Syrie : Le président Erdogan confirme que Manbij sera le prochain objectif des forces turques

Après avoir aidé les forces gouvernementales syriennes à reprendre le contrôle de la partie orientale de la ville d’Alep, la Russie a fourni un soutien aérien aux troupes turques ainsi qu’aux groupes rebelles syriens appuyés par Ankara alors engagés dans une offensive visant à chasser l’État islamique (EI ou Daesh) de la localité d’al-Bab.

Lancée en décembre 2016 dans le cadre de l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate », l’offensive menée à al-Bab a pris fin la semaine passée. La situation y est cependant « chaotique », pour reprendre le mot du Premier ministre turc, Binali Yildirim. En effet, ayant battu en retraite, les jihadistes ont laissé derrière eux une grosse quantité de mines et de bombes artisanales.

En outre, l’EI a revendiqué un attentat suicide qui, commis le 24 février contre deux quartiers généraux de l’Armée syrienne libre (ASL) installés dans la localité de Soussiane (à 8 km d’Al-Bab), a fait plus de 80 tués, dont de nombreux civils.

La prise d’al-Bab a fait l’objet d’une course contre la montre. Car, outre les troupes turques et les rebelles de l’ASL soutenus par Ankara, la ville était aussi convoitée par les forces syriennes du général Souheil al-Hassan, appuyées par des combattants du Hezbollah, la milice chiite libanaise.

Début février, et après 20 jours de combats, les forces syriennes reprirent à l’EI une trentaine de villages et hameaux situés dans la région d’al-Bab. Contrôlant un tronçon de l’autoroute reliant la province d’Alep à l’est de la Syrie, elles approchèrent à 3 km de au sud-ouest de cette localité.

Pour autant, la prise d’al-Bab par l’armée turque et les rebelles de l’ASL n’a pas mis un terme à la progression des forces gouvernementales syriennes. Et le risque d’une confrontation est loin d’être écarté.

Ainsi, d’après une source sécuritaire en poste à Damas, elles ont repris à l’EI le village de Tadef, au sud d’al-Bab. « L’armée a pris le contrôle de 600 km² dans cette partie de la province d’Alep », a-t-elle affirmé à l’AFP. Ce qu’a confirmé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a précisé que les jihadistes s’étaient retirés de leurs positions avant l’arrivée des forces syriennes.

Cela étant, près de Tadef, les forces syriennes et les rebelles soutenus par Ankara ont eu accrochage sérieux, le 26 février au soir. Selon Moscou, cette localité marque une ligne de partage acceptée par les deux parties. D’où une certaine nervosité. Selon un chef de l’ASL, les troupes gouvernementales auraient cherché à « tester » les insurgés. Elles « n’avaient probablement pas pensé qu’elles recevraient une réponse aussi violente », a-t-il dit.

À Damas, une source militaire a raconté que des « groupes terroristes appartenant à la Turquie ont tiré au canon et à la mitrailleuse sur les troupes gouvernementales. » Cet incident, a-t-elle continué, montre que le « principal but des rebelles n’est pas de combattre Daesh mais d’atteindre d’autres objectifs comme tenter de faire obstacle à l’opération de l’armée syrienne contre Daesh. »

Quoi qu’il en soit, l’armée syrienne a fait, le 27 février, la jonction avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement constituée de milices kurdes (YPG), au sud de la ville de Manbij, conquise par ces dernières en août 2016 (ce qui avait d’ailleurs motivé l’opération « Bouclier de l’Euphrate »).

« Nous sommes à proximité des forces du régime dans plusieurs endroits (dans le nord de la Syrie) et il existe une sorte de trêve entre nous. Donc, il n’y aura pas de combats entre nous » à Manbij, a affirmé Talal Sello, le porte-parole des FDS, lesquelles sont par ailleurs soutenues par la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis.

Cette jonction avec les FDS était, a priori, l’un des objectifs des forces syriennes, les deux autres étant d’empêcher la progression des troupes turques et de prendre le contrôle de la station de pompage d’eau d’al-Khafsa, laquelle alimente la ville d’Alep.

Seulement, après le succès obtenu à al-Bab, Ankara n’entend pas en rester là. Et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a de nouveau confirmé que l’objectif de ses troupes était de s’emparer de Manbij. Et toute coopération entre les FDS et les groupes de l’ASL soutenus par la Turquie est totalement exclue, étant donné que, a-t-il dit, les milices kurdes syriennes doivent être repousées à l’est de l’Euphrate. La semaine passée, il avait même fait de cette question un enjeu « crucial ».

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