Afghanistan : Le général Petraeus donne ses directives

29 juillet 2010 – 19:35

Le prochain patron du commandement américain pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale (US CENTCOM), le général James Mattis, alias « Mad Dog », a évoqué, lors d’une audition devant le Sénat, l’éventuel début de retrait militaire d’Afghanistan à partir de juillet 2011, conformément au voeu exprimé par le président Obama.

Selon lui, une telle décision pourra être prise quand seront réunies « les conditions permettant une passation de pouvoirs responsables ». Par conséquent, « c’est une date à laquelle un processus débute, ce n’est pas le passage d’une patate chaude » a-t-il ajouté.

Seulement, encore faudrait-il que les autorités afghanes puissent être en mesure d’affirmer leur autorité et d’être soutenue par la population civile. Ce qui est encore loin d’être le cas, étant donné que, comme l’a souligné le général Mattis, les forces de l’Otan sont « desservies en terme de crédibilité » par de « mauvaises personnes aux commandes ».

Le nouveau commandant des forces de l’Otan en Afghanistan, le général David Petraeus, a, semble-t-il, décidé de s’attaquer à ce problème. L’officier vient de diffuser un document de trois pages afin d’exposer ses nouvelles directives en matière de contre-insurrection (COIN). « Affrontez la culture de l’impunité : les taliban ne sont pas les seuls ennemis de la population. Elle est également menacée par une mauvaise gouvernance, la corruption et les abus de pouvoirs, qui sont les meilleurs recruteurs des taliban » a-t-il écrit.

Et de prendre le président afghan, Hamid Karzaï, dont la réputation de son entourage et pour le moins sulfureuse. « Identifiez et affronter les responsables corrompus. Le président (ndlr, Karzaï) a dit : ‘mon gouvernement est déterminé à combattre la corruption par tous les moyens possibles’. Aidez le gouvernement à atteindre ce but » a ajouté le général Petraeus.

Pour le reste, le commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) livre d’autres principes qui rappellent ceux énoncés par son prédécesseur, le général Stanley McChrystal. « Le peuple afghan est au coeur de notre mission. En réalité, il est notre mission. Nous devons le protéger de la violence, de quelque nature que ce soit » avait écrit ce dernier, en juin 2009, au moment de sa prise de fonction.

Et le général Petraeus ne dit pas autre chose. Il faut « assurer la sécurité de la population et être à son service. Ce n’est qu’en assurant sa sécurité et en gagnant sa confiance (…) que le gouvernement afghan et l’ISAF peuvent réussir » écrit-il. « Vivez avec les gens : placez les bases et les postes de combat aussi près que possible de ceux que nous cherchons à protéger. C’est faisable » recommande-t-il également.

Enfin, le général Petraeus appelle à « combattre durement et de manière disciplinée » afin d’éviter les dommages collatéraux. « Si nous tuons des civils ou endommageons leurs propriétés dans le cadre de nos opérations, nous allons nous créer plus d’ennemis que nos opérations n’en élimineront » estime-t-il.

Le fait est, quand les forces de l’Otan commettent une erreur d’appréciation (ou une « bavure »), cela sert la propagande des taliban, donne du grain à moudre à une certaine presse, par ailleurs beaucoup moins prompte à dénoncer les crimes et les exactions des insurgés et a un impact sur le nombre d’attaques contre les troupes de la coalition.

En effet, une récente étude réalisée par le National Bureau of Economic Research, un centre de réflexion américain, a démontré que les règles d’engagement beaucoup plus strictes énoncées par le général McChrystal pour éviter les pertes civils ont eu pour conséquence une diminution des attaques commises par les taliban contre l’ISAF.

« Les victimes civiles ont un impact sur la violence future à travers un enrôlement plus élevé au sein des groupes d’insurgés » note ainsi le document, établi à partir de données concernant les engagements militaires et les attentats recueillies pendant 15 mois. « En Afghanistan, lorsque les troupes de l’ISAF tuent des civils, cela augmente le nombre de candidats au combat, ce qui entraîne une hausse des attaques des insurgés » peut-on aussi lire.

Vidéo : Pour illustrer la difficulté des forces de la coalition, ces images sont celles d’une mission d’un F15 américain. Le pilote reçoit une demande d’appui aérien de la part de troupes françaises accrochées sur le terrain. Le contrôleur au sol demande le largage d’une bombe GBU pour réduire la menace d’un groupe insurgé armé d’un RPG. Seulement, il y a un risque élevé de dommages collatéraux, les insurgés étant à proximité d’une école. Via le blog du magazine DSI

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Le Régiment de Marche du Tchad prend ses quartiers à Colmar

29 juillet 2010 – 16:55

Le 30 juin dernier, la base aérienne 132 « Commandant Pépin de Colmar-Meyenheim a définitivement fermé ses portes, après 59 ans d’existence. L’année précédente, ses avions avaient quitté le ciel alsacien.

Pour autant, le site n’a pas perdu toute vocation militaire puisqu’il accueille, officiellement depuis le 28 juillet, le Régiment de Marche du Tchad (RMT), en provenance de Noyon. Et l’on peut même parler de retrouvailles puisqu’il a participé aux combats dits de la « réduction de la poche de Colmar » en février 1945.

Seul régiment constitué à rejoindre intégralement les forces françaises libres, le RMT, qui s’appelait, avant 1943, le Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), s’est notamment illustré au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, il a participé à l’expédition de Koufra, sous les ordres de celui qui deviendra plus tard le général Leclerc, lequel lance, le 2 mars 1941, depuis cet oasis libyen, son célèbre serment : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».

Dès lors, le RMT prend part à la conquête victorieuse du Fezzan, en 1943, puis, intégré au sein de la 2e Division Blindée (DB) du général Leclerc, il débarque le 1er août 1944 en Normandie. Et c’est ce régiment qui entre, en premier, dans Paris, le 25 du même mois, avec sa 9e compagnie, commandée par le capitaine Dronne. La jeep de ce dernier portait l’inscription « Mort aux cons », que le général Leclerc lui avait pourtant ordonné d’effacer, mais devant laquelle le général de Gaulle dira : « vaste programme! ».

Plus tard, le RMT contribue à la libération de l’Alsace et honore le serment qui avait été prononcé près de quatre années plus tôt dans le désert libyen avec la reprise de Strasbourg (novembre 1944). Et une de ses sections atteindra le Berghof, c’est à dire le nid d’aigle d’Hitler, à Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises. Pour ses actions accomplies, le Régiment de Marche du Tchad est fait compagnon de la Libération le 12 juin 1945, tout comme le régiment de chasse Normandie-Niémen et le groupe de chasse Alsace, les deux dernières unités de l’armée de l’Air stationnées à Colmar…

Aussi, les cérémonies qui ont officialisé l’arrivée du RMT à Colmar ont été marquées par les hommages historiques. En effet, une statue qui représente des combattants africains a été installée à l’entrée du nouveau quartier du régiment. L’oeuvre, réalisée par le scupteur américain Stan Watts, a été offerte par l’adjudant-chef Nevot, le dernier survivant du serment de Koufra. Son ancien régiment lui a rendu hommage en baptisant de son nom une salle du quartier.

Enfin, l’ancienne base « Commandant Pépin » de l’armée de l’Air porte désormais le nom du général Louis Dio. Cet officier avait été le premier chef de corps du régiment, sous sa dénomination actuelle, prise en 1943.

Clin d’oeil de l’histoire : le général Louis Dio et le commandant René Pépin ont appartenu à promotion « sous-lieutenant Pol Lapeyre » de 1926.

Photo : Le général DIO

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Les escadrons de gendarmerie mobile d’Arras et de Narbonne sur la sellette

29 juillet 2010 – 14:13

La perspective n’enchante guère le député-maire de Narbonne, Jacques Bascou. En effet, la caserne Montmorency, située dans sa ville et où sont logés les 120 militaires de l’escadron de gendarmerie mobile 13/6, devrait fermer d’ici à 2011.

Cependant, madame le sous-préfet de Narbonne, Marie-Paule Bardèche, a relativisé les conséquences de cette dissolution annoncée sur la vie locale. « Ce projet s’inscrit dans la réorganisation nationale des forces mobiles. Mais il n’obère pas la sécurité dans l’Aude puisque les mobiles n’interviennent pas dans le département, mais essentiellement en région parisienne et en outre-Mer » a-t-elle expliqué au Midi Libre.

Reste que sur le plan de l’économie locale, les élus locaux et les commerçants s’inquiètent du départ des 120 gendarmes et de leurs familles. Mais toujours d’après Marie-Paul Bardèche, « Ã  l’échelle de l’agglomération », c’est un « volume relativement faible ».

Le même scénario se joue à Arras. La ville, qui a perdu, l’an passé, le 601e Régiment de Circulation Routière (RCR), pourrait voir aussi partir son escadron de gendarmes mobiles en 2011. Pour l’instant, l’information n’est pas encore confirmée, étant donné que les derniers arbitrages seront connus à la fin du mois d’août. En fait, la nouvelle a été communiquée lors d’une visite du général Deanaz, le patron de la gendarmerie pour la région Nord-Pas-Calais, aux militaires de l’escadron 12/9. Et en théorie, elle ne devait pas s’ébruiter…

« Cette dissolution, on ne la souhaite pas et on mettra tout en oeuvre pour l’éviter » a déclaré Jean-Marie Vanlerenberghe, le maire d’Arras, au quotidien La voix du Nord. « La décision, je ne la connais pas, je n’ai aucune information officielle. Je sais évidemment que le gouvernement cherche à faire des économies, mais la ville d’Arras a déjà payé assez cher avec le départ du 601e RCR, même si nous sommes ici avec un nombre de militaires qui est moindre. Je souhaite évidemment que cette dissolution ne se fasse pas à Arras, d’autres villes pourraient être touchées à notre place » a-t-il ajouté.

Au total, sur les 123 escadrons que compte la gendarmerie mobile, 15 sont appelés à prochainement disparaître dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

« Cette décision ne réduit pas la capacité de la gendarmerie. Car sur les 15 escadrons ciblés, 7 étaient auparavant affectés à la garde des centres de rétention administrative mais n’ont plus cette mission à assurer, et les 8 autres escadrons sont en renfort des brigades territoriales » confiait, le général Gilles, alors directeur général de la gendarmerie nationale, dans le cadre des auditions au Sénat pour le projet de loi de finances 2010. Outre Arras et Narbonne, Bayonne, Besançon, Cherbourg, Dijon, Dinan, Melun, Saint-Malo, Strasbourg et Toulouse sont les autres villes concernées par cette vague de dissolution.

Par ailleurs, les escadrons de gendarmerie mobile ne sont pas les seuls concernés par ces réorganisations. Ainsi, selon Ouest France, les pelotons autoroutiers et les brigades motorisés vont fusionner en Vendée. Le nouvel ensemble passera de 102 à 95 militaires.

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Patrice Bergamini nommé à la tête de l’agence de renseignement de l’UE

29 juillet 2010 – 10:21

Conformément aux dispositions du Traité de Lisbonne, le Service européen d’action extérieure a été officiellement lancé le 26 juillet dernier. Cette nouvelle entité est dirigée par Catherine Ashton, la haute représentante de l’Union européenne aux Affaires étrangères.

Jusque-là placé sous l’autorité du secrétaire général du Conseil et haut représentant pour la Politique européenne de sécurité commune (PESC), le Centre de situation conjoint de l’Union européenne (SitCen) fait désormais partie de ce nouveau Service européen d’action extérieure et sera placé sous l’autorité de Patrice Bergamini, un diplomate français de 40 ans, spécialiste des questions de défense et de sécurité, qui remplacera ainsi le britannique William Shapcott, en place depuis la création de cet organisme dédié au renseignement, en 2001.

Près d’une centaine de personnes travaillent au SitCen. Pour la plupart, elles sont détachés de services de renseignement nationaux d’une vingtaine d’Etats membres de l’UE. Selon l’ONG Open Europe, dont l’action vise à obtenir plus de transparence sur les institutions européennes, ce service serait le début d’une « CIA européenne ».

Bien que très discret, le SitCen n’a pas vocation à concurrencer un jour la centrale de renseignement américaine. Sa mission n’est pas d’aller chercher des informations mais de réaliser des analyses et des synthèses à partir de données que consentent à lui transmettre les agences de renseignement des Etats membres ou recueillies en sources ouvertes (Internet, presse).

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WikiLeaks : La quantité ne fait pas la qualité

28 juillet 2010 – 16:49

Certes, le Pentagone a ouvert une enquête criminelle pour retrouver l’origine de la fuite qui a permis au site WikiLeaks de publier, le 26 juillet, plus de 90.000 documents concernant les opérations militaires en Afghanistan. D’ailleurs, il est probable que le regard des enquêteurs se portent sur Bradley Manning, le soldat américain qui avait déjà livré au site en question une vidéo confidentielle en relation avec la mort d’employés de l’agence Reuters en Irak, en juillet 2007.

En fait, Bradley Manning aurait transmis – via des CD portant la mention « Lady Gaga » – de nombreux documents à WikiLeaks, parmi les 260.000 qu’il affirme avoir téléchargés. Sa piste a été remontée assez rapidement par la Division enquête criminelle de l’US Army à cause, justement, de son manque de discrétion. Le soldat, sous le pseudo Bradass87 (qui reprend une partie de son prénom, Brad, et son année de naissance) est en effet entré en contact avec un pirate informatique californien, lequel a fini par le dénoncer. Reste à savoir si ce jeune analyste de l’US Centcom, le commandement américain pour l’Asie centrale et le Moyen Orient, a agi seul. Au vu de la somme des documents volés, il est permis d’en douter.

Certes, la diffusion de certaines informations contenues dans les documents mis en ligne par WikiLeaks peut poser divers problèmes, à commencer par la possible divulgation de noms de personne ayant collaboré avec les Etats-Unis en leur donnant des renseignements sur l’insurrection et al-Qaïda. C’est donc tout un réseau d’informateurs mis en place en Afghanistan et au Pakistan qui peut se retrouver menacé. Selon WikiLeaks, qui se veut responsable, 15.000 rapports ayant un lien avec des individus ayant collaboré avec les militaires américains n’ont pas été publiés. Selon le Pentagone, il faudra des semaines pour étudier tous les documents mis en ligne afin d’en évaluer « les dégâts potentiels ».

Pour le reste, la fuite organisée par WikiLeaks, aussi volumineuse soit-elle, n’a toutefois pas la même importance que celle des « Pentagon Papers », révélés en 1972 et portant sur l’origine de la guerre du Vietnam. Dans le fond, c’est le général James Mathis, le futur remplaçant du général Petraeus à la tête de l’US Centcom, qui a l’estimation sans doute la plus juste concernant la portée de cette affaire.

« Ceci dit, (…) je pense qu’il est terriblement irresponsable de publier ces informations. Mais (ces documents) ne m’ont rien appris que nous ne savions déjà » a déclaré l’officier américain devant des sénateurs du Congrès. « Un des titres de journaux que j’ai vu disait que la guerre est tendue et difficile. Bon, si c’est ça l’information, je ne sais pas qui sur cette Terre aura appris quelque chose de neuf » a-t-il insisté.

Aussi, est-il exagéré de voir dans l’initiative de WikiLeaks « la guerre d’Afghanistan telle que les médias ne la racontent pas », pour reprendre le titre d’un papier publié par l’hebdomadaire Marianne. Car, les documents révélés n’apprennent rien de fondamentalement nouveau mais apportent toutefois des précisions sur certains aspects ou donnent encore des tendances.

Par exemple, le jeu ambigu du Pakistan, avec le soutien apporté par ses services secrets aux réseaux insurgés n’est pas le scoop du siècle. Même chose pour l’implication iranienne en Afghanistan. La Task Force 373? Eh bien l’on sait désormais que c’est l’unité qui regroupe la Force Delta de la CIA et des Navy Seals, spécialisés dans les actions clandestines.

Autre exemple, qui concerne les troupes françaises cette fois. En consultant la base de données de WikiLeaks, l’on s’aperçoit que des militaires français ont perdu des équipements au cours d’un accrochage avec les insurgés, le 18 octobre 2008. A la lecture du rapport, l’on apprend qu’il s’agit de deux missiles et qu’il a été demandé à un pilote d’A10 Thunderbolt, venu en appui aérien, de les détruire en largant une bombe GBU, ce qu’il ne fera finalement pas, de crainte de causer des dommages collatéraux. Or, cette information n’a jamais été cachée en France puisque Zone Militaire l’a relatée à l’époque.

Quant aux tendances révélées par WikiLeaks, on note bien évidemment la prédominance des attaques par des engins explosifs improvisés et surtout la concentration des incidents. Et quand l’on entend dire que l’insurrection est généralisée en Afghanistan, l’on peut tout de même noter que deux régions sont principalement concernées : le sud (Helmand, Kandahar) et l’est du pays, avec respectivement 30.234 et 38.003 incidents recensés en 5 ans. A comparer avec les 2.143 rapports établis pour le nord afghan et les 2.934 autres qui concernent l’ouest.

Enfin, ce qui constitue l’attrait de ces documents est qu’ils ne sont pas destinés à être consultés par le commun des mortels. Ce sont pratiquement tous des fichiers SIGACT (Significant Activity Report), qui recencent tous les événements notables au cours d’une journée. Ils sont disponibles pour les militaires engagés sur le théâtre d’opérations mais aussi pour les employés de sociétés militaires privées en contrat avec le Pentagone via un réseau Intranet sécurisé, le Secret Internet Protocol Router Network (SIPRNet).

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Essai réussi pour la défense antimissile indienne

28 juillet 2010 – 14:50

Alors que l’Otan s’interroge pour savoir si la défense antimissile doit faire partie de ses missions, l’Inde poursuit ses efforts dans ce domaine. Il faut dire que la menace d’un engin balistique muni d’une tête nucléaire lancé depuis le Pakistan – l’ennemi de toujours – ou la Chine a contraint New Delhi à se lancer dans un tel programme.

Ainsi, le 26 juillet dernier, l’Inde a procédé avec succès à l’essai d’un missile intercepteur AAD (Advanced Air Defence) depuis l’Etat d’Orissa, dans le nord-est du pays.

« Le missile intercepteur a été tiré à partir de l’île de Wheeler et a frappé le missile balistique Prithvi volant à une altitude de 15 km. La cible s’est désintégrée » a fait savoir le ministre indien de la Défense, par voie de communiqué.

Le programme de défense antimissile indien, mené par la Defense Research & Development Organisation (DRDO), est basé principalement sur deux types de missiles intercepteurs.

Le premier est le Prithvi Air Defence (PAD), encore appelé Pradyumna Ballistic Missile Interceptor. Cet engin, dont le premier essai a été effectué en novembre 2006, est censé détruire une cible évoluant à une altitude maximale de 80 km. Le système fonctionne grâce au Swordfish Long Range Tracking Radar (LRTR), qui est un dérivé du radar israélien « Green Pine » utilisé pour le missile intercepteur Arrow-2 (ou Hetz).

Le second niveau de la défense antimissile indienne repose donc sur l’AAD. Cet engin, d’une longueur de 7,5 mètres pour 1,2 tonne, est conçu pour intercepter des vecteurs évoluant à une altitude inférieure à 30 km. En mars dernier, l’essai d’un AAD s’était soldé par un échec. Le missile intercepteur, qui avait manqué sa cible, s’était abîmé en mer.

Enfin, la DRDO travaille sur un troisième type de missile intercepteur, le PDV, qui devrait être similaire à ceux utilisés par le système américain THAAD (Teminal High Altitude Area Defense). La mise en service du PDV, qui doit, à terme, remplacer le PAD, est attendue pour 2013.

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WikiLeaks : L’armée française donne des précisions

28 juillet 2010 – 9:44

Pour le ministre de la Défense, Hervé Morin, les comptes-rendus concernant les opérations en Afghanistan publiées par le site WikiLeaks le 25 juillet, et plus précisément ceux où sont évoquées les actions de l’armée française, n’ont rien d’inédit.

« J’ai vu simplement les documents qui concernent les soldats français où il n’y a rien de nouveau » a ainsi commenté le ministre, lors d’une intervention au journal télévisé de France2, le 27 juillet. « Nous agissons en totale transparence et les faits qui sont dévoilés dans WikiLeaks avaient été largement commentés par la presse » a-t-il encore ajouté.

Cependant, l’Etat-major des armées (EMA) a apporté des précisions au sujet de l’incident du 2 octobre, à Tangi Kala, près de Kaboul et au cours duquel, selon un compte-rendu de situation diffusé par WikiLeaks, 8 enfants afghans auraient été blessés après des tirs français en direction de leur minibus qui s’approchait alors trop près d’un convoi militaire.

Parmi les menaces auxquelles les forces de l’Otan doivent faire face, l’on trouve en effet celle consistant à piéger des véhicules (Vehicule-Borne Improvised Explosive Devices, VBIED). Et l’une des erreurs à ne pas commettre serait de se fier aux apparences…

Ainsi, d’après l’EMA, le conducteur du minibus a ignoré les avertissements des militaires et a inséré son véhicule entre deux blindés français. C’est donc la raison pour laquelle, selon les procédures classiques, deux tirs de sommation au sol ont été effectués pour le contraindre à obtempérer. Seulement, des éclats ont blessé légèrement quatre personnes, dont un enfant. Ces dernières ont été emmenées à un poste médical français pour y recevoir des soins et ont pu ensuite rejoindre leur domicile le surlendemain.

Plus : Un tableau Excel qui recense les documents publiés par WikiLeaks et qui concernent l’armée française en Afghanistan

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La France va « renforcer le combat » contre al-Qaïda au Maghreb islamique

27 juillet 2010 – 17:03

Deux jours après l’annonce de la mort de Michel Germaneau, l’otage français détenu par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le Premier ministre, François Fillon, a indiqué, ce 27 juillet, sur les ondes d’Europe1, que la menace terroriste en France a atteint « un niveau très élevé, (…) au niveau maximum de vigipirate ».

Depuis des années, AQMI, l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, menace de s’en prendre aux intérêts français. L’an passé, prenant prétexte du débat sur le port de la burqa en France, le chef de cette organisation, Abou Moussab Abdoul Wadoub, alias Abdelmalek Droukdel, avait une nouvelle fois clairement affiché ses intentions.

« Nous nous vengerons de la France et de ses intérêts par tous les moyens à notre disposition, pour l’honneur de nos filles et de nos soeurs » avait-il affirmé dans un message repéré par le centre américain SITE Intelligence, spécialisé dans la surveillance des sites Internet de la nébuleuse jihadiste. Et quelques semaines plus tard, le 8 août, AQMI perpétrait un attentat contre l’ambassade de France en Mauritanie (3 blesses)

L’exécution présumée de Michel Germaneau – aucune précision n’a pour l’instant été donnée sur les circonstances exactes de sa mort – va donner lieu à une intensification des actions de la France dans le Sahel. « Le combat contre le terrorisme continue et, en particulier contre AQMI, il va se renforcer », a ainsi déclaré François Fillon. « La France ne pratique pas la vengeance, en revanche nous avons des accords avec les gouvernements de la région, et en particulier avec le gouvernement mauritanien, avec le gouvernement malien, pour traquer ces terroristes et les livrer à la justice » a-t-il poursuivi.

Reste à voir comment la France va intensifier ses actions contre AQMI. Selon le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Axel Poniatowski, toute idée de bombardement des implantations du groupe terroriste est exclue. « Ce sont des camps avec une vingtaine d’hommes qui sont très mobiles, qui se déplacent tous les jours ou très régulièrement » a-t-il expliqué à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre à Matignon. « On n’est pas dans un conflit avec des armées différentes. Il y a des militaires français qui pourraient être en support logistique d’actions qui seraient menées » a-t-il ajouté.

Matignon a précisé, plus tard, qu’il n’est pas question que des militaires français prennent directement part à des opérations. Ce soutien se traduirait par « une coopération en terme des forces armées », comme c’est d’ailleurs déjà le cas.

La planification d’actions clandestines est aussi une piste très probable. La France est en effet l’un des rares pays au monde à disposer de forces spéciales en mesure de mener des opérations en totale autonomie et elle dispose en outre de tous les moyens de renseignements (interception de communications, observation par satellite, exploitation de renseignements d’origine humaine, etc…) pour localiser les groupes d’AQMI. « Nous allons le faire mais nous ne pouvons par en parler » a affirmé, toujours au micro d’Europe, François Fillon, en évoquant le « renforcement du combat » contre cette organisation terroriste.

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Les militaires belges mis au régime

27 juillet 2010 – 14:27

En octobre 2009, le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, a annoncé un vaste plan de réforme des forces armées d’outre-Quiévrain. De 100.000 hommes répartis dans quatre composantes (armée de Terre, aviation, marine, service médical) il y a vingt ans, les effectifs militaires de la belgique s’élèvent actuellement à près de 40.000 soldats professionnels et seront ramenés à 34.000 au terme des restructurations engagées.

Ce nouveau format de l’armée belge doit cependant permettre à Bruxelles de respecter ses engagements à l’égard de l’Otan et de l’Union européenne tout en dégageant des marges de manoeuvres financières pour son ministère de la Défense.

Au total, 23 implantations militaires vont être fermées, les forces terrestres ne compteront plus que deux brigades (médiane et légère) et se passeront des chars Leopard, remplacés par des blindés à roue de type AIV (Armored Infantry Vehicule, des Piranha IIIC 8×8, dont 22 exemplaires équipés d’un canon de 90 mm seront revendus à peine reçus car jugés inadaptés) et MPPV (MultiPurpose Protected Vehicles, des Dingo II).

L’aviation n’aura plus que 54 F16 en ligne, au lieu de 60 actuellement. Au moins 30 appareils resteront disponibles pour les besoins de l’Otan et de l’Union européenne, pour respectivement 6 et 10 mois. Le nombre d’hélicoptères Agusta va passer à 20, contre 28. La marine belge devra mettre sous cocon l’un de ses 7 chasseurs de mines tripartites tandis que le service médical va fermer trois dépôts. Seules les forces spéciales verront leurs moyens augmenter, avec une hausse de 50% de leurs effectifs, qui seront ainsi portés à 159 militaires.

Parallèlement à cette réduction des effectifs, l’armée belge va paradoxalement recruter afin de rééquilibrer la pyramide des âges de ses personnels. Pour atteindre ses objectifs (1.300 recrues prévues en 2010 et 2.000 pour les années suivantes), un « engagement volontaire militaire » (EVMI) a été mis en place, 15 après la suspension de la conscription. Cela consiste à proposer d’effectuer une période sous les drapeaux de 24 à 36 mois au titre d’officier, de sous-officier ou de soldat. A l’issue, ces volontaires auront le choix de rester dans l’armée ou bien retourner à la vie civile.

Cette formule d’engagement, qui a été lancée ces derniers jours, semble rencontrer un réel succès auprès des jeunes belges. Lesquels devront certainement faire attention à leur poids pour revêtir l’uniforme.

Car, en effet, l’armée belge « dégraisse » au sens propre comme au figuré. Selon une des ses porte-paroles, Ingrid Baeck, cité par le journal Nieuwsblad, 60% des soldats d’outre Quiévrain sont en surpoids et 15% sont obèses. Et cela pose problème.

« Nous voulons nous défaire de l’image du ‘militaire gros’ » a-t-elle affirmé. Mais au-delà de l’apparence, il s’agit aussi de faire en sorte que les soldats soient en mesure de remplir leur mission sur le terrain : l’on est en effet plus agile quand on est svelte que lorsque l’on a à porter une surchage pondérale. « Tout comme un pompier, un soldat doit être en forme » a expliqué Ingrid Baeck.

« Il faut distinguer deux types de militaires » a indiqué, à SudPresse, un soldat basé à Nivelles. « Il y a ceux qui officient dans des unités opérationnelles, des sections de terrain. Ceux-là suivent des entraînements physiques hebdomadaires (…) afin d’être prêt s’ils doivent partir sur le terrain. Parmi ceux-ci, il n’y a pas, ou en tout cas peu de problème de surpoids » a-t-il expliqué. Et de poursuivre : « il ne faut pas oublier qu’une bonne partie des militaires belges (…) travaille à des tâches administratives. Ils sont dans des bureaux et ont des horaires identiques à ceux des civils. Pour ces unités là, il n’y aucun entraînement physique obligatoire ».

Ce problème d’obésité et de surpoids ne concerne pas seulement les militaires belges. L’an passé, une note interne à l’armée britannique indiquait que des milliers de soldats du Royaume-Uni étaient « unable to deploy », c’est à dire inaptes à partir en opération extérieure en raison d’une trop grande masse corporelle.

Deux raisons avaient été avancées pour expliquer ce phénomène : la tendance, chez certains, de s’affranchir des 2 à 3 heures de sports hebdomadaires préconisées pour le maintien de la condition physique et la qualité du recrutement, avec des critères de sélection moins élevés pour ce qui concerne l’indice de masse corporelle (IMC).

Aux Etats-Unis, près de 27% des jeunes américains, âgés de 17 à 24 ans, sont considérés obèses. Ce qui est vu comme une menace pour la sécurité nationale par l’association « Mission : Readiness, Military for Kids », regroupant une centaine d’officiers généraux retraités.

« Quand un quart de jeunes adultes sont trop gros pour combattre, nous devons en tenir compte » avait estimé, en avril dernier, le contre-amiral en retraite James Barnett. « La sécurité nationale à l’horizon 2030 dépend absolument d’une inversion des tendances actuelles  » avait-il expliqué.

L’obésité progresse aussi dans les rangs de l’armée américaine. En 1998, ils étaient 25.652 militaires à en souffrir, soit 1,6% du personnel. Dix ans plus tard, cette proportion est passée à 4,4% (68.786). Du coup, le Pentagone est en train de mettre au point un programme mêlant exercices physiques et yoga pour freiner et inverser cette évolution. Peut-être que l’état-major belge pourra s’en inspirer…

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Quelques documents révélés par WikiLeaks concernent l’armée française

26 juillet 2010 – 21:15

Parmi la somme importante de documents confidentiels au sujet des opérations militaires en Afghanistan mis en ligne par le site WikiLeaks, un certain nombre d’entre eux concernent le contingent français.

Ainsi, l’embuscade de la vallée d’Uzbin du 18 août 2008, au cours de laquelle 10 militaires français ont été tués, est évoquée au moins à deux reprises. Le premier rapport (voir photo) au sujet de cette affaire est partiel. Il sera complété par la suite par un second compte-rendu. Ces documents n’ajoutent rien au récit des combats qui avaient alors été faits par le général Puga, alors directeur du renseignement militaire à l’époque.

Cependant, le dernier rapport concernant l’embuscade d’Uzbin fait état de 3 insurgés tués et de 4 autres blessés. Vraisemblablement, il ne se base que sur les constatations faites sur le terrain. « L’adversaire a été détruit. Ils ont pris une sacrée raclée » avait pourtant déclaré le général Puga, en septembre 2008, avançant le nombre de 40 tués dans les rangs hostiles. « La tradition chez eux est de retirer les corps » avait alors expliqué le DRM de l’époque.

Par ailleurs, la veille de l’embuscade d’Uzbeen, WikiLeaks nous apprend qu’une patrouille de la Task Force Chimère, alors armée par le 8e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (RPIMa) a été durement accrochée par des insurgés, ce qui a contraint à l’envoi de renforts et à un appui aérien. Le rapport sur cet incident indique que deux hélicoptères américains Kiowa ont été visés par des tirs d’armes légères et de RPG. Le bilan de ces combats sera d’un blessé côté français et de 5 taliban tués.

Les conditions dans lesquelles le caporal Anthony Bodin, du 3e Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa) de Vannes, le 1er août 2009, font l’objet d’une description détaillée. Et l’on mesure la violence de l’accrochage qui a eu lieu ce jour-là…

Quant aux incidents impliquant des victimes civils, dont, selon le quotidien britannique The Guardian, 300 ont été recensés de janvier 2004 à décembre 2009, quelques uns concernent les troupes françaises.

Celui qui aurait pu être le plus grave s’est passé le 2 octobre 2008. Ce jour là, des soldats français ont été contraints d’ouvrir le feu pour faire arrêter un bus qui s’approchait d’un peu trop près d’un convoi militaire à Tangi Kalai, dans la région de Kaboul. Seulement, des enfants s’y trouvaient à bord. Bilan : 8 ont été blessés. Ils ont tous été pris en charge médicalement par la coalition.

Le 28 mars 2006, des militaires français, dont on ignore l’unité d’appartenance, auraient ouvert le feu sur un véhicule qui ne se serait pas arrêté à un checkpoint situé dans la région de Kandahar. Un civil, blessé, a été par la suite évacué vers un hôpital.

Les autres incidents sont collatéraux à des engagements contre les insurgés. Ainsi, le 20 janvier 2009, un adolescent a été blessé par un éclat lors de tirs croisés entre des militaires français et des insurgés. Trois autres cas de même nature figurent dans la liste des documents de WikiLeaks. Ainsi, le 6 octobre 2007, à Gardez, un civil de 17 ans a été blessé à la tête lors d’un accrochage impliquant une équipe d’instructeurs français (OMLT) et des soldats afghans.

Le 9 novembre 2008, un civil de 16 ans allant à son école est touché par un éclat (de roquettes? le rapport ne le mentionne pas explicitement) alors que des éléments français de la TF Chimère étaient au contact d’insurgés. D’autres forces étaient également impliquées dans cet accrochage (TF Warrior de l’armée américaine). Enfin, le 20 juin 2009, un aveugle de 60 ans a été mortellement blessé par une patrouille française lors d’un banal accident de la route.

Outre ces incidents, les militaires français permet de découvrir des caches d’armes, comme le rapport 2C2223E9-FB57-B4E0-DC743EC68237BE9C du 23 octobre 2008 le mentionne. Ce jour-là, la TF Chimère avait mis la main sur 4 mortiers, 2 roquettes de conception iranienne, 4 autres de fabrication chinoise ainsi que du matériel pour fabriquer des bombes artisanales.

Enfin, les militaires français doivent faire face aux impondérables, comme le 7 mai 2009, avec la perte d’un drone SDTI (système de drone tactique intérimaire). Le rapport qui en fait mention indique que les débris de l’engin ont finalement été localisés par deux hélicoptères Gazelle dans une zone inhabitées puis récupérés par la suite.

Ce genre de mésaventure est également arrivé aux militaires américains. Plusieurs documents font état de la perte de drones Predator B, les mêmes que la France envisage d’acquérir. Cela a été notamment le cas le 4 septembre 2009, où un engin s’est écrasé avec un missile Hellfire non tiré. L’appareil a été par la suite retrouvé par une équipe des forces spéciales américaines afin que les équipements sensibles ne tombent pas entre de mauvaises mains. Quelques jours plus tard, un autre Reaper a échappé à tout contrôle et a été endommagé par un F15 pour éviter qu’il n’aille survoler le Tadjikistan.

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