Attaque chimique présumée en Syrie : La Russie parle de « graves conséquences » en cas de frappes franco-américaines

Après l’attaque chimique présumée ayant touché des civils dans la ville syrienne de Douma, qui, située dans la Ghouta orientale, et sous le contrôle des rebelles du Jaish al-Islam, le ton est monté entre la Russie d’un côté et, de l’autre, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.

« C’était atroce », « horrible », a commenté le président américain Donald Trump, depuis la Maison Blanche, le 9 avril, au sujet de cette attaque aux « gaz toxiques » ayant eu lieu deux jours plus tôt. « Nous y répondrons avec force », a-t-il dit, avant d’assurer qu’une décision serait prise « très bientôt » sur ce qu’il conviendrait de faire en réaction.

Sur ce point, le chef du Pentagone, James Mattis, n’a pas exclu de nouvelles frappes (après celles contre la base d’al-Shayrat, pour les mêmes motifs, en avril 2017) contre le régime syrien. « La première chose que nous avons à examiner, c’est pourquoi des armes chimiques sont encore utilisées, alors que la Russie s’était portée garante de la suppression de toutes les armes chimiques », a-t-il en outre expliqué.

Par la voix de son Premier ministre, Theresa May, le Royaume-Uni a condamné « fermement le recours aux armes chimiques dans quelque circonstance que ce soit. » Et d’ajouter : « Nous devons établir urgemment ce qui s’est passé samedi [7 avril]. Et s’ils sont reconnus responsables, le régime (syrien) et ses soutiens, dont la Russie, devront rendre des comptes. »

Mais la grande explication a eu lieu plus tard, lors d’une réunion d’un Conseil de sécurité des Nations unies. « Seul un monstre peut faire cela », a lancé Nikki Halley, la représentante américaine auprès de l’ONU. Et le moment est venu, a-t-elle dit, « où le monde doit voir que la justice est rendue ».

« La Russie et l’Iran ont des conseillers militaires dans les bases aériennes du régime d’Assad et dans les centres d’opérations » et « des responsables russes sont sur le terrain en aidant directement les campagnes [de siège] du régime, et des forces iraniennes font souvent le sale boulot », a-t-elle continué. « Quand le régime militaire syrien pilonne des civils, il le fait avec l’aide de la Russie », a-t-elle encore accusé.

Son homologue français, François Delattre, n’a pas dit autre chose. « L’appui militaire russe et iranien est présent sur le terrain et à tous les échelons de l’appareil de guerre syrien, et aucun avion syrien ne décolle sans que l’allié russe en soit informé », a-t-il commencé par souligner. « Ces attaques (du 7 avril) sont intervenues donc soit avec l’accord tacite ou explicite de la Russie, soit malgré elle et en dépit de sa présence militaire. Je ne sais laquelle de ces deux dérives est la plus alarmante pour notre sécurité collective »; a-t-il estimé.

La Russie a rejeté ces accusations en bloc. Plus tôt, le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, a affirmé que ses spécialistes « n’ont trouvé aucune trace de l’utilisation d’agents chimiques » ni de « patient présentant des signes d’intoxication aux armes chimiques. »

Et de conclure que « toutes les accusations portées par les Casques blancs [groupe de protection civile, ndlr], ainsi que leurs photos montrant les victimes de l’attaque chimique, ne sont rien d’autre qu’une fausse nouvelle et une tentative pour perturber le cessez-le-feu ».

En outre, le Kremlin a fait savoir, à l’issue d’un entretien téléphonique entre le président russe, Vladimir Poutine, et la chancelière allemande, Angela Merkel, que « la partie russe a attiré l’attention sur le caractère inadmissible des provocations et spéculations » sur cette attaque chimique.

À la réunion du Conseil de sécurité, au cours de laquelle les États-Unis ont présenté une résolution réclamant la création d’un nouveau « mécanisme d’enquête indépendant des Nations unies » (Unimi) sur le recours aux armes chimiques en Syrie, le représentant russe, Vassily Nebenzia, a suivi la même ligne. « Nous appelons les Occidentaux à renoncer à la rhétorique guerrière », a-t-il dit, mettant en garde contre de « graves conséquences » en cas de frappes occidentales visant le régime syrien. « Il n’y a pas eu d’attaque chimique » samedi à Douma, a-t-il insistant, en parlant « d’absence de preuves ».

Selon le docteur Raphaël Pitti, ancien médecin militaire et désormais responsable de l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), une ONG française dont « la mission est de garantir aux populations affectées par la guerre en Syrie un accès permanent à des soins de santé de qualité et gracieux », l’attaque contre Douma s’est faite en deux temps.

« Vers 16h30 il y a eu une première attaque chimique, essentiellement du chlore, avec des victimes telles qu’on peut les attendre dans ce genre d’attaques, beaucoup de victimes (par suffocation) mais peu de décès », a-t-il expliqué, le 9 avril. Là, entre 400 et 500 personnes ont présentés des symptômes « relativement légers », comme des « problèmes de suffocation, troubles visuels avec irritation… ». Une personne y a succombé.

Puis, vers 21h00, une deuxième attaque a eu lieu. Et « on monte rapidement à 600, 700, 800 victimes arrivant à l’hôpital, présentant toujours la même symptologie respiratoire » mais on trouve aussi « dans des caves, des appartements des gens comme foudroyés par la mort », a continué le Dr Pitti. « Le chlore ne foudroie pas, même à haute concentration (…) Là, les morts [au moins 42, ndlr] sont couchés les uns sur les autres, donc quelque chose d’autre a été utilisé », du sarin ou un « autre produit caustique par inhalation », a-t-il expliqué.

Quoi qu’il en soit, pour le seconde fois en deux jours, les présidents Macron et Trump ont eu un échange par téléphone sur « les développements intervenus depuis les attaques chimiques du 7 avril contre la population de Douma dans la Ghouta orientale, et sur les débats en cours au Conseil de Sécurité », a indiqué l’Élysée.

« Ils ont réaffirmé leur souhait d’une réaction ferme de la communauté internationale face à ces nouvelles atteintes à l’interdiction des armes chimiques » et « sont convenus de rester étroitement en contact », a indiqué le communiqué de la présidence française. Reste à voir ce que feront Paris et Washington si, une fois encore, Moscou oppose son veto au projet de la résolution demandant enquête de l’ONU sur l’usage d’armes chimiques en Syrie.

« Suite aux événements qui se sont produits il y a quelques jours, les images épouvantables qui ont été données à voir, le président français et le président des Etats-Unis ont échangé des informations qui confirment a priori l’utilisation d’armes chimiques. Ils ont donné instruction à leurs équipes de poursuivre les investigations. Si les responsabilités sont établies, si la ligne rouge a été franchie, elle donnera lieu à une riposte », a prévenu Benjamin Griveaux,  e porte-parole du gouvernement, sur les ondes d’Europe1.

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