Mali : Les forces françaises ont fait le pont à Tassiga

22 mai 2013 – 16:04

Au cours du week-end de la Pentecôte, une trentaine de sapeurs de la 2e compagnie du 31e Régiment du Génie (RG), avec l’appui d’engins du 511e Régiment du Train (RT) ont installé un pont “Bailey” sur le fleuve Niger, à la haute de Tassiga, dans l’est du Mali, afin de remplacer l’ouvrage dynamité en janvier dernier par les jihadistes afin de ralentir la progression des forces tchadiennes et nigériennes, appelées à intervenir aux côtés des troupes françaises engagées dans l’opération Serval.

Ce pont Bailey est parti, fin avril, de La Rochelle pour rejoindre Dakar par voie maritime, avant d’être pris en charge par un convoi logistique qui l’a transporté à Gao, puis, une semaine plus tard, à Tassiga.

Les sapeurs du 31e RG, dont les travaux ont été protégés par un hélicoptère Tigre, des légionnaires du 2e Régiment Etranger d’Infanterie (REI) et une section du bataillon nigérien de la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali), ont monté un pont long de 24 mètres pour 9 mètres de large. Ce qui permettra de rétablir la circulation et les échanges commerciaux entre les deux rives du fleuve avant la saison des pluies.

L’on doit le pont Bailey à l’ingénieur britannique du même nom qui l’imagina lors de la Seconde Guerre Mondiale. Le premier a été monté en Italie par les Royal Engineers en 1943. Il joua un rôle non négligeable dans la progression des Alliés au cours du conflit étant donné que les forces allemandes et italiennes, firent exploser de nombreux ouvrage pour protéger leur retraite.

Composé d’une structure métallique, ce “Meccano”, qui peut supporter 70 tonnes, est constitué par des pièces de 272 kg et des poutres de 202 kg. Il est assemblé “à la main”. Autant dire que les sapeurs n’ont pas chômé pour le mettre en place… La dernière fois que des militaires français ont monté un pont Bailey remonte à 2006, suite à la guerre entre Israël et le Hezbollah libanais.

Photo : (c) Ministère de la Défense


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La Russie pousse l’avion de combat Su-35 au Brésil

22 mai 2013 – 15:05

Et si le Rafale, le Gripen et le F-18 Super Hornet se faisaient coiffer sur le poteau par un autre appareil dans le cadre de l’appel d’offres brésilien FX-2? Voilà maintenant des années que cette procédure a été lancée et qu’aucun avion de combat n’a encore été sélectionné pour équiper les forces aériennes brésiliennes.

Si le Rafale de Dassault Aviation semblait avoir une longueur d’avance sur ses deux autres concurrents quand le président Lula avait marqué sa préférence à son endroit, l’on n’est plus sûr de rien aujourd’hui, la décision qui mettrait un terme à ce feuilleton étant sans cesse repoussée à des jours meilleurs. En attendant, les trois constructeurs en lice s’attachent à améliorer leurs offres et à faire de la surenchère dans les promesses de transferts technologiques au bénéfice de l’industrie brésilienne.

Cela étant, Moscou ne perd pas de vue ce marché de 36 appareils alors que la candidature du Sukhoï 35 a été repoussée en 2008. En avril 2011, l’agence Itar-Tass avait indiqué que la société exportatrice d’armements russe Rosoboronexport était revenue à la charge. Lors d’un sommets des pays dits BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l’affaire avait même été évoquée entre les responsables russes et brésiliens. Et il fut rapporté que la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, y avait “témoigné de l’intérêt”. Cette dernière avait d’ailleurs fait connaître son intention de remettre le dossier à plat dès son arrivée à la tête de l’Etat brésilien.

Depuis, l’annonce du vainqueur de l’appel d’offres FX-2 ayant été une nouvelle fois reportée, l’on en était resté là. Jusqu’à ce que Sergueï Ladygine, le chef de la délégation russe au salon international de la technologie pour la défense SITDEF 2013 de Lima, remette cette affaire sur le tapis.

“Bien que la Russie soit sortie de cet appel d’offres (FX-2, ndlr), nous avons fait en parallèle une proposition à la partie brésilienne de participer en dehors des appels d’offres avec nos systèmes Pantsir (ndlr, 3 batteries) et chasseurs Su-35. Notre proposition est en train d’être examinée”, a-t-il déclaré, selon l’agence russe Ria Novosti. Et d’ajouter que la proposition russe allait jusqu’à transférer l’ensemble des technologies relatives au Su-35 ainsi qu’aux appareils dits de 5e génération.

Conçu à partir du Su-27 Flanker, le Su-35 a connu une longue éclipse après l’effondrement de l’Union soviétique. Ce n’est qu’en 2006 que les travaux le concernant ont repris. Deux ans plus, un appareil nouvelle version a pris l’air pour la première fois. Présenté comme étant un chasseur polyvalent “à haute manoeuvrabilité”, cet avion équipera les forces aériennes russes à compter de 2015.

Cela étant, le coup de dés russe est loin d’être donné gagnant dans la mesure où l’armée brésilienne souhaiterait que l’avion désigné dans le cadre de l’appel d’offres FX-2 soit le identique à celui qui équipera sa force aéronavale. C’est l’une des raisons pour laquelle le constructeur Saab a mis au point, le “Sea Gripen NG“, une version navale de l’appareil en concurrence avec le F-18 Super Hornet et le Rafale, ces deux derniers pouvant déjà opérer depuis un porte-avions. Une initiative qui a de quoi rendre sceptique quand l’on sait que l’avionneur suédois n’a aucune expérience dans ce domaine…


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Les frégates légères LCS de l’US Navy seraient moins performantes que prévu

22 mai 2013 – 12:18

Le programme Littoral Combat Ship (LCS) prévoit de doter la marine américaine de 52 frégates légères furtives modulaires (55 étaient initialement prévues) pour un coût de 37 milliards de dollars. Ce projet a été confié à deux industriels (Lockheed-Martin et Austal) lesquels produisent chacun un type de bâtiment différent, l’un étant monocoque, l’autre étant un trimaran.

L’idée est de disposer d’une gamme de navires polyvalents, c’est à dire capables d’accomplir tout un panel de missions allant de lutte anti-sous-marine et anti-navire au déminage, en passant par le reanseignement, la surveillance côtière ou encore les opérations spéciales.

A l’origine, ce programme devait être peu onéreux. Mais comme cela est désormais souvent le cas, il a été victime de dépassements de coûts. Alors que le prix d’un LCS devait être de l’ordre de 220 millions de dollars, l’US Navy doit désormais en débourser le double.

Qui plus est, ces navires ne sont pas aussi performants qu’espéré. En janvier, l’on apprenait ainsi que l’USS Independence, conçu par Austal, n’avait pas les capacités anti-mines conformes aux attentes de l’US Navy. Un rapport de l’Operational Testing and Evaluation office (DOT&E, Bureau des évaluations et des essais opérationnels du Pentagone), avait en effet conclu que le sonar AN/AQS-20A Mine Detecting Set et l’Airborne Laser Mine Detection System (ALMDS), un système anti-mines, était “déficient”. Et cela s’ajoutait alors à des problèmes de corrosion, constatés sur ce bâtiment livré en 2010.

Le même document indiquait que les LCS avaient peu de chances de “survivre dans un environnement de combat hostile.” Ce qui a été confirmé par un autre rapport de 36 pages qui aurait dû rester confidentiel mais auquel l’agence Bloomberg a pu cependant avoir accès.

Rédigée en 2012 par le contre-amiral Samuel Perez, cette évalution insiste sur le fait que “l’écart entre les capacités des navires et les missions que l’US Navy entend faire exécuter” à ces navires. “L’impossibilité de faire correspondre les spécifications des LCS avec leurs capacités aura pour conséquence la construction d’un grand nombre de bâtiments mal adaptés pour répondre aux besoins de combat des commandants régionaux”, a écrit l’officier.

Mais ce n’est pas tout : la largeur des navires est trop importante pour leur permettre d’accoster dans certains ports, voire même leur empêcher d’évoluer à leur aise dans les “eaux resserrées”, la décision de construire deux modèles va compliquer l’entretien et la logistique (il fallait s’en douter…) et surtout, le concept de modularité y est remis en cause.

Pour être efficace, il doit être possible d’échanger les modules de missions en moins de 96 heures. Or, indique le rapport, cela n’est valable que si les équipements sont à proximité du quai où est amarré le LCS. En réalité, souligne le rapport, “réunir sur place tout le personnel nécessaire et le matériel adéquat pour procéder à l’échange pourrait prendre plusieurs semaines”, ce qui, bien évidemment, amoindrit considérablement “l’utilité tactique initialement envisagée par les concepteurs.”

Autre point litigieux : l’équipage. Un LCS est mis en oeuvre par 40 marins, un effectif insuffisant pour le rapport du contre-amiral Perez. Il ressort des entretiens avec des personnels servant à bord de ces navires que “la fatigue” se fait ressentir “dès le 3e jour de mer”. En outre, “le faible effectif de l’équipage a des impacts significatifs opérationnels et de sécurité, avec une dégradation notable de la préparation, des niveaux de performance et de qualité de vie”.

Mais le plus embarrassant reste à venir. En effet, le rapport pointe la faiblesse de leur armement et donc sur leur capacité limitée de combat. Ainsi, un LCS “ne peut que neutraliser” de petits bateaux rapides et il “reste vulnérable face à des bâtiments” dotés de missiles de croisière anti-navire d’une portée de plus de 8 km. Or, l’Iran en possède 67…

Pour autant, le chef d’état-major de l’US Navy, l’amiral Jonathan Greenert, a relativé la portée de ce document. “Le rapport date de plus d’un an et nous avons corrigé beaucoup de choses depuis”, a-t-il fait valoir. Récemment, l’amiral Copeman, commandant les flottes de surface de la marine américaine, a toutefois évoqué l’hypothèse d’une refonte du programme LCS, avec le choix d’un seul modèle et d’un armement plus conséquent.

En outre, avec les restrictions budgétaires liées à la séquestration outre-Atlantique, certains s’interrogent au Congrès sur “la petinence de mettre autant d’argent” dans le programme LCS. C’est notamment le cas du représentant démocrate James Moran.

Actuellement, le LCS-1, l’USS Freedom, est déployé à Singapour pour une durée de 8 mois. Or, un nouveau problème est venu s’ajouter à ceux mis en évidence dans le rapport du contre-amiral Perez : le réseau informatique du navire n’est pas sûr, étant donné que plusieurs failles y ont été découvertes par des experts en sécurité.

Photo : USS Independence (c) US Navy


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Les incidents se multiplient entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan

21 mai 2013 – 17:33

L’armée syrienne a prétendu, ce 21 mai, avoir “détruit” un véhicule militaire israélien qui se serait alors trouvé sur le plateau du Golan, conquis par l’Etat hébreu à la faveur de la Guerre des Six Jours et annexé en 1981.

“Ce véhicule a dépassé la ligne de cessez-le-feu et avançait vers le village de Bir-Ajam situé dans la partie syrienne libérée où se trouvent des groupes terroristes”, a-t-elle précisé en faisant référence à la partie non occupé du Golan. “Cette agression flagrante montre une nouvelle fois l’implication de l’entité sioniste (Israël) dans ce qui se passe en Syrie et la coordination directe avec les groupes terroristes armés”, s’est elle justifiée, en accusant le gouvernement israélien de soutenir les rebelles syriens.

Mais Tsahal n’a pas confirmé ces affirmations et simplement parlé d’une “patrouille militaire” qui a été “la cible de tirs près de la frontière syrienne dans le plateau du Golan.” Toujours d’après la même source, le soldats israéliens ont riposté et “atteint la sources des tirs.” Toutefois, l’armée israélienne reconnaît qu’un de ses véhicules a été endommagé.

Cela étant, les incidents sur le plateau du Golan tendent à se multiplier depuis le début de cette année – une dizaine selon le quotidien Maariv -, avec une nette accélération depuis les raids aériens israéliens menés en Syrie afin d’empêcher le transfert d’armes syriennes vers le Hezbollah, la milice chiite libanais alliée du régime de Bachar el-Assad.

D’ailleurs, suite à ses frappes aériennes israéliennes sur son territoire, Damas, qui est aux prises avec une guerre civile depuis mars 2011, avait menacé de s’en prendre au plateau du Golan. Le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), un mouvement palestinien, soutenu par le régime syrien, avait aussi annoncé son intention de “libérer” ce territoire annexé par Israël.

Généralement, l’armée israélienne se garde de riposter, sauf si ses hommes sont particulièrement visés et mis en danger. “Il est évident que si un de ces tirs d’obus provoque des victimes (du côté israélien) la réponse israélienne sera différente”, a expliqué une source appartenant au commandement Nord de Tsahal à Maariv.

“Notre politique est claire : nous n’intervenons pas dans la guerre civile en Syrie, mais concernant la situation sur le plateau du Golan, nous ne permettons pas et nous ne permettrons pas une volée de tirs sur notre territoire”, a, de son côté, affirmé Moshé Yaalon, le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon.

Quant au chef d’état-major israélien, le général Benny Gantz, il a pris note de la détérioration de la situation. “Pas un jour ne passe sans que nous ne soyons engagés dans un processus de prise de décision qui pourrait mener à une détérioration soudaine et incontrôlable de la situation sécuritaire”, a-t-il prévenu. En septembre dernier, Tsahal s’était préparé à toute éventualité en menant un exercice d’une ampleur inégalée depuis plusieurs années dans le Golan.

Le respect du cessez-le-feu entre Israël et la Syrie est contrôlé depuis 1974 par la Force de l’observation du désengagement sur le Golan (FNUOD). Plusieurs casques bleus ont été enlevés ces dernières semaines par des rebelles syriens, avant d’être relâchés. Mais au vu de l’évolution de la situation, il n’est pas impossible que des pays contributeurs à cette mission aient l’intention de retirer leurs troupes. C’est notamment le cas de l’Autriche, qui fournit plus du tiers des effectifs. En effet, Vienne a évoqué un retrait de ses soldats dans le cas où l’embargo sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne venait à être levé par l’Union européenne.


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La Royal Air Force veut intégrer le missile Brimstone sur ses drones Reaper

21 mai 2013 – 16:29

Depuis quelques semaines, les drones MQ-9 Reaper du Squadron 13 de la Royal Air Force sont employés en Afghanistan alors qu’ils sont contrôlés depuis Waddington, au Royaume-Uni. Auparavant, les appareils britanniques étaient pilotés à distance par des opérateurs affectés à la base de Creech (Nevada).

A la différence de la France, qui compte mettre en oeuvre le même type d’appareil, la Royal Air Force utilise ses Reaper pour des frappes ciblées. Le drone de General Atomics peut en effet emporter des missiles air-sol AGM-114 Hellfire ainsi que deux bombes GBU-12 Paveway II.

Mais il pourrait en aller autrement étant donné que la RAF envisage de modifier ses drones pour leur permettre de tirer le missile air-sol Brimstone conçu par MBDA. C’est ce qu’a confirmé, lors d’une réponse faite à une parlementaire, le 15 mai dernier, Philip Dunne, le ministre britannique délégué à l’achat d’équipements militaires.

“Nous sommes en ce moment en train de travailler avec le groupe “Big Safari” de l’US Air Force (ndlr, division qui s’occupe de la gestion des programmes d’armement) pour définir les modalités des essais”, lesquels sont prévus l’automne prochain, a-t-il affirmé.

Actuellement, le Brimstone est seulement utilisé par les chasseurs bombardiers Tornado GR4, dont les années de service opérationnel sont comptés. Il est également prévu d’en doter les Eurofighter Typhoon ainsi que les F-35 britanniques.

Equipé de deux systèmes de guidage (laser et radar millilmétrique), ce missile anti-char est efficace contre les cibles mobiles étant donné qu’il peut être redirigé pendant son vol. En février 2012, MBDA a livré le 500e exemplaire à la RAF.

Cela étant, l’intégration du Brimstone aux Reaper de l’aviation britannique va exiger des essais. Or, si ces drones de facture américaine peuvent évoluer sans problème en Afghanistan, ils ne sont pas autorisés à voler dans les cieux d’outre-Manche. Problème de certification… Aussi, les tests devraient avoir lieu aux Etats-Unis, à Nellis Air Force Base, dans le Nevada.


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Paris refuse d’inclure l’industrie de l’armement dans un accord de libre échange entre l’UE et les Etats-Unis

21 mai 2013 – 15:11

En 2012, le montant des exportations de l’Union européenne vers les Etats-Unis a atteint 380,8 milliards de dollars. Dans le même temps, les importations en provenace d’outre-Atlantique se sont élevées à 265,1 millards.

Ces volumes pourraient s’accroître si des négociations entre l’UE et les Etats-Unis visant à créer la plus vaste zone de libre-échange aboutissent. Il s’agirait ainsi de passer au-dessus des blocages au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et de baisser les droits de douanes.

Les discussions pourraient commencer dès juin prochain, à la condition qu’un mandat soit donné par les Etats membres et le Parlement européen à la Commission européenne (et notamment au commissaire européen au Commerce Karel De Gucht) et qu’elles fassent l’objet d’un notification au Congrès américain.

“Ces négociations vont définir une norme, non seulement pour notre commerce et notre investissement bilatéral, dont font partie les questions de réglementation, mais aussi pour le développement des règles du commerce mondial”, a expliqué José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, en février dernier.

Cela étant, il reste à s’accorder, notamment au sein de l’Union européenne, sur les sujets qui devront faire l’objet des négociations. “Tout doit être sur la table, y compris les questions difficiles, sans exception”, a estimé David Cameron, le Premier ministre britannique, lors d’un déplacement aux Etats-Unis, le 13 mai. Mais ce n’est pas l’avis de la France.

“Je suis pour qu’il y ait une négociation qui s’ouvre pour lutter contre un certain nombre de barrières douanières ou de freins aux échanges, de façon à favoriser la croissance. Mais il doit y avoir des garanties par rapport à certains domaines”, a en effet affirmé le président Hollande, à l’issue d’un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, en mars dernier.

Exception culturelle oblige, Paris ne veut pas que le seteur de l’audiovisuel fasse partie des négociations. De même que “les normes sanitaires” et l’industrie de l’armement. A Strasbourg, devant la sous-commission Défense du Parlement européen, le 20 mai, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a précisé la position française à ce sujet.

“Nous ne sommes pas favorables à ce que l’industrie de la défense entre dans l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis”, a-t-il en effet affirmé. “D’abord parce qu’on crée un précédent difficilement gérable. La Commission (européenne) n’a jamais inclus le secteur de la défense dans le périmètre des négociations commerciales avec des pays tiers. Ce serait une première”, a-t-il ainsi expliqué.

Et d’ajouter : “Les affaires commerciales sont suivies dans le cadre du Conseil (européen) du Commerce et échappent donc à la compétence des ministres de la Défense.” Toujours selon M. Le Drian, inclure les industries de l’armement dans cet accord de libre-échange porterait “atteinte à l’acquis que constitue le ‘paquet défense’ de 2009, qui n’est pas encore solidifié”, c’est à dire à l’ensemble des directives européennes dont l’objet est de permettre la libre circulation des matériels militaires au sein de l’UE.

L’on sait déjà que la France n’acceptera pas de confier un mandat à la Commission européenne pour négocier cet accord si le secteur de l’audiovisuel y est inclus. D’autres pays sont d’ailleurs sur la même ligne. Si l’industrie de l’armement en fait aussi partie, il devrait donc en être de même.


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Le patron de Dassault Aviation se dit inquiet de l’achat de drones Reaper

21 mai 2013 – 12:29

Pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, faute de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) conçu en France et en Europe, il n’y a pas d’autre solution que de chercher à s’en procurer auprès des Etats-Unis ou d’Israël, deux pays en pointe dans ce domaine, afin d’en disposer au plus vite pour répondre aux besoins opérationnels. D’où l’achat évoqué ces derniers jours de deux MQ-9 Reaper, du constructeur américain General Atomics.

“J’insiste sur le fait qu’il nous faut une solution pérenne, se préparer à construire au niveau européen des drones d’une nouvelle génération susceptible d’être les remplaçants des drones que nous allons acheter”, a toutefois fait valoir le ministre, lors de l’émission “Le grand rendez-vous”, d’Europe1, le 19 mai. “Il faut donc aujourd’hui que, sur notre demande, les industriels français et européens se mettent en relation pour élaborer ce que pourra être demain le drone de nouvelle génération qui sera pas uniquement français, puisqu’il y a la même demande du côté allemand et du côté britannique”, a-t-il ajouté.

Pour autant, la perspective d’un achat d’appareils outre-Atlantique ne réjouit guère Eric Trappier, le Pdg de Dassault Aviation. “Nous sommes inquiets. Voir acheter des drones américains sans avoir au même moment un réel lancement de programme européen ou franco-britannique ou franco-allemand, cela ne peut pas nous réjouir”, a-t-il affirmé, selon l’AFP, en marge du salon de l’aviation d’affaires EBACE, à Genève, le 20 mai.

“A l’heure où on nous dit qu’il va falloir faire des efforts, qu’il va y avoir des restrictions sur certains programmes (militaires), on nous dit, on ne peut pas aller chercher la technologie (des drones de surveillance) chez vous alors qu’elle existe”, a-t-il ajouté.

L’on ne peut pas donner tort à Eric Trappier. En novembre 2010, le projet de développer un drone MALE avait été confié à Dassault Aviation et BAE Systems, dans le cadre des accords de défense de Lancaster House, conclus entre la France et le Royaume-Uni. Les deux groupes mirent ensuite en place une architecture industrielle pour produire ce nouvel appareil, qui, conçu sur la base du démonstrateur Mantis, avait été appelé “Telemos”.

Le groupe EADS avait même été encouragé à rejoindre les deux autres industriels en qualité de sous-traitant. Ce que ce dernier refusa en faisant valoir que son propre programme de drone MALE, le Talarion, avait 5 ans d’avance sur ses concurrents. Pour rappel, les études préliminaires concernant cet appareil avaient été financées par la France, l’Allemagne et l’Espagne. Depuis, ce projet a été abandonné, faute de perspectives et, surtout, de contrat, son coût ayant été jugé trop élevé (45 exemplaires pour 2,9 milliards d’euros, dont 18 pour la France).

Quant au Telemos, il doit faire l’objet d’un contrat portant sur sa phase préparatoire, dont la signature était attendue en juillet 2012. Et les deux industriels attendent encore… De quoi faire prendre encore plus de retard dans ce domaine. Qui plus est, avec le revirement gouvernemental sur le drone israélien Heron TP, Dassault Aviation a connu une autre déconvenue. Le constructeur devait, comme cela avait été prévu en juillet 2011, “franciser” cet appareil, qui aurait porté le nom de “Voltigeur”. Il s’agissait-là d’une solution “intérimaire” qui aurait permis à son bureau d’étude de fonctionner.

“Cette offre avait été discutée à une certaine époque et est toujours valide”, a cependant indiqué Eric Trappier, lequel suppose “une certaine francisation” des drones qui seront acquis, “c’est-à-dire avec une capacité d’être opérés de France et en France pour les problèmes de fréquences.”

Quant à une demande qui serait commune à la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, le Pdg de Dassault Aviation la cherche encore. “Je n’ai pas vu de besoins communs exprimés vers nous (industriels) qui couvrent les besoins allemands, français et britanniques. Cette demande n’existe pas”, a-t-il affirmé. Et d’ajouter : “Si elle existait, il n’y aurait pas de problème pour faire un drone entre les industriels. Bae Systems, EADS et Dassault pourraient trouver un terrain d’entente dès lors que les pays auraient émis un besoin commun.”


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Le budget de la Défense va bénéficier de la vente de fréquences de la TNT aux opérateurs télécoms

21 mai 2013 – 9:36

La prochaine Loi de Programmation Militaire (LPM) devrait être présentée d’ici l’été en Conseil des ministres, pour être ensuite débattue au Parlement dès l’automne. Il est ainsi prévu d’accorder aux forces armées une enveloppe de 179,2 milliards d’euros d’ici 2019 et, comme l’a rappelé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 1er mai dernier, “il y a 5,9 milliards de ressources exceptionnelles” à trouver pour que la trajectoire financière soit respectée.

Or, l’exécution de l’actuelle LPM l’a montré : les ressources exceptionnelles sont aléatoires dans la mesure où l’on ne sait pas quand elles rentreront dans les caisses du ministère de la Défense. Pour abonder le budget des forces armées, le gouvernement a plusieurs options : céder les participations de l’Etat dans l’industrie de l’armement, se séparer de biens immobiliers ou bien encore vendre des fréquences hertziennes. “C’est du sûr, parce qu’il y a un engagement du président de la République”, veut croire M. Le Drian.

Mais a priori, les sommes les plus importantes sont à attendre du côté de la vente aux enchères de fréquences 700 MHz de la télévision hertzienne aux opérateurs télécoms, lesquels ont déjà déboursé la coquette somme de 3,5 milliards d’euros pour les licences 4G en janvier 2012. Selon Les Echos, Bercy espère engranger quelques 3 milliards supplémentaires, afin de les allouer au ministère de la Défense.

Le président Hollande a pris cette “décision de principe”, croit savoir le quotidien économique, sans mettre “le Conseil supérieur de l’audiovisuel ni le ministère de la Culture et de la Communication, ni même Matignon” dans “la boucle”. La vente aux enchères de ces fréquences 700 MHz, prévue pour 2016, va freiner le développement vers la haute-définition de la Télévision numérique terrestre (TNT), voire même empêcher son évolution vers la l’ultra-haute définition, sauf à réduire le nombre de chaînes disponibles.

Reste à voir si les opérateurs télécoms auront les moyens de mettre sur la table les 3 milliards d’euros escomptés. Si, par le passé, ce type d’opération ne posait pas de problème particulier, la situation du secteur des télécommunications a évolué avec l’apparition de Free Mobile et ses offres low cost. Depuis, Orange et SFR ont vu leur chiffre d’affaires se réduire de 17% sur le premier trimestre pendant que Bouyges Telecom affichait des pertes l’an passé.


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M. Le Drian : Les drones MALE français ne seront pas armés

20 mai 2013 – 12:23

Selon toute vraisemblance, l’armée de l’Air devrait être prochainement dotée de deux drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de type MQ-9 Reaper, du constructeur américain General Atomics.

Selon les informations qui ont filtré ces derniers jours, deux appareils seraient prélevés sur ceux qui, en cours d’assemblage, sont destinés à l’armée américaine, afin de pouvoir les mettre en oeuvre au Mali d’ici la fin de cette année.

Cela étant, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, n’a pas confirmé ce scénario, qui reste tributaire d’un avis du Congrès américain, même si, a priori, le Pentagone y est favorable.

Invité de l’émission d’Europe 1 “Le grand rendez-vous”, le 19 mai, M. Le Drian est revenu sur ce dossier. “Il nous faut aujourd’hui ces moyens à court terme. Il y a aujourd’hui deux pays au monde qui construisent des drones, les États-Unis et Israël. Nous sommes entrés en discussion avec les uns et les autres pour pouvoir en acquérir immédiatement”, a-t-il déclaré au sujet des drones MALE, dont il constaté l’efficacité “en arrivant” à l’Hôtel de Brienne.

Et comme, d’après le ministre lui, les industriels français et européens ne présente pas d’offres dans ce domaine, la solution est donc d’acheter “sur étagères” ces matériels qui font aujourd’hui défaut. “La France a raté le rendez-vous des drones, pour des tas d’histoires, on pourrait en faire un livre, il faut remonter 20 ans en arrière”, a-t-il ainsi souligné.

Pour autant, il s’agit également pour M. Le Drian de préparer l’avenir. “Il faut sur ce sujet une solution pérenne. Il faut se préparer construire au niveau européen une nouvelle génération susceptible de remplacer les drones d’observation actuel”, a-t-il affirmé.

“Il faut que les industriels français et européens se mettent en relation”, notamment avec les “Allemands et les Britanniques” a-t-il encore ajouté, en espérant que la décision d’acquérir des appareils “sur étagère” soit de nature à “provoquer chez les industriels” une “prise de conscience” pour “être au rendez-vous de la future génération” de drones

Pourtant, des initiatives avaient été prises avant l’arrivée de M. Le Drian au ministère de la Défense. Que l’on songe, par exemple, au programme Talarion d’EADS ou encore au projet Telemos, lancé dans le cadre des accords franco-britannique de Lancaster House de novembre 2010 et confié à Dassaut Aviation ainsi qu’à BAE Systems, avec pour point de départ le drone Mantis. Un contrat pour aller plus en avant était attendu en juillet 2012 par les deux industriels. Il attend toujours d’être signé…

Quoi qu’il en soit, le ministre de la Défense a livré une précision intéressante au sujet des drones MALE qui équiperont à court terme l’armée de l’Air : ils ne seront pas armés. “Je précise pour éviter toute confusion parce qu’il peut y en avoir du fait d’un certain nombre de films sur la guerre des étoiles (sic) ou autres, il s’agit de drones d’observation. Il ne s’agit pas de drones armés”, a-t-il déclaré. En revanche, il n’a rien dit sur les motivations de cette décision. Est-ce pour éviter un refus du Congrès à l’heure où le programme d’élimination ciblée de l’administration Obama est contesté? Ou est-ce des raisons morales?

Le flottement sur cette question n’est pas nouveau. Ainsi, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères et des Forces armées du Sénat, le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Guillaud, avait évoqué cette question. “Je dois reconnaître qu’au départ, j’étais contre les drones armés, pour des raisons morales”, avait-il affirmé. Avant d’ajouter : “J’ai été convaincu par l’utilisation de ces drones lors des offensives de Benghazi et de Misrata. J’ai changé d’avis.”

Si les appareils contrôlés à distance opérant sous les couleurs françaises ne doivent pas être armés pour des considérations éthiques, alors il faudra se poser des questions sur l’usage que l’on entend faire des futurs drones de combat que la France et le Royaume-Uni souhaitent développer…


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Un rapport parlementaire plaide pour la pérennisation de la DPSD

20 mai 2013 – 10:04

Service de renseignement dépendant de l’Hôtel de Brienne, la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD) est mal connue du grand public. Et pourtant, elle assume 5 missions importantes.

La première d’entre elles est la contre-ingérence dans le monde militaire, ce qui consiste à protéger les personnels, les installations et les matértiels sensibles d’actes hostiles pouvant porter atteinte aux capacités opérationnelles. La seconde est liée à la précédente puisqu’elle a pour objet d’alerter les autorités gouvernementales sur les menaces susceptibles de porter atteinte aux forces françaises.

Le contrôle des mesures relatives à la protection du secret défense est une autre de ses prérogatives, avec l’examen, chaque année, de 70.000 dossiers de recrutement et de 80.000 procédures d’habilitation. La DPSD exerce une activité de conseil dans le domaine du contre-espionnage industriel et travaille avec plus de 2.000 entreprises. Enfin, il revient aussi à ce service la mise en oeuvre de la réglementation relative au commerce des armements.

Pourtant, et en dépit de toutes ces activités, certains, au nom de la rationalisation des dépenses de l’Etat, suggèrent de supprimer la DPSD, ses missions pouvant être reprises par d’autres organismes. Ainsi, la protection des forces pourrait revenir à la seule gendarmerie, tout ce qui concerne le secret défense et la préservation des secrets industriels reviendrait à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), qui a déjà des compétences dans ces domaines. Enfin, la Direction générale de l’armement (DGA) reprendrait la mission relative à la réglementation du commerce des armements.

Qui plus est, ce scénario est conforté par la baisse des moyens humains de la DPSD, le nombre de ses personnels devant baisser de 13% au cours de la période 2008-2014. De même que celui de ses implantations, qui est passé de 59 à 49. Quant à son budget, régulièrement en régression ces dernières années, il s’est stabilisé à 11,8 millions d’euros (hors titre II) en 2013, dont 9,6 millions sont alloués aux dépenses de fonctionnement, le reste allant aux investissements. Et de nouvelles contraintes budgétaires seraient susceptibles de remettre en cause l’ensemble des missions assurées par ce service.

Mais les députés Jean-Jacques Urvoas et Patrice Verchère, qui ont remis, la semaine passée, un rapport sur le cadre juridique applicable aux services de renseignement [.pdf], supprimer la DPSD ne serait pas une bonne idée. Pour ces deux parlementaires, le “large éventail” de ses missions plaide “en faveur de la préservation” de ce service car il n’est pas acquis que l’on puisse faire mieux à un “coût égal ou inférieur pour une efficacité équivalente.”

Le maintien de la DPSD est “la solution pragmatique préconisée par la mission qui a pu constater que ce service avait acquis une véritable connaissance du milieu dans lequel il évoluait et est parvenu à instituer une relation de confiance avec ses différents partenaires”, ont fait valoir MM. Urvoas et Verchère.

Et d’expliquer : “Ayant étudié l’hypothèse d’un transfert de la ‘police interne’ des armées à la Gendarmerie, vos rapporteurs ont constaté le peu d’engouement de la proposition. De même, priver les entreprises de défense d’un interlocuteur militaire serait vraisemblablement vécu comme une régression en termes de niveau de compétences. En outre, les autres services de renseignement se félicitent de la qualité de la coopération nouée avec cette instance, notamment en matière de contre-terrorisme. L’affaire Merah aura démontré le rôle de courroie de transmission de l’information assuré par la DPSD lorsqu’elle a informé la DCRI du voyage en Afghanistan entrepris par le terroriste.”

Cependant, le point faible de la DPSD reste ses ressources humaines dans la mesure où elle n’est pas en mesure de les maîtriser, “faute d’en assurer la sélection” et “d’en contrôler l’importante rotation”. D’où des lacunes dans le domaine de l’analyse et de l’exploitation du renseignement.

Aussi, les rapporteurs préconisent de lui “octroyer des facilités de recrutement et de permettre à ses personnels d’effectuer un des temps d’affectation plus long”, tout en l’invitant “à poursuivre le renforcement de son ‘taux d’encadrement’ dédié à l’analyse.” Une solution serait de “favoriser la mobilité au sein de la communauté du renseignement afin de concourir à l’émergence d’un vivier de professionnels des métiers dédiés.”


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