Pour la coalition anti-EI, la campagne de raids aériens donne des résultats

À l’issue d’une réunion ministérielle, organisée à Bruxelles, ce 3 décembre, les pays membres de la coalition formée sous l’égide des États-Unis pour contrer l’État islamique (EI ou Daesh) en Syrie et en Irak, ont assuré que la campagne de frappes aériennes contre les positions jihadistes donne ses premiers résultats.

« L’avancée de l’EI à travers la Syrie et en Irak est en train d’être stoppée. Les forces irakiennes et les forces du gouvernement régional du Kurdistan, avec le soutien des frappes aériennes de la coalition, regagnent du terrain en Irak », a ainsi affirmé la coalition, dans un communiqué.

Les membres de la coalition, qui réunit des pays occidentaux et arabes, ont réaffirmé leur engagement à travailler ensemble et insisté sur 5 axes de leur stratégie commune : accroître l’effort militaire, arrêter le flux de recrues jihadistes, couper l’accès aux financements, aborder les problèmes humanitaires et délégitimer l’EI.

Sur le terrain, il semble en effet que les jihadistes n’ont plus la dynamique qu’était la leur en juin dernier dans la mesure où ils ont été contraints de céder du terrain qu’ils avaient conquis, notamment en Irak, comme par exemple dans la région de Jurf al-Sakhr. Et ils n’ont pas réussi à garder le contrôle du barrage de Mossoul .

L’EI doit faire face aux Peshmergas (combattants kurdes irakiens) au nord et aux forces irakiennes au sud. Enfin, outre les frappes de la coalition, il est désormais acquis que l’aviation iranienne mène aussi des raids dans les régions frontalières. « Il est évident que si l’Iran s’attaque à l’EI dans un endroit particulier, et que si cette action est limitée à l’EI, et qu’elle a un impact, cela a un effet qui, au final, est positif, a d’ailleurs estimé John Kerry, le chef de la diplomatie américaine.

En Syrie, les offensives lancées par Daesh contre la ville kurde de Kobané, médiatiquement et même stratégiquement importante pour lui, ont jusqu’à présent échoué. Et au prix de pertes relativement importantes.

« De bien des points de vue, l’EI s’est lui-même empalé sur Kobané », a récemment comménté le coordinateur américain de la coalition, l’ex-général américain John Allen.

Toutefois, le président syrien, Bachar el-Assad, est d’un autre avis. Et il s’en est expliqué dans les colonnes de Paris Match. « Ces interventions aériennes nous auraient certainement aidés si elles étaient sérieuses et efficaces. C’est nous qui menons les combats terrestres contre Daesh, et nous n’avons constaté aucun changement, surtout que la Turquie apporte toujours un soutien direct dans ces régions », a-t-il affirmé.

« On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels après deux mois des campagnes menées par la coalition », a encore fait valoir le président syrien.

Avec ces propos, Bachar el-Assad tente de convaincre l’opinion qu’il est un rempart contre les terroristes et, qu’à ce titre, la coalition internationale devrait collaborer avec son régime. Or, il n’en est pas question pour cette dernière étant donné qu’il est accusé d’avoir favorisé les jihadistes au dépens de ses opposants afin de lui permettre de regagner du terrain face à la rébellion modérée. Jusqu’à présent, cette tactique a fonctionné : l’opposition laïque, prise entre deux feux, a subi revers sur revers, que ce soit face à l’EI ou devant le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda.

Cela étant, si l’avancée de l’EI est stoppée, le plus difficile reste à venir. C’est à dire quand ses combattants se seront repliés dans leurs bastions comme Falloujah (et plus généralement la province d’al-Anbar) ou Mossoul. Ces zones urbaines – majoritairement sunnites – seront plus difficiles à atteindre sans provoquer de dommages collatéraux (qui seront immédiatement exploités médiatiquement).

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