Le Congrès saisi d’une demande française pour l’achat de 16 drones MQ-9 Reaper

Pour une surprise, c’en est une. Le dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) a recommandé de doter l’armée de l’Air de 12 drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance). Ce nombre a été ensuite confirmé, et cela à de multiples reprises, par Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense.

Or, selon un communiqué diffusé sur le site Internet de l’Agence de coopération de sécurité et de défense du Pentagone (DSCA), laquelle transmet au Congrès pour autorisation les demandes de ventes d’équipements militaires à l’étranger, la commande française ne concerne non pas 12 mais 16 exemplaires du drone MQ-9 Reaper conçu par General Atomics. A cela, il s’ajoute notamment 8 stations de contrôle ou encore 48 moteurs Honeywell. Le montant de la facture serait ainsi de l’ordre de 1,1 milliard d’euros.

Dans sa note, la DSCA invite le Congrès à autoriser cette vente en précisant que la « France est l’une des puissances politiques et économiques majeures en Europe et dans l’OTAN et un allié des Etats-Unis » et qu’il est « vital pour l’intérêt national américain de l’aider à développer et à maintenir une capacité de défense forte et réactive. » Et d’ajouter : « Cette vente permettra aux forces françaises de renforcer leurs capacités en matière de renseignement et de surveillance pour les opérations menées en coalition » et « d’accroître leur interopérabilité avec leurs homologues américaines. »

Reste que le niveau de la commande ne correspond pas aux recommandations du LBDSN. Selon le quotidien Les Echos, le ministère de la Défense assure qu’il n’y a pas eu de changement dans les plans initiaux. « Avec le ‘FMS’ (Foreign Military Sales), le Pentagone notifie un nombre maximal d’exemplaires de l’équipement en question, et donc la fourchette haute de prix qui en découle. Sans que cela soit définitif », a-t-on expliqué, à l’Hôtel de Brienne, au journal économique. « On a pas le choix, c’est comme cela, et ça n’engage en rien », a-t-on insisté.

Donc, comme prévu, deux drones MQ-9 Reaper devraient être livrés à l’armée de l’Air d’ici la fin de l’année pour les opérations au Sahel. Les 10 autres suivront par la suite. A moins qu’il ne soit pas possible de trouver un accord pour « franciser » ces appareils et leur permettre de voler dans l’espace aérien européen.

Auquel cas, la solution consistant à acquérir le Heron TP israélien constituerait la seule alternative. Des négocations parallèles pour une éventuelle commande sont actuellement en cours. Si jamais cette option devait être retenue, alors la France aura perdu 2 ans dans cette affaire. En effet, le drone israélien, « francisé » par Dassault Aviation, avait été retenu en juillet 2011 par le précédent ministre de la Défense.

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