Nouveau changement de cap pour l’Hôtel de la Marine

Que va devenir l’Hôtel de la Marine, ce bâtiment de prestige réalisé au XVIIIème siècle par l’architecte Jacques-Ange Gabriel qui, situé sur la place de la Concorde, à Paris, abrite actuellement l’état-major de la Marine nationale, lequel rejoindra les autres services du ministère de la Défense le « Pentagone à la française », à Balard?

L’on croyait avoir une réponse définitive suite au rapport établi en septembre 2011 par la commission dirigée par l’ex-président Valéry Giscard d’Estaing, mise en place après une vive polémique suscitée par le projet de louer ce bâtiment dans le cadre d’un bail emphytéotique de soixante à quatre-vingts ans à consortium privé.

A l’époque, le Groupe Allard, soutenu par l’ancien ministre de la culture Renaud Donnedieu-de-Vabres, paraissait en bonne position pour imposer son projet lequel, appelé « La Royale », visait à faire de l’Hôtel de la Marine une place dédiée aux métiers et au marché de l’art, avec une partie hôtelière de grand luxe et des boutiques. Ce que certains intellectuels, dans une tribune publiée par Le Monde, dénoncèrent en parlant de « barnum commercial ».

La commission présidée par M. Giscard d’Estaing, lequel était hostile à toute cession ou location du bâtiment, avait donc proposé de confier une partie de l’Hôtel de la Marine au Musée du Louvre, aidé par une « société publique de capitaux », afin d’en faire « une galerie du trésor français », ayant pour ambition de présenter des collections illustrant « la civilisation et le goût français ». Le tout pour un coût de 80 millions d’euros. Il était aussi question de confier des bureaux aux magistrats de la Cour des comptes, à l’étroit à la rue Cambon, voire d’en louer.

Depuis, l’on en était donc resté là. Le 14 juillet 2012, le président Hollande n’avait pas remis au cause l’orientation définie par la commission Giscard pour l’Hôtel de la Marine, d’où, d’ailleurs, il donna un entretien à l’occasion de la Fête nationale.

Seulement, comme l’argent manque dans les caisses et que le nouveau directeur du Musée du Louvre ne semble pas très chaud à l’idée de reprendre une partie de l’Hôtel de la Marine. En outre, il affiche d’autres priorités, comme les travaux sous la Grande Pyramide… Il fallait donc trouver une autre solution.

Visiblement, celle qui tient la corde impliquerait le Centre des monuments nationaux (CMN), qui gère déjà près de 100 édifices, dont l’Arc de Triomphe. En clair, cet organisme a les compétences nécessaires (billetterie, sécurité, etc…) pour organiser des circuits de visite de l’Hôtel de la Marine, qui n’a été jusqu’à présent que très peu ouvert au public (hormis pendant les journées du patrimoine).

Quant aux bureaux qui ne présentent qu’un faible patrimonial, rien ne changera. Il est toujours prévu d’en confier une partie à la Cour des comptes et d’en louer une autre  selon des modalités qui restent à définir. A priori, la Caisse des dépôts aurait à s’en charger. Des décisions devraient être prochainement annoncées par le gouvernement.

La location de l’Hôtel de la Marine à un groupe privé aurait permis de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. Cela n’a pas pu se faire… pas plus que ne sera mise en oeuvre la solution prônée par la commission Giscard d’Estaing… essentiellement pour des raisons budgétaires. Finalement, ce sera un gestion a minima de l’édifice qui sera retenue… A moins que d’ici-là il y ait un nouveau changement.

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