus tard. Là, 12 avions russes, dont des MiG-31 Foxhound, des Su-24 Fencer, des Su-34 Fullback et des Tu-22M Backfire, ont effectué des vols tactiques vers une flotte de l’Otan, alors en exercice au large des côtes norvégiennes. Ces appareils ont simulé des « opérations offensives avant de retourner dans différentes bases de la péninsule de Kola », a-t-il dit.

A priori, ce serait l’exercice EASTLANT 17, qui s’est déroulé en mai au nord de la Norvège, précisément non loin de l’île de Senja et de Tromsø, qui a été visé.

Une semaine après, les installations militaires de Bodø ont aussi été approchées par des avions russes, alors que se tenait, à l’époque, d’importantes manoeuvres aériennes en Norvège (certainement Arctic Challenge 17). Au même moment, le Barents Observer avait d’ailleurs relevé que des F-16 norvégiens avaient décollé en urgence pour intercepter des appareils russes.

Outre ces trois incidents, le général Lunde a signalé d’autres faits qui ont eu lieu à l’occasion de l’exercice Zapad 2017, mené conjointement par la Russie et la Biélorussie, en septembre dernier. Selon lui, des missiles balistiques Iskander ont été transférés dans le grand nord, précisément dans la vallée de Pechenga, à moins de 40 km du poste frontalier de Storskog et à moins de 15 km du bloc de prospection pétrolière de Korpfjell.

Lors de son déplacement aux États-Unis, la semaine dernière, le ministre norvégien de la Défense, Frank Bakke Jensen, a évoqué ces questions avec James Mattis, son homologue américain. Selon le compte-rendu de leur entretien, il a exprimé ses inquiétudes au sujet du « comportement agressif de la Russie » aux portes de la Norvège.

« Sur une période assez courte, la Russie a déployé beaucoup de troupes dans les régions frontalières. Des systèmes de missiles russes ont également été repérés. Cela cause beaucoup de soucis », a dit M. Jensen.

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