22 avril 1915 : la guerre chimique commence
22 avril 2008 – 19:13Le premier conflit mondial aura d’une certaine manière révolutionné la façon de faire la guerre. Le temps des charges héroïques de cavalerie n’aura survécu que quelques semaines après le début des hostilités. Un jeune officier de cavalerie de l’époque, le lieutenant Chambe, pressentant que l’avenir de son arme d’origine allait être radicalement différent de l’idée qu’il s’en était fait jusque là , choisissait l’esprit chevaleresque de l’aviation militaire naissante.
La guerre de 1914-18 aura donc vu, entre autre, l’émergence de l’aviation de chasse, la naissance du char qui connaîtra le baptème du feu lors de la bataille de la Somme en 1916 ou encore l’apparition des gaz de combat.
C’est en effet le 22 avril 1915, alors que la seconde bataille d’Ypres vient de commencer, que l’armée allemande utilise pour la première fois un gaz toxique à base de chlore. Près de 10 000 soldats français, britanniques et canadiens sont mis hors de combat lors de cette attaque. Pour les alliés, il devient alors urgent de trouver un moyen pour se protéger de l’effet de ces gaz dont l’idée de l’utilisation revient au futur prix Nobel de chimie Fritz Haber.
Cependant, l’armée allemande n’atteindra pas les buts de son offensive. Une contre-attaque britannique menée le 24 mai l’oblige à reculer. Mais la seconde bataille d’Ypres va être le début non seulement d’une course à l’armement chimique mais également aux moyens de protection. Et si les alliés ont protesté contre l’emploi de gaz toxiques par les Allemands, il n’en reste pas moins que Français et Britanniques ont cherché à en développer, et en ont produits et utilisés.
C’est grâce aux travaux du chimiste Victor Grignard que l’armée française a utilisé du phosgène, un gaz hautement toxique à température ambiante, classé parmi les agents suffocants. Dès le début de la guerre, les Français avaient déjà songé à se servir de gaz lacrymogènes sur un champ de bataille.
Le fameux gaz moutarde, encore appelé Ypérite, fera son apparition lors de la troisième bataille d’Ypres (ou bataille de Passchendaele, du 31 juillet au 6 novembre 1917). Ce gaz, qui a été utilisé pour la dernière fois par Saddam Hussein contre les Kurdes, s’attaque aux yeux et aux poumons.
A la fin de la guerre, plus d’un obus fabriqué sur quatre contenait une charge chimique. La Croix rouge lancera un appel, le 6 février 1918, contre l’utilisation de telles armes. Il faudra attendre cependant la fin de la guerre froide pour que les premiers textes interdisant les armes chimiques soient adoptés.
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7 commentaires à “22 avril 1915 : la guerre chimique commence”
Je n’ai pas eu le temps de lire votre site et d’en comprendre toutes les motivations étant donné son titre curieux, mais ceci ne m’empêche pas de vous préciser que les attaques chimiques initiées par Haber et qui se sont généralisées durant toute la durée du conflit, n’ont pas dépassé les 3% du nombre total des victimes tombées sur le front de la première Guerre Mondiale. De même, il est malheureux que lorsque vous avancez le chiffre de 10.000 hommes intoxiqués, votre site se fait le diffuseur de statistiques les plus grossières, telles que le répandait la propagande de l’époque. Il est convenu désormais, les historiens commencent à tous s’y accorder, que les attaques chimiques des 22, 24 avril et 1er mai 1915 à Ypres ont fait entre 800 et 1400 morts et 2000 à 3000 intoxiqués, graves et légers. Ceci, bien sûr, ne disculpe aucunement Haber.
By Vandermeulen on avr 23, 2008
Précisions :
22 avril 1915 : près d’Ypres, 6 000 cylindres (30 000 selon certains auteurs) contenant 180 tonnes de chlore sont répandus par deux bataillons sur 6 km de front. Poussé par le vent, le nuage de gaz causera la mort de 5 000 soldats et en mettra 1 500 hors de combat, provoquant une intense panique.
Source : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
[http://www.irsn.org/non-proliferation/index.php?page=chimie/chimieHisto/armesChimiques]
By admin on avr 23, 2008
Réponse à Monsieur Vandermeulen
En 1914 des unités de Cavalerie faisaient la guerre à cheval et se battaient encore “sabre au clair”. Quelques mois plus tard en 1915 apparaît une arme nouvelle faisant des milliers de morts en quelques instants. C’est uniquement cela que l’on retient et rien d’autre, car vous même, vous n’avez pas les chiffres très exacts des victimes mais qu’une approximation revue et corrigée à la baisse. De plus ce n’est pas dans l’esprit de cet article que de savoir à l’unité le nombre de victimes à cause des gaz chimiques. Quelque soit le nombre c’était beaucoup trop. C’était la destruction sans dissernement et donc 1914 faisait entrer le 20ème siècle dans de nouvelles approches de la guerre.
By SAINTJUST on avr 24, 2008
Il s’agit de 5.730 cylindres, Messieurs. Et de 180.000 kilos, pas tonnes. 180.000 tonnes divisées par 6.000, cela fait de grosses bombonnes, voyez-vous. Des fourchettes oscillant de 6.000 à 30.000, vos sources sont malheureuses. Il y a même des gens qui estiment que votre site est grotesque (selon certains auteurs, je rassure).
By Vandermeulen on avr 24, 2008
@ Vandermeulen,
1- La référence que vous reprenez vient de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire;
2- 1000 kg = 1 tonne (c’est du niveau de l’école primaire). Donc 180 tonnes = 180 000 kg;
3- Vous écrivez “180.000 tonnes” alors que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire indique 180 tonnes. Erreur d’inattention de votre part?
4- Vous avancez des chiffres. Veuillez avoir l’extrême amabilité de citer vos sources;
5- Quand vous dites qu’il y a même des gens qui estiment que ce blog est “grotesque”, il aurait été souhaitable de donner plus de précisions; Libre à vous de penser ce que vous voulez mais le ton agressif de vos commentaires est quelque peu déplacé.
By admin on avr 24, 2008
Mon bon Monsieur, mon ton n’est pas agressif, mais venant d’un féru du militaire, je peux comprendre.
Je me suis trompé sur les tonnes, en effet, mais ceci ne m’empêche pas de vous répéter que vous diffusez des chiffres avancés par les propagandes d’époque. Vous voulez des sources. Tenez, débrouillez-vous déjà avec ceci :
En anglais : T. Mitchell et G. Smith, Official History of the Great War : Medical Services, Casualties and Medical Statistics of the Great War, Londres, 1931. Liddell Hart Center for Military Archives, King’s College, Londres, Journal et archives du brigadier Charles Foulkes, Note on the Total Casualties Caused in the British Forces by Gas Warfare, M16D, colonel C. G. Douglas. US National Archives, RG 287, Carton Y5890, Ar5, Part lO, Corps General Sibert’s Evidence to the House of Representatives Committee on Military Affairs, 1919, p. 537 et 543. En français : Service historique de l’armée de terre, Vincennes, SHATV 16N521, 16N522, 16N523, 16N524 ; Ministère de la Guerre, Direction du service de santé, Étude statistique chirurgicale, Guerre 1914-1918, Les blessés hospitalisés à l’intérieur du territoire, l’évolution de leurs blessures, t. II, Paris, Imprimerie nationale, 1924, p. 364 à 372 ; A. Mignon, Le service de santé pendant la guerre 1914-1918, Paris, 1926, p. 664, 672, 673, 674; Joseph Toubert (médecin général inspecteur), Le service de santé militaire au Grand Quartier général (1918-1919), Paris, Charles Lavauzelle & Cie, 1934, p. 34 à 39 ; Joseph Toubert, Etude statistique des pertes subies par les Français pendant la guerre de 1914-1918, Conférence donnée à l’hôpital du Val-de-Grâce en juillet 1920. En allemand : Heeres-Sanitätsinspektion des Reichskreigsministerium, Sanitätsbericht über das deutsche Heer im Weltkriege 1914-1918, Berlin, vol. 3 (1934). Rudolf Hanslian, Der deutsche Gasangriff bei Ypern am 22. Avril 1915, op. cit., p. 64, 70 et 104.
By Vandermeulen on avr 24, 2008
@Vandermeulen
Vous auriez pu tout simplement citer l’étude du professeur Armand LATTES, diffusée sur le site Internet de la société française de chimie. D’ailleurs, ce dernier écrit “on pense que”, etc…
Les chiffres que vous avancez sont des estimations. Elles peuvent varier d’une étude à l’autre.
Je vous conseille de visiter cette page : http://objectifbrevet.free.fr/corriges/cor_hist_cor16.htm qui est un corrigé d’une épreuve d’histoire du brevet des collèges. Libre à vous de partir en croisade contre les programmes de l’Education nationale (qui, normalement, ne sont pas conçus à la légère)
Dernier point : les affaires militaires ne sont pas “grotesques”.
By admin on avr 24, 2008