L’Australie et le Japon vont renforcer leurs relations militaires

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À l’issue d’une rencontre au format dit « 2+2 », c’est à dire réunissant leurs ministres respectifs des Affaires étrangères et de la Défense, les deux proches alliés des Etats-Unis que sont l’Australie et le japon, ont convenu de renforcer leur liens militaires, notamment en matière d’équipements.

« Nous sommes arrivés à la conclusion de négociations en vue d’un accord de coopération dans le domaine de l’équipement et la technologie de défense », a ainsi déclaré Itsunori Onodera, le ministre japonais de la Défense, le 11 juin. Cependant, a-t-il ajouté, il reste encore « à finaliser les détails ».

Son homologue australien, David Johnston, a quant à lui expliqué que l’Australie et le Japon sont des « partenaires naturels » qui font évoluer « leur forte relation en une relation spéciale ».

Au cours de cette rencontre 2+2, la question du renouvellement des sous-marins de la Royal Australian Navy (RAN) a été abordée. En mai 2013, à l’occasion de la publication de Livre blanc sur la défense, Canberra avait réaffirmé ses ambitions dans ce domaine.

« En raison de la valeur stratégique et de l’importance des capacités sous-marines, le gouvernement demeure engagé à remplacer la flotte de 6 sous-marins de la classe Collins existante par une flotte élargie de 12 sous-marins conventionnels qui répondront aux besoins stratégiques futurs de l’Australie. Ces sous-marins seront assemblés en Australie du Sud », avait indiqué le document.

Les discussions entre les responsables australiens et japonais ont porté sur un éventuel transfert de technologie japonaise en matière de sous-marin. Ce qu’a confirmé David Johnston, en précisant toutefois que Canberra regarde également vers d’autres partenaires.

Le Japon a un réel savoir-faire en matière de sous-marins à propulsion classique. Les plus récents modèles appartiennent à la classe Sōryū. Le premier exemplaire a été mis en service en 2007. Au total, la marine japonaise en attend 9 unités. Ces submersibles sont construits par Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Shipbuilding Corporation, avec le concours du suédois Kockums (alors filiale de l’allemand TKMS) pour la propulsion.

La vente de ce type de sous-marin à l’Australie sera rendue d’autant plus facile que Tokyo, sous l’impulsion du Premier ministre Shinzo Abe, a décidé d’assouplir les règles strictes jusque-là appliqués aux industriels nippons de l’armement en matière d’exportation.

Par ailleurs, l’accord entre les deux pays prévoit également de renforcer l’interopérabilité de leurs forces respectives, notamment par l’organisation de manoeuvres militaires conjointes. En revanche, rien n’a été dit sur une éventuelle coopération au sujet de l’avion F-35, un appareil commandé aussi bien par Canberra que par Tokyo.

Ce renforcement des liens militaires s’explique notamment par l’inquiétude du Japon et de l’Australie causée par la montée en puissance rapide des capacités militaires chinoises, alliée aux revendications territoriales de Pékin en mer de Chine.

À ce sujet, les ministres australiens et japonais ont dénoncé « l’usage de la force ou la coercition pour changer unilatéralement le statu quo en mer de Chine orientale et méridionale ». Ce qui est une allusion aux récents incidents ayant eu lieu dans cette région et dans lesquels la Chine a été à chaque fois impliquée.

Photo : Le sous-marin japonais JS Hakuryu (SS-503, classe Sōryū ), en visite à Pearl Harbour, en février 2013

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