La justice américaine met en examen 10 agents du renseignement chinois pour espionnage économique

Sur fond de tensions commerciales, l’administration américaine durcit le ton face à l’espionnage économique chinois. Après avoir sanctionné l’entreprise de télécommunication ZTE, Washington vient de prendre des mesures similaires à l’encontre du fabricant de semi-conducteurs Fujian Jinhua, lequel ne pourra désormais plus acheter ou vendre des produits technologiques aux États-Unis.

Selon le département américain du Commerce, Fujian Jinhua « présente un risque important d’être impliqué dans des activités contraires aux intérêts des États-Unis en matière de sécurité nationale. » Cette décision visant l’industriel chinois fait suite à des informations révélées l’été dernier, selon lesquelles il se serait livré à des activités d’espionnage industrielle ayant concerné des modèles de micropuces développés par l’entreprise américain Micron Technology.

L’objectif de Fujian Jinhua aurait été de copier ces nouvelles micro-puces à grande échelle afin de les proposer sur le marché à des prix défiant toute concurrence. Et cela, dans le cadre du plan « Made in China 2025 », qui doit permettre à la Chine de devenir un acteur de premier plan dans les domaines de la micro-électronique et de la robotique. Or, en cassant les prix, Pékin aurait mis en difficulté les entreprises américaines du secteur, et, par ricochet, l’approvisionnement du Pentagone…

Dans le même temps, une autre affaire d’espionnage industriel a été révélée par le département américain de la Justice, qui vient de mettre en examen dix ressortissants chinois qui s’étaient intéressés de très près à la technologie d’un moteur d’avion développé conjointement par le français Safran et l’américain General Electric Aviation.

C’est la troisième fois qu’une telle mesure est prise par Washington depuis septembre. Récemment, Yanjun Xu, alias Qu Hui ou Zhang Hui, a été extradé vers les États-Unis depuis la Belgique, où il avait été arrêté en avril pour « tentative d’espionnage économique ». Lui aussi s’intéressait aux technologies relatives aux moteurs d’avions, en particulier à celles développées par General Electric Aviation. Un mois plus tôt, Ji Chaoqun avait été arrêté à Chicago après avoir cherché des renseignements sur huit ingénieurs et scientifiques d’origine taiwanaise et chinoise (mais naturalisés américains). Certains travaillaient sous contrat avec le Pentagone.

Parmi les dix individus mis en examen le 29 octobre, Zha Rong et Chai Meng (alias « Cobain ») seraient des officiers traitants appartenant ministère de la Sécurité d’État (MSS) de la province du Jiangsu, près de Shanghaï. Selon l’acte d’accusation, entre 2010 et 2015, ils auraient dirigé une équipe de pirates informatiques pour mettre la main sur les secrets de fabrication du moteur mis au point par Safran et GE Aviation ainsi que sur des données industriels de l’entreprise Capstone Turbine (un fabricant de turbines à gaz) et de plusieurs autres industriels américains du secteur aérospatial.

Cette équipe d’espions aurait été aidé par deux autres personnes employées sur le site que Safran a implanté à Suzhou, au nord de Shangaï. L’une d’elle était le chef de la sécurité informatique de ce dernier…

« Le piratage informatique parrainé par un État constitue une menace directe pour notre sécurité nationale. Cette action est un autre exemple des efforts criminels du MSS visant à faciliter le vol de données privées pour le bénéfice commercial de la Chine », a commenté le procureur Adam Braverman. « Les efforts concertés pour voler, plutôt que simplement acheter, des produits disponibles dans le commerce devraient choquer toutes les entreprises qui investissent de l’énergie et de l’argent des actionnaires dans le développement de ces produits », a-t-il ajouté.

« La menace posée par les activités de piratage sponsorisées par le gouvernement chinois est réelle et implacable », a fait valoir John Brown, un responsable du FBI. Et ces mises en examen sont un « message fort » adressé aux autorités chinoise et « à d’autres gouvernements étrangers impliqués dans des activités de piratage », a-t-il ajouté.

Dans cette affaire, le FBI a reçu le concours des services français, à savoir la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI] et la section de lutte contre la cybercriminalité du Parquet de Paris.

Justement, la DGSI et la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure] ont découvert une vaste tentative chinoise visant à « recruter » des fonctionnaires et des chercheurs français via le réseau social professionnel Linkedin, qui compte 16 millions d’abonnés en France.

Ainsi, le renseignement chinois y a créé des centaines de faux profils liés à des entreprises écran pour « tamponner » les personnalités dont le profil est susceptible de l’intéresser. L’ampleur de cette opération a conduit la DGSE et la DGSI à émettre une note d’alerte.

« Ils se présentent comme chasseurs de têtes, consultants ou encore responsables de think tank et proposent aux personnes ciblées des opportunités de collaboration généreusement rémunérées. En cas de réponse positive, la personne est invitée gracieusement à l’étranger pour participer à un séminaire, donner des conférences, rencontrer un potentiel client ou négocier les termes d’un contrat », indique cette dernière.

Un fois qu’elle a mis le doigt dans l’engrenage, la personne ciblée se voit demander des informations de plus en plus précises, qu’elle peut finir par donner par naïveté, appât du gain, reconnaissance ou chantage. Selon le renseignement français, 1.700 personnes auraient été approchées de cette manière. Il est ainsi demandé aux fonctionnaires de « refuser les demandes de connexion émanant de personnes inconnues sur les réseaux sociaux. »

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