Ministère des Armées : Un ingénieur civil a été nommé à la tête de la Direction générale du numérique

Créée en 2006, la Direction générale des systèmes d’information et de communication [DGSIC] a toujours eu à sa tête un officier général ou un ingénieur passé sur les bancs d’une école relevant de la Direction générale de l’armement [DGA], comme Henri Serres, ancien directeur technique de la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] ayant par ailleurs aussi occupé la fonction de directeur directeur central de la sécurité des systèmes d’information du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale [SGDSN].

Puis, en 2018, sous la houlette de l’amiral Arnaud Coustilliere, la DGSIC a vu son périmètre d’action élargi en devenant la Direction générale du numérique et des systèmes d’informations [DGNum]. Et, désormais, ses missions consistent à « coordonner l’action des armées, directions et services en matière d’inventaire, de gouvernance, de production, de circulation, de partage et d’exploitation des données au sein du ministère des Armées ainsi qu’à favoriser l’accessibilité des données entre administrations ou dans le domaine public, dans un format ouvert et réutilisable ».

Deux ans plus tard, l’amiral Coustilliere a passé le relais à l’ingénieur général de l’armement Nicolas Fournier. Or, celui-ci a récemment été nommé directeur des plans, des programmes et du budget de la DGA. Et pour le remplacer à la tête de la DGNum, à compter du 3 janvier prochain un ingénieur venu du secteur civil, Vincent Tejedor, a été désigné lors du dernier Conseil des ministres, sur proposition d’Élisabeth Borne, la cheffe du gouvernement, et de Sébastien Lecornu, le ministre des Armées.

« Cette nomination vient traduire la volonté du ministre de renforcer la dynamique d’innovation pour la stratégie du numérique au ministère des Armées », a fait valoir l’Hôtel de Brienne, via un communiqué diffusé le 23 décembre.

Pourtant, et alors que d’autres noms circulaient pour succéder à l’IGA Fournier, dont celui de l’IGA Frédéric Bouyer [architecte de préparation des systèmes futurs C4ISR à la DGA] ou encore celui de l’ingénieur civil de la défense hors classe Hervé Cicchelero, Conseiller stratégie numérique auprès du DGNUM, rien ne prédestinait M. Tejenor à occuper une telle fonction.

Normalien, ingénieur du corps des Mines et docteur en physique théorique, le nouveau DGNum a débuté sa carrière professionnelle au sein de GDF-SUEZ. Ayant obtenu une maîtrise en droit public et participé à la création de la société Expliseat, spécialisée dans les sièges d’avions légers, il a rejoint la Cour des comptes en qualité de rapporteur dans les domaines de la défense, de l’industrie et de l’énergie.

M. Tejenor a également été sous-directeur du développement des entreprises à la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances, après un passage à la DIRISI [Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information, ndlr], laquelle assure, comme son nom l’indique, la fonction d’opérateur de télécommunication et d’infogérant des systèmes d’informations du ministère des Armées.

Par ailleurs, Vincent Tejedor est auditeur de la 2e session nationale de l’Institut des hautes études de défense nationale [cycle 2022-23] au sein de la majeure « défense et sécurité économiques ».

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16 contributions

  1. Roque dit :

    Consternant!

  2. Raymond75 dit :

    « après un passage à la DIRISI [Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information, ndlr], laquelle assure, comme son nom l’indique, la fonction d’opérateur de télécommunication et d’infogérant des systèmes d’informations du ministère des Armées » … Il serait donc un de ceux qui ont confié l’informatique militaire à Microsoft ???

    • PK dit :

      Votre méconnaissance en informatique n’a d’égale que celle d’un DRH en humanité…

      On ne confie pas « l’informatique » d’une armée à un groupe étranger, d’autant plus quand ce groupe a des relations étroites depuis trente ans avec le premier service d’espionnage au monde (la NSA). Pour la défense de Microsoft, il n’a pas le choix de collaborer avec la NSA, puisque c’est une loi américaine qui l’impose.

      Le choix donc d’Apple ne serait pas plus pertinent pour les mêmes raisons.

      Bien entendu, en dehors de toutes considérations techniques.

      Parlons désormais techniques : Apple, contrairement à Microsoft, s’est « réinventé » à partir de MacOS X, en virant sa solution propriétaire et très mal codé, par un noyau UNIX. UNIX est ce qui se fait de mieux au monde. Pas parce que c’est récent : UNIX est né dans les labo de Bell, une boîte américaine (!) dans les années 70. Parce que c’est bien pensé. UNIX a été capable de s’adapter à toutes les époques sans sacrifier aux performances ni à la sécurité.

      Bref, il est donc normal de confier son « informatique » à un système UNIX quand on est gros (comme l’armée), quand on besoin de performances (comme l’armée) ou quand on veut rester maître chez soi (comme l’armée).

      En réalité, ce n’est pas une question de choix, mais de bon sens, voire d’obligation : l’armée n’a pas d’autre choix. Ou plutôt dit autrement, tout autre choix mènerait l’armée à un déficit d’indépendance, de performance ou de maîtrise. Voire les trois à la fois.

      Il y a de nos jours plusieurs systèmes UNIX : soit des UNIX propriétaires (IBM par exemple ou… Apple (cas un peu à part de mélange de propriétaire et de libre)), soit des UNIX libres (la série BSD ou Linux). La seule façon d’être indépendant est d’utiliser un UNIX dont les sources sont accessibles, ainsi que la chaîne de compilation de ces sources afin d’être sûr de ne pas avoir de backdoor de la NSA dans le système de d’exploitation, comme l’ont le système Windows. L’armée ne peut donc choisir qu’un système Linux ou BSD qui sont libres (= sources et moyen de compiler disponibles).

      Linux étant plus répandu, supportant plus de matériel et avec des distributions ayant un éco-système plus large, plus de gens qui les connaissent, etc., est un choix par défaut qui est tout à fait pertinent.

      Windows étant un choix calamiteux sur le plan de la performance et sur celui de la sécurité nationale, serait donc un choix assumé de vendre l’armée aux États-Unix. Dans un jargon simple, cela s’appelle de la traîtrise. Mais bon, dans un pays où le sens des mots s’envolent comme les promesses d’un politicien en tournée, cela ne s’assume pas.

    • Jack2 dit :

      Linux est un système d’exploitation d’ordinateur libre (dont le code est public si vous préférez) mais pas une société.

    • Nosc dit :

      Tu serais surpris de savoir ce qu’on peut faire avec un Linux…

  3. Buburoi dit :

    Ce qui est important, c’est d’ètre compétent. Il n’y a pas besoin d’un général. C’est au gouvernement de décider.

    • Maya dit :

      C’est ça qui est inquiétant …. que le gouvernement nomme quelqu’un qu’il estime compétent.

    • JC dit :

      Bien sûr, c’est pour cela que le chef des armées depuis le 29 avril 1969 n’est pas un général. On est plus rassuré, n’est-ce pas ?

  4. Titi74 dit :

    C’est une excellente chose qu’à la tête de l’état, il y ait une réelle prise de conscience sur les risques de défense et sécurité économiques. On nous rabâches depuis des mois qu’il faut investir jusqu’à la déraison dans l’armement, et ce tout de suite pour contrer la fameuse déferlante de chars Soviétiques ou le Tsunami Chinois.

    Sauf que la la troisième guerre mondiale est économique, énergétique qu’elle a démarrée depuis le 2ème choc pétrolier et que nos soit disant alliés, finalement ne le sont que sur les Powerpoint de l’OTAN.

    L’exemple des sous marin Australiens ou du Brexit, (merci Trump, bien joué) de nos centrales nucléaire, de notre dépendance ax médicaments fabriqués à l’étranger devraient resté dans les esprits des Pro OTAN et des des Européens.

    Le vrai danger pour la France des 30 prochaines années sont essentiellement économiques:
    -investir dans la recherche
    -protéger ses jeunes ingénieurs contre les intelligences étrangères, captation des étudiant à la sortie des écoles,
    -faire en sorte qu’ils puissent développer facilement des entreprises Rentables
    -rendre compétitif le made in France
    -relocaliser les entreprises fondamentales, énergétique, agroalimentaire
    – faire en sorte que le français puissent s’enrichir et consommer leurs produits.
    -protéger notre langue qui est réellement menacée à l’école

    et surtout arrêter de dépenser des milliards dans des opérations foireuses, en suivant des puissances étrangères qui se prennent pour les gendarmes du monde, qui appauvrissent les caisses de la nation, avec des résultats assez mitigés pour rester poli.

    • Michel dit :

      Complètement d’accord avec votre point de vue mais il faut trouver le juste équilibre car nous avons aussi besoins de partenaires en qui nous pouvons avoir confiance car aucun pays peut vivre en autarcie à part peut être la Corée du nord

  5. Lado dit :

    Ouh là là, ça c’est du lourd…un job échappe 662aux corpsards de la DGA!
    Bon , je ne le connais pas , mais NormaleSup/Corps des Mines..pas exactement un autodidacte!
    Nous avons:
    Un parcours de haut fonctionnaire avec une forte culture scientifique.On évite Sc Po /ENA!
    Une capacité probable importante de puissance de travail, d’assimilation et de synthèse..
    Bon maintenant pour un tel job il faut être:
    – apte à développer une vision partagée (en bas , autour et surtout « au dessus »)
    -définir les projets critiques et leurs articulations
    -mettre en place les structures, les hommes et les budgets
    -suivre la mise en place et les résultats6
    Bref le job d’un « patron de l’IT » !
    C’est peut être un bon choix ?(je n’en sais rien )

  6. Alfred dit :

    Les titres, les diplômes, les fonctions, c’est bien. Reste à voir a l’usage. C’est là qu’on verra les facultés d’adaptation et les qualités d’organisateur. Donc y’a plus qu’à, en espérant que le choix soit bon. .

  7. Thierry le plus ancien dit :

    Machin truc bidule a le diplôme XZY, il a travaillé pour Dupont et Durant, etc, etc
    on dirait un étalage de bibelots bien astiqués dans une vitrine
    MAIS QU’A-T-IL FAIT RÉELLEMENT ????? IL EST OU SON MERITE ????

    Même un gigolo peut sortir d’une école de renom, occuper des postes à fort lien de copinage de la haute société, avoir des fonctions à rallonge comme des titres de noblesse, et être le dernier des incompétent dans tous les domaines qu’il a occupé…

    des CV aussi creux que pompeux comme ceux là c’est souvent comme un soufflé… ça retombe vite.

    Je ne dis pas que c’est le cas de cette personne, je dis juste que c’est n’importe qui, il aurait pu être tiré à pile ou face au hasard que c’est pareil.

  8. Alfred dit :

    @Maya. Comme une arrière pensée d’electronucléaire, de turbines Arabelle ou de diesels Pielstick peut-être ?