L’Union européenne double sa contribution financière destinée à la Force conjointe du G5 Sahel

Peu de commentaires ont été faits après la seconde opération menée récemment aux frontières du Mali et du Burkina Faso par la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S). La première – appelé Haw Bi et conduite par des unités maliennes, nigériennes et burkinabè – avait mis en évidence quelques lacunes capacitaires, notamment dans les domaines des transmissions et de la logistique.

Cette seconde opération, baptisée Pagnali, a permis de montrer que « la force conjointe des pays du G5 Sahel s’affirme comme une force sahélienne qui connait le terrain, ayant une capacité d’adaptation et une bonne coordination avec les armées nationales. » C’est, du moins, ce qu’a affirmé son commandant, le général malien Didier Dacko.

Vivement encouragée par la France, la Force conjointe du G5 Sahel, qui doit compter 5.000 soldats fournis par le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad, pour combattre les groupes jihadistes, doit encore trouver des financements. Soit un peu plus de 420 millions d’euros pour la première année.

En décembre, lors d’une réunion organisée à la Celle-Saint-Cloud, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis avaient promis une contribution de respectivement 100 et 30 millions de dollars. Plus tôt, l’Union européenne avait débloqué 50 millions d’euros, ce qui avait permis d’amorcer les opérations de la FC-G5S.

Pour faire le compte, et à l’occasion d’une nouvelle réunion à Bruxelles, ce 23 février, l’UE a annoncé un nouveau coup de pouce financier d’un montant de 50 millions d’euros. Au total, sa contribution au financement de la la FC-G5S s’élève donc à 100 millions.

Les responsables africains ont insisté sur le fait que le combat contre les groupes jihadistes dans la bande sahélo-saharienne (BSS) concernait aussi le Vieux Continent. « Il faut éviter que le Sahel devienne un sanctuaire pour les groupes jihadistes, car le Sahel c’est la porte à côté de l’Europe », a ainsi prévenu Moussa Faki Mahamatmis, le secrétaire général de l’Union africaine (UA).

« Le combat que nous menons contre le terrorisme au Sahel, nous le menons aussi pour le reste du monde. Pour cette raison, l’Union européenne et la communauté internationale doivent être solidaires avec le Sahel », a, de son côté, fait valoir Mahamadou Issoufou, le président du Niger et du G5 Sahel.

De arguments repris par le président Macron, pour qui les Européens ont intérêt à aider à la stabilisation de la BSS, une région devenue une « terre où se sont développés les trafics d’êtres humains, de drogue, d’armes, qui nourrissent ce terrorisme. »

D’après Mme le Haut-représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la sécurité, Federica Mogherini, « au total, avec les contributions des autres donateurs, 414 millions d’euros ont été mobilisés vendredi pour la force [du G5 Sahel]. » Seulement, les promesses de dons tardent à se concrétiser. « Mais à ce jour, seulement 50 millions d’euros, ceux engagés par l’UE en juillet, ont été débloqués », a-t-elle en effet déploré.

« Nous souhaitons que les ressources promises soient débloquées le plus rapidement possible », a aussi insisté Mahamadou Issoufou, pour qui cet « effort financier doit être pérenne. » Selon lui, « 75 millions d’euros devront ensuite être mobilisés chaque année, en sachant que nous ne savons pas combien de temps va durer ce combat. »

Cette Force conjointe du G5 Sahel sera-t-elle efficace? Certains observateurs en doutent. En premier lieu, ses capacités militaires sont jugées trop faibles parce que les forces armées qui lui fournissent ses effectifs le sont… en raison de restructurations inachevées, de problèmes budgétaires, d’un sous-équipement chronique, d’une certaine lassitude (cela vaut pour les Tchadiens) et d’un manque d’aguerrissement (cas des Mauritaniens)

Contrairement à la Force mixte multinationale (FMM) qui, mise en place par les pays de la commission du Lac Tchad pour combattre le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, lui a servi de modèle, la FC-G5S, ne peut pas s’appuyer sur des moyens importants, comme ceux de l’armée nigériane.

En outre, tant que la situation libyenne ne sera pas stabilisée, celle de la bande sahélo-saharienne demeurera compliquée. C’est d’ailleurs ce qu’a fait valoir le président nigérien. « Tant que nous n’arriverons pas à éteindre le chaudron en Libye, il sera difficile de créer les conditions de la sécurité au Sahel », a-t-il dit.

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