Après les attentats, la motivation pour s’engager dans l’armée est de « se battre » contre les jihadistes

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Après les attentats commis en France en 2015 et en 2016, les trois armées (Terre, Air, Mer) ont constaté un afflux de demandes d’informations pour un éventuel engagement dans leurs rangs. Et cela alors que l’armée de Terre recrute massivement afin de pouvoir porter les effectifs de la Force opérationnelle terrestre (FOT) de 66.000 à 77.000 hommes dans les plus brefs délais.

Ce recrutement de grande ampleur pourrait poser quelques problèmes en matière de sélectivité. Or, il n’en est rien, à en croire les sénateurs Gilbert Roger et Robert del Picchia, auteurs du rapport pour avis sur les crédits alloués en 2017 au programme 212 « Soutien de la politique de défense. »

« Malgré l’ampleur des recrutements, la sélectivité reste assurée, et elle reste particulièrement stricte en ce qui concerne les officiers et les sous-officiers », ont-ils en effet souligné.

Dans leur rapport, les deux sénateurs se sont intéréssés aux motivations des candidats à un engagement dans l’armée. Ces dernières peuvent être très diverses : vocation, envie de servir la France , risquer sa vie pour sauver celle des autres, goût de l’aventure, don de soi, dépassement personnel, passion pour l’aviation ou la marine, accès à l’emploi, etc… Mais une revient fréquemment : l’envie de se battre.

Parmi ces candidats, notent les deux rapporteurs, « 60 % viennent d’abord pour combattre, et 40% sont motivés par la recherche d’un métier à dominante technique. » Et ceux qui ont des compétences tecniques « rechignent fréquemment à les faire valoir, car ils entrent dans l’armée ‘pour faire autre chose’, notamment combattre », précisent-ils.

Aussi, d’après MM. Del Picchia et Roger, les recruteurs tentent de « les convaincre de l’utilité pour l’armée de leurs compétences spécifiques » et se montrent même « méfiants envers les candidats qui souhaitent avant tout ‘en découdre' ».

Par ailleurs, l’origine géographique des candidats à un engagement est « assez équilibrée », même si le « nord et l’est de la France, territoires qui accueillent davantage de régiments, présentent des taux de recrutement supérieurs à la façade atlantique », constatent les deux sénateurs, selon qui les départements et collectivités d’outre-Mer (DOM-COM) « constituent un vivier important », avec 8% des recrues.

32 commentaires sur “Après les attentats, la motivation pour s’engager dans l’armée est de « se battre » contre les jihadistes”

  1. le critère de sélection après les attentats est l’envie de combattre mais l’institution se montre méfiante a l’égard de ceux qui veulent en découdre …? – Je connais la nuance qu’il y a a faire entre ces deux mots; combattre et découdre mais sait-on quand même un peu ce dont on a envie actuellement ou joue t-on sur les mots ?

    1. Vous avez mal compris : l’envie de combattre est une motivation des personnels recrutés, pas un critère de recrutement (même si ça entre dans la motivation). L’institution s’en méfie sans doute parce que la réalité du métier de soldat et que la plupart ne sont pas des fantassins, et même les fantassins font une immense majorité de leur travail sans tirer un coup de feu. Une personne qui s’engage pour aller tuer des djihadistes restera t elle motivée quand elle se rendra compte que son travail est de conduite des camions sans jamais voir d’ennemi ou de faire des gardes dans son trou de combat pendant des heures sans voir personne ? Restera t elle dans l’institution quand l’émotion issue des attentats sera dissipée (si il n’y en a pas d’autres) ?

      C’est notamment visible

  2. La sélectivité est assurée? Laissez moi rire.
    Chez les militaires du rang, on recrute le tout venant! Il n’y a plus de sélection au CSO, à tel point que certains (voire beaucoup) sont déclarés inaptes à l’engagement ou inapte à suivre une formation initiale mais sont quand même recrutés!! Quant à savoir si ces MDR sont affectés au bon poste selon leurs capacités et leurs envies, ces messieurs d’en haut s’en foutent!!
    L’essentiel, il ne faut pas se le cacher, recruter en masse pour arriver à combler les 11000 créations de postes…au diable la sélection! Au CFIM et même en régiment, l’ordre est donné de ne laissé résilier ou laisser partir aucun de ces jeunes, même si ceux ci sont de véritables crevures des cités!! Et évidemment, tout ce beau monde est engagé dans la foulée sur la mission sacrée et prioritaire Sentinelle. De quoi en faire de très bons soldats n’est ce pas…déjà que le niveau initial est dégueulasse…
    Bref, continuez comme ça…

    1. Si ce que vous dites est exact, c’est grave, car une pomme gâtée pourrit tout le tonneau !
      J’aimerai avoir le point de vue de cadres de contact qui disent ce qu’ils voient au quotidien , sans être nostalgique « du bon vieux temps » où tout était parfait .

    2. +1
      J’ai vu des brigadiers chef fraises des bois incapable de faire un numéro de téléphone alors que c’est sois disant des troupes d’élites !!!!
      J’ose même pas imaginer un bifin de base dans un RI le niveau doit être top !!!!!
      Et on va dépenser presque 2 millions d’euros pour la com du ministère de la def !!!!!
      Allé courage aux jeunes cadres ou plutôt bonne chance !!!!

    3. C’est exactement ça… avant de quitter l’institution, la dernière promotion que j’ai vu arriver au régiment comptait un personnel qui avait tout simplement passé tout son cfim exempté de terrain/tir/ sport pour des raisons que seul le service de santé saurait expliquer et pourtant breveté à l’issue de ses classes…
      Sans compter le nombre de pax inaptes à tout, en béquille et treillis basket à l’issue de la 1ère marche de 5km…

    4. C’est pour cela que mon fils qui a volé un t-hirt et fait une semaine de TIG vient de voir sa candature refusée!!

      1. On peut peut être regretter une trop rigidité de l’armée la dessus. Une erreur de jeunesse est possible mais pour certains « qui vol un oeuf, vol un boeuf ».
        Il faut aussi comprendre que historiquement les armée furent des milieux très criminogène et pas toujours discipliné, et aujourd’hui on veux (à raison) exactement le contraire.

      2. C’est tant mieux qu’il n’ait pas été retenu.
        Vous crachez sur les politiciens condamnés qui se font réélire : il faut savoir rester digne, un voleur n’a pas sa place à l’armée, point.

      3. Un voleur n’a pas sa place à l’armée, point.
        Votre rejeton aurait du y penser avant, ou vous de mieux l’éduquer.

    5. Bonsoir, C’est tout à fait vrai que nous récupérons tout ce qui se présente et que l’objectif est d’en perdre aucun pour arriver le plus rapidement aux 77000 hommes. Ces 2 sénateurs sont encore des gars qui ne voient que ce qu’ils ont envie de voir, ils devraient passer quelques jours avec ces beaux jeunes qui veulent en découdre… Et encore je fais partie d’un régiment qui récupère de bons dossiers donc je n’ose même pas imaginer ce qui se passe ailleurs. J’espère que l’avenir démentira mon pessimisme mais j’ai peur pour notre armée de terre.

      1. Si le taux est toujours d’un engagé pour deux candidats, on ne peut prétendre à la qualité.

  3. Il n’y a aucun rapport entre la motivation à l’engagement et la sélectivité du cursus. De nombreux bons éléments sont parmi ceux qui ont « vu la lumière ». Je ne sais pas ce essaye de vendre ces sénateurs, mais la réalité c’est que la pression est mise sur l’encadrement de contact pour remplir les tableaux et conserver les effectifs de recrues. Donc aucune sélectivité, et par conséquent un dangereux nivellement par le bas. Ce constat est valable pour chaque catégorie.

  4. Après la formation initiale de base et quelques mois de service, ces raclures de bidets des cités n’auront plus qu’à se laisser pousser la barbe, à se barrer en Syrie pour se perfectionner dans l’art de dezinguer du kouffar par tous les moyens possibles……….puis revenir au pays pour mettre en application les conseils de leurs recruteurs de merde et faire un max de dégâts !!!!!!!!

    1. JFOM : vous connaissez surement, sinon renseignez vous.
      L’armée n’est pas un repaire d’imbéciles.

      1. Mon pauvre ami……
        Évidement que l’armée n’est pas un repaire d’imbéciles, j’ai eu l’honneur d’en faire partie très longtemps……ce qui m’autorise à avoir un avis autorisé, pour avoir pratiqué ce genre d’individu (jfom) trop souvent à mon goût……..mais peut-être ne suis je pas tombé sur les bons…….si tenté qu’il y en existe quelques un dans le lot!!!!!!

  5. Un peu de Vigipirate /Sentinelle, ou n’importe quelle autre mission du même genre , et l’enthousiasme des plus exaltés retombera bien vite, avec rupture de contrat en masse à la clé. On peut facilement les comprendre.

  6. L’Etat ne crée pas de nouveaux régiments? 11000 nouveaux postes ok, donc ces régiments vont absorbés ces 11000 postes. On est en sous effectif dans l ADT.

  7. « Ils » ont même de la chance de trouver encore des gusses pour s’engager dans la « régulière »! comme simple griveton!!!

  8. Désolé pour ce petit HS, mais je n’arrive pas à commenter la news à propos du drone piégé (!?). Donc voici une petite mise à jour ! D’autres viennent d’être débusqué, toujours utilisés par l’EI :
    https://mobile.twitter.com/MmaGreen/status/807612446802345985
    Ety’en à un second, avec un drone beaucoup plus gros, à Der Ezzor il me semble, mais pommé le lien, bref, l’EI semble vraiment intéressé par le principe

  9. Cette histoire de vouloir faire du chiffre pour honorer les tableaux d’effectifs me rappelle l’histoire des VSL (volontaires service long) dans les années 1980. Les chefs ce corps étaient incités à faire du chiffre et pour se faire bien voir accordaient des contrats à des appelés qui n’étaient pas la crème du régiment, loin de là. Donc, les problèmes se reposent à l’identique. On n’apprendra donc jamais rien des leçons du passé !

  10. Bientôt trop tard.
    Pour ceux qui veulent en découdre avec les infâmes,
    l’armée n’est pas la bonne porte.
    Cause que les infâmes, ils rentrent, par wagons entiers.
    A ceux qui veulent les flinguer: Restez en France.
    Le front se déplace, l’ennemi mortel est ici, en France.

  11. Pour avoir souvent « tourné » avec les soldats de la fumisterie de Vigipirate je peux vous assurer qu’à des rares exceptions prés, car il ne faut pas tous les mettre dans le même sec, la motivation des jeunes engagés fait peur !
    Je peux vous dire que patrouiller pendant des heures au milieu de la population avec des zombis faméliques aux rangers crades c’est très long.
    Je précise que contrairement aux idées reçues les régiments soit disant « d’élite » ne valent pas mieux que les autres. Loin de là…

  12. L’Armée est un métier et non une profession.
    Piqûre de rappel, pour info ou note pour plus tard :
    DU PERSONNEL MOTIVÉ TU N’ENGAGERAS PAS
    CAR, DANS LA MERDE TU SERAS
    LORSQUE, DÉMOTIVÉ, IL SERA.

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