La DGA confirme que le Rafale ne sera pas candidat à l’appel d’offres visant à moderniser l’aviation royale canadienne

Lors d’une conférence de presse donnée en juin 2013 à l’occasion de l’ouverture du salon du Bourget, Éric Trappier, le Pdg de Dassault Aviation, était bien décidé à soumettre le Rafale à Ottawa, qui, après une vive polémique, venait de remettre en cause l’achat de 65 avions américains F-35A Lightning II pour remplacer les CF-18 de l’Aviation royale canadienne.

Et M. Trappier affirma que Dassault Aviation était « très volontariste » sur ce dossier, le renoncement canadien au sujet du F-35 étant « l’occasion de montrer que nous avons l’excellence avec le Rafale. » Un peu moins d’un plus tard, lors de la présentation des résultats de son groupe, il se montra tout aussi déterminé. « Malheureusement, malgré les surcoûts, peu de pays vont annuler leur commande de JSF. Notre seul espoir, c’est le Canada. S’ils abandonnent le JSF, le Rafale a de bonnes chances », confia-t-il.

À l’époque, Dassault Aviation était prêt à faire beaucoup de concessions pour obtenir le contrat canadien. Son directeur des relations extérieures, Yves Robins, en esquissa les contours lors d’un entretien donné à Radio Canada.

« Le Rafale répond parfaitement aux besoins des forces armées canadiennes et pourrait procurer davantage de retombées économiques que le F-35 de l’américain Lockheed-Martin. […] Nous proposons de transférer l’intégrité de l’entretien, de la maintenance, de la modernisation de l’avion ici au Canada auprès des industries canadiennes, avec les droits de propriétés intellectuelles et tous les transferts de technologie pour lesquels nous avons l’autorisation du gouvernement français, sans aucune restriction », avait en effet expliqué M. Robins.

En 2016, M. Trappier confirma une fois encore l’intérêt de Dassault Aviation pour le marché canadien, y voyant une vraie « opportunité ». Toutefois, il y mit un bémol : « Si le premier ministre, M. Trudeau […] renonce au F-35, nous serions candidats avec le Rafale. Mais cela ne veut pas dire que nous gagnerions automatiquement. Nous aurions de toute façon à nous battre contre d’autres avions américains. Il faudrait être sûr que nous ne soyons pas là pour jouer les lièvres », avait-il lâché dans les colonnes de l’hebdomadaire Challenges.

Alors que les autorités canadiennes ont lancé la procédure visant à acquérir 88 nouveaux avions de combat d’ici 2025 et que, à cette fin, elles ont sollicités cinq constructeurs, dont Dassault Aviation, le Rafale ne fera finalement pas acte de candidature. L’information, donnée dans un premier temps par l’agence Reuters, a été confirmée par un responsable de la Direction générale de l’armement [DGA], le 8 novembre.

« Hier, nous avons eu un échange avec nos homologues canadiens. Je suis donc en mesure de confirmer que Dassault ne participera pas » à cet appel d’offres, a en effet déclaré Thierry Carlier, le directeur du développement international de la DGA.

« À ce stade, on était dans un ‘Request for Information’, une phase d’échanges préliminaires sur les conditions dans lesquelles allait se dérouler cette compétition. On leur avait dit dès le départ qu’on était pas certain à l’issue de cette phase d’échanges qu’on y participerait avec le Rafale. Effectivement, c’est ce qui s’est passé », a ajouté M. Carlier.

Comme l’avait précisé Reuters, cette décision serait liée au fait que la France ne fait pas partie du « club des 5 Eyes », qui regroupe les services de renseignement des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande. Bien que « fermé », il est pourtant « ouvert à la France », comme l’affirmèrent des responsables de la Direction du renseignement militaire [DRM], en février dernier. Et c’est pour cela que Paris n’a pas jugé utile de le rejoindre en tant que membre à part entière.

Cela étant, cette raison avancé par Reuters peut sembler surprenante étant donné que l’interopérabilité est censée être la règle au sein de l’Otan [dont sont membres la France et le Canada, ndlr]. Toutefois, lors d’une audition palementaire, en mars dernier, M. Trappier avait dénoncé l’attitude des États-Unis dans ce domaine.

« Le modèle américain du F-35 casse ces codes et vous dit : ‘il n’y a plus d’interopérabilité, il y a intégration avec le F-35’. C’est à dire que vous êtes Américains ou vous n’êtes pas. C’est proprement scandaleux que l’Otan accepte ça. Normalement, c’est l’interopérabilité et on est train de passer à l’uniformisation et à l’intégration dans les armées américaines », s’était emporté le Pdg de Dassault Aviation.

Interrogé pour savoir si le fait de ne pas appartenir au « club des 5 Eyes » a influencé la décision de ne pas soumettre le Rafale à l’appel d’offres canadien, le responsable de la DGA a répondu par l’affirmative, d’après l’AFP. « On a considéré qu’un certain nombre de conditions n’étaient pas remplies pour que ça représente un intérêt », a-t-il dit.

Le cahier des charges relatif au futur avion de combat canadien devrait être publié d’ici mai 2019. Pour ce contrat, évalué à 13 milliards d’euros, il ne reste plus donc que quatre candidats en lice. Et si cette question de l’appartenance ou pas au « club des 5 Eyes » doit effectivement jouer, alors le Gripen E/F du suédois Saab ne devrait avoir aucune chance de l’emporter (et en plus, la Suède n’est pas membre de l’Otan… même si elle en est proche). Resterait donc le F-35A de Lockheed-Martin, le F/A-18 Super Hornet de Boeing (lequel a eu des démêlés avec le gouvernement canadien au sujet de Bombardier) et l’Eurofighter Typhoon européen, dont la candidature est défendue par le Royaume-Uni.

Photo : EMA

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