Les autorités japonaises préoccupées par une vente de DCNS à la Chine

En octobre dernier, la Chine commandait, auprès du groupe de construction naval DCNS, 2 grilles d’appontage pour hélicoptères et drones à voilure tournante pour en équiper deux nouveaux patrouilleurs hauturiers destinés à ses garde-côtes chinois de la China Marine Surveillance (CMS). Leur livraison, prévue pour le début de l’année 2013, portera à onze le nombre total de ce type d’équipement vendu par l’industriel français à Pékin.

Comme leur nom l’indique, les grilles d’appontage sont essentielles pour un navire qui met en oeuvre un hélicoptère étant donné qu’elles permettent à l’appareil de se poser ou de décoller sans assistance du pont d’envol en toute sécurité, même quand la mer est difficile et le les conditions météorologiques mauvaises.

Etant donné leur importance pour la sécurité à bord d’un navire, ces grilles d’appontage sont des produits qui demandent un savoir faire pointu en matière de métallurgie. Ces systèmes doivent être validés par un organisme indépendant afin de garantir leur fiabilité face aux sollicitations mécaniques.

Or, il se trouve que la livraison de ces grilles d’appontages inquiète les autorités japonaises, étant donné qu’elles équiperont les navires chinois qui font régulièrement des incursions dans les eaux des îles Senkaku, dont la souveraineté est revendiquée à la fois par Tokyo, Pékin et Taïwan.

Pour le Japon, ces systèmes permettront à la Chine de moderniser ses navires, ce qui représente une menace supplémentaire pour ses propres garde-côtes ainsi que pour son contrôle de l’archipel convoité. Aussi, Tokyo a fait part de ses inquiétudes à Paris par la voie diplomatique, ce 18 mars. Et cela d’autant plus que la question des iles Senkaku (Diaoyu pour Pékin) est à la cause de relations particulièrement tendues depuis des mois entre les autorités chinoises et japonaises.

Ces dernières semaines, plusieurs incidents militaires, heureusement sans conséquence, se sont produits entre les deux pays. Le 30 janvier, par exemple, le radar de conduite de tir d’une frégate chinoise a ainsi « accroché » un navire d’escorte des forces d’autodéfense japonaise.

Seulement, pour Paris, la vente de ses grilles d’appontage ne constitue pas un problème dans la mesure où elles ne figurent pas dans la liste des équipements miliaires soumis à l’embargo sur les armes décrété contre la Chine par l’Union européenne au lendemain de la répression de la place Tienanmen en juin 1989.

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