Les avions de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale ont franchi le cap des 200’000 heures de vol

Même s’il a été spécialement conçu pour donner la chasse aux sous-marins et protéger les approches maritimes françaises, et en particulier celle de la base de l’Île-Longue, qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de la Force océanique stratégique [FOST], l’avion de patrouille maritime Atlantique 2 [ou ATL2] aura été impliqué dans quasiment toutes les opérations extérieures menées par la France lors de ces dernières années, que ce soit en Libye [Harmattan], au Sahel [Serval, Barkhane] ou encore au Levant [Chammal].

Et, évidemment, l’Atlantique 2 est également sollicité pour les opérations navales en cours, comme Agenor [détroit d’Ormuz] et Irini [Méditerranée centrale]. Et c’est sans oublier ses contributions aux missions de l’Otan, notamment en mer Noire et dans la région de la Baltique.

Mis en service il y a plus de trente ans et livré à 28 exemplaires à la Marine nationale [22 sont encore en dotation et il n’en restera bientôt plus que 18], l’Atlantique 2 est une sorte de « couteau suisse », grâce à ses capteurs embarqués et sa capacité à voler pendant 14 heures de suite. En effet, outre la lutte anti-sous-marine, il peut aussi assurer des missions de renseignement et de surveillance coordonnér un raid aérien [SCAR-C pour Strike coordination and reconnaissance – coordinator], en évaluer le résultat [BDA – Battle Damage Assessment], détruire lui-même des cibles avec ses quatre bombes GBU-12 qu’il peut emporter et mener des opérations de sauvetage.

Ce qui fait que, depuis qu’il est en service, l’Atlantique 2 vient de franchir le seuil des 200’000 heures de vol… Et que les Flotilles 21F et 23F se sont vues décerner la Croix de la valeur militaire pour leur engagement dans l’opération Chammal, à l’occasion d’une cérémonie organisée à Lann-Bihoué pour marquer cet évènement.

L’histoire de l’Atlantique 2 est loin d’être terminée. Actuellement, 18 exemplaires sont progressivement portés au standard 6 par Dassault Aviation.

Cette modernisation consiste à traiter leurs obsolescences et, surtout, à leur intégrer de nouveaux équipements [calculateur tactique, capteurs, systèmes de renseignement optronique et acoustique, consoles de visualisation des opérateurs, etc]. Et notamment le radar à antenne active Searchmaster [de Thales], le sous-système de traitement acoustique numérique de dernière génération « STAN », l’interrogateur IFF TSA2542 et la nouvelle version du logiciel de mission LOTI.

A priori, ce standard 6 de l’ATL2 donne pleinement satisfaction. D’ailleurs, le 17 juin dernier, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], l’amiral Pierre Vandier, a remis le prix « Ingénieur général [René] Bloch » à Éric Trappier, le Pdg de Dassault aviation, pour « sa contribution au succès de l’aviation de Patrouille maritime ».

« À l’heure où les ATL 2 standard 6 font leurs preuves en opérations, ce prix récompense l’excellence », a même commenté l’amiral Vandier. Et cela, alors que Dassault Aviation propose son nouveau Falcon 10X pour les remplacer. Une solution sur laquelle la Direction générale de l’armement [DGA] ne veut pas « se focaliser ».

« Je ne vois pas pourquoi nous nous focaliserions d’emblée sur le Falcon 10X. Les travaux ont commencé par une étude système à laquelle les avionneurs n’étaient pas associés. Que l’on continue sous forme de coopération ou sur le plan national, il faut regarder les différentes possibilités de plateformes, et il n’y a pas que Dassault en Europe. On peut aussi envisager des plateformes d’Airbus et même, peut-être, de plus bas niveau en matière de performances, du côté d’ATR, voire de CASA, même si cela ne reviendrait pas du tout à jouer dans la même cour », a en effet affirmé Joël Barre, le Délégué général pour l’armement, en novembre dernier.

Quoi qu’il en soit, si des études sont effectivement en cours pour déterminer l’avenir de l’aviation de patrouille maritime [malgré les mésaventures du programme MAWS, qui aurait dû faire l’objet d’une coopération avec l’Allemagne, ndlr], l’Atlantique 2 devrait rester en service jusqu’en 2035.

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111 contributions

  1. Aramis dit :

    Et l’échec du MAWS, on en parle? Parceque c’est comme le Tigre Mk3, c’est toujours le même qui lâche les autres.

    • Sorensen dit :

      Dassault n’a rien à voir avec le Tigre MK3.

      • Aramis dit :

        Dassault est un pays membre de l’UE? Ah j’ignorais.

        • Gaulois78 dit :

          @Aramis
          Dassault un pays, c’est un peu vrai…

          ObeliTrappiex, obligé de se défendre contre, Airbus Défense, l’Allemagne, la DGA, l’Elysée…

          Il en a remis une couche hier notre Obélix sur le Scaf, l’heure de vérité est proche, à chacune de ses interviews, on perçois que son plan B ( en réalité A++) avance, le produit est plus qu’un prototype)…

          Soit ils obtiennent la tête de Trappier où c’est la mort de l’avion du futur sensé pérenniser l’avenir des usines Teutonnes pour les 70 prochaines années…

          Mr Trappier est présenti pour devenir le Big Boss du Groupe Dassault…Les actionnaires et l’actuel PDG sont en phase de sélection…D’ici que Lemaire le littéraire germanophile expert en verbiage militaire et économique soit imposé par l’Allemagne ( je dec..ne, c’est du troisième degré)…

          J’ai toujours un Roederer au frais pour le jour de la rupture du Scaf Germano/Allemand…

      • ji_louis dit :

        Justement, ce n’est pas lui qui est en cause…

      • Machin 10 dit :

        C’est pas non plus Dassault qui a lâché la MAWS !

      • Bomber X dit :

        Le MAWS a été lancé par des équipementiers.
        Dassault, qui n’avait pas voix au chapitre, a juste regretté qu’on ne l’ai pas consulté au vu de son expérience sur les plateformes ATL2 et divers Falcon marins.
        Programme commun à l’Allemagne et à la France, le MAWS comme bien d’autres programmes de coopération, est une nouvelle fois lâché par les Allemands qui préfèrent faire allégeance aux États-Unis. Il est de facto mort par ce coup de poignard dans le dos.
        Mais on les comprends les voisins : incapables d’être au niveau des industriels français, ils préfèrent acheter américain que renforcer la BITD hexagonale.

        • Aramis dit :

          Si ce que dit Bomber X est « la merde de sous-diplômé torché à la dette » que dire de vous qui prenez Dassault pour un pays membre de l’UE!

        • Alex Delalibre dit :

          « C’est la merde de sous-diplômé torché à la dette. »

          Toujours aussi vulgaire.

        • Bomber X dit :

          MDR ! Tu parles d’un surdiplômé !!! 🙂
          Il faudrait peut être à un moment donné que vous la rameniez sur des sujets que vous maitrisez.
          Oui, le MAWS a d’abord été lancé par des équipementiers répondant au projet de remplacer le ATL2 et P-3. Et premier contrat d’étude a été notifié fin 2020 aux industriels allemands et français par la DGA et son équivalent allemand -organismes d’Etat, donc représentant l’Etat- donc répondant à un besoin des Etats intéressés par le projet !!!
          D’ailleurs, en avril 2018, Paris et Berlin ont signé une  » déclaration d’intention ministérielle » avec l’objectif de remplacer, à l’horizon 2030, les appareils que mettent actuellement en oeuvre leurs forces navales respectives !
          Et encore une fois, en se soumettant aux Américains en acquérant des P-8, les veules et perfides Teutons coulent un programme qu’ils ne voulaient surtout pas voir sous direction française.
          Donc blocage, puisque ce programme était prévu pour être mené à deux.
          Faut vous renseigner mon vieux…………

    • Rider dit :

      Aramis j’ai compris qui vous citez dans votre commentaire. Vous parler des « Allemands » . Moi même je ne comprend pas pourquoi ce partenaire de longue date (surtout a l’époque de la RFA) qui a toujours soutenu la France (mieux que les anglais) dans les tout début de l’aventure « Airbus », «Eurocopter », « Arianespace », … remet en question facilement plusieurs programmes industriels européens au profit de matériels made in USA (et donc au dépend des industries aéronautiques allemandes et européennes). Je parle notamment de l’hélicoptère européen Airbus Tigre Mark 3 qui est boudé par le gouvernement Allemand au profit de l’hélicoptère d’attaque AH-64 Apache de Boeing (merci l’Espagne et la France de vouloir sauver ce programme), je parle de la société allemande OHB qui souhaite que les prochains satellites européens Galileo soient lancés par la fusée américaine Falcon 9 au lieu du lanceur européen Ariane 6 qui doit voler en 2023 (donc au détriment des travailleurs allemands qui sont les deuxièmes contributeur d’Ariane), je parle du souhait de l’armée allemande de se procurer des avions américains Boeing P-8A Poseidon au détriment du programme européen MAWS (lui aussi avec une belle participation industrielle allemande a l’origine), je parle du programme SCAF (franco/allemand/espagnole) qui ne motive pas vraiment le gouvernement d’Allemagne qui trouve plus avantageux d’acheter des avions de chasses américain (et donc trouver plus avantageux de faire bosser les ouvriers américains de Lockheed Martin plutôt que les salariés des industries aéronautiques allemandes…), … il y a d’autres exemple encore…. Nous voyons donc que les décisions de notre partenaire allemand sont à contrario de la pérennisation des emplois et du savoir faire ouvriers des sociétés astronautiques allemandes. Là dessus nous ne pouvons pas critiquer la France de vouloir pérenniser les emplois, les compétences puis le savoir faire de nos industries de défenses / spatiales. Pourquoi ? Car tout simplement que Dassault n’existerais pas, Airbus, Arianespace, MBDA, puis l’ex entreprise Eurocopter n’existeraient pas non plus (car bien que ces quatre dernières sociétés sont des succès européens, seul la France a été l’initiateur et le maître d’œuvre de ses projets dès le début, malgré les scepticismes de nos partenaires et ce n’est pas pour rien que les Airbus sont assemblés à Tousouse et non à Berlin puis que les fusées Ariane décolle de Kourou et non du Royaume-Uni,…)

      • Trop tard dit :

        Une nouvelle « Drôle de guerre ». On observe sans agir jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour peser sur notre destinée.

        Les allemands ont la frousse et comme de trop nombreux pays européens, pensent que l’Art 5 de l’OTAN fera débarquer en masse les troupes US pour les sauver.
        Ce qui n’a rien d’automatique car relevant d’un vote.
        Sauf qu’ils financent le Complexe Militaro-industriels US en achetant sur étagère et affaiblissent la BITD européenne. A la moindre rupture de la chaîne d’approvisionnement ou d’un différend diplomatique !
        Les années « dividende de la paix » de la fin de l’URSS ont sclérosé leurs forces armées sans aucune expérience du combat depuis 70 ans. Pacifisme de façade et primauté à leur industrie de défense, fortement exportatrice et très présente au Bundestag.
        Quid du poids et de la taille des réseaux d’influences en Europe et surtout en Allemagne que le Kremlin s’est offert à coup de pétrodollars ?

        L’avenir va s’écrire à l’aune des drones et l’Europe est ridicule.
        A titre d’exemple, l’Algérie a plus de drones MALE ( 20 CAIG Wing Loong II) que la France… L’Eurodone sera obsolète si ce n’est absent du conflit de civilisations à venir. Idem pour le SCAF qui ne verra pas le jour s’il ne s’associe pas avec le Tempest.
        Que dire du Patroller en France. Au moins les allemands ont un relationnel avec la BITD israélienne qui a su prendre ce virage technologique.

        Car bien que l’Allemagne soit naturellement et par mercantilisme tiraillée par son tropisme russe, Moscou va créer un second front anti-européen par l’instrumentalisation de la faim au Proche-Orient, Maghreb et Afrique. Pas sûr qu’ils le sentent arriver et que les cowboys US désirent défendre le vieux continent avec autant d’ardeur comme auparavant.
        Le compte à rebours est lancé depuis 2014 (Crimée). Mais Poutine obtiendra une Victoire à la Pyrrhus en faisant tomber les démocraties européennes. C’est la civilisation judéo-chrétienne qui sera en ligne de mire.

      • Aramis dit :

        « Moi même je ne comprend pas pourquoi » La raison est simple: complaire aux américains.

  2. Frede6 dit :

    Je me suis amusé à faire les divisions…je n’ai pas été impressionné plus que çà.

    Ce n’ai pas comparable directement mais je pense a un Global Hawk qui a été déployé 13 ans à Al Dhaffra et a volé 42000hr

  3. Parabellum dit :

    Des atr pour les approches et des Airbus pour les longues distances…et des armes à bord.voire des drones non?

    • Raca dit :

      Des ATR P72 A appareil franco-italien et des drones comme l’Italie et nous réglons ce problème rapidement

    • ji_louis dit :

      Le problème des aéronefs civils, c’est d’y incorporer une soute à munitions opérationnelle: Comment avoir à bord chaîne SAR, bombes, missiles, bouées accoustiques (il y a les soutes et des points d’emport sous ailes possibles), mais surtout comment les larguer facilement ?
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Boeing_P-8_Poseidon#/media/Fichier:P-8A_Poseidon_of_VP-16_dropping_torpedo_in_2013.JPG
      Même si le Boeing P8 Poseidon est basé sur l’avion de ligne Boeing 737, les adaptations n’ont rien de triviales, et il serait plus coûteux d’adapter un avion de ligne d’occasion que de partir sur la construction d’un avion spécialisé.
      D’où les propositions de Dassault et Boeing.

      • Raca dit :

        @ji-louis que pensez vous de la solution ATR P72 A ? n’ est ce pas une solution pour nous aussi puisqu’ un autre pays l’utilise avec succès?

  4. philbeau dit :

    Il y a quelque chose d’imbécile et de suffisant dans le commentaire de Joel Barre sur Dassault , cette firme ayant produit précisément , avec les autres fournisseurs armement nationaux , les matériels qui ont permis depuis des décennies à l’aéronavale française d’être parmi les plus performantes . Cette obsession à se tourner d’emblée, par pure idéologie manifeste , vers d’autres constructeurs sans expérience probante , voire sans expérience du tout en la matière est insupportable pour un fonctionnaire dont le travail est de fournir les armées françaises avec le meilleur matériel , disponible en national .

    • Czar dit :

      ça peut être aussi un moyen que dassault comprenne que lle marché le lui est pas acquis de droit divin et qu’il a à fournir une solution qui est celle voulue par les armées, avec une enveloppe qui est celle voulue par bercy.

    • ji_louis dit :

      Le problème, c’est l’adéquation du budget des armées aux coûts des programmes neufs. En théorie économique, il est plus rentable de faire un programe pour plus de clients parce que les coûts incompressibles (études, usines, etc) sont divisés d’autant. Il n’y a que les impératifs opérationnels qui peuvent pousser à agir vite « à n »importe quel prix ».

    • Math dit :

      Cela reflète la volonté de Macron. Il est assez connu que la famille Dassault et la famille Macron ne peuvent pas se blairer. Il n’y a qu’à voir la position du Figaro sur les 2 dernières campagnes pour s’en rendre compte.
      Le problème est que Macron affaiblit la France en démolissant ses entreprises. On le voit faire depuis 5 ans. C’est agaçant.

    • themistocles dit :

      Manifestement, ce monsieur Barre ne connait pas grand chose aux performances requises pour un avion de patrouille maritime digne de ce nom. Les turcs etaient tellement enchantes de la version CASA qu`ils ont du la dedoubler avec des ATR 72. Le tout pour assurer une couverture limitee a la mer Noire et la mediterranee orientale. Tres loin de suffire en ce qui nous concerne. Je ne developpe meme pas l`emport bouees ou armement, c`est inutile…

  5. Prof de physique dit :

    Et fabriquer des Atlantiques 3 avant que les cellules de ceux-ci soient trop usées ?
    Il me semble qu’un avion de lutte anti-sous-marine ne peut se permettre de voler trop vite.

    • ji_louis dit :

      Un P8 dont la vitesse de croisiède est de 500 noeuds utilise des tactiques adaptées (vols plus hauts) par rapport à un ATL2 dont la vitesse opérationnele sur zone est de 180 noeuds (et le plancher tactique officiel de 100 pieds).

    • HMX dit :

      Dassault avait annoncé l’étude d’un projet d’Atlantique 3 en 1995, au salon du Bourget. Un bimoteur de 50 tonnes. Au lendemain de la fin de la guerre froide, le projet n’avait aucune chance d’aboutir. il fallait d’urgence engranger les « dividendes de la paix ».

  6. Gaulois78 dit :

    Pierre Vandier, Joël Barre…
    L’anti-Dassault de la DGA est plus que jamais d’actualité…
    Comment dire… Traître à leur pays…Des Europeistes vendus à Airbus pour un lucratif job d’ici quelques mois, années ?

  7. Paul Bismuth dit :

    Un coup au-dessus de la mer Noire, l’autre fois au-dessus de la mer Baltique, retour aux fondamentaux.
    https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/au-dessus-des-tarentules-russes-de-la-baltique_2175443.html

  8. Scipion dit :

    Le baratin de J.Barre n’y changera rien: Le Falcon 10-X est la meilleure option. Reste à Dassault de faire une proposition compétitive car les budgets sont « contraints ».
    Je préfère ne pas parler de l’attitude des Allemands dans le projets « MAWS »…je risquerais de devenir vulgaire.

    • lym dit :

      Pour que le 10X puisse remplacer l’ATL2, il faudra impérativement l’armer. C’est possible: Falcon 50 irakien (cf USS Stark), projet de falcon 20 Guardian armé d’Exocet. Ce type d’appareil a du rayon d’action et offrirait en air/mer ou air/sol des possibilités d’agir sans nécessiter un gros soutient (ravitailleurs…) chez nous mais aussi outre-mer. A l’export il pourrait également intéresser du monde parmi tous ces pays voulant dissuader à moindre frais la Chine de venir s’approprier leurs îlots.
      Barre doit tout de même savoir que le seul à avoir déjà fait tout cela est Dassault, le sens de cette remarque pose donc question.

    • themistocles dit :

      Sur le papier, je ne peux que soutenir. De surcroit, la formation des pilotes sera standardisee avec les Falcon 2000 Albatros qui vont remplacer les Falcon 50 et les Falcon 200. Meme s`il y aura necessairement des subtilites de qualification de type, on y gagnerdu temps et de l`argent. Pour le MCO, du tout Falcon va egalement aider.

    • HMX dit :

      Loin de moi l’idée de dénigrer Dassault ou le Falcon 10X. Mais pour ce qu’on en sait, le 10X est d’abord un avion d’affaire plutôt luxueux, conçu pour voler vite et haut : croisière à mach 0.85, plafond de 15 500 mètres. Or, un PATMAR doit voler bas, et relativement lentement pendant très longtemps pour assurer ses missions de chasse aux sous marins, une certaine rusticité étant d’ailleurs recherchée pour un avion exposé aux éléments marins.

      Le 10X est donné pour une autonomie de 15h et une distance franchissable de 13 900km à la vitesse de mach 0.85 (14h et 9000 km pour un ATL2, à la vitesse de croisière de 315km/h). C’est mieux que l’ATL2 en termes de distance couverte, mais le gain n’est pas flagrant, surtout si on imagine que le 10X devra nécessairement réduire considérablement sa vitesse pour exécuter sa mission PATMAR. Sachant que presque 30 ans de progrès technologiques séparent les deux appareils, on serait en droit d’attendre des progrès un peu plus spectaculaires…

      Le vrai saut technologique consistera à utiliser des drones, d’un gabarit proche de celui de l’ATL2 (pour conserver et même accroître la capacité d’emport en armement, bouées, chaînes SAR…), à la différence qu’ils pourront patrouiller pendant plusieurs jours sans interruption. L’autonomie et la distance couverte, qui conditionnent l’efficacité d’un PATMAR, seront sans commune mesure comparé aux PATMAR pilotés actuellement en service (ATL2, P3 Orion, P8 Poséidon…).

      • themistocles dit :

        Le PATMAR doit voler bas et lentement pour optimiser la precision de largage des bouees et surtout pour le MAD. Le P8 et le futur MPA, qu`il soit Airbus ou Falcon, n`en seront pas pourvus. Pour les chaines SAR, il s`agit de trajectoire rectiligne qui ne necessittent pas necessairement une bonne manoeuvrabilite en BA. De plus il est parfois necessaire de proceder a des largages alors que l`avion est depressurise, soit a une altitude inferieure au niveau 100. Le Falcon devra etre capable d`operer a une altitude relativement basse mais pas autant que l`ATL1 ou l`ATL2 en avaient coutume. La conception des Falcon, F50M ou F200, les rends suffisament agiles en basse altitude pour les missions de Surveillance Maritime et de secours en mer. Avec l`endurance du 10X et sa capacite d`emport (theorique pour le moment) , je ne pense pas qu`il y ait de difficultes pour le panel complet des missions d`un MPA. On parle tout de meme d`un oiseau de 52 tonnes, a rapporter aux 44 tonnes d`un ATL2 masse max… Seules les torpilles devront etre emportees en soute, le missile anti-navire leger, qui devra l`equiper, etant emportable sous voilure. Pour les bouees , il y a suffisament de place a l`interieur pour 3 norias de 10 bouees max, permettant un largage en etant pressurise. Mais les remarques precedentes sont pertinentes, ce ne serait pas la premiere fois qu`un lobby politique provoque des decisions dont les consequences se paient sur des decennies. Confere la construction du Charles de Gaulle, imposee a Brest. ville socialiste, par Mitterand, tout en etant incapable de construire la longueur requise. Les marins ont donc ete pries de faire avec. Mais la ville de Brest a bien profite des marches de sous-traitance sur une duree , artificiellement prolongee de 10 ans, au detriment de St Nazaire aui aurait pu construire le porte-avion en 3 ans….

      • Un ancien, voir très .... dit :

        Je crois que vous vous trompez sur certaines questions ! L’équipement intérieur luxueux aura disparu sans aucun doute, puisqu’il sera adapté aux besoins opérationnels. J’imagine que vous l’avez bien compris.
        Voler haut, oui pour diminuer la conso mais il existe néanmoins une plage de vitesse utilisable. Pas obligé de voler à m 0,85 ….. plus l’altitude est basse et plus cette plage est grande ( différence entre le décrochage bas et le décrochage haut ). Ce qui veut dire que la vitesse en basse altitude sera bien adaptée sans pb ( imaginons entre 200-250 kts ), par contre la conso réacteur c’est la cata en BA mais avec une vitesse plutot faible cela compensera un peu, s’en doute. Rien à voir avec un ATL qui est assujetti à des variations de conso ….
        L’Atl1 avait une vitesse de patrouille de 180kts, l’Atl2 sans doute la même, mais elle n’était pas figée ….. Quant à l’altitude, ben là aussi le 100ft …. avec parcimonie seulement. Les bouées d’écoute peuvent etre larguées à plusieurs milliers de pieds !
        Rien n’interdit de faire une patrouille à une altitude moyenne avec une vitesse adéquate, plonger si nécessaire pour venir au plus près des vagues en changeant de vitesse. Les pilotes savent faire et les P.A sont fiables …..

  9. farragut dit :

    Que l’on dise qu’il n’y a pas que Dassault (Aviation, en fait Breguet Aviation pour la plateforme) qui fasse des plateformes, c’est nier les rôles et métiers de systémier et d’intégrateur, sans compter le métier de gestionnaire de la base industrielle des fournisseurs de sous-systèmes ou de composants majeurs d’un tel système d’armes.
    Considérer l’avionneur comme un plieur de tôles, qui peut avantageusement être remplacé par un fabricant de plateformes, comme pour les automobiles, cela mène à la situation actuelle des constructeurs « français » de voitures, obligés de fermer des chaînes « d’assemblage », parce qu’ils ont oublié que le véhicule (la plateforme) contient des systèmes propulsifs (moteur thermique ou électrique, alternateurs, batteries), de freinage (ABS), d’aide à la conduite et autres « machins » qui nécessitent des composants électroniques, que dont même l’Europe n’a su préserver la pérennité des fondeurs ou concepteurs.
    Savoir être résilient, c’est à dire ménager des « secondes sources » et entretenir une base des concepteurs et des fournisseurs des systèmes, c’est aussi un métier, n’en déplaise à l’amiral et au DGA. Ce ne sont pas ces « clients » ou « donneurs d’ordres » qui « font » les systèmes d’armes…
    Chacun son rôle, et ce n’est pas en distribuant des « bons ou des mauvais points » que l’on bâtit une BITD résiliente et pérenne. Cela fait un peu cour d’école, et ce comportement n’est pas digne de nos dirigeants ou de nos militaires.
    Un peu d’humilité serait aussi bienvenue, surtout quand on se laisse berner aussi facilement par nos « amis » dans des « coopérations européennes » comme le MAWS.
    Donc prudence dans vos paroles et dans vos choix de partenaires ou de fournisseurs, messieurs…

    • Royal Marine dit :

      Le MAWS est un ratage complet, certes… Mais qui le voulait? Les Marins? Certes pas! Seulement la DGA et nos politiques idolâtre de l’Europe et des Allemands.
      Quand au CEMM, que j’ai l’honneur de connaître, il vous aura échappé, sans doute, qu’il est lui-même pilote de l’Aéronavale , et qu’il choisira le meilleur matériel pour la Patmar, soyez en sûr!
      Donc tapez, si vous le souhaitez, et autant que vous le voulez, sur les politiques (pour lesquels vous votez…) et nos fonctionnaires. Mais pas sur nos militaires, et surtout pas nos Marins;

      • vno dit :

        Le CEMM choisira l’avion qui lui sera désigné par le pouvoir civil en bon militaire qu’il a toujours été ! Il n’est qu’un amiral et le sait parfaitement …

        • Royal Marine dit :

          Ca vous plaît de le croire! Mais il est déjà arrivé à imposer le principe d’un PAN nouvelle génération, ce qui était hors d’atteinte il y a encore dix ans… en liaison avec les Amiraux des cabinets militaires, au grand dam de certains de l’AdA…
          De même pour les commandes d’Hawkeye dernier cri… Ou de patrouilleurs supplémentaires…
          Dont acte!

  10. Oli dit :

    Il faut arrêter de jouer avec l’as allemands nous avons un excellent constructeur d avions en france il faut le choisi c est primordial pour garder notre souvrainété et notre savoir faire industrielle et nos compétences il y en a ras le bol de penser europe quand nous sommes les seuls à ke faire regarder ou nous en sommes avec le scaf vanne vous suffit par M le ministre des armées ? ?? Comme exemple!!!

  11. Oli dit :

    Il faut choisir DASSAULT

  12. HMX dit :

    L’ATL2 est une machine formidable, conçue dans les années 80 et régulièrement modernisée pour rester « au top ». Mais elle accuse le poids des années. La question de son remplacement est plus que jamais sur la table, après l’échec du programme MAWS avec l’Allemagne. C’est le moment de se poser de bonnes questions sur l’architecture de la PATMAR de demain, ainsi que sur la cible d’acquisition.

    Rappelons que la France disposait d’une flotte de 35 Atlantique 1 en 1971, pour traquer les sous marins soviétiques pendant la guerre froide. Or, depuis deux décennies, on assiste à une augmentation exponentielle du nombre d’Etats mettant en œuvre des sous marins, et les menaces russes et chinoises n’ont jamais été aussi élevées, quantitativement comme qualitativement. On peut donc en déduire que 35 appareils constitue une cible minimale, qu’il faudrait d’ailleurs certainement augmenter si la France entend peser d’une quelconque façon dans l’Indo-Pacifique (préoccupation qui n’existait pas ou peu du temps de la guerre froide…). Or, même avec des budgets en augmentation, il est peu probable que la France ait les moyens de doubler sa flotte PATMAR, avec des appareils très coûteux, concurrents du P8 Poséidon.

    D’où l’idée de changer de paradigme, et de confier les missions PATMAR à des drones ayant une très grande autonomie (48 à 72h minimum) et une capacité d’emport au moins équivalente à l’ATL2 ou au P8, incluant toute la panoplie de missiles antinavires, torpilles, AASM ou GBU, et bien sûr la possibilité de larguer de grandes quantités de bouées ou des chaîne SAR. On imagine donc un appareil ayant à peu près le gabarit d’un ATL2, et emportant le même type de capteurs. Il pourrait s’agir d’une cellule entièrement nouvelle, ou de la dronisation d’une cellule existante. Semi autonomes sur les différentes phases de vol grâce à l’IA, programmés pour exécuter leur mission de patrouille sur la zone assignée, les appareils ne communiqueraient à intervalle régulier que pour rendre compte, ou en cas de détection d’une cible d’intérêt. Les appareils seraient contrôlés depuis le sol, et potentiellement depuis des navires, grâce à une liaison satellite cryptée discrète et quasi-impossible à intercepter (par exemple une liaison optique laser : https://www.esa.int/Applications/Telecommunications_Integrated_Applications/Nouvelle_premiere_mondiale_pour_Artemis_une_liaison_laser_avec_un_avion ).

    A la clé, une efficacité incomparable, avec une capacité à « blanchir » de vastes zones de l’océan sur la zone d’intérêt, là où pour faire le même travail un PATMAR classique doit gaspiller une partie importante de son potentiel à faire des aller-retour pour ravitailler et changer d’équipage, donc avec un temps réduit sur zone. Par ailleurs, on hésitera moins à faire prendre des risques à un drone en le laissant approcher (un peu) plus près d’une zone dangereuse si on peut en retirer un bénéfice important, là où on n’oserait jamais risquer la vie d’un précieux équipage d’une dizaine d’hommes.

    Un tel drone coûterait forcément assez cher, principalement en raison des capteurs et de l’électronique embarquée. Mais il resterait néanmoins moins cher qu’un appareil équivalent piloté, et surtout la Marine ferait d’importantes économies sur les équipages, les spécialistes étant désormais basés au sol et en plus petit nombre. Un argument de poids. Au final, pour un budget équivalent à la flotte PATMAR d’aujourd’hui (appareils + équipages), on pourrait espérer mettre en œuvre entre 30 et 40 drones PATMAR lourds, avec une capacité globale décuplée par rapport à la situation actuelle.

    • Cricetus dit :

      Une sorte de Triton capable d’opérer a moyenne/basse altitude avec des capacités anti sous marine et anti navire? ce serait pas mal.

    • farragut dit :

      @HMX
      Et combien de moteurs ? Et surtout, quel fournisseur ? ITAR dependant ou ITAR-free ? 😉

      Bravo pour ce Cahier des Charges Fonctionnel, il ne (vous) reste donc plus qu’à écrire les Spécifications Techniques de Besoins, c’est à dire le CdCF mais avec les exigences et contraintes opérationnelles, de développement et de maintenance, et de soutenabilité budgétaire pour la conception, la réalisation et l’exploitation des produits, sans oublier les aspects juridiques (drones armés avec « IA autonome » capable de déclencher des tirs ?).
      Ah oui, mince, il faut aussi des satellites pour les liaisons de données, et des fusées pour les mettre en orbite, et des moyens de protection des satellites et de la cybersécurité…. C’est la Marine Nationale qui finance tout cela, et l’Amiral Vandier qui lance les fusées ? Quel homme !
      Ce que vous décrivez est un projet « macronesque » (le grandiose sans les moyens), ou tout du moins, un truc qui nécessite toute la puissance d’un pays comme les Etats-Unis. 😉
      Pour ce qui est de l’unité, on en est loin, que l’on regarde les branches de l’Armée ou les pays de l’Europe.

      Et pour ce qui est de l’abandon du projet, ne vous inquiétez pas, les Allemands s’en chargent déjà ! 😉

      • HMX dit :

        Libre à vous de tourner cette idée en dérision. Le projet serait certes ambitieux, mais n’aurait en soit rien de « grandiose ». C’est au contraire totalement à la portée de notre BITD. Concevoir une cellule bimoteur à très longue endurance et « ITAR Free » est largement à notre portée, et on peut même envisager de transformer et « droniser » un appareil existant si cette mesure peut permettre d’aller plus vite ou de faire des économies.

        Intégrer une liaison de données sécurisée ? ça tombe bien, nous avons des industriels au meilleur niveau mondial (Thalès notamment). Nous pouvons bien sûr installer une « classique » liaison satellite cryptée. Mais comme indiqué dans le lien fourni ci-dessus, le choix d’une liaison optique laser par satellite (expérimentée avec succès dès 2006 entre un satellite expérimental et un avion) serait très pertinent. Pas indispensable, mais très pertinent. Vous notez à juste titre qu’il faudrait dans ce cas prévoir une constellation de satellites : c’est tout à fait juste, et ce projet dépasse de très loin notre petite histoire de drone PATMAR, puisque ces liaisons serviraient à l’ensemble des équipements de nos forces armées (terre, air, mer). La mise en œuvre d’une telle constellation nécessiterait probablement plusieurs lancements d’Ariane 6, lançant à chaque fois des grappes de 40 à 50 nano-satellites jusqu’à obtenir une couverture mondiale. Coût estimé entre 5 et 15 milliards, selon nombre de satellites et de terminaux. Mais peut être jugez-vous également que c’est un projet « grandiose » hors de notre portée ?

        Sur la question des « drones armés avec IA autonome capable de déclencher des tirs », par pitié, ne nous ressortez pas les clichés éculés du JT de 20h de France 2, sur fond de mythe « Terminator », pour faire trembler la ménagère… Oui, ces drones seront bien dotés d’une IA pour les rendre suffisamment autonomes sur toute leur phase de vol : décollage et atterrissage automatique, vol sur une trajectoire préprogrammée, dispositif anticollision, capacité à rendre des comptes de façon automatique, ou en cas d’évènement particulier (problème technique, détection d’un sous marin, etc…). Sans cette IA, ces drones ne seraient en effet que de gros avions radiocommandés, avec une liaison facilement brouillable ou piratable. Mais rassurez-vous : ils ne seront pas autonomes sur l’ouverture du feu, qui restera sous supervision d’un opérateur humain basé au sol.

        Enfin, sur l’aspect « soutenabilité budgétaire », c’est justement un point important qui motive et légitime un tel programme, dont le coût doit être comparé à la conception et l’acquisition d’un appareil PATMAR piloté (comme l’ex-programme MAWS). Même si le drone restera coûteux, compte tenu des capteurs exigés par la mission PATMAR, il sera toujours moins cher qu’un appareil piloté équivalent, à l’acquisition, et surtout à l’exploitation puisqu’il ne vous aura pas échappé qu’avec un drone, on fait l’économie d’un équipage dédié de 10 à 13 personnes, sur une durée d’environ 30 ans. Quelques opérateurs qualifiés basés au sol (ou sur un navire) se relayant H24 suffiraient à mettre en œuvre ces drones.

        Au passage, vous noterez qu’un drone lourd PATMAR de 40-50 tonnes, avec une bonne capacité de charge utile, constituerait une excellente base pour concevoir un dérivé sous la forme d’un « simple » drone de transport de marchandise relativement peu coûteux. Bien utile pour suppléer à moindre frais à nos A400M, ou pour larguer du ravitaillement au dessus d’une zone dangereuse. Et carton potentiel à l’export pour un appareil qui serait, à ce jour, le seul dans sa catégorie…

        • farragut dit :

          @HMX
          Je ne doute pas de la capacité de la BITD française de concevoir et de produire un tel ATL2 en version drone.
          Non, ce que je conteste dans la vision un peu idyllique de ce projet, c’est la capacité « politique » de monter un tel projet, qui ne pourrait de toute façon qu’être « en coopération européenne », comme l’Atlantic 1 originel (moteurs Tyne anglais).
          On retombe donc sur le problème des sur-spécifications de nos « partenaires », et de la question de la garantie de souveraineté du « pilotage » via satellite, ou de la certification de l’engin en environnement aérien civil (cf. drone MQ-4 « germanisé » en pure perte de 500 millions d’euro).
          Ce n’est donc pas le coté « grandiose » de la technique qui pêche dans le projet, mais ce sont les hypothèses un peu optimistes sur la convergence politique européenne; et donc son financement, qui diminuent la crédibilité d’un tel projet.
          J’espère sincèrement me tromper sur les freins actuels à un tel projet ambitieux mais faisable techniquement.
          Pour ce qui est de la dronisation, DA prévoyait déjà de rendre les Falcon dronisables. Donc un Falcon 10 MRA est possible pour la partie circulation aérienne. Pour l’IA embarquée, la France a fait le choix de ne pas autoriser les systèmes autonomes à décider de l’usage des armes embarquées. C’est l’une des exigences « juridiques » (la traçabilité de la décision) qui limiteront la réactivité, et au final l’efficacité d’un tel système d’armes.
          Pour le reste, je suis d’accord avec vos arguments.

          • HMX dit :

            Pourquoi diable voudriez-vous monter une usine à gaz en coopération européenne sur un tel projet ? les exemples récents n’incitent pas à une telle aventure… une coopération peut se justifier lorsque trois conditions sont réunies :
            1/ une parfaite concordance sur le besoin opérationnel, donc sur le cahier des charges, pour éviter les sur-spécifications,
            2/ une parfaite concordance sur le calendrier du programme,
            3/ une parfaite complémentarité industrielle, chaque partenaire apportant une valeur ajoutée en travaillant sur le domaine qu’il maîtrise le mieux (et non en obtenant arbitrairement et pour des raisons politiques une part correspondant à X% du programme).
            Dans les faits, il est très rare que ces 3 conditions puissent être réunies simultanément.

            Dans le cas que nous évoquons, on notera que la France dispose a priori de toutes les compétences nécessaires dans sa BITD, et que le calendrier de remplacement de la flotte d’ATL2 ne concorde pas nécessairement avec le planning des autres acteurs européens potentiellement intéressés (qui ont déjà anticipé en commandant du P8 ou sont sur le point de le faire). Bref, l’intérêt d’une coopération ne semble à première vue pas du tout évident, ou alors il pourrait s’agir d’une coopération « à la marge » avec des acteurs industriels européens bien ciblés par le maître d’œuvre du programme.

          • farragut dit :

            @HMX
            D’accord pour un projet franco-français, seulement s’il est considéré sous l’angle de la souveraineté de la dissuasion, en couverture de la FOS.
            Mais je maintiens que le risque (actuel) réside dans la faible volonté politique de se dégager des critères budgétaires des traités européens, et donc de la liberté d’investir notre argent dans des domaines critiques pour nous.
            L’exemple de l’énergie électrique avec le sort fait à EDF via les directives de la Commission (vente à perte, démantèlement, dette de 60 Md€) n’incite pas à une grande confiance dans la « liberté » d’action de nos gouvernants ou soi-disant tels.
            Notre seule « chance » peut venir de l’exemple allemand (à concrétiser), qui montre que l’on peut s’asseoir y compris sur la Constitution (allemande) et dépenser de la dette (les « 100 Md€ ») quand il le faut.
            Si c’est le cas, alors peut-être la levée du verrou psychologique (à défaut de celui de Bercy) peut permettre de financer seul un tel projet stratégique pour la France.
            Chiche !

    • Carin dit :

      @HMX
      Vous pensez sûrement à l’euro-drone…
      Et vous avez en partie raison, car cet mastodonte ne pourra servir pratiquement qu’à ça. Mais, il n’est pas équipé pour faire du larguage de matériels, (pas de trappe) il sera dédié à la surveillance des approches maritimes, et donnera l’alerte en cas de découverte, et sera rejoint par un PATMAR habité, qui prendra le relais.
      Son rôle, sera de faire économiser les cellules habitées, qui ne sortiront que sur alerte ou pour entraînement.
      Et dans la même optique, quelques drones sous marins de surveillance et de guet, pouvant également descendre très profond pour garder un œil sur nos câbles téléphoniques…
      Mais tous ces matériels, doivent être évolutifs, et donc très longuement pensés, d’où l’apparent
      « retard » de la France, qui n’a tout simplement pas les moyens financiers de changer son matos à la demande… regardez les FREMM, lors de leur sortie, tout le monde s’accordait pour dire qu’il était grand temps, que les bateaux qu’elles remplaçaient passaient leur temps dans les bassins de radoub, mais force est de constater que les FREMM tiennent toujours le haut du panier, et c’est pas faute à la concurrence d’avoir sorti depuis des nouveautés qui ne sont toujours pas à la hauteur, et donc ne jouent pas dans la même cours!
      Et c’est pareil pour tous nos matériels terre, air, et mer.
      L’ATL2-6 va être très difficile à remplacer, et c’est pas AirbusM qui va y arriver, aujourd’hui encore cet avion fait souvent mieux que la concurrence.

      • HMX dit :

        l’Eurodrone… je pense souvent à lui, et plutôt pour en dire beaucoup de mal, mais là non, je ne pensais pas du tout à cela ! Il n’est pas du tout fait pour des missions PATMAR : trop léger (11 tonnes) pas assez de charge utile (2 300 kg) pour cette mission, pas assez endurant (18 à 40h max)… on pourrait bien sûr l’équiper d’un radar SAR pour de simples missions de surveillance maritime, ce qui serait en soit déjà très utile. Mais pour faire de la PATMAR, il faut une cellule autrement plus musclée, avec une capacité d’emport en soute pour l’armement et les équipements (bouées, chaînes SAR), une endurance de 2 à 3 jours minimum… le gabarit cible pour ce drone est un appareil de 40/50 tonnes, soit à peu près la taille d’un ATL2.

    • Tannenberg dit :

      Les machines ne font pas tout, il faut des hommes pour les armer, pour l’instant avec 18 ATL2, la MN a probablement de quoi constituer une quinzaine d’équipages complets avec le personnel qualifié kivabien (estimation optimiste). Pour passer a 35 machines, donc a une trentaine d’équipages, amha il faudra compter une dizaine d’années pour effectuer cette montée en puissance dans les conditions actuelles… pour avoir une marine, il faut la vouloir beaucoup, et surtout la vouloir longtemps (De Joinville). D’accord pour les drones HALE ou MALE, on y coupera probablement pas si on veut garder du volume, mais a condition de les équiper d’une soute pouvant embarquer au choix un large panel de charge offensive, de renseignement ou utilitaire, comme une chaine SAR, un exocet, une paire de MU-90, d’AASM, ou une CUGE (liste non exhaustive), et de pouvoir se reposer sur une chaîne de transmission SAT dont on a le contrôle. La aussi il faudra les équipages pour les piloter et analyser ce que collectent les capteurs.

      • HMX dit :

        Je ne comprends pas, si vous avez des drones PATMAR lourds (gabarit équivalent à l’ATL2), disposant de la panoplie complète des capteurs, armements et équipements, et de la liaison satellite sécurisée, pourquoi voudriez-vous à tout prix conserver des appareils pilotés ?… peur ou certitude que les drones ne feront pas le job ?…

        • vno dit :

          sans liaison satellite vos drones ne serviront pas à grand chose en cas de conflit.

          • HMX dit :

            Sans liaison satellite, un PATMAR piloté sera également livré à lui même, sans possibilité de rendre compte, et ne prendra pas non plus la décision d’engager une cible sans qu’on lui en ait expressément donné l’autorisation…

            Par ailleurs, confrontée à une perte durable de liaison satellite, l’IA du drone fera ce qu’on lui aura appris à faire dans ces circonstances : retour à la base de départ ou à la base la plus proche, poursuite de la mission, tentative de rétablir une communication par radio HF sécurisée à longue portée, etc…

        • breguet dit :

          HMX: si vous pouviez volez une fois sur ATL 2, vous comprendriez beaucoup mieux…Il ne s’agit pas que d’appareil piloté mais d’un ÉQUIPAGE dédié à la mission…L ‘ASM n’est pas une science exacte ( on en a déjà parlé…). Il faut l’expérience du terrain ( si je puis dire) et réagir au quart de tour…Certaines missions ( notamment la surveillance, le pistage et l’attaque d’un bateau de surface) oui peut-être… Mais l’ASM, là j’ai comme un gros doute…La panoplie complète des équipements et capteurs c’est bien mais rien ne vaut l’œil humain et l’instinct ( et pour ça faut être sur zone et le vivre)..Je ne crois pas pouvoir vous convaincre mais ceux qui l’ont vécu ( il y en a plusieurs ) savent ce que je veux dire…Cet avis n’engage que moi, bien entendu..

          • HMX dit :

            J’ai énormément de respect pour le professionnalisme et le savoir faire de nos équipages d’ATL2. ça ne m’empêche pas d’écrire et de penser que l’émulation et a synergie dont peut faire preuve un équipage face à une situation tactique complexe, se retrouvera exactement de la même façon au sol, dans le centre de contrôle des drones PATMAR. Fondamentalement, que l’équipage soit au sol à des milliers de kilomètres, ou dans l’avion à quelques centaines de mètres au dessus des vagues, ils auront les yeux rivés sur le même moniteur, et prendront les mêmes décisions.

        • breguet dit :

          HMX:  »Sans liaison satellite, un PATMAR piloté sera également livré à lui même, sans possibilité de rendre compte, et ne prendra pas non plus la décision d’engager une cible sans qu’on lui en ait expressément donné l’autorisation… »désolé mais c’est FAUX…L’équipage a eu un briefing avec des ordres et des règles d’engagements clairs …Il rendra compte de sa mission dés son poser si les liaisons sont coupées..De plus sur zone, en mission non indépendante il pourra en référè a son OTC par des moyens type UHF cryptée…Par contre et à mon humble avis pour un drone on ne le laissera JAMAIS attaquer seul ( si il est coupé depuis longtemps de sa base) un sub car si c’est pas le bon…

    • breguet dit :

      HMX: bonjour, il me semble que c’était 42 la dotation originelle d’ATL1…Peu importe…Bon pour le reste vous revenez ( comme d’habitude) à fond sur votre dada, le drone…Et on peut le comprendre au vu des événements récents…Mais je persiste à dire que c’est pas demain la veille que l’on va confier le panel trés large des missions de l’ATL2 à l’IA…Vous vous rendez compte d’un drone de la taille de l’ATL2? et son cout comme vous le signalez d’ailleurs..Vous occultez le problème de la sécurisation totale des liaisons entre le drone et la terre…or en cas de conflit généralisè , on sait très bien ( sans être un grand devin) que les satellites vont dérouiller sévère et les moyens de brouillage s’occuperont des liaisons radios… certaines bonnes vieilles méthodes referont surface, nécessité faisant loi…Donc, oui pour aller dans votre sens, il faut du drone mais de la a passer au tout robot???? A mon sens ce serait mettre tous les œufs dans le même panier et prendre un risque énorme…Il faut savoir qu’un patmar, s’il a une occasion d’attaquer un sub, cela reste un moment bref et que le temps est compté ce qui laisse peu de chance en cas de friture sur la ligne…Rassurez vous, on y viendra à vos drones maiss que l’on ne fasse pas l’erreur de s’y précipiter…
      Pour le successeur de l’ATL2 il nous faut un aéronef performant comme le Falcon10X ( vitesse de transit surtout ) mais avec les qualités du breguet ( endurance, vitesse de patrouille faible et capacités d’évolutions serrées en BA)..Faut trouver ce compromis…
      Par ailleurs j’apprécie vous interventions toujours pleine de réflexion et de sobriété.
      A+

  13. Bleih Moor dit :

    Très bonne nouvelle! Et qui fait plaisir!
    le personnel de Breguet avec l’Atlantic, puis ceux de Dassault avec L »Atlantique ont conçu et mis au point
    un remarquable avion!! Avion sûr, maniable sur lequel on avait fierté, plaisir à travailler et à voler. Et pour rien gacher, cet avion est un redoutable chasseur de sous-marins en plus D’être un croiseur du ciel endurant
    Personnellement j’ai fait partie de l’équipe qui a assuré la mise en service. On a tous bien travaillé alors!

  14. Tempo dit :

    Il semble que les allemands veuillent revenir à la charge sur le programme MAWS après une phase transitoire sur P8 Poseidon.
    https://www.janes.com/defence-news/ila-2022-german-navy-recommits-to-maws-for-long-term-airborne-maritime-patrol-requirement-interim-p-8a-programme-on-track/

    • Distras dit :

      Je dirais plutôt que la mannière de mesurer la performance est différente d’une armée à l’autre !
      En Allemagne les Poseidon qui auront 0 h de vol est très bien, tandis y’en France, plus un matériel est usagé plus c’est bien ! Cf VAB, Gazelle, Puma, Mirages 2000 etc ….

  15. Benoit dit :

    Superbe concept que sont les Atlantic et atlantique. Mais il faudra tourner la page.
    Il est dommage de ne pas avoir fait l atl3 tant pis.

    L atlantique n aura qu un successeur et ce sera le p8 Poséidon.

    Le commentaire de la DGA sur Dassault est stupide

    • breguet dit :

      Benoit:  » L atlantique n aura qu un successeur et ce sera le p8 Poséidon.  »alors là, rien n’est moins sur: FOST oblige ( ITAR FREE oblige)…

  16. jmarc G. dit :

    jmarc G//à HMX et BleihMoor,

    les PATMAR manquent cruellement dans les départements d’outre mer, Réunion, Calédonie, Polynésie avec une forte augmentation
    des sous/marin chinois, entre autres.
    Le NEuron aurait pu être envisagé en version navale; je ne comprends toujours pas l’arrêt de ce programme pourtant
    prometteur !!!???
    Ensuite l’état devait passer une commande ferme de Falcon 10X. PATMAR…..
    Est-ce commandé ferme, ou encore en projet repoussé ??
    Merci à vous.
    jmarc G.

  17. UnKnown dit :

    Je risque d’en faire hurler certains mais pourquoi ne pas acheter du P-8? Quitte laisser l’entretien et la gestion des systèmes par Dassault. La plateforme P-8 est très bonne et déjà disponible, on pourrait probablement l’armer avec le matériel « français ». Ou encore le Kawazaki P-1 japonais si on veut vraiment bouder les américains. Il y a là des cellules que l’on peut acheter sur étagère, pour ensuite intégrer ou « franciser » les systèmes.

  18. guig dit :

    Est ce que le falcon 10x pourrait mettre en oeuvre des GBU… ?

    • HMX dit :

      Probablement que oui, sur des pylônes sous voilure, qui permettront aussi l’emport d’Exocet ou de torpilles. Mais l’idéal pour une version PATMAR du 10X serait d’arriver à intégrer les armements en soute, ce qui nécessiterait donc une modification structurelle.

  19. Ganache dit :

    Voilà du matos de bonne qualité qui tient le coup§ Pas comme certains hélicos!

  20. Félix GARCIA dit :

    « Je ne vois pas pourquoi nous nous focaliserions d’emblée sur le Falcon 10X. »

    Parce-qu’on en fera un bombardier à long rayon d’action en plus d’en faire un PATMAR. Voir même un avion de commandement d’effecteurs déportés (des dérivés du « nEUROn » par exemple, en liaison avec les Rafale F4/5). Et pourquoi pas en faire un AWACS même (trop petit pour l’AWACS ?) ?
    Ce qui fait qu’on aurait une flotte d’une cinquantaine de Falcon 10X dans ses différentes versions. Différentes versions qui pourraient être proposées à l’export.

    « Les travaux ont commencé par une étude système à laquelle les avionneurs n’étaient pas associés. Que l’on continue sous forme de coopération ou sur le plan national, il faut regarder les différentes possibilités de plateformes, et il n’y a pas que Dassault en Europe. »
    Aaah oui … la « Sainte URSS 2.0 » … bah tout s’explique …

    • Lagrange dit :

      « un bombardier à long rayon d’action » trop petit et trop lent.

      « des dérivés du « nEUROn » » pour quelle mission?

      « trop petit pour l’AWACS » oui.

      « Ce qui fait qu’on aurait une flotte d’une cinquantaine de Falcon 10X dans ses différentes versions.  » On a besoin de 50 Patmar au bas mot. Donc il en faut plus.

      « Sainte URSS 2.0 »

      • Félix GARCIA dit :

        « trop petit et trop lent. »
        Même pour des Mk82/83/84 (basse/moyenne intensité), AASM, SmartGlider, V-MAX, SCALP-EG, (MDCa ?), Exocet/FMC ?

        « pour quelle mission? »
        Différentes versions (4) :
        Air-Air (MICA/METEOR), SEAD/DEAD, Guerre Électronique/Leurrage, Air-Mer/Air-Sol

        « oui. »
        Merci pour la réponse.

        « On a besoin de 50 Patmar au bas mot. Donc il en faut plus. »
        Je plaide pour « de petits PATMAR » en complément des Falcon/Atlantique : des équivalents de Celera 1000L

        « « Sainte URSS 2.0 » » Oui ? Cela vous laisse sans voix ? ^^

        • Lagrange dit :

          « Même pour des Mk82/83/84 (basse/moyenne intensité), AASM, SmartGlider, V-MAX, SCALP-EG, (MDCa ?), Exocet/FMC ? » Oui car ça la condamne à opérer en zone non contestée.

          « Air-Air (MICA/METEOR), SEAD/DEAD, Guerre Électronique/Leurrage, Air-Mer/Air-Sol » Le Rafale peut faire.

          « Je plaide pour « de petits PATMAR » en complément des Falcon/Atlantique : des équivalents de Celera 1000L » En métropole OK mais DOM TOM pas top.

          « Oui ? Cela vous laisse sans voix ? » J’approuve.

    • Félix GARCIA dit :

      SCAF : le nouveau coup de pression du président de Dassault Aviation
      Le temps passe et le SCAF ne décolle toujours pas. Bien au contraire. Eric Trappier a profité d’un déplacement en Gironde, pour mettre à nouveau les points sur les i dans le dossier sensible du Système de combat aérien du futur. Le PDG de Dassault Aviation ne cache plus son agacement vis-à-vis des négociations qui patinent depuis des mois avec Airbus : « A un moment donné, il faut savoir dire si on arrive à démarrer ou si on n’y arrive pas ! ». Quitte à faire cavalier seul ?
      https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/scaf-le-nouveau-coup-de-pression-du-president-de-dassault-aviation-923688.html

  21. Sorensen dit :

    La DGA a raison de recadrer les choses; surtout après les déclarations de Thorsten Bobzin et les précisions apportées quant à l’achat de P8. Je suis d’avis que l’on dégage Dassault.
    https://www.janes.com/defence-news/news-detail/ila-2022-german-navy-recommits-to-maws-for-long-term-airborne-maritime-patrol-requirement-interim-p-8a-programme-on-track

    • Lagrange dit :

      Je suis d’avis qu’on défende nos intérêts donc qu’on dégage les allemands qui torpillent l’europe de la défense.

    • tschok dit :

      @Sorensen,

      C’est évidemment une toute autre façon de voir les choses.

      Nous sommes peut-être un peu trop prompts à toujours donner raison à Dassault, par naïveté et chauvinisme, alors que c’est un prédateur comme les autres qui peut, au besoin, ne pas hésiter une seconde à torpiller un programme d’équipement international parce qu’il n’est pas conforme à ses intérêts particuliers.

      Evidemment, on est tenté de faire le rapprochement avec le SCAF…

      Toujours est-il qu’on comprend mieux les réticences de Joël Barre à l’égard de Dassault et, en ce qui concerne ce dernier, deviner qu’il n’est pas une partie faible qui subirait les événements sans pouvoir rien y faire, mais au contraire un acteur doté d’un pouvoir de nuisance qui lui permet de dicter à l’Etat sa politique d’équipement.

      C’est une dimension du problème qui a été complètement négligée par la plupart des commentateurs sur ce blog, qui se limitent à une version simpliste pour petits QI bornés: toutédelafote à macron, traitre à la France et soumis aux Allemands, et qui veut démanteler l’industrie française de l’armement.

      Alors que là, c’est manifestement plus compliqué: un industriel majeur n’hésite pas à torpiller un programme d’équipement de l’Etat pour placer son Falcon 10X, et là on voit bien que c’est l’industriel qui entend définir la stratégie des moyens de la France en imposant à l’Etat sa solution. Et pour cela il lui faut un soutien politique, donc des idiots utiles.

      Donc, c’est le scénario clash des zélites, en fait. Plutôt que trahison des zélites, qui est la version pour les idiots utiles.

      En tout cas, Sorensen, vous avez eu de la persévérance. Et effectivement, face à la meute des adorateurs de Dassault, il en faut, juste pour qu’une autre version de l’histoire soit dans la discussion.

      J’ai tendance à croire que cette version est la bonne, et ce sont les réticences de Joël Barre qui sont assez convaincantes de ce point de vue-là. Il est normal que la DGA refuse que son fournisseur lui dicte sa politique d’équipement.

      • Sorensen dit :

        Maintenant que l’Allemagne a réaffirmé son engagement pour le MAWS, ou Dassault dégage, ou tout saute. Le rapprochement, le Bundestag le fera…encore une fois.

        • tschok dit :

          Oui bon alors ça, c’est un autre sujet.

          Que l’Allemagne ne porte pas seule la responsabilité du torpillage méthodique de la quasi-totalité des programmes qu’on a lancés avec eux, je veux bien le croire, mais que le MAWS ait un avenir, franchement j’ai des doutes. Ou alors un avenir dans l’avenir, quoi.

          Voilà: un avenir indéterminé dans un avenir lointain. Là, oui.

          • Sorensen dit :

            Mais il n’y pas besoin de la France ou Dassault. Thales, Elektroniksystem, Diehl BGT Defence, Hensoldt et Airbus sont prêts.

        • Alpha (α) dit :

          Sait pas lire Boomer ? Ce n’est pas l’Allemagne qui a réaffirmé son engagement pour le MAWS… c’est seulement votre Kommandeur Marineflieger, Sea Captain Thorsten Bobzin.
          Ce n’est pas un politique, il ne décide pas.

          • Sorensen dit :

            C’est suffisant à ce stade. C’est le même qui a décidé pour les P8.

      • farragut dit :

        @tschok
        Heureusement que vous avez précisé que vous parliez de Dassault Aviation, j’ai cru un moment que vous parliez de Lockheed Martin, et de la volonté des US de tuer l’industrie aéronautique européenne ! 😉

        Mais si vous acceptez qu’un fournisseur US dicte sa loi aux 3 forces armées des USA (USAF, US Navy et USMC) et aux gouvernements européens ou d’autres pays dans le monde, je comprends que vous préfériez que l’Allemagne achète des F-35A sous prétexte de transporter des B-61 sous clé américaine.

        Si nous voulons que « notre » dissuasion soit crédible, il faut plusieurs vecteurs pour le transport de nos missiles ASMP-A et ASN4G, et ce n’est pas suffisant de reposer sur seulement 3 SNLE en patrouille. La quantité de vecteurs est aussi une manière d’être résilient en cas de frappe en premier (ou d’invasion la nuit sous prétexte de « dénazification »).

        Pour ce qui est de Joel Barre, je suis d’accord avec vous, nous pourrions le prêter au gouvernement américain et au DoD (ou n’importe quel autre « haut » fonctionnaire français) pour faire rentrer LM dans le rang, et lui rappeler les intérêts supérieurs de la population par rapport à ceux des actionnaires ! 😉
        Heureusement que la DGA est « conseillée » par le cabinet McKinsey pour faire les « bons » choix de fournisseurs (américains, de préférence, bien sûr).
        Qui est vraiment « l’idiot utile » que vous citez à tout bout de champ ?

        • Sorensen dit :

          LM fait très bien son travail.

          • Alpha (α) dit :

            Oui, certainement, en général…
            Mais pas tout le temps.
            Les 800 et quelques défauts du F-35 l’attestent… comme les dérives de ce programme… son MCO hors de prix… les compensations promises non respectées… etc.

          • Sorensen dit :

            Ce n’est pas un échec -relatif et temporaire- de LM, mais de la mise en place de l’industrie de 4ème génération. De nombreux programmes civils et militaires ont connu des problèmes. Mais cela en valait la peine.

        • tschok dit :

          @Farragut,

          Ce n’est pas une volonté de tuer, c’est une volonté de prédateur de se battre pour protéger sa gamelle.

          C’est le moment où le prédateur (Dassault) se rapproche du parasite (LM)). C’est u moment qui, en France, se résout par la théorie du complot, sur le mode trahison des zélites, alors que le scénario est plus compliqué (clash des zélites).

          L’idiot utile, c’est le mec qui se sent visé alors qu’il n’est pas dans la cible.

          Vous vous sentez visé?

          • farragut dit :

            @tschok
            Heureux que vous considériez LM comme un parasite !
            Par contre, j’avais compris que l’expression « idiot utile » (attribuée à Lénine, ou au KGB, au choix) désignait de nos jours « une personne qui se laisse manipuler par un mouvement politique, un groupe terroriste ou un gouvernement hostile, ou par quiconque agissant en faveur de certains intérêts (généralement contraires aux siens) sans même s’en rendre compte. »
            Dans mon esprit, et dans mon commentaire, je pensais plus au DGA en fonction qu’à vous, qui véhiculez avec complaisance la pensée qui nourrit le parasite déjà cité…
            Désolé si vous l’avez pris pour vous, mais s’il y a bien un décideur qui agit contre les intérêts de la France, c’est celui qui veut absolument détruire nos domaines d’excellence, et les « échanger » contre une hypothétique et aléatoire « coopération européenne » dans le domaine de la défense.
            Heureusement, Poutine a « convaincu », avec l’opération militaire spéciale, les Allemands d’abandonner, un peu forcés, la pensée de Mme Merkel (la dépendance au gaz russe et l’hégémonie monétaire sur les pays européens sous couvert d’ordolibéralisme) pour se recentrer sur la défense, y compris armée, de leurs intérêts… 😉
            Notre président réélu a cru biaiser avec Angela, ou avec Poutine, et dans les deux cas, il s’est fait rouler dans la farine dans les grandes largeurs.
            Il peut toujours sauter comme un cabri en criant « Europe, Europe ! », et les grands commis de l’Etat le suivre le doigt sur la couture du pantalon, il se retrouve nu comme le Roi à qui les courtisans ont fait croire que ses habits les plus beaux n’étaient pas visibles du peuple des ronds-points…
            Donc, s’il y a un idiot utile pour Poutine, il ne faut pas chercher trop loin…

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Idiot_utile

      • philbeau dit :

        tschok , votre tropisme anti-national borné , allié à cette suffisance reptilienne de convaincu (en un mot , pour cette fois) d’être beaucoup , tellement plus intelligent que les autres , ne surprend pas dans ce point de vue parfaitement déséquilibré où ne sont pointés que les intérets malsains bien sûr et égoïstes évidemment de Dassault ( employeur de combien de ‘ingénieurs et techniciens hautement qualifiés en France ? ) en évitant de faire le parallèle avec Airbus ,largement sous influence d’outre – Rhin , et aux réalisations militaires tellement performantes (ex l’Eurodrone dernier en date ) et tellement aussi lourdes pour le contribuables (explosion des coûts de l’A400 M entre autres autres) . On signe donc les yeux fermés pour un MAWS sur base A320 purement hypothétique , sur un créneau bouché par le P8 de Boeing , et on fait le grand saut dans la gabegie financière européo-psychorigide , on en a tellement l’habitude s’pas ? De même pour le Scaf qui n’a rien d’une coopération , mais tout d’un bras de fer avec le même Airbus , dont la filiale defence est 100% allemande , on le rappellera , avec des objectifs commerciaux aux antipodes de l’emploi en France . Alors cessez de beugler avec des Sorensen et consorts qui , comme vous à longueur de posts ici se répandent en commentaires aussi fielleux qu’infantiles sur Dassault pour encenser des concurrents à la supériorité qui n’existe que dans leurs rêves humides d’aigris , on déteste volontiers ceux qui vous donnent tort . La suite des évènements devrait être une douche froide rassérénante pour votre esprit surchauffé tschok .

        • tschok dit :

          Philbeau, ce qu’a dit Sorensen, un mec comme vous ne peut pas le dire.

          Insultez moi tant que vous voulez, c’est un fait.

          Lui, il va chercher l’info qui dit le contraire du mainstream, vous, vous passez votre temps à vous plaindre du mainstream.

          C’est vu ça ou pas?

          • Alpha (α) dit :

            tschock, certains points figurant dans les publications de Sorensen ont du vous échapper…
            – Marine Allemande qui milite pour le P-8 (entre pro-US et vouloir « ce qu’il y a de meilleur ») (ça m’aurait étonné…)
            – Lobbying intense des Américains pour imposer le P-8 (ben tiens…)
            – Car Dassault Aviation s’est retiré des discussions … (oui, des discussions, donc participation informelle, pas d’obligation, pas de phase d’étude préparatoire, pas de contrat signé,…)
            C’est vu ça ou pas ?
            Vous analysez ces 3 phrases ou pas ?
            C’est possible ça, ou vous êtes tous cons à sucer votre propre b*te comme vous dites ? Peut-être n’êtes vous pas assez souple, et la b*te est à un autre ?…
            Ca ne m’étonne pas que Sosso(t) et tschoky se soutiennent…
            Merde ! Pourront pas nous faire un petit !…

          • Sorensen dit :

            Votre commentaire est tout à fait déplacé Alpha, stupide et faux. Il n’y a rien de compliqué ici et pourtant vous n’y comprenez rien. Vous n’avez pas un coup de ballet à passer quelque part?

        • En passant rapidement dit :

          – Eurodrone :
          C’est vrai que, côté français, on est tellement un modèle sur les programmes de drones…
          Entre le Patroller de Safran et le Watchkeeper de Thales, c’est pas encore trop ça…
          On pourra aussi de toute façon rappeler qu’il y a encore même pas 10 ans, l’AAE ne voulait pas de drone MALE.

          … Alors comme vous rétorquerez en citant le nEUROn de Dassault…
          On ne gère pas un démonstrateur technologique et un produit à industrialiser de la même manière (pas les mêmes contraintes de coûts d’exploitation, de gestion du domaine de vol, etc…).
          Et d’ailleurs, Dassault ne s’est pas engagé sur le marché des drones (tous les projets, il n’a pris qu’une position de partenaire non-leader, voire sous-traitant).

          – Airbus Defence & Space, une filiale 100% allemande !? … Les Espagnols apprécieront.

    • Vinz dit :

      C’était la sous-minute du sur-diplômé mytho. Il peut continuer d’errer.

      MAWS est en état de mort cérébral. Avec les Germains on va juger sur pièce, pas sur la baratin d’un nobody. A priori on ne dépense pas des mds dans un programme d’interim.

    • Mat49 dit :

      Dassault a tout fait pour luter contre le MAWS. Et c’est une bonne chose pour la France.

      Les allemands prétendent ce qu’ils veulent pour l’instant sur tous les programmes en coopération où ils devaient payer leur part ils ont versé un tiers de leur contribution à la phase 1B du SCAF, et… c’est tout. 0 euros pour le MAWS.

      Donc ils débloquent leur part et ensuite nous pourrons discuter.

      • tschok dit :

        @Mat49,

        Ok, Monsieur la France boude et se retire sous son tipi tel le fier sioux, drapé dans sa dignité immarcescible (en peau de bison).

        Vous avez un radar de tir pour accrocher des cibles sur le mode trahison des zélites. C’est un mode primaire, mais ça marche bien.

        C’est vous arracher les tripes que de vous demander d’avoir un autre mode, en plus de l’autre: clash des zélites.

        C’est pas compliqué quand même.

        Je vous enlève rien, je dis même pas que vous avez tort, je vous rajoute une fonctionnalité que votre radar de tir n’a pas.

        Un autre mode d’engagement du tir. Je vous prive même pas du droit de tirer à vue sur tout ce qui bouge.

        C’est possible ça, ou vous êtes tous cons à sucer votre propre bite?

        • Mat49 dit :

          « Vous avez un radar de tir pour accrocher des cibles sur le mode trahison des zélites. C’est un mode primaire, mais ça marche bien. » Non nos elites ont très bien réagis.

          Vous délirez totalement.

    • AirTatto dit :

      Le plus navrant dans ce sitcom, c’est les mensonges par omission de Éric Trappier. Dassault n’a jamais réaliser d’avion de patrouille Maritime, c’est Breget aviation, racheté par Dassault.
      Même si depuis 1971, il le produise, c’est deux idées qui ce confrontes: un patrouilleur de type Airliner comme le P-8A ou une successeur à l’atlantique 2 / P3 Orion plus modeste et moins cher en exploitation. Sur ce projet, le prédateur et l’emmerdeur c’est Dassault et indirectement la DGA incapable de donner un cahier des charges et une orientation concernant notre besoin Français.
      Il serait temps d’avoir une gouvernance efficace des projets et orientations Militaire et pas de laisser les industrielles dicter leurs caprices… Le Falcon 10X…. pourquoi pas non plus des Robin DR400…

      • Sorensen dit :

        Ah ça…mais il faut se réjouir de voir que la modernisation et les réformes ayant abouties à la DGA sont toujours en vigueur et que l’industriel n’est pas maître d’ouvrage.

      • breguet dit :

        Air Tatoo: faut pas exagérer, Dassault en rachetant BregUet a repris les équipes et ce sont celles ci avec les ingés de Dassault qui ont sorti l’ATL2 ( dont le système d’armes était complétement innovant à l’époque) . Quant au cahier des charges et l’orientation, vous inquiétez pas ça existe et la mise au standard 6 des ATL2 en est une preuve…Le besoin francais est dicté ( principalement) par les misions de la FOST…On ne réinventera pas le Patmar du 21 iéme siècle…Pour ce qui de l’emmerdeur et du prédateur, ça je sais pas…A+

      • Alpha (α) dit :

        @AirTatto
        « Le Falcon 10X…. pourquoi pas non plus des Robin DR400… »
        Ok, pas de Falcon 10X (ou de cette gamme…). Mais juste un truc, expliquez pourquoi.
        Merci.

    • Lagrange dit :

      C’est ce que votre pays dit. Mais comme vous dîtes tout et son contraire on va attendre que vous annuliez la commande de Poséidon et là seulement on fera semblant de vous faire confiance.

      La France d’abord, l’allemagne n’est pas notre pays. Elle peut crever.

    • Bomber X dit :

      Dassault n’a participé qu’à des discussions préparatoires inhérentes au programme MAWS.
      Des « discussions », donc rien d’officiel, rien de contractuel…….
      Chacun pouvait quitter ou participer librement à ces discussions.
      Il comprend les termes employés le Simplet soit disant surdiplômé ?
      Et je note avec gourmandise dans l’article que vous présentez : « Or, l’expertise du constructeur des Rafale et des Falcon est vite apparue indispensable pour aborder les premières phases d’étude.  »
      Comme quoi, un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! 😉

      • Sorensen dit :

        Vous savez que répéter les mêmes conneries n’apporte que l’idée que vous êtes un monomaniaque? J’y ai répondu, si vous voulez savoir le contenu de la réponse, demandez à Lagneau.

        • Alpha (α) dit :

          Monomaniaque : Qui a une manie, un goût exclusif, une habitude dominante.
          Comme Sorensen dès que l’on évoque Dassault en somme ! 🙂
          Ses coms en attestent, désolé…
          Donc Sorensen est un malade, étant donné qu’en psychiatrie il s’agit d’une psychose caractérisée par une obsession limitée à un seul sujet.
          C’est fou comme j’appréhende bien les traits de caractère ou les tares de certains participants de ce site ! 😉
          Essayons encore : Dassault ! Dassault ! Et attendons la réaction ! 🙂

    • Ricko dit :

      Sauf que c’est trop tard la France a déjà claqué la porte.

  22. Courcameul dit :

    au final, un avion qui est surtout au service de l’étranger ou des intérêts de l’étranger.. c’est cher payé pour le contribuable auquel on dit aussi qu’il n’y plus de sous, sauf quand il faut en donner au gouvenrement ukrainien ! j’appelle ça un drôle de conception de la défense de la nation ! celle des autres, oui !