L’État islamique confirme sa présence dans la bande sahélo-saharienne

sahraoui-20160905Peu après l’opération française Serval au Mali, le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) se rapprocha du groupe « Les Signataires par le sang », dirigé par Mokthar Belmokhtar, un transfuge d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), pour former l’organisation al-Mourabitoune.

Mais la proclamation d’un califat par Abu Bakr al-Baghdadi, le chef de l’État islamique (EI ou Daesh), en juin 2014, provoqua des dissensions au sein d’al-Mourabitoune.

Ainsi, en mai 2015, Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, passé par les rangs du Front Polisario avant de rejoindre ceux du Mujao, dont il fut un porte-parole lors de l’occupation jihadiste du Nord-Mali, annonça le ralliement d’al-Mourabitoune à l’EI. Ce qui fut démenti quelques jours plus tard par Mokhtar Belmokhtar, qui réaffirma son allégeance à Ayman al-Zawahiri, le successeur de Ben Laden à la tête d’al-Qaïda.

Du coup, al-Mourabitoune se scinda en deux : les fidèles de Belmokhtar se rapprochèrent d’AQMI et furent à l’origine de plusieurs attaques sanglantes à Bamako, à Ouagadougou et à Grand Bassam (Côte d’Ivoire) tandis qu’al-Sahraoui fonda « l’État islamique dans le grand Sahara. »

Seulement, l’EI ne donna pas de suite à l’allégeance d’al-Sahraoui… contrairement à d’autres organisations jihadistes, comme par exemple Boko Haram. Sans a-t-on considéré à Raqqa que « l’État islamique dans le grand Sahara » n’avait pas une grande importante opérationnelle et médiatique étant donné qu’il s’était montré plutôt discret depuis mai 2015.

Depuis, la situation a changé. L’EI est en difficulté dans le nord de l’Irak et en Syrie (ainsi qu’en Libye et même au Nigéria) et le groupe d’al-Sahraoui a revendiqué une attaque – sa première – contre un poste douanier au Burkina Faso, à la frontière avec le Niger (2 tués).

Aussi, Amaq, l’agence de propagande de Daesh, a fini par confirmer, le 30 octobre, l’allégeance faite 18 mois plus tôt par al-Sahraoui. Ce qui veut dire que son groupe, appelé désormais « brigade al-Mourabitoune », est une composante à part entière de l’EI, lequel affirme ainsi sa présence dans la bande sahélo-saharienne.

Reste à voir ce que cette reconnaissance par l’EI aura comme conséquence(s) d’un point de vue opérationnel. Favorisera-t-elle les coopérations entre les différents groupes jihadistes ayant reçu le « label » de Daesh? Quelle sera la réaction d’AQMI et de ses alliés?

Justement, à en croire le président du Haut Conseil islamique (HCI) malien, Mahmoud Dicko, l’un d’entre-eux, Iyad ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine, très actif dans la région de Kidal, aurait accepté un cessez-le-feu et déclaré « l’arrêt des attaques sur toute l’étendue du territoire. » Et cela, dans une lettre dont le contenu a été confirmé auprès de Libération et de Malijet.

Toutefois, il convient de rester prudent. Le 30 octobre, vers 17H30, le camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a une nouvelle fois été la cible de roquettes. Par le passé, les attaques de ce type ont toujours été revendiquées par… Ansar Dine.

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