L’armée de l’Air et de l’Espace planche sur une doctrine pour agir à très haute altitude

Un pays peut faire valoir sa souveraineté jusqu’à 12 nautiques de ses côtes [au-delà, on parle de zone économique exclusive] et jusqu’à l’altitude de 66’000 pieds [soit un peu plus de 20 km]. Ce qui veut dire qu’un aéronef pouvant évoluer à une telle hauteur ne violerait pas son espace aérien.

Mais, à ce jour, peu d’appareils ont une telle capacité, hormis l’avion espion américain U-2 « Dragon Fly », qui peut voler à 80’000 pieds d’altitude. Par le passé, le Mirage IIIE, doté d’un moteur-fusée SEPR, était en mesure de lui tenir la dragée haute, comme il le démontra en 1967, avec l’interception, à 67’000 pieds, d’un de ces U-2 qui s’intéressait d’un peu trop près – si l’on peut dire – aux sites nucléaires français.

Quoi qu’il en soit, entre cette limite supérieure de 20 km et celle, inférieure, de l’espace extra-atmosphérique [fixée à 100 km par la Fédération aéronautique internationale et à 122 km par la NASA, l’agence spatiale américaine], tout est permis dans la mesure où cette couche n’est régie par aucun traité international. Or, d’un point de vue militaire, pouvoir y opérer présenterait plusieurs avantages, que ce soit pour le renseignement, les télécommunications ou bien encore la guerre électronique.

En effet, par rapport à ceux dont sont dotés les satellites, les capteurs emportés par un appareil capable d’évoluer dans cette couche de l’atmosphère [dont à très haute altitude] afficheraient des performances accrues [car placés plus près de la Terre] et, s’agissant des communications, le « bilan de liaison » serait meilleur, les signaux étant plus forts.

Évidemment, au regard des possibilités qu’elle offre, cette zone de « non-droit » peut devenir un champ de confrontation… dans la mesure où, par exemple, on peut imaginer qu’un « compétiteur » puisse être tenté de déployer un dirigeable stratosphérique au-dessus de Paris. Rien ne le lui interdirait…

D’où la réflexion actuellement menée par l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], laquelle est d’autant plus urgente que les progrès technologiques permettant de développer de telles capacités sont rapides.

« Jusqu’à présent, la très haute altitude n’était pas exploitée ou très peu, mais avec la multiplication des projets de ballons atmosphériques, de drones de très haute altitude, de planeurs hypersoniques ou de satellites en orbite basse, il faut ouvrir une réflexion et éviter demain une potentielle lacune capacitaire », a en effet expliqué le général Stéphane Mille, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], lors d’un colloque organisé cette semaine à l’École militaire.

Le chef d’état-major des Armées [CEMA], le général Thierry Burkhard, a commandé un rapport sur la protection – mais aussi l’utilisation – de cette couche de l’atmosphère. « Nous en avons quand même pour quelques mois de réflexion avant de savoir ce que l’on veut y faire, avant de valider une stratégie et de décliner une doctrine… On a un peu de temps devant nous mais il faut s’y atteler ! », a confié le CEMAAE. Celle-ci devrait se concentrer sur trois fonctions stratégiques, savoir « connaissance et anticipation », « protection » et « intervention ».

Probablement que ces travaux intéresseront aussi… la Marine nationale, qui a déjà eu l’occasion de faire part de son intérêt pour les drones stratosphériques [encore appelés « pseudo-satellites »]. Un tel engin « vole à 30’000 mètres d’altitude et peut rester des semaines en l’air. Il avance assez lentement, sa charge utile est assez faible, mais il va à la vitesse d’un bateau : il pourrait donc suivre une force navale, me servir, de façon assez discrète, de relais de télécommunications, mais aussi, de point d’observation afin de relever tous les transpondeurs, en voyant plus loin », avait en effet expliqué l’amiral Christophe Prazuck, qui était son chef d’état-major, en 2019.

Cela étant, cette réflexion menée par l’AAE ne part pas de zéro. L’Union européenne [UE] a ainsi récemment lancé le projet EuroHAPS, financé à hauteur de 43 millions d’euros par le Fonds européen de défense [FEDef] et coordonné par Thales Alenia Space [TAS].

Trois démonstrateurs devront être mis en point d’ici 2025, sur la base du dirigeable HHAA [Hybrid High Altitude Airship] du Centre italien de recherche aérospatiale [CIRA], le ballon AsBass du groupe allemand ESG [Elektroniksystem-und Logistik-GmbH] et le Stratobus de TAS, par ailleurs soutenu depuis 2016 par la Direction générale de l’armement [DGA].

D’autres projets sont en cours… Comme le drone stratosphérique « Zéphyr » d’Airbus, lequel a manqué de battre un record, l’été dernier, en restant en vol durant 64 jours, à une altitude comprise entre 60’000 et 70’000 pieds, dans le cadre d’une expérimentation de… l’US Army Futures Command.

En France, Hemeria développe le Balman, un ballon stratosphérique manoeuvrable, censé permettre le « survol prolongé d’une zone d’intérêt ». Et Dassault Aviation a des projets dans ses cartons, appelés « Smart Astrée » et basés sur l’avion spatial « Space Rider », la version opérationnelle du démonstrateur IXV [Intermediate eXperimental Vehicle], qui a volé en 2015.

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129 contributions

  1. Fafoulamoutardecapique dit :

    Un tout tout tout grand merci Monsieur L.L. pour votre article et ce lien! Superbe anecdote, j’aurais tellement aimé voir la tête de notre ami ricain quand le lllE est arrivé 😉

    • E-Faystos dit :

      A cette altitude, un mirage est quasiment en vol balistique comme un obus. le pilote peut toujours déclencher une catastrophe et partir en vrille quand l’U2 est dans une phase à peine moins délicate: il n’a pas de marge de manœuvre ni en vitesse, ni en virage, sous peine de se briser.
      mais cet appareil issus des années 50 reste incontournable. c’est pas pour rien que les USA le conserve sans pouvoir l’abandonner, en améliorant tout ce qu’il peuvent.
      .
      et effectivement, obtenir des moyen de liaison infra atmosphérique permet de rebondir contre la ionosphère avec des moyens radio adapté. et donc de créer. des moyens de communications longue portée sans le coût d’un repositionnement satellite !

    • Rico dit :

      Le pilote du Mirage qui a fait cette interception raconte son histoire :
      http://aviateurs.e-monsite.com/pages/1946-et-annees-suivantes/mirage-vs-u2.html

    • Mic dit :

      Surtout la tronche du pilote.. je me demande s’il n’a pas cru avoir un « mirage » ah ah….
      ils ne s ‘en sont pas ventés les US……en 1967….

      • Voyelles dit :

        Ces altitudes sont elles aussi ventées, bien que l’aérologie y soit probablement différente de celle des couches plus basses de l’atmosphère.
        Quant à la rencontre qui y a eu lieu entre un U-2 et un Mirage IIIE, les USA ne s’en sont pas vantés.

    • lym dit :

      De nos jours, les ricains se plaindraient d’une « interaction dangereuse et non professionnelle »! :o)

    • lgbtqi+ dit :

      fafoulamoutardequipique contre les « ricains » intervient déjà manifestement à haute altitude et rend de ce fait bien inutiles les efforts de l’armée de l’air…

      • Alfred dit :

        Vous n’avez rien compris très chère. Loin de moi l’idée de nager avec vous dans votre bocal. Je pensais plutôt à un PC avec le masque à gaz, des tours de terrain en courant l’arme au dessus de la tête, et diverses plaisanteries qui, fut un temps, contribuaient à maintenir la cohésion et la bonne humeur. Mais tout se perd.

        • lgbtqi+ dit :

          Vous permettez que je réponde à fafoulamoutardequipique ? à moins que vous ne soyez la même personne et que vous vous sentiez impliqué.

          Quant à votre conception des rapports hiérarchiques entre nous, je vous en laisse l’imagination. C’est la réalité qui m’intéresse.

    • Captain Pif dit :

      Beau témoignage! Une remarque de détail: les 1er Mirage IIIE sont arrivés à Dijon (3/2 Alsace) le 27/9 1968. En juin 1967 (et j’avais déjà lu cette date pour l’interception du U-2), il devait vraisemblablement s’agir d’un Mirage IIIC.

  2. Lecoq dit :

    Heu bah pourquoi pas, mais un dirigeable en zone de conflit, ca serait pas par hasard une bonne grosse cible facile a abattre de nos jours ?

  3. Jul dit :

    Ils n’on cas allez produire des bombardier stratégique comme les américain avec le b-2 ou le b21 sa serait bien plus utile.

    • Czar dit :

      pourkoi tu en fé pa, jul ? leu papiay clairfontain ah 80g ait en promau ah intermarchais tu peu fer dé bombarié stra tégik et pi dé chasseur avec une ramett

      • Un civil dit :

        les pseudo- satellite pourraient être aussi utiles pour la marine pour la surveillance de nos ZEE principalement dans le pacifique le sud de l’ océan indien, je pense à un système à 3 couches
        pseudo – Satellite pour une surveillance générale de zone: suivi de trafic ,surveillance des pêche et des pollution
        falcon/ albatros et drone MALE po une surveillance plus rapproché d’objectif d’ interet, mission SAR a long dAction voir lutte anti surface.
        Atlantique et son successeur pour la partie plus offensive de la patmar: lutte anti surface et ASM.
        Avec peut-être en plus pour les approches côtière des station radar transhorizon pour appuyer les semaphores

    • Cactus dit :

      – Cactus Assistance, j’écoute.
      – Oui, bonjour, j’ai quelques incertitudes sur l’orthographe de ce que j’ai écrit. Vous pourriez y jeter un coup d’oeil ?
      – Mais bien sûr, nous sommes ici pour ça.
      Alors… Aïe ! Oui, vous avez bien fait d’appeler.
      Voilà, c’est réglé :

      Ils n’ont qu’à aller produire des bombardiers stratégiques comme les Américains avec le B-2 ou le B-21, ça serait bien plus utile.

  4. Raymond75 dit :

    Super !!! Un nouveau créneau pour le complexe militaro-industriel. Et pour la paix bien sûr, comme tous les développements militaires. Nous n’avons jamais été autant en paix que depuis Ramsès II.

    • Czar dit :

      t’es bien au courant que la plupart des vilain développements militaires kituu ont eu une jôntill application civile comme internet pour nous permettre de savourer tes flatulences sans avoir à venir boire un ricard au troquet, régis ?

      • Raymond75 dit :

        Petit Césarion, j’ai parfois du mal à comprendre ce que tu cherches à exprimer. Tu peux terouver des traducteurs de français sur Internet.

        • Naledi dit :

          Moi, j’ai bien compris ce qu’il raconte et c’est pas faux. Mais vous restez tout de même 2 têtes à claques. Si ça se trouve vous fréquentez le même bar PMU. L’un fan de Bob l’autre de z’amour

          • Czar dit :

            c’est pratique cette idée de te poser en salomon de prisunic pour te permettre dee distribuer des points que personne ne te demande.

            Ca doit donner une forme de souffle épique dans ton existence (je veux dire plus que la fois où t’es arrivé en retard d’une demie-heure à cause d’un « inccident voyaugeur » sur la ligne de Villetaneuse)

            pour penser que j’étais fan d’iric zimmôr, vaut mieux que tu évites le métier d’analyste. des gars pour remplir les rayons à carrouf, il en faut. Du moins tant que les robots ne sont aps encore totalement au point.

        • Czar dit :

          térouvons ensemble, mon cher Régis, c’est un bôprozet pour l’année nouvelle

    • joe dit :

      C’est vrai que laissez les autres s’accaparer une zone qui est hautement stratégique sans pouvoir réagir est la voie à suivre /s. En plus la guerre c’est fini. Plus personne sur cette planète n’a d’intention belliqueuse. C’est vrai, le Kremlin l’a encore confirmer cette semaine, ils veulent juste sauver les Ukrainiens des nazis… On pourrait prendre d’autres autres exemples. Pourquoi de l’artillerie, des chars, des avions, cela coûte cher et profite aux industriels ! Ne faisons aucun drone… d’aucune sorte. Ce machin n’a aucun avenir… Par contre pensons bien à rajouter 20 milliards de prestations sociales pour que les bons citoyens puissent regarder les Marseillais… Bien plus intéressant que ces guerres périphériques en Europe. Cela ne nous concerne pas, ils ne parlent pas Français.

      • Raymond75 dit :

        En effet, il vaut mieux « rajouter 20 milliards de prestations sociales » que 20 milliards de bombes qui sèment la destruction et le malheur. Mais je sais que c’est difficile à comprendre, trop difficile pour ceux qui en profitent.

        • joe dit :

          C’est très facile à comprendre et 100 % des lecteurs sont de votre avis… sauf que vous zapper volontairement le fait que les guerres sont une cruels réalité. Allez supprimons le budget militaire, ça fait 55 milliards pour augmenter le smic de quelques centaines d’Euros et les fonctionnaires dans la foulée…. Nous an aurons besoin le jour ou les russes seront à paris, pour leur payer des tournées.

        • Anaxagore dit :

          Non. Les prestations sociales ne sont que démagogie ruineuse. Mieux vaut mille fois mettre l’argent là où il est utile,c’est à dire dans la protection des Français.

        • Stéphane Leroy dit :

          pour simplifier…
          Abonder le budget de la défense, pour un pays, consiste, ramené à notre niveau, à payer l’assurance de la voiture et de la maison..
          On paye en espérant pas en avoir besoin…
          Sauf que dans le cas de la Défense, c’est pas à fonds totalement perdus…

      • Czar dit :

        « ils veulent juste sauver les Ukrainiens des nazis…  »

        les nazis sont morts depuis longtemps, boumeur. c’est quand même dingue que vous nous ayez fait chier toute une vie avec l’obsession d ‘un truc que vous n’avez même pas vécu vous-mêmes

        • PK dit :

          joe n’est boomer : c’est un ado qui croit qu’on peut former un bidasse en 48h pour l’envoyer au front. Son expérience se situe donc entre le jeu vidéo et les apports de l’EN…

        • joe dit :

          Vous saisissez que ma phrase est ironique ou pas ? D’autre part le fait de parler des nazis est essentiel. Ignorer l’histoire c’est la répété inlassablement.

          • Czar dit :

            « Ignorer l’histoire,c’est la répété »

            mes yeux saignent, c’est un holocauste.

        • Soupir dit :

          @joe Le second degrés est apparemment bien mort et enterré et vous en faites les frais. J’en suis désolé pour vous.
          Vous avez tout mon soutien.

          • Czar dit :

            « Vous avez tout mon soutien »

            « si un aveugle conduit un infirme, ils iront tous deux dans le fossé  » dit l’apôtre, nesspâ il n’a pas fait de second degrayyy, terme que tu emploies sans bien vraiment le comprendre, il a fait son petit numéro de daimokrattvigilôn avec la reductio ad hitlerum kivabien (et confirmé par sa réponse indignada à ma remarque)

    • ji_louis dit :

      77 ans sans guerre sur le territoire français, ça ne s’était pas vu depuis l’empire romain !

  5. H. dit :

    Petite précision, ce n’était pas un Mirage 3E mais un 3C plus classique avec une fusée d’appoint SERP. On peut en avoir un aperçu dans un épisode des Chevaliers du ciel. Le pilote (en habit dit de lumière s’il vous plaît), qui a terminé sa carrière comme général, a expliqué qu’il a terminé l’interception en balistique. Il mentionne dans son récit la surprise qu’a du avoir le pilote du U2 quand il a vu un chasseur français lui passer devant.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « Petite précision, ce n’était pas un Mirage 3E mais un 3C  » D’où le surnom de « truelle galactique »

    • vno dit :

      Dans les chevaliers du ciel, il manque l’essentiel, que les Lorrains et Bourguignons de plus de cinquante ans ont connus. Le bruit et la lumière aveuglante qui escaladait le ciel à une vitesse phénoménale ! Lors des JPO des années 70, c’était un grand moment du spectacle !

  6. Auguste dit :

    Je vais enfoncer une porte ouverte.En tant que non sachant, je pense,quelque soit le conflit,haute intensité ou pas,que les armes doivent être construites en fonction du renseignement.L’une des priorités,pour moi,c’est le renseignement.Sans le renseignement,on tape dans le vide.

    • vno dit :

      On avait beaucoup de renseignement en 14, en 39, en Indo, en Algérie, mais des canards sans tête pour prévoir et anticiper !

      • Auguste dit :

        Renseignement qui va du satellite au renseignement sur le terrain.Par ex:Du drone haute altitude au mini-drone du front,pour schématiser.Sans évidemment oublier le renseignement humain.

  7. Félix GARCIA dit :

    « Hemeria développe le Balman, un ballon stratosphérique manoeuvrable »
    Chanmé nan ?
    En tout cas, leur présentation lors du colloque m’a convaincu que l’on doit en disposer, mais aussi, que nos adversaires en disposeront probablement rapidement aussi.

  8. Czar dit :

    « et jusqu’à l’altitude de 66’000 pieds [soit un peu plus de 20 km]. »

    ça me fait penser que j’écoutais une adaptation radiophonique de « Pilote de guerre » de saint-Ex, et à l’époque on annonçait bien les altitudes en mètres.

    depuis on a été ‘libérés’ et on parle en pieds ou en puces d’écran. Les panneaux de circulation en allemand toutefois ont été retirés.

    • alexandre dit :

      @czar, bonjour, l’utilisation du 60000 pieds peut être du au fait que l’expérimentation a été réalisée par l’us Navy, une sorte de traduction du compte rendu américain.
      L’article cite l’amiral Prazuck qui parle lui en mètres.

      • Czar dit :

        je crois pas que vous trouviez beaucoup d’avions qui aient aujourd’hui leurs instruments de vol en mètres, à part quelque glorieux Dewoitine D520.

        on a un système de mesure international qui a été inventé en France, et on suit comme des brêles un reliquat de l’empire romain parce que , vous comprenez, le Didayyy. #souvrènetayyy

    • farragut dit :

      Regardez dans vos poches… Je suis sûr que vous avez des pièces de 2 DM (1 Euro) ! 😉

    • PK dit :

      Toute la puissance du « soft power » que personne ne veut voir…

      Vous pouvez aussi citer les chansons, les films, les informations centrées sur la politique intérieure états-uniennes, les modes, la bouffe, etc.

      Mais le danger est la Russie 🙂

      Bon, c’est vrai : tout le monde connaît Kalinka…

      • Plaine, ma plaine dit :

        Quoi que l’on puisse dire de la « culture » américaine, ce qui rase les villes ukrainiennes, c’est l’armée russe.

        • PK dit :

          Les armes américaines y jouent un rôle certain aussi… Comme quoi, ils arrivent même à exporter leur culture chez les russophones…

  9. Patrico dit :

    Encore un Superbe Article ! l’AAeE se « penche » ! c est à dire que l on projète en réflexions un « genre de Ballon » ce positionnant dans la zone libre de droits soit entre 20km et 100km! et bé, il serait temps plutôt à ce pencher sur un UAV- HAPS comme ceux qui vont sortir ci et là ou, vous devinez Tous ! Mais ici j insiste sur le manque crucial stratégique d’un lanceur speed and ligth à nos Armées! Merci Thank you merci a Tous !

  10. ONERESQUE dit :

    S’intéresser (enfin) à cette tranche stratosphérique pourrait AUSSI, et ce, de manière SALUTAIRE, ABOUTIR à constater que la France ne dispose d’ AUCUN moyen d’interception (donc de contrôle) à ces altitudes. Cette lacune capacitaire pèse de manière très sévère sur toute la stratégie de maîtrise de l’Espace hexagonal face à un domaine où les vecteurs de reconnaissance et d’attaque (dont hypersoniques) vont se multiplier dans le futur.

    USA, Russie et Chine, eux, le savent depuis belle lurette et ont déjà organisé 3 types de contre-mesures depuis le sol :

    1 > les intercepteurs endo-atmosphériques et faible exo. Les USA ont le SM3-A avec un tracker-killer par impact disposant de pilotage pif-paf fusées et d’un télescope IR multibande, comme le ARROW 3 et le futur Arrow 4 ( menace iranienne obligeant les Israéliens) . Le SM-6 de l’US Navy peut également atteindre plus de 30 km d’altitude ( 33 officiels – 38 à 40 probables ). Les russes ont le S-450 et le S-500 qui frôlent également les mêmes niveaux de couches et atteignent Mach 6. L’Europe n’a RIEN……..d’où (enfin) TWISTER, mais capté par piston par un espagnol de 2ème rang, SENER, se dissimulant en « faux-nez » derrière le lobbying réussi de DIEHL qui avait préparé une modèle (rudimentaire) de second étage cylindrique à superstato conique (souris géom SR-71)…..MBDA DOIT DONC SE SECOUER en ré-initiant SUR FONDS PROPRES ( ou franço-italiens), sans l’UE, un Super-ASTER 2, même booster, à second étage ASN4G…C’est une initiative INDISPENSABLE, ne serait-ce que pour le marché international futur avec les pays intéressés.

    2 > Les lasers de puissance, surtout mis en œuvre par les Russes et les Chinois pour dézinguer les satellites NRO 150_170 km, mais tout ce qui orbite ou vole en fait. Que ce soit à CO2, à état solide, ou à ergols hyper-réactifs, les chambres de pompage réactives alimentent des télescopes à miroirs de 1 à 2 m qui crachent jusqu’à 2 MW de faisceau, comme l’ancien ABL américain dans le nez des B747….Pas chers à la salve et très très létaux…….POUF !!!! ENCORE une fois, la France et l’Europe N’ONT RIEN EN LASERS de HAUTE PUISSANCE anti-orbitaux….Comble de l’ironie sachant que la CILAS était l’une des plus avancées il y a de cela 40 ans…..

    3 > Les Masers, ou faisceaux micro-ondes, même principe, mais dans les micro-ondes juste sub-millimétriques, invisibles comme les lasers IR, mais qui « grillent » discrètement tout ce qui est à bord…..Ni vu, ni connu….je t’embrouille ton enquête de source….
    France et Europe, pas intéressés…..

    Bon, tout cet affligeant panorama traduit de manière éclatante, à la fois les effets délétères de budgets dégringolés à 1 ou 1,2% du PIB 2002-2020, MAIS AUSSI l’ ABSENCE de VISION (avant 2022) prospective des décideurs politiques européens sur l’importance de l’interception atmosphérique dans les CHI modernes, une des clés majeures du succès et ce, à N’IMPORTE QUELLE ALTITUDE…….

    • Patrico dit :

      Bonjour Oneresque, vous dites que des vecteurs vont se propager dans le Futur! de cette zone Stratos…! Mais je vous garanti qu ils circulent déjà au dessus de notre pays! SVP croyez moi, un passionné du Ciel , de ses Planètes et à l occasion de ces Objets Volants Non Identifiés qui me surprennent en pleine observations! ! n en déplaise aux Réfractaires de l appellation et du GEIPAN ! photos +film! Merci Thank you merci a Vous et Tous !

      • Tringlos dit :

        @ Patrico
        « et à l occasion de ces Objets Volants Non Identifiés qui me surprennent en pleine observations! »
        ….vous en avez trop dit et surtout pas assez ! Un sujet ô combien passionnant, me concernant. Merci d’avoir évoqué ce sujet.
        Nota : suis preneur de tout lien sérieux concernant les PAN

        Bien cordialement.

  11. Fralipolipi dit :

    Il ne faut pas songer qu’à développer des aéronefs à même d’évoluer dans cette THA (dirigeable, drone, ou avion hyperveloce).
    Il faut aussi songer à l’interception en THA de tels aéronefs … « ennemis » (car en temps de guerre, il n’y a plus de frontière).
    Du coup, pourquoi ne pas lancer une nouvelle version de l’Aster 30 (block 2) allant au delà de la limite d’interception de l’actuel block 1 … qui est justement à 20.000 m d’altitude ?
    .
    Et pour ce qui est de la poursuite « de proximité » par avion de combat, pour prendre le relai du Mirage IIIE, nous savons que parmi les avions polyvalents, comme le Rafale (comme tous les avions de combat actuels en fait), aucun n’a vraiment les qualités requises … et le développement d’un avion spécifique coûterait une fortune.
    Alors pourquoi ne pas repartir du projet Aldebaran (= mise en orbite de Sat depuis fusée embarquée sous Rafale) ?
    https://www.aeroplans.fr/aviation-militaire/rafale-lanceur-de-satellites.html
    … on remplacerait alors le lanceur de satellite par un drone pour intervention à proximité de l’intrus.
    Si la cible en THA est lente (dirigeable ou drone), ce sera du gâteau.
    Si la cible est rapide (hyperveloce), il faudra bien ce genre d’accelerateur Aldebaran pour aller lui chauffer les oreilles !

  12. Le Suren dit :

    Ou je me trompe, ou les Ricains ont un jour expérimenté un concept consistant à abattre un satellite depuis un F-15 ?

    Pourrait-on tenter le coup ?

  13. math python dit :

    Je vous avoue être assez surpris par la fin de l’article qui est mis en exemple dans l’article. (http://aviateurs.e-monsite.com/pages/1946-et-annees-suivantes/mirage-vs-u2.html)
    Il est dit :
    « J’ai su beaucoup plus tard que cet épisode de l’interception avec photo avait beaucoup impressionné et inquiété les Américains, qui ont d’ailleurs suspendu leurs vols U-2 pirates au-dessus de la France… pour les reprendre plus tard en SR-71 à M 3.0, à 75.000 ft et plus… mais c’est une autre histoire ! »
    Quelqu’un aurait t’il davantage d’informations ou pourrait il me dire si ces vols sont encore à l’ordre du jour ou même possible.

    • farragut dit :

      Il me semblait que la France hébergeait à Istres des U2 sous ses hangars… Ils y arrivent comment ? 😉

    • EchoDelta dit :

      Il y en a eu beaucoup à une époque dans la décennie des années 70, jusqu’à l’interception d’un SR71 par un Mirage F1 préparé spécialement pour cette interception aux alentours de 75000 pieds. Cela a calmé les vol de reconnaissance, non signalés / demandés par les USA, en montrant cette capacité à verrouiller un SR71 (sans doute pas très longtemps vue le différentiel de vitesse). L’interception a été dirigée, il me semble de mémoire, par le centre de Taverny, sans doute avec l’accord de la présidence (VGE) mais je ne sais pas pourquoi ni comment.
      Je ne sais pas si nous avons conserver une capacité d’interception à cette altitude ni si c’est pertinent de faire de la reconnaissance par avion vue la forêt de satellites US qui gravitent au dessus de nous, et; si j’ose dire, le profil actuel de nos dirigeants qui ne doivent pas cacher grand chose aux USA.
      Si Scope revient sur le Forum en espérant qu’il aille bien, il se ferait un plaisir de nous commenter cela, sachant que c’est son époque de prédilection en matière de période historique. Car le boulot du radariste de contrôle en association avec le pilote a du être fignolé aux petits oignons… Comme pour celle du Mirage IIIE contre le U2, mais avec la vitesse en plus.

      • Pascal, (l'autre) dit :

         » jusqu’à l’interception d’un SR71 par un Mirage F1 préparé spécialement pour cette interception aux alentours de 75000 pieds. Cela a calmé les vol de reconnaissance, non signalés / » Surtout lorsque le Mirage F1 a été équipé du missile Matra R530 F capable de haut dénivelé. (l’intercepteur n’étant plus obligé de grimper jusqu’à l’altitude où croisait « l’hostile »! Cela a aussi « calmé » certaines intrusions à très haute altitude et vitesse d’avions venant de Méditerranée et allant se poser en R.D.A. (légende ou pas officiellement rien n’a jamais transpiré en reconnaissant qu’il n’est pas agréable de reconnaître qu’un avion étranger a pénétré dans notre espace aérien et que nous avons été dans l’incapacité de l »intercepter!)

    • vno dit :

      Le SR71 a été retiré du service, et il y en a souvent eu avec des U2 à Istres dans les années 90.

    • Bench dit :

      @math python : pour le SR-71 ce n’est plus du tout d’actualité. L’avion a été mis à la retraite en 1990. Le dernier vol d’un SR-71 a eu lieu en octobre 1999 : c’était d’un vol de recherche pour la NASA.
      Le U-2 est toujours dans l’inventaire de l’USAF et est régulièrement basé en Grande Bretagne à Mildenhall. Quant à savoir si des survols de notre pays sont toujours effectués en douce par ces aéronefs, rien trouvé sur le net à ce sujet. En tout cas si ça arrive , le secret est bien gardé.

    • Charognard dit :

      @ math python
      Voir mes liens juste au-dessus de votre commentaire…

  14. Félix GARCIA dit :

    La territorialisation des eaux pressentie par le CEMM pierre VANDIER s’étendra probablement à la très haute altitude.
    Faut faire bosser nos diplomates, car, là encore, il ne s’agit pas d’être en retard, voire mieux, être en avance et saisir l’opportunité « d’agrandir » encore la France, à l’image de ce qui s’est fait avec les ZEE.

    À propos des ZEE, quelles conséquences de l’hypothèse Icelandia ?
    « Conférence – Les continents sous les océans : l’hypothèse Icelandia »
    Cette conférence vous permettra d’en savoir plus sur les limites des continents et des océans sous le prisme des Sciences de la Terre
    – La superficie des continents s’étend en fait bien plus loin que ce que nous pouvons voir et donne ainsi lieu à de nouvelles propositions de continents comme « Icelandia »

    Une autre vision des limites continent-océan avec la géodynamique
    – En Sciences de la Terre la distinction entre domaines continental et océanique est différente de celle des termes géographiques employés usuellement, « océans » et « continents ».
    – Pour les géographes, l’océan est un espace occupé par de l’eau salée et la limite des océans est, naturellement, le trait de côte. Tandis qu’en géodynamique, on s’intéresse à la nature de la lithosphère, le matériau des plaques, qui comprend la croûte ainsi qu’une partie du manteau terrestre supérieur.
    – On distingue ainsi deux types de lithosphères, aux compositions crustales très différentes : la lithosphère continentale et la lithosphère océanique.
    – Des résultats et des concepts récents sur les modes de rupture des continents remettent en question l’utilisation de certains des éléments classiques d’identification de la lithosphère océanique.
    – L’application de ces modèles à l’Atlantique NE modifie profondément sa compréhension, avec la proposition d’un grand continent en partie immergé, et dont l’Islande serait la partie émergée : « Icelandia ».

    Intervenant : Laurent Geoffroy – Enseignant chercheur au Laboratoire Géosciences Océan, à l’Institut Universitaire Européen de la mer (IUEM) – Plouzané
    https://www.youtube.com/watch?v=ba9STl7fE9E

  15. rainbowknight dit :

    Déjà les cocoys s’entraînent…. Bisous sur le casque et courage.

  16. rainbowknight dit :

    J’ai eu le bonheur de voir un jour « l’oiseau noir » SR71 évoluer il y a longtemps maintenant. C’était à l’occasion du salon du Bourget.

  17. Ulysse dit :

    le SO 9000 Trident 2 a battu en 1958 le record d’altitude en atteignant près de 25 000 m. c’était l’époque où l’imagination était au pouvoir dans l’aviation française, avec le développement des motorisations hybrides, réacteur et fusée ou statoreacteur avec le remarquable Griffon.
    on peut se demander si le futur SCAF ne devrait pas s’intéresser aux grandes altitudes et aux grandes vitesses. certains propos de son PDG autorisent le doute.

  18. xos dit :

    J’ai en mémoire un SR-71 blackbird qui passait dans le ciel français dans l’axe narbonne-Bayonne, qui avait quelques fuites d’huile et qui a du baisser sa vitesse et son altitude pour gérer. Il se fait intercepter par un mirage qui film la scène, provoquant chez le pilote U.s un geste bien connu de diplomatie international, avant de remettre les gaz

    • vrai_chasseur dit :

      @xos
      Pour compléter l’anecdote c’était en 1982, le SR71 revenait de Beyrouth.
      Après l’attentat sur la garnison des Marines au Liban, le Pdt Reagan avait ordonné de photographier tous les sites terroristes de la région.
      Ce SR71 parti de Mildenhall au R-U, a dû faire un long détour par le Portugal, Gibraltar, Malte, la Méditerranée orientale pour arriver au-dessus du Liban et retour prévu par le même chemin. Périple fastidieux avec 2 ravitaillements en vol à chaque trajet : Le Pdt Mitterrand avait à l’époque, pour une raison qui ne regarde que lui, interdit aux américains le survol de la France pour cette mission.
      Durant la mission, le SR71 s’est fait accrocher par un radar de poursuite de batterie SA-5 syrien et a dû allumer la post-combustion à Mach 3 à haute altitude. Au retour le moteur droit a eu une alarme de fuite d’huile, contraignant le pilote à ralentir, à descendre d’altitude et à couper au plus court pour rejoindre Mildenhall par sécurité, donc à passer au-dessus de la France malgré l’interdiction de vol.
      Le pilote a vu un Mirage III français sur son côté gauche, qui lui a demandé sur fréquence d’urgence son « numéro d’autorisation diplomatique de survol ». Le pilote du SR71, stressé par l’accrochage missile syrien et par la perspective d’une panne moteur, a demandé à son navigateur ce qu’il pouvait faire pour répondre à cette demande. Ce dernier a répondu « tu peux allumer les gaz, je viens de lui donner le numéro » – il venait de lui faire un doigt d’honneur et le SR 71 est reparti à Mach 3 vers l’Angleterre.

      • Olivier dit :

        @vrai_chasseur Merci pour la précision que méritait cette anecdote. Je n’avais vu que la vidéo du rapide contact entre les deux avions

      • xos dit :

        @ vrai_chasseur Merci d’avoir préciser cette anecdote. Je n’avais vu que la vidéo du contact entre les deux avions

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « qui avait quelques fuites d’huile et qui a du baisser sa vitesse et son altitude pour gérer. » Problèmes d’huile que ce soit hydraulique où de lubrifiant moteurs c’est quasi systématiquement se diriger vers un terrain de déroutement! Partant du principe qu’un problème de fuites dans un avion n’est jamais anodin et du fait des pressions des circuits!
      « un geste bien connu de diplomatie international, avant de remettre les gaz » Votre anecdote me parait pour le moins « capillotractée » lorsqu’un problème survient un pilote est très généralement content d’avoir de l’accompagnement de plus vous indiquez qu’il réduit sa vitesse suite à son pb de fuite et dès qu’il voit le Mirage il réaccélère………………………. Peut être, comme c’est un Américain, que la fuite aura été traité avec un bon vieux chewing gum longtemps mâchouillé!

  19. HMX dit :

    Content de voir que l’AAE s’intéresse enfin à la stratosphère.

    Outre la nécessité absolue de développer rapidement un Aster 30 « block 2 » avec une capacité exo-atmosphérique (en clair, un équivalent au SM-3 américain), pour dissuader un adversaire un peu taquin de venir survoler l’Europe et la France à très haute altitude, il y a un autre usage potentiel particulièrement intéressant pour des ballons/dirigeables stratosphériques : un système anti-missiles balistiques à base de lasers de puissance.

    La stratosphère, bien au dessus de la couche nuageuse et des perturbations atmosphériques, est en effet un environnement particulièrement propice pour l’utilisation d’un laser : la visibilité est généralement parfaite, allant de quelques centaines à plus de 1000 km. Ces conditions sont également propices pour l’utilisation d’un radar d’alerte avancée et de moyens optroniques, pour la détection et le suivi de cibles se déplaçant à vitesse hypersonique. Par ailleurs, un dirigeable stratosphérique de grande taille pourrait parfaitement emporter une charge utile de plusieurs tonnes, pendant une très longue durée (plusieurs semaines, voir plusieurs mois).

    On peut donc imaginer un système anti-missiles balistiques et hypersoniques, qui se baserait sur un dirigeable « tireur », qui porterait un laser de puissance, et un ou plusieurs dirigeables « guetteurs » qui porteraient les radars et les systèmes optroniques. Ce système pourrait lui même être intégré dans une défense multicouche (évolution du SAMP/T) , dont il constituerait la « couche haute ».

    Bien sûr, les défis à relever sont importants : d’abord, il faut réussir à miniaturiser autant que possible un laser d’une puissance supérieure à 2 MW. On notera que les américains sont parvenus à monter un laser de type chimique iode-oxygène de 1MW de puissance dans le nez d’un Boeing 747 spécialement modifié (747 YAL-1 ABL) dès 2002, le premier essai réussi de destruction en vol d’un missile type Scud étant réalisé en 2010. La technologie ayant énormément progressé (puissance et miniaturisation), il semble tout à fait envisageable d’espérer faire mieux à l’horizon 2030. D’autant que la stratosphère offre un environnement nettement plus propice pour l’emploi d’un laser que celui où opérait un avion de ligne comme ce Boeing 747. Bien entendu, davantage peut être que le laser lui même, la question de l’alimentation électrique du laser sera déterminante. Toutes les pistes doivent être étudiées, y compris celle d’un micro réacteur nucléaire de quelques dizaines de kg, basé sur la technologie des SMR (small modular reactor) n’emportant qu’une très faible quantité de combustible et très sécurisé.

    La seconde difficulté consistera à concevoir un dirigeable (ou une famille de dirigeables) suffisamment grand pour emporter plusieurs tonnes de charge utile. En extrapolant à partir d’engins existants, on se dirige vers des dirigeables de 100 à 200 mètres de long, et de plus de 100 000m3 de volume. Ces dirigeables seront dotés de moteurs électriques pour leur permettre de manœuvrer ou tenir leur position malgré les vents très fort à ces altitudes. La charge utile pourra être emportée dans une nacelle sous le ventre du dirigeable, ou pourquoi pas directement au cœur de la structure pour le dirigeable qui portera le radar d’alerte avancée. Pour la liaison de données, qui devra forcément être fiable et très sécurisée, une liaison optique laser avec le sol et entre les dirigeables eux-mêmes semble toute indiquée.

    On notera que toutes les « briques » technologiques sont existantes, ou pré-existantes, dans la BITD française et européenne, avec de belles possibilités de coopération pour d’autres états intéressés. Il suffirait de le vouloir, et d’y croire… on notera qu’un seul système suffirait à couvrir le territoire métropolitain de la France. 2 ou 3 systèmes en vol suffiraient probablement à établir une couverture anti-balistique efficace au dessus de l’Europe, y compris face à des attaques saturantes. Intégré à des systèmes antiaériens multi-couches, positionnés volontairement loin en retrait de la zone de danger, les dirigeables opéreraient ainsi dans une relative sécurité au dessus du territoire européen. Plus risqué, car plus exposé, rien n’interdit d’imaginer une version du système dédiée à la protection anti-balistique d’une flotte à la mer, permettant ainsi de contrer certaines menaces comme les missiles « tueurs de porte avions » chinois DF-17 et DF-21D.

    • Math dit :

      Les dirigeables seraient remplis avec quoi… sauf erreur, il n’y a que 2 sources valables d’hélium, l’une aux USA, l’autre dans un petit état du golf. Les quantités sont limitées. Nous n’avons aucune indépendance sur la production d’hélium. Si un acteur nous coupe le gaz, plus d’hélium. Aucune des deux sources n’est fiable. L’hélium, on en a besoin pour des applications critiques, comme le refroidissement des scanners ou autres. Je ne crois pas aux dirigeables?

      • Lothringer dit :

        Dans ce cas de figure l’hélium peut aisément être remplacé par du di-hydrogène, qui est environ 2 fois moins lourd, ce qui permettra de doubler la charge admissible, ou de monter plus haut.
        Dans les 2 cas, on sera confronté à la porosité de la membrane en raison d’une molécule minuscule (di-hydrogène) ou d’un atome minuscule (hélium). Donc la durée de vol ne sera pas éternelle.
        Et qu’on ne vienne pas utiliser le mot « Zeppelin ». Dans ce cas de figure, on n’est sur du ballon non-habité qui évolue à très haute altitude, donc on se contrefout de la flammabilité potentielle de l’hydrogène.

        • Waroch dit :

          @Lothringer: attention à la confusion entre le poids du gaz et la flottabilité de la bestiole! L’hélium a effectivement une masse molaire double du dihydrogène, mais la force d’Archimède reste la même à volume équivalent. Ce qui change c’est le poids du gaz contenu dans les ballonnets, la différence de flottabilité n’est grosso-modo que de 10% en faveur de l’hydrogène.

          Mais d’accord sur le reste: les inévitables micro-fuites de gaz, la rareté de l’helium, et le fait qu’on peut certainement faire des systèmes fiables et sécurisés à base d’hydrogène, on n’est plus à l’époque de l’Hindenburg! Mais bon psychologiquement ça reste sans doute un vrai fossé à franchir…

          • Lothringer dit :

            J’ai du mal à vous suivre quand vous dites que la différence de flottabilité ne serait que de 10%.

            La constante des gaz parfaits (qui n’a de constante que le nom, en réalité approximative) fait que, compte-tenu de l’écart de densité, à pression égale un volume de di-hydrogène pèsera 2 fois moins qu’un volume d’hélium4 (sauf remplacement de l’hydrogène « normal » par du deutérium ou du tritium au demeurant très rares tous les 2).
            A volume et pression égaux, si le ballon #1 contient 2kg de di-hydrogène, et le ballon #2 contient 4kg d’hélium4, on a bien grappillé 2kg de charge utile.
            Dans les 2 cas, la force d’Archimède exercera une poussée verticale de bas en haut égale au volume (identique dans les 2 cas) d’air déplacé. Donc (je donne des chiffres au hasard). La force d’Archimède va exercer une poussée ascendante correspondant à 10kg d’air. Le ballon de di-hydrogène va peser de façon descendante ses 2kg (différentiel 8kg) pendant que le ballon d’hélium4 vas peser de façon descendante ses 4kg (différentiel 6kg). Bien sûr, il faut convertir tout cela en Newton en raison de l’attraction terrestre.
            Et la ballon se stabilisera à l’altitude , due à la raréfaction de atmosphère, pour laquelle la masse du volume d’air déplacé ne sera plus de 10kg mais de 2kg ou 4kg (hélium). C’est la situation d’équilibre. A charge égale, le ballon de di-hydrogène montera plus haut.

            Votre ratio de 10% vient probablement de l’intégration de la masse de la structure (enveloppe, nacelle, …) , qui est une constante, qui va donc générer une approche selon équation linéaire ax+b

            Si on prend les dimensions du Stratobus (L-140m, diam=32m) auquel on applique un coefficient de remplissage réel de 50% (car généralement ce sont plusieurs sous-ballons séparés les uns des autres, dissimulés par la belle enveloppe externe) on obtient 56 300m3. Il est annoncé à 8 tonnes.
            La masse du volume d’air 56300m3 au niveau de la mer est de 68967 kg.
            La masse du volume de di-hydrogène est de 5060 kg
            La masse du volume d’hélium4 est de 10049 kg

            arrivé à 20000m d’altitude, la pression atmosphérique est de 54.7580 hpa (contre 1013 au niveau de la mer) mais compte-tenu de la basse température qui densifie l’air, sa densité en environ 0,1 kg/m3
            Donc la masse du volume d’air déplacé à 20 000m se réduit à 5 630 kg.
            à comparer aux 5060kg de di-hydrogène + 8t de charge fixe : le ballon ne peut pas monter jusqu’à cette altitude.
            Et si on compare avec l’hélium, le ballon est « largué » depuis bien longtemps

            Si on se limite à 15 000m la densité de l’air monte à 0,2 et obtient une masse d’air de référence de 11260 kg , c’est encore trop peu pour les 2 ballons.

            Si on se limite à 12 000m la densité de l’air monte à 0,3 et obtient une masse d’air de référence de 16890 kg , Le ballon à l’hydrogène pourra porter un peu,
            16890-5060-8000 = 3 830 kg de charge utile
            mais celui à l’hélium ne pourra même pas atteindre cette altitude.

            Si on se limite à 10 000m, la densité de l’air monte à 0,4 et on obtient une masse d’air de référence de 22520 kg.
            Le ballon #1 pourra porter 22520-5060-8000 = 9460 kg de charge utile
            le ballon #2 pourra porter 22520-10049-8000 = 4471 kg de charge utile

            sources de calcul : https://ballonsolaire.pagesperso-orange.fr/theorie2.htm

            Je crois qu’on est largement au-delà d’un écart de 10% de flottabilité, qu’en pensez-vous ?

            P.S. : ces calculs doivent en réalité être corrigés du phénomène de dilatation des ballons sous l’effet de la baisse de pression atmosphérique externe, et du phénomène de densification des gaz contenus dans les ballons par refroidissement progressif sous l’effet de la température externe ambiante

          • Waroch dit :

            @Lothringer: eh ben, vous aimez bien les tartines théoriques vous, soit dit sans vouloir vous offenser :s
            J’écrivais de mémoire en citant 10% d’écart. Après une rapide vérification, la différence de flottabilité théorique entre He et H2 gazeux est de 8%.
            Pas besoin d’aller bien loin pour sourcer: https://en.wikipedia.org/wiki/Lifting_gas

            En pratique ça peut varier un peu, en fonction de l’hygrométrie et du taux de pureté du gaz, qui n’est jamais à 100%. Surtout pour l’hélium d’ailleurs.

            L’idée selon laquelle l’hydrogène a un potentiel bien supérieur à l’hélium vient de l’époque héroïque des dirigeables, mais ça n’a rien a voir avec la flottabilité. Le truc c’est que les Zeppelins partaient avec leurs ballonnets pleins d’hydrogène, qu’ils relâchaient dans l’atmosphère au fur et à mesure qu’ils prenaient de l’altitude, que le gaz porteur se dilatait et que le bidule s’allégeait du fait du carburant brûlé. Les dirigeables US gonflés à l’hélium ne pouvaient pas se permettre ce luxe étant donné la rareté du gaz et décollaient avec des ballonnets seulement partiellement remplis. Le même dirigeable perdait donc beaucoup en capacité s’il passait de l’hydrogène à l’hélium, et là on retrouve effectivement ce passage du simple au double que vous évoquiez.

            Seulement de nos jours, écologie oblige, on ne pourrait sans doute pas se permettre un tel gaspillage de gaz, surtout s’il s’agit du fameux « hydrogène vert » très bon pour l’image de marque mais plutôt chéros. Donc exit le surgonflage initial et l’on devra se contenter d’un gain théorique de 10% de flottabilité… Voire moins en fonction d’éventuelle mesures de sûreté pour autoriser des ballons à hydrogène, comme des soupapes de sécurités, des matériaux ignifugés, etc…

        • HMX dit :

          @Lothringer
          On n’est en effet plus à l’époque des Zeppelin, mais pour autant le dihydrogène est et restera hautement inflammable et explosif. S’agissant d’un engin inhabité, on peut se dire que cela n’aura finalement aucune importance si une explosion survient en phase de vol à très haute altitude. En revanche, les phases de décollage, atterrissage et de remplissage/vidange/manutention au sol s’annonceraient particulièrement dangereuses pour le personnel au sol en cas d’usage du dihydrogène… à mon sens, mieux vaut donc rester sur de l’hélium !

      • HMX dit :

        L’hélium est en effet contenu dans les gisements de gaz naturel, d’où il est principalement extrait par processus cryogénique, même s’il existe d’autres méthodes. Cependant, et fort heureusement, il n’ y a pas que 2 acteurs. Les principaux gisements sont certes les USA (gisement d’Amarillo au Texas, 25 à 30% des réserves mondiales), suivis de près par le Qatar, la Russie, l’Algérie, l’Australie, le Canada (province du Saskatchewan), l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan ou la Pologne. De nouveaux gisements très prometteurs ont également été découverts récemment en Tanzanie et en Afrique du Sud, et on va probablement en trouver ailleurs étant donné la demande mondiale croissante pour l’hélium. On rencontre aussi de l’hélium dans des mines de lignite en Allemagne, et dans des eaux thermales, en France.

        Pour l’anecdote, Gaz de France a produit de l’hélium dans son usine d’Alfortville dans les années 1970 à partir du gaz naturel hollandais, cette production ayant cessé… avec l’arrivée du gaz naturel russe (!). Par ailleurs, bonne nouvelle, Air Liquide produit toujours de l’hélium en France au Blanc-Mesnil, par un procédé de séparation des gaz de l’air. On terminera ce tableau en évoquant le fait que depuis 2019, un permis de recherche a été délivré à une société minière pour la recherche d’hélium sur une zone de 250km² dans le sud de la Nièvre.

        Bref, en conclusion, il n’existe à l’heure actuelle pas de risque sérieux de rupture d’approvisionnement. Nous avons les capacités de diversifier, et de sécuriser nos approvisionnements en hélium, au besoin en subventionnant le développement d’une filière nationale, et en créant des stocks stratégiques (à l’image des stocks de carburant, même si l’hélium se stocke plus difficilement !). La société Air Liquide fait par ailleurs partie des 3 plus grands acteurs mondiaux sur ce marché. On devrait donc sans trop d’inquiétudes pouvoir trouver de quoi remplir quelques ballons dirigeables de grande capacité…

      • farragut dit :

        @Math
        Pour ce qui est de la production d’hélium, il existe des réactions nucléaires de fusion génératrices d’hélium sans les rayonnements habituels…
        JPP en parle dans ses ouvrages sur les armements, mais il y a aussi le bouquin de feu Roberto Monti sur la transmutation (ou LENR -in english-, pour Low Energy Nuclear Reactions), qui part de son modèle atomique « alpha étendu », pour dériver les réactions de fission-fusion à température ambiante.
        Site pour accéder à ses papiers sur la LENR :
        http://lowenergytransmutations.org/papers.htm
        http://lowenergytransmutations.org/about_us.htm
        (Voir aussi l’ouvrage en français :
        https://editions-arqa.com/produit/l-alchimie-est-une-science-experimentale-roberto-monti/
        Accessoirement, cela résoudrait définitivement le problème des déchets radioactifs de la fission « chaude » actuellement utilisée dans nos réacteurs…

  20. Lothringer dit :

    J’ai du mal, pour l’instant, à imaginer de gros dirigeables pour des missions surveillance/destruction-laser : les dirigeables sont de grosses cibles facilement identifiables optiquement : 100 à 200m de long.
    A ce stade, j’imagine plutôt des drones issus de prototype tels que celui d’Airbus qui a tenu longtemps en l’air
    https://www.opex360.com/2022/08/23/le-drone-stratospherique-zephyr-dairbus-est-reste-en-vol-pendant-64-jours-lors-dune-evaluation-de-lus-army/
    Reste à voir quelle serait la capacité d’emport de ce gendre de drone : l’Euroflir 410 de Safran pèse 35kg.
    Un équipement à base de radars passifs (émetteurs radars situés au sol) pourrait être intéressant tout en restant discret.

    Pour ce qui est d’un laser 2MW; si le tir dure 1/10e de seconde, cela représente effectivement une énergie de 200 000 Joules.
    Le drone solaire Zephyr doit avoir environ 25m2 de panneaux solaire, ce qui représente une puissance crête de 5kW (peut-être 6kW vu la haute altitude). Il lui faut 40 secondes pour produire 200 000 Joules. Sachant qu’il faut approvisionner la propulsion (hélices) et stocker de l’électricité pour la nuit, il pourrait au mieux tirer un coup de laser toutes les 5 minutes.

    A priori encore quelques années de R&D devant nous. Mais disposons-nous d’autant de temps ?

    • HMX dit :

      @Lothringer
      Le Zephyr (masse de 75kg) emporte une charge utile de… 5kg. Nous sommes donc très loin du compte, même en imaginant un Zephyr XXL… un laser de puissance, avec sa source de production électrique (pile à combustible ou micro-réacteur nucléaire) représente une charge utile de plusieurs centaines de kg, et plus probablement plusieurs tonnes. D’où le choix du dirigeable stratosphérique.

      Ce sera certes une « grosse cible »… pour qui sera en capacité de l’atteindre ! Entre 20 et 50km d’altitude, les moyens d’interception ne courent pas les rues. Peu d’Etat disposent de cette capacité, basée essentiellement sur des missiles anti-balistiques… qui pourront eux-mêmes faire l’objet d’une interception par le laser de puissance. Par ailleurs, ce système anti-missile constituerait la « couche haute » d’un système multicouche, ce qui signifie qu’il bénéficierait de la protection des autres couches du dispositif (Ex : aéronef qui tenterait de se rapprocher à basse altitude pour tirer un missile contre le dirigeable).

      Par ailleurs, dans un usage défensif de bouclier anti-missile à vocation continentale, ces engins resteraient en vol stationnaire au-dessus de la zone à défendre, donc a priori loin de la ligne de front et hors de portée des moyens de la défense antiaérienne ennemie, ce qui là aussi limite la vulnérabilité.

      • Lothringer dit :

        A partir du moment où on parle de laser….
        …on peut donc évoquer l’usage de lasers pour découper en fines tranches ce joli petit gros ballon.
        Plus besoin de missiles.
        Un seul et unique tir au but, un joli petit trou et….pfffffffffffffff.
        Un petit drone peu détectable capable de tirer un seul coup de laser (donc pas de grosse capacité énergétique à stocker et à emporter avec lui), et hop , plus de ballon. L’atmosphère raréfiée et bien sèche permet de décupler la distance d’efficacité du laser, donc la distance de sécurité du mini-drone. Plus il est petit ET loin, plus il sera difficile à détecter et à détruire préventivement.

        Vraiment, j’ai beaucoup beaucoup beaucoup de mal à croire à l’option « ballon ».
        Le seul usage utile que je peux lui trouver, c’est pour remplacer les fibres optiques sous-marines au-dessus des océans.

  21. Thierry le plus ancien dit :

    Je crois que tous les grands pays ont des missiles pouvant atteindre cette zone, y compris plus haut et les altitudes de satellites, ce qui n’en fait pas une zone de libre passage en cas de conflit majeur. mais peut-être que la France d’aujourd’hui a fait l’économie de cette capacité….ce qui ne serait pas pour me surprendre.

    Cela étant, il y a une autre menace plus terre à terre qui concerne également ce forum :

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    Lancé il y a quelques semaines à peine, ChatGPT menace déjà de bouleverser la façon dont nous rédigeons les communications quotidiennes comme les e-mails, les essais universitaires et une myriade d’autres formes d’écriture.

    Créé par la société OpenAI, ChatGPT est un chatbot capable de répondre automatiquement aux invites écrites d’une manière parfois étrangement proche de l’humain.

    Mais malgré toute la consternation suscitée par le potentiel de remplacement des humains par des machines dans des formats tels que la poésie et les scripts de sitcom, une menace bien plus grande se profile : l’intelligence artificielle remplaçant les humains dans les processus démocratiques – non pas par le vote, mais par le lobbying.

    ChatGPT pourrait composer automatiquement les commentaires soumis dans les processus réglementaires. Il pourrait écrire des lettres à l’éditeur pour publication dans les journaux locaux. Il pourrait commenter des articles de presse, des entrées de blog et des publications sur les réseaux sociaux des millions de fois par jour. Cela pourrait imiter le travail que l’Agence russe de recherche sur Internet a fait dans sa tentative d’influencer nos élections de 2016, mais sans le budget de plusieurs millions de dollars et les centaines d’employés annoncés par l’agence.

    Les commentaires générés automatiquement ne sont pas un problème nouveau. Depuis quelque temps, nous nous débattons avec les bots, des machines qui publient automatiquement du contenu. Il y a cinq ans, au moins un million de commentaires rédigés automatiquement auraient été soumis à la Federal Communications Commission concernant les propositions de réglementation sur la neutralité du net. En 2019, un étudiant de premier cycle de Harvard, à titre de test, a utilisé un programme de génération de texte pour soumettre 1 001 commentaires en réponse à une demande gouvernementale de contribution du public sur un problème de Medicaid. À l’époque, soumettre des commentaires n’était qu’un jeu de nombres écrasants.

    Les plates-formes se sont améliorées pour supprimer les « comportements inauthentiques coordonnés ». Facebook, par exemple, supprime plus d’un milliard de faux comptes par an. Mais de tels messages ne sont que le début. Plutôt que d’inonder les boîtes de réception des législateurs avec des e-mails de soutien ou de dominer le standard du Capitole avec des appels vocaux synthétiques, une IA. système avec la sophistication de ChatGPT mais formé sur des données pertinentes pourrait cibler de manière sélective les législateurs et les influenceurs clés pour identifier les points les plus faibles du système d’élaboration des politiques et les exploiter sans pitié par le biais de communications directes, de campagnes de relations publiques, de marchandage ou d’autres points de levier.

    Lorsque nous, les humains, faisons ces choses, nous appelons cela du lobbying. Les agents performants dans ce domaine associent la rédaction de messages de précision à des stratégies de ciblage intelligentes. À l’heure actuelle, la seule chose qui empêche un lobbyiste équipé de ChatGPT d’exécuter quelque chose qui ressemble à une campagne de guerre de drones rhétorique est un manque de précision du ciblage. I.A. pourrait également fournir des techniques pour cela.
    Source :
    https://www.nytimes.com/2023/01/15/opinion/ai-chatgpt-lobbying-democracy.html
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    Nous avons déjà eu droit à ce genre d’attaque en France, je crois que la toute première remonte à 2002, il s’agit de l’affaire Paul Voise, ce retraité attaqué à son domicile par deux inconnus 3 jour avant le premier tout de l’élection présidentielle et qui fût suivi d’un déferlement dans tous les médias et espace d’échange de message de haine dénonçant une soi-disant insécurité dont personne ne se souciait le jour d’avant. Une poignée de gens avec des moyens conséquent et des relations firent ce qu’aujourd’hui l’intelligence artificielle est capable de faire d’un seul clic de souris, une oeuvre de sappe souterraine qui finit par exploser au grand jour.

    Cette manipulation médiatique fit éjecter Lionel Jospin ou au profit de l’extrême droite qui a ce jour continue de tirer des dividendes de cette rente qui n’a jamais cessé depuis, Sarkozy a su également en tirer un profit personnel en surfant avec.

    On ne peut plus prendre pour argent content tous les commentaires que l’on lit, cela vaut pour les sondages qui tombent sur ces robots bla bla automatique, idem pour les campagnes de désinformation à base de blog, profiles facebook-Twitter et autres. En ce moment la mode fake news c’est plutôt dirigé contre l’Ukraine ce qui nous en donne la source principale : la Russie, premier exportateur mondial de désinformation.

    le meilleur remède à cette enfumage ça reste le référendum d’initiative citoyenne, ça déjoue toutes les chausse trappe destiné à tromper le citoyen car le vote ne ment pas quand il est sérieusement mis en place. Et là on connait l’opinion en temps réel.

    • Lothringer dit :

      « le meilleur remède à cette enfumage ça reste le référendum d’initiative citoyenne »
      Tout cette démonstration pour en arriver à cette médiocre conclusion ?
      Vous prenez du temps pour nous expliquer la facilité à manipuler les opinions pour ensuite nous dire qu’il faut des référendum(s) ? Êtes-vous logique et sérieux dans votre démarche ? Ou sommes-nous justement victimes « en direct » d’une tentative de manipulation de votre part ? Napoléon n’avait pas peur des référendums ; ils les a tous gagnés (avec un peu de tripatouillage) ; cela ne l’empêchait pas d’être un dictateur.

      Le meilleur remède à un enfumage est un niveau d’éducation élevé, comprenant un niveau de formation technico-scientifique satisfaisant voire élevé pour une bonne moitié de la population, et un niveau de formation socio-économique et géopolitique satisfaisant voire élevé pour au moins 1/3 de la population (On laissera le reliquat de la population aux autres activités telles que philosophes, artistes, etc…). Et la capacité à construire une pensée par soi-même et à contre-argumenter librement (fermement, mais respectueusement) les uns les autres. Ce niveau élevé de connaissances pour TOUS, c’est justement ce que nos élites veulent faire disparaître.

      La liberté passe par l’éducation, l’éducation , et encore de l’éducation (regardez pour preuve le « danger » de l’éducation : les Talibans vis-à-vis des femmes en Afghanistan : il leur faut absolument empêcher que les femmes soient éduquées) et l’esprit de débat et de contradiction. Et la transmission à l’intérieur des familles de générations en générations.

      Là où je vous rejoins néanmoins partiellement, c’est que ces IA en nous servant une « idée » ou une « pensée » pré-digérée, provoque chez nous la disparition de l’esprit critique et l’esprit d’analyse et l’esprit de résistance (qui va de pair avec l’esprit de liberté) . Comme le dirait Idriss J Aberkane dans l’une de ses vidéos sur YouTube « on peut négocier et débattre face à un humain, mais on ne peut pas négocier et débattre face à une calculatrice ».

      • Thierry le plus ancien dit :

        il arrive effectivement que l’opinion public se fasse avoir par des manipulations, mais lorsqu’ils valident un choix par référendum, s’ils s’estiment trompés ils peuvent par un autre référendum annuler ce choix, ce qui fait une grande différence avec le système actuel qui enregistre dans la loi pour des années toutes les erreurs ou manipulations dont les élus se font tout autant avoir.

        Toutes les poubelles des lois Sarkozy, Hollande et compagnie ne sont toujours pas sortie pour le ramassage, mais empilé les unes sur les autres… C’est une anomalie très peu démocratique.

        • Lothringer dit :

          Dans la théorie, j’en conviens.
          Dans la pratique, on n’a aucun recul pour valider cette possibilité. Vous me permettrez donc d’être très réservé.

  22. Mro dit :

    Bonne idée en ces temps de conflits. ..surtout pour l’armée et le renseignement. ..et éventuellement de plateforme de lancement de drones ou autres…..pouvant larguer de très haute altitude de petits objets non détectable par les radars. ..
    Et de plus il peut être mis rapidement en service…pour les vents de haute altitude. ..il faut demander à Picard…

    • farragut dit :

      @Mro
      « …pour les vents de haute altitude. ..il faut demander à Picard… »
      ou bien aux anciens pilotes de B-29 qui partaient des iles du Pacifique pour bombarder le Japon, et qui ont « découvert » les jet-streams. Ceux-ci étaient suffisamment puissants pour faire « reculer » les avions (par rapport au sol).
      Cf. le livre « Bomber Mafia »
      https://www.amazon.fr/Bomber-Mafia-Temptation-Longest-Second/dp/0316309303

      Autrement @Mro, il vaut mieux préciser le prénom de Picard, au cas où l’on confondrait avec le capitaine (d’origine française) de Starfleet le plus connu de tout le Quadrant Alpha ! 😉

  23. anaxagore dit :

    Si dans cette couche supérieure à 20 km d’altitude tout est permis, cela veut dire que la destruction du U2 piloté par Francis Gary Powers au dessus de l’URSS en 1960 était illégale. C’est un monde qui s’écroule.

    • vno dit :

      Gary Powers a été victime d’une panne qui l’a obligé à descendre bien en dessous de cette altitude, ou il s’est retrouvé à portée de SAM d’un nouveau modèle.

    • Lothringer dit :

      Cette législation était-elle déjà en vigueur en 1960 ?
      Et puis face à de tels enjeux entre les 2 super-puissances de l’époque, l’important n’est pas d’être innocent ou coupable, l’important c’est de ne pas se faire attraper.

    • Ping dit :

      La limite supérieure de l’espace aérien souverain ne semble pas avoir fait l’objet d’un accord international (M. Lagneau n’a, par exemple, pas mentionné une autre valeur américaine – USAF – à 80km, et il en existe probablement bien d’autres…).
      Comme en haute mer, la règle du « pas vu, pas pris » s’impose donc, comme le confirme l’inflexion des profils de missions U2 suite à leur mésaventure…

  24. seb dit :

    Sur la feuille de route de l’ONERA en 2019 il était question d’un chasseur hypersonique à l’étude …
    https://www.onera.fr/sites/default/files/onera/ONERA-feuillederoute-fiches-programmatiques-recto-verso-rev5.pdf
    Tout cela n’est que de la recherche mais j’imagine que si il y a une demande , il y a également des recherches qui vont dans ce sens .
    Une vitesse de croisière située entre Mach 4 et Mach 7 ! On est pas très loin de la science fiction …

  25. rainbowknight dit :

    Ils vont nous la faire à la Toy Story ? « Vers l’infini et au-delà…. » c’est vaste l’espace.