Les hauts et les bas des taux de disponibilité des véhicules de l’armée de Terre

vabultima-20150306

Après avoir attendu pendant près d’un an, le député (LR) François Cornut-Gentille a enfin obtenu le taux de disponibilité de la plupart des véhicules de l’armée de Terre auprès du ministère de la Défense pour l’année… 2015. Et, à regarder les chiffres, la situation apparaît plutôt contrastée.

Si l’on compare les données constatées en 2012 à celles relevées en 2015, on s’aperçoit que certains véhicules s’en tirent mieux que d’autres. Ainsi, le taux de disponibilité du char Leclerc est supérieur à ce qu’il était trois ans plus tôt (65% contre 57%). Même chose pour l’AMX-10RC (55% contre 45%) et le Véhicule à Haute Mobilité (76% contre 47%).

En revanche, entre 2014 et 2015, l’impression n’est plus la même. Hormis l’AMX-10RC, ces mêmes taux de disponibilité sont en baisse, celui du Leclerc chutant de 74% à 65%, tout comme pour l’ensemble des véhicules de l’armée de Terre.

Après avoir connu des hauts et des bas entre 2012 et 2015, les taux de disponibilité du Camion équipé d’un système d’artillerie (CAESAR) et du VBCI (des matériels récents), qui étaient de 81% en 2012, sont orientés vers la baisse, pour s’établir respectivement à 66% et à 76%.

Même chose pour le Petit véhicule protégé (PVP), qui, affecté par des défauts de conception qui ont motivé un retour en usine, a vu son taux de disponibilité tomber à seulement 41% en 2015 contre 52% un an plus tôt. En 2012, il était de 50%.

Le taux de disponibilité des Véhicules Blindés Légers (VBL) est au même niveau qu’en 2012 (56%), après avoir été porté à 65% en 2013.

La même chose peut être constatée pour les véhicules logistiques. Si le taux de disponibilité des Hagglunds BV206 LOG est meilleur en 2015 qu’en 2012, la situation semble se dégrader lentement mais sûrement pour les autres matériels. Ainsi en est-il pour les camions Kerax, PCM SISU (ensemble porte-char), TRM-1000, TRM-700/100 et GBC 180. Seuls les Véhicules légers de reconnaissance et d’appui (VLRA) sanitaires font exception, avec une disponibilité (61%) bien meilleure que celle relevée lors des trois années précédentes (40,55% en 2012, 37,32% en 2013 et 45% en 2014).

Et, entre 2013 et 2014, le taux de disponibilité des pourtant très récents Porteurs Polyvalents Terrestres (PPT) est orienté vers la baisse, passant de 74% à 65%.

Enfin, et ça ne surpendra personne, le taux de disponibilité du Véhicule de l’avant blindé (VAB) fait le yo-yo. Il était de 52% en 2012, de 43.90% en 2013, et 55% en 2014 et de 44% en 2015. Seulement, dans l’intervalle, le nombre d’exemplaires en dotation a considérablement diminué, passant de 3591 à 2582 unités. La tendance est identique pour le VAB Sanitaire, dont le taux de disponibilité a chuté de 15% en 4 ans, pour s’établir à seulement 46%.

Pour rappel, depuis juillet 2016, l’armée de Terre a donné le coup d’envoi à la réorganisation du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (MCO-T) dans le cadre du plan de transformation MCO-Terrestre 2025. Et cela avec l’objectif de « garantir, dans la durée et à coût maîtrisé, la disponibilité opérationnelle des matériels et le potentiel des équipements actuels et futurs. » Reste à voir si cette réforme portera ses fruits.

33 commentaires sur “Les hauts et les bas des taux de disponibilité des véhicules de l’armée de Terre”

  1. D’après ce que j’ai entendu, le déploiement en afrique sud-saharienne entamerait tres significativement le potentiel des vehicules .. au point que 10% d’entre eux sont tout simplement abandonnés à l’etat d’epave …

  2. Un autre chiffre pour le moins significatif : la baisse du Q.I , chacun , en consultant le classement mondial , en tirera ses propres enseignements …
    Mais revenons au sujet qui nous intéresse : quelqu’un sait-il de combien ( à peu près ) disposons-nous de chaque engin cité dans l’article ? Je sais par exemple que nous sommes équipés de 77 CAESAR mais pour ce qui concerne la suite … Mystère et boule de suif !
    .
    A propos de CAESAR , voilà qui devrait en inspirer plus d’un 😉 :
    https://www.youtube.com/watch?v=Fptue_EaMjw

    1. Je vois bien un détachement de CAESAR déployé en ce moment , mettre cette musique et faire  » Hail Cesar BOUM BOUM BOUM !! »

    2. La baisse de QI est sujet a débat, beaucoup d’élément peuvent rentrer en ligne de compte dont certains ne peuvent être abordé légèrement sans être pointé du doigt parce que ce n’est pas « politiquement correct ».
      .
      Si je constate une tendance a massacrer la langue française (moi le premier) que ce soit par négligence ou manque de capacité, je trouve que la jeunesse (hors cas) tente a être de plus en plus intelligente et cultivé en premier lieu grâce a l’accès a l’information, eh oui internet est avant tout un très bon outil d’apprentissage avant d’être une niche de pornos.

      1. Je vois cher Hermès que nous-nous sommes compris !
        .
        Je suis moins positif concernant le net …

  3. L’année 2015 aura été une année spéciale pour l’armée de terre et même l’ensemble des armées.C’est en effet l’année de l’inversion, celle ou on est passé de la « réduction générale » pour évoluer vers son arrêt, mais également vers l’augmentation de la FOT.
    La disponibilité s’explique par une multitude de choses, il y a les engagements, les désengagements, les programmes de revalorisation, de modernisations, réforme militaire, de renouvellements, etc…
    .
    Ce que tout le monde doit également comprendre c’est qu’il y a 2 types de disponibilité, celle qui est générale et celle qui est opérationnelle.
    La disponibilité générale c’est celle qu’on a ici, la disponibilité technique opérationnelle (DTO) a comme particulier de fixer un seuil, qu’on peut également appeler le « besoin des forces ».
    L’objectif en temps normal n’est pas d’atteindre les 100% pour dire qu’on est « bien », ce serait l’idéal de toutes les armées, mais cela nécessite beaucoup de moyens financiers alors que le besoin des forces ne l’exige pas et je vous passe l’explication de notre limite dans ces domaines.
    C’est là qu’intervient la DTO, qui en opex, doit évidemment être le plus proche de 100%, avec 2 paliers symboliques, celui des 90% et celui des 80%. En rajoutant un peu de « rab » on arrive a tourner avec ce qu’il faut par rapport aux unités déployées.
    Exemple: Si on a besoin de 10 VAB sur Barkhane, qu’on en a 15 sur place, et qu’il y a en permanence 5 véhicules en maintenance la disponibilité du parc VAB sera de 66%, ce qui semblerait être « insuffisant » aux yeux extérieurs, sauf que la DTO affichera 100%, car le besoin de 10 VAB est maintenu et l’objectif pour les mécanos c’est d’avoir 10 VAB actifs.Moins les véhicules ont de problèmes, moins on a besoin de sur-doté les parcs, plutôt que d’avoir 5 VAB de « trop » on pourrait s’en contenter de 2 ou 1 voir 0 dans l’idéal.
    Alors cet exemple « parfait », mais la DTO tourne plutôt à 85-90% tout matériel confondu, (un poste radio est considéré comme une unité de matériel au même titre qu’un VAB, ce qui laisse parfois le sentiment d’avoir une DTO générale basse en raison de certains équipements et catégories moins essentiels aux missions, mais c’est une autre histoire).
    _En France c’est un peu pareil.Les opex restent la priorité budgétaire (provisionné) et des commandes, ensuite on redistribue ce qui reste sur l’ensemble de la métropole.L’usure en métropole se fait via l’entrainement et la formation, pour lui aussi, il y a un besoin a atteindre.
    Vous avez beau avoir 40% de disponibilité pour un type de véhicule, si le besoin est satisfait avec 10%, il n’y aura pas d’enveloppes supplémentaires (souvent on déshabille paul pour habiller jacques) l’année suivante pour augmenter ces 40%, peu importe si les lecteurs d’opex360 ou un député trouvent cela insuffisant. Par contre si une intervention pousse le besoin à 60%, alors on va recevoir l’argent pour cela.La MCO et son budget, c’est une question d’offre et de demande.
    Celui qui ne sait pas comment ça fonctionne, se dira qu’avec 50% de chars disponibles, ben en cas de guerre, « on ne pourra pas engager plus que ça », mais ceci est faux.En cas de nécessité il suffit à l’état de débloquer des fonds, pour que l’on arrive a pousser la disponibilité bien au delà.
    Le problème numéro 1 de la faible disponibilité générale, ce n’est pas que les véhicules n’arrêtent pas de connaitre des pannes et des problèmes ou que les mécanos ne cessent de se casser les dents en passant des jours à travailler, mais bien par ce que les véhicules attendent les pièces de rechanges pendant des semaines, des mois et il arrive même que certains vieux matériels, rares, attendent des années (oui sérieux). Pourquoi? lenteur industriel quelques fois, mais bien souvent par ce que les fonds ne suffisent pas pour commander la pièce directement, elle se trouve sur une liste d’attentes, elle suit une priorité budgétaire et opérationnel.
    Plus les véhicules se font vieux, plus ils ont des pannes, donc plus on a besoin de pièces (qui parfois ne sont plus produites et qui exigent parfois de se débarrasser de certains matériels faute de pouvoir continuer le soutien), plus on a besoin d’argent, plus la disponibilité baisse et ainsi de suite.
    .
    .
    Pour en revenir sur l’année 2015.On peut noter plusieurs choses.La première c’est que l’on a fait une récupération de matériels afin d’équiper l’augmentation de la FOT.Nous pouvons le voir avec les chars de Leclerc, ou le format qu’on prévoyait à 200 chars, passe à 240 à terme.Mais c’est aussi vrai pour les VAB, ou malgré qu’on constate une diminution, celle-ci est moins importante que prévu, donc des véhicules qui devaient sortir des inventaires sont revenus et certains qui étaient déjà sortis sont revenus.Cet effet a eût son impact sur la disponibilité.
    Comme je l’avais indiqué, ce sera ua prochain président d’adapter le besoin matériel au nouveau format, pour l’instant on a mis une rustine, mais il faudra plus de VBMR que prévu.
    Il y a également des parcs comme le PVP, mais aussi le VBCI (32 tonnes, félin, systèmes de refroidissement etc…) qui connaissent des améliorations constantes chez les industriels, ce qui créer de l’indisponibilité.Si un VBCI passe 2 semaines chez Nexter pour une modif, par lot de 20 en comptant les temps de trajets, on monte à un mois d’indisponibilité, à l’année sur un tableau, cela donne 20 VBCI en permanence en indisponibilité, pourtant ça ne veut pas dire qu’ils sont cassés.Ce sont des paramètres internes à comprendre et que tout le monde ne peut pas connaitre.
    .
    Pour terminer, retenez bien que la disponibilité du matériel est un donnée qu’il ne faut pas prendre avec fatalisme.Il y a un besoin qui créer la demande et une offre qui détermine le budget « utile ». Ce budget on peut l’augmenter, dans le besoin opérationnelle ou par un volontarisme politique qui se fixe des limites.Ainsi on commandera plus de pièces, plus rapidement et on verra la disponibilité croitre.
    Certains matériels neufs connaissent la contrainte industriel (d’autant qu’on aime bien la politique du « zéro stock »), car la production est limité ou qu’elle est à flux tendu afin de produire le dit matériel.Ce cas est le plus compliqué c’est ce qui touche par exemple l’hélicoptère tigre, l’A400M et le NH90.Les années passantes, la production déclinante, les industries auront du temps pour produire de la rechange.La mise en commun d’un stock de pièces fournies qu’on alimente est ce qui permettra de résoudre ces problèmes sans avoir le besoin d’attendre.
    Le tigre qui devra connaitre un passage au standard HAD aura encore au moins 2-3 années difficiles, l’A400M qui lui aussi devra subir des évolutions de standards en aura aussi pour quelques années avant de prendre un bon rythme opérationnel.

    1. @Maotchao
      .
      Votre commentaire est très instructif !
      .
      Cependant , si je peux comprendre et admettre le sens général de tout ceci , n’y a t-il pas péril en la demeure de se retrouver parfois si limités en termes de quantité , d’être si souvent en flux tendu ?
      En cas de conflit ouvert d’importance vitale , serions-nous suffisamment équipés pour du long terme voire du moyen terme ou bien tout se jouera t-il à court terme et dans ce dernier cas , comment savoir si notre stratégie sera forcément la bonne ?
      N’y aurait-il pas un peu de l’apprenti-sorcier dans nos « calculs » ?

      1. Je complète ma réflexion …
        Je n’oublie évidemment pas que nous ne serions probablement pas seuls mais mis à part les britanniques et dans une certaine mesure les allemands voire l’ensemble de la Scandinavie , que pesons-nous face à une déferlante adverse ( sans devoir recourir à l’arme nucléaire tactique ) ?
        Pour ce qui me concerne , 500 à 600 Leclerc ou équivalent ( pour citer un exemple hautement significatif ) seraient bien le minimum surtout si certains d’entre-eux sont d’ores-et-déjà mobilisés en OPEX .
        De même 150 Tigre HAD ( Hélicoptère Appui Destruction ) au minimum seraient-ils du « luxe » ?
        J’ai la très nette impression que l’Armée Française ne se dote plus que du strict nécessaire pour assurer des missions , disons limitées en intensité , dans des environnements plutôt permissifs et que nous manquons très sérieusement de consistance devant quelque chose de plus « coriace »…
        Qu’en pensez-vous cher Maotchao ?

        1. @ScopeWizard:
          Nous avons déjà eu l’occasion de démontrer que les chiffres concernants les capacités blindées russes reposent essentiellement sur un parc qui a plus de 30/40 ans et que leurs capacités réelles restent globalement comparables à celles de l’Europe occidentale.
          .
          Rappelons cet aspect pour souligner que nous sommes plus dans les années 80 et qu’il n’y a plus cette suprématie numérique soviétique qui renvoyait à l’usage d’armes nucléaires tactiques notamment côté français.

          1. Exactement , mais je voyais un scénario plus lointain telle une alliance de circonstances entre Chine et Russie .

          2. @Maotchao:
            .
            « …Ceux qui veulent un 2e porte avions et qui expliquent les raisons et la logique de ce besoin, seront les mêmes qui une fois abreuvé de ce 2e PA, vous expliqueront l’utilité d’en avoir un 3e. »
            .
            C’est le mauvais exemple, car avoir 3 porte-avions ne servirait qu’à vouloir assurer la permanence d’une disponibilité de deux navires en mer.
            .
            Mais n’en avoir qu’un seul revient à perdre purement et simplement cette capacité; tel que nous le vivons aujourd’hui en l’absence d’un PA2 avec le CdG qui va entrer en ATM pendant 18 mois.
            .
            Cet exemple dessert particulièrement votre démonstration qui peut s’entendre sur d’autres domaines qui pourraient être redondants.

        2. La France n’est pas un cas particulier, les autres pays n’ont pas des disponibilités plus importantes que nous, la seule différence, c’est que les autres gardent cela « secret défense » et surtout qu’on ne s’y intéresse pas vraiment.
          Le besoin « utile » d’une armée n’existe pas, les armées c’est un cercle vicieux, un peu comme la richesse, on en a jamais assez! Car plus on a de moyens, plus on a de nouvelles ambitions et lorsque nos moyens diminuent il faut revoir nos ambitions, c’est tout.
          Ceux qui veulent un 2e porte avions et qui expliquent les raisons et la logique de ce besoin, seront les mêmes qui une fois abreuvé de ce 2e PA, vous expliqueront l’utilité d’en avoir un 3e.
          Allez aux USA, malgré leurs énormes moyens, ou l’on pourrait se dire que c’est « largement suffisant » pour se défendre, ils en veulent plus et leur nouveau président le met en pratique.
          Ce qu’il convient donc de faire, c’est de connaitre nos ambitions, de connaitre et identifier nos ennemis, les moyens et les ambitions de nos ennemis afin de bien dresser l’inventaire de nos besoins.
          La toute première chose, c’est de garder à l’esprit que nous avons l’arme nucléaire, que d’autres pays l’ont et que ça limite grandement certaines déviances des conflits militaires, ainsi l’invasion de la France n’est plus la même réalité que ne l’a été 1940, on reste donc sanctuarisé comme l’ensemble des pays disposant de cette arme qui a considérablement changé le monde de la guerre.Peu importe le nombre d’hommes ou le nombre de chars, ce n’est plus cela qui dissuade l’ennemi, mais bien l’apocalypse nucléaire.On défend donc nos intérêts à l’étranger et non plus la nation, c’est difficile à l’admettre mais c’est une réalité.Si cela vaut pour la métropole ça reste un peu moins vrai pour les dom-tom, qui doivent être défendus par des moyens conventionnels, car ce n’est pas pour une île qu’on va envoyer un M-51, l’existence de la nation n’en dépend pas.
          .
          Dans nos sociétés, on garde toujours en tête l’idée de l’invasion rouge, cette grande menace qu’on a connu pendant 40 ans de guerre froide.Aujourd’hui on prend la Russie comme digne héritière et je pense que comme les autres vous pensez a elle.
          Sauf que si la Russie a héritée de nombreux équipements de l’armée rouge, elle n’est pas l’armée rouge, elle est beaucoup plus faible.L’armée russe reste une grande armée, mais elle n’est pas un rouleau compresseur capable de tout écraser.L’armée russe doit être dans un sale état, même s’ils se refuseront toujours a en montrer des signes.Chez eux on met la lumière sur les nouvelles choses on joue sur les grands projets avec des chiffres qui font tourner la tête, des exercices qui donnent l’impression de « masse », mais tout cela c’est de l’héritage soviétique.On serait surpris de voir la disponibilité russe, il ne faut pas penser qu’ils peuvent du jour au lendemain envoyer 5000 chars et 1000 avions de chasse, même s’ils ont cela dans de vieux entrepôts.La Russie a connue près de 20 ans sans qu’il y ait une seule commande d’armement, quand ils ont dût utiliser leurs armées en 2008, ils ont vite compris leurs limites, en moyens ou dans l’organisation mais aussi au niveau de la modernité des équipements, chose qui précipita une vaste réforme militaire qui est celle qu’on connait encore aujourd’hui.Ils ont achetés des BPC pour en faire des navires amiraux et ils seraient bien content d’en avoir pour le ravitaillement en Syrie, plutôt que d’utiliser je ne sais combien de petits transporteurs pour y faire des navettes à longueur de temps.Ils avaient beau jouer les grands en disant que ces navires n’avaient aucune utilité, qu’ils peuvent en faire des meilleurs, mais aujourd’hui on se demande ce qu’ils ont commencés par construire réellement en dehors de beaux projets qui ne verront jamais le jour.
          Est ce que la Russie va mieux aujourd’hui? Elle galère déjà a maintenir dans le temps son effort militaire des premiers jours en inventant à chaque relève, qu’il s’agit d’un désengagement des troupes, tous les 6 mois on y a droit!
          L’armée russe, c’est un peu comme l’armée Ukrainienne, en 2013, elle était très importante sur le papier, en 2014, elle a montrée un autre visage.
          Je relativise beaucoup les capacités réelles de l’armée russe.S’ils ont un vrai potentiel défensif, en l’état actuel des choses, ils restent très limités pour l’offensive.
          Toute son organisation militaire est tournée vers la conscription et la défense du territoire.Elle a cherché après la guerre de Géorgie a créer des brigades sur le modèle occidentale, qui sont facilement projetables, flexibles et bien équipés, mais elle n’en avait tout simplement pas les moyens, car la professionnalisation manquait de volontaire, car les finances ne permettent pas de remplacer en nombre leurs équipements, ils ont donc maintenus un modèle inefficace pour se concentrer vers de nouveaux moyens d’agir, celui de la guerre hybride, de l’information (propagande), de la guerre informatique etc., tout en se concentrant sur quelques unités spéciales comme les paras, afin d’en faire une élite.
          Mais l’armée russe aurait bien du mal a faire avancer d’importantes unités militaire en Europe.Largement suffisant pour des pays comme les états Baltes, mais ce ne sera pas du tout une déferlante de plusieurs millions d’hommes qui prendra l’ensemble du continent en 15 jours.On ne sera pas surpris dès lors qu’on regarde lucidement la réalité militaire de ce pays.
          .
          Tout comme les autres menaces, peu importe le volume de force de la Chine ou de la Corée du Nord, nous n’avons pas ambitions d’envahir ces pays, inutile de se comparer à eux comme s’il serait nos voisins ou nos concurrents dans la course a celui qui a la plus grosse.Ceux qui doivent s’adapter a ces menaces, ce sont ceux qui sont concernés, le Japon, la Corée du Sud, les américains.Cessons de penser que les Chinois vont envahir nos îles, la Polynésie ce n’est pas la mer de Chine, Pékin ne revendique rien qui nous appartiens et ce n’est pas un pêcheur Chinois qui doit faire dire a certains qu’on risque une invasion militaire.Avant que les Chinois ne débarquent sur une de nos îles, croyez moi que le monde sera déjà bien engagé contre eux.La Chine est une menace régionale, nous n’avons pas à définir notre besoin militaire en fonction d’elle, le Japon, les coréens, Taiwan, les américains, et d’autres forment déjà un contre poids qu’il faut prendre en considération.
          Car c’est aussi cela, une bonne analyse, celle ou l’on cesse de s’isoler pour se confronter dans un face à face avec tel ou tel.Il y a des alliances, les forces se complètent, la guerre c’est comme ça depuis toujours.Tout comme la légitimité des actes a une grande importance, il y a des pays qui n’ont pas d’armées, pourtant personnes ne cherchent a en prendre le contrôle, ce serait très simple du point de vu du rapport de force.C’est bien d’avoir une grande armée, encore faut-il ne pas devenir un paria aux yeux du monde, car si vous êtes assez fort pour gagner dans un bagarre a un contre un, si la victime obtient l’assistance de copains, vous ne tiendrez pas contre 10 personnes.On peut citer d’innombrables conflit, Yougoslavie, invasion du Koweit etc.Ce qui est certains c’est que ces pays qui se battent seul, bien qu’ils gagnent des bataillent, finissent par tout perdre très rapidement.
          .
          On doit bien savoir ce qu’on veut faire, bien comprendre nos ennemis.Vous voulez 500 chars en plus, mais qu’est ce qu’on fera de plus qu’aujourd’hui? Vous voulez en faire quoi?
          Une chose plus coriace? Nous ne l’affronterons pas seul, tout simplement et ce n’est pas elle qui viendra franchir le Rhin ( armes nucléaires).
          .
          Définissons au préalable la place qu’on veut avoir dans le monde, arrêtons d’imaginer des guerres contre des ennemis invisibles ou improbables juste pour se dire qu’on manque de tout.
          Si l’Ukraine doit se demander comment bloquer une invasion russe massive, ce n’est pas la France qui doit le faire.Notre rôle dans ce cas, n’est pas de s’imaginer à la place de l’Ukraine, mais d’aider l’Ukraine a y faire face, en leur vendant des armes, en les aidants à s’entraîner, c’est comme cela que ça se passe en dehors d’une alliance.

          1. Oui , je vois très bien ce que votre analyse a d’implacable tout-en étant purement rationnelle , cependant , indépendamment du nombre , ne devrions-nous pas « anticiper » davantage et maintenir notre excellence en la matière ?
            Concernant la « déferlante » , je pensais effectivement aux russes mais aussi à une alliance de circonstance entre la Russie et la Chine bien que pour tout vous dire , je considère que le danger majeur actuel comme à venir , soit bien davantage constitué par le monde islamique que par nos anciens adversaires de la Guerre Froide .
            Ce qui me fait conclure , tel un constat angoissant au possible , que nous aurons en face un ennemi se servant d’une tactique et de procédés de guérilla qui doivent nous entraîner dans un affrontement long et terriblement meurtrier dont l’issue finale demeurera longtemps incertaine …
            En tous cas , merci de votre réponse ultra-précise et détaillée .

          2. avant de voir les russes comme nos ennemis vous devriez voir se qu’on a chez nous comme ennemis qui nous envahissent et submerge sans tirer un coup de fusil.
            c’est mathématique et on le prend sans vaseline .c’est nos
            enfants qui vont en pâtir.alors on doit faire son ménage
            chez soi avant de voir un autre pays ,qui a assez de problèmes avec ces terroristes sur tous leur territoire.
            vu leurs fuseaux horaires.

    2. merci pour cette explication.vous faites honneur a ce blog .je me coucherai un peu moins bête ce soir.

    3. @ Maotchao
      Vous écrivez : « Celui qui ne sait pas comment ça fonctionne, se dira qu’avec 50% de chars disponibles, ben en cas de guerre, « on ne pourra pas engager plus que ça », mais ceci est faux. En cas de nécessité il suffit à l’état de débloquer des fonds, pour que l’on arrive a pousser la disponibilité bien au delà. »
      Encore faut-il que l’ennemi nous laisse le temps d’effectuer cette montée en puissance…
      C’est quand même un pari bien risqué.

    4. Bon retour parmi nous Maotchao ! Et merci pour ce commentaire bien plus complet et précis que le mien 🙂

    5. Bien mais ce qui serait intéressant, ce serait de connaître (cela existe t il ?) les valeurs de fiabilité estimées par les fabricants pour ces matériels.

  4. Il faut vraiment qu’on arrête de raisonner uniquement en terme de disponibilité, c’est un mauvais indicateur au sens où il mélange plusieurs signaux qui sont intéressants indépendamment les uns des autres mais pas tous d’un coup : taux de défaillance, taux de défaillances traitées, temps de traitement des défaillances, correspondance du budget au besoin de fonds destinés à l’entretien, efficacité de l’utilisation de ce budget …
    .
    La disponibilité a pour seul sens d’indiquer combien de véhicules peuvent être employés en urgence dans les heures qui viennent … Et c’est tout. Tout le reste ne sont qu’extrapolations mal avisées. Une dispo faible peut vouloir dire une chose et son contraire, vis-à-vis des signaux cités plus haut.
    .
    Note : ce commentaire n’est pas à charge contre L.L qui ne fait que rapporter l’info dont il dispose, il n’est pas à l’origine du choix de l’indicateur.

  5. Ces chiffres bruts ne sont pas très parlant. Il est normal qu’un matériel, quel qu’il soit, ait une période d’indisponibilité due à sa maintenance/modernisation.
    Ce qui serait intéressant de savoir, c’est le % de matériel indisponible faute de pièces, de financement, d’un manque de mains-d’oeuvre, dysfonctionnement administratif etc. Bref, le taux d’indisponibilité inévitable et le taux évitable.

  6. Ce qui serait intéressant pour compléter le débat est le MTBF (durée opérationnelle entre 2 pannes) et le MTTR (durée d’immobilisation pour panne) qui permettent d’avoir la fiabilité opérationnelle et la capacité de réparation, y compris l’approvisionnement des pièces

  7. Tant qu’il y aura l’arme du matériel aux commandes la maintenance aura des problèmes. A cause d’eux les régiments ont été dégraissé de moitié de leurs mécanos là est le vrai problème

  8. Il faudrait peut être ne pas parler de taux de disponibilité en pourcentage.
    On devrait d’une, donner ((temps d’utilisation)/100)×(temps de maintenance): le pourcentage du temps à l’atelier théorique et ensuite seulement le comparer à la disponibilité…
    Le premier indicateur permet d’emettre une critique sur le materiel en lui meme et la comparaison avec la dispo permet d’evaluer la logistique.
    Voilà voilà, si quelqu’un au service communication me lit.. 🙂

  9. C est la cata … en OPEX. Les véhicules ne tiennent pas le coup . Pourquoi attendre. Le. Griffon et le Jaguar ?

    Il’existe déjà chez Renault truck Défense des véhicules très bien …..

  10. Perso , je pense que du fait de la vétusté de parc , même avec l’arrivé de nouveau matériel VBCI et Scorpion qui va se mettre en place , nos véhicules ne sont pas vraiment fait pour un engagement longue, voir très longue durée, dans des pays sablonneux .
    Ces véhicules ont été conçu , principalement , pour des engagements en Europe . Sur des terrains durs , avec des infrastructures routiers convenables , ou , au pire , dans des champs ou forêts . Mais surement pas dans le sable et sous forte chaleur.
    Je pense, et cela reste mon humble avis, que , si la France veut continuer à faire le gendarme , faire le ménage ou défendre des pays , avec qui nous avons des accords de défense , elle doit se constituer un parc spécifique de matériel faire pour l’Afrique ; Blindés légers robuste et simple de mécanique , véhicule de liaison idem etc..
    Ce matériel resterait qu’en Afrique. Créons des régiments qui stationneront en permanence sur place. Un peu du style de nos anciennes et vénérables Armées d’Afrique .

  11. Merci à Maotchao pour toutes ces explications instructives.le soldat sur le terrain face à l ennemi a besoin d avoir le mathos qui fonctionne au mieux et le soutien qui arrive vite…les arcanes techniques et bureaucratiques et les insuffisances industrielles et budgétaires peuvent mettre en danger les combattants au feu. Les hélico qui manquent,..les munitions trop tard…l artillerie absente…on a connu…ne recommençons pas.il faut repenser le devenir de nos forces de a à z avec en tête helas le fait que La guerré moderne est multiple et que le type en face n est pas idiot ni gentil et se fout totalement de nos  » valeurs ».

  12. tout ça pour dire que heureusement nous ne sommes pas engagés dans un conflit de haute intensité !
    on peut aussi s’interroger sur les moyens mis en œuvre pour protéger la nation et son peuple !
    On ne peut pas accueillir toute la misère du monde et financer correctement notre outil de défense : c’est un choix politique !
    mais ça, je sais, c’est un autre débat….. soigneusement occulté !……

    1. on vient de claquer 1 milliard environ pour nettoyer calais et traiter les refugies dixit la cour des comptes…1 milliard ca fait beaucoup de vehicules …on usera tout jusqu a la corde sauf gros accident ou changement politique radical…toute l industrie terrestre militaire francaise est en train de disparaitre bouffer par l allemand KME ,,,krieg gross malheur!

Les commentaires sont fermés.