Un plan d’urgence pour les conditions de vie et de travail des militaires

Chaque année, lors de leur traditionnelle audition devant les commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat concernées par les questions de défense, les chefs d’état-major insistent sur la dégradation des bases et des casernes. C’était en particulier le cas du général Ract-Madoux, qui ne manqua de faire part de ses préoccupations à ce sujet lorsqu’il était encore le patron de l’armée de Terre (CEMAT).

Le budget de la Défense étant soumis à de fortes contraintes depuis plusieurs années, l’un des postes de dépenses dans lequel il est plus facile de puiser est celui dédié aux infrastructures. C’est ainsi que, par exemple, la fin du plan Vivien, dédié aux conditions d’hébergement des militaires du rang, a été reportée de 2013 à 2017. Du coup, les conditions de logement de beaucoup d’entre eux sont précaires. « À peine décents », avait même estimé l’ancien CEMAT.

Repousser les échéances n’est pas ce que l’on peut appeler une bonne politique. Car pour des économies de court terme (mais peut-on faire autrement dans l’urgence), la facture pour rénover et entretenir des bâtiments décents n’en sera que plus lourde.

« Ces reports d’investissement se traduisent donc par d’importants besoins en maintien en condition que la LPM 2009-2014 n’a pas permis de satisfaire. Il en résulte un retard dans les opérations de maintenance qui exigera un effort accru en ressources pour être comblé. Il s’agit d’une préoccupation majeure car touchant les conditions de vie et de travail, ces mesures affectent directement le moral du personnel », expliquait le général Ract-Madoux en septembre 2013.

Aussi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a demandé un état des lieux après avoir « constaté à l’occasion de (ses) déplacements dans les forces l’état de dégradation des conditions de vie et de travail des agents du fait du défaut d’entretien de certains bâtiments ». Et le résultat est sans appel : « près de 700 points noirs » ont été recensés, a-t-il avancé lors d’un audition à l’Assemblée nationale. Et il faudrait au moins 560 millions d’euros pour y remédier.

D’où l’annonce, par le ministre, d’un « plan d’urgence, dont l’exécution sera suivie en comité ministériel des soutiens », a été élaboré pour les opérations liées aux « infrastructures vie » (c’est à dire l’hébergement et la restauration). Et d’ajouter : « Ce plan d’urgence constitue pour moi une priorité absolue » et « justifie un redéploiement de crédits à opérer au sein de notre programmation pluriannuelle ».

Déjà, il est prévu de réaliser 130 opérations en urgence pour un montant de 67 millions d’euros.

Le projet de loi de finances initiale 2015 (menacé d’être revu et corrigé sous la pression de la commission européenne…) précise que ce plan d’action permettra « de traiter d’ici l’horizon 2022 les 700 points noirs recencés » et qu’il répond « à une approche centrée sur la cartographie des risques identifiés (sanitaire, hygiène et sécurité, environnemental) et sur l’état de dégradation de certaines infrastructures pouvant avoir des conséquences sur la condition de vie du personnel ».

Le document ajoute que « l’année 2015 s’inscrit résolument dans ce plan d’acion qui contribuera au moral et à l’amélioration des conditions de vie du personnel et permettra de traiter environ 130 opérations déclinées en 6 volets : restauration, hébergement, tertiaire, instruction et entraînement, soutien du site et technico-opérationnel ».

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