Quand l’armée de l’Air fait de l’aménagement du territoire

8 février 2010 – 22:05

Le président Sarkozy l’a dit et répété : « l’armée n’a pas vocation à faire de l’aménagement du territoire ». Si l’on considère que les implantations militaires doivent obéir à une logique opérationnelle et rationnelle, l’on ne peut que lui donner raison. D’ailleurs, cette antienne a servi à justifier la réforme de la carte militaire. Comprenez la fermeture de casernes et de bases aériennes dont la localisation n’avait pas été jugée des plus pertinentes.

Lors des arbitrages pour la refonte de cette carte militaire, il avait été question de fermer les bases de Dijon et de Luxeuil. Seulement voilà, la première a un lien historique avec l’armée de l’Air. D’ailleurs, elle porte le nom d’une de ses figures mythiques, à savoir le capitaine Guynemer, un héros des temps héroïques de l’aviation en 1914-1918. Et puis Dijon, c’est l’antre de l’escadron de chasse 1/2 Cigognes. Tout aussi mythique.

Et puis aussi et surtout, il aurait été trop coûteux de déménager les archives de l’armée de l’Air qui sont actuellement stockées sur la base aérienne Dijon. Du moins, c’est un des bruits qui couraient lors des discussions concernant son avenir. Du coup, décision a été prise de la conserver.  Qu’elle soit située dans un département dirigé par un élu appartenant au Nouveau Centre, le parti du ministre de la Défense, n’a sans doute pas autant compté que certains le disent, la ville de Dijon étant administrée par un élu socialiste de premier plan, en la personne de François Rebsamen.

Quant à la base de Luxeuil, rien ne pouvait justifier son maintien : ses Mirage 2000-N des escadrons Dauphiné et La Fayette étaient appelés à disparaître, compte tenu de l’annonce de la réduction de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française. Désormais, seuls deux sites allaient être concernés par la force de frappe : Saint-Dizier et ses Rafale et Istres, avec le 3/4 Limousin.

Seulement, la base de Luxeuil a été maintenue. Pour des raisons d’aménagement du territoire justement. Le départ des aviateurs aurait eu des conséquences désastreuses sur la vie économique de la région, la BA 116 concernant près de 2.000 emplois. Et puis, les mauvais esprits y ont vu le fait que la Haute-Saône est le département dont est élu Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie. Une relation de cause à effet. Peut-être. Ou peut-être pas.

Toujours est-il que les deux bases menacées ont finalement été conservées. Et comme une base sans avions perdue au milieu de nulle part, c’est un peu comme une valise sans poignée, le ministre de la Défense Hervé Morin, a annoncé, ce 8 février, que les Mirage 2000-5 de Dijon iraient aménager le territoire sur la base de Luxeuil. En contrepartie, celle de Dijon allait recevoir l’état-major de la force aérienne de combat, l’escadron de transport et d’entraînement ainsi que d’autres unités et services venus de la base 128 de Metz-Frecaty, l’une des plus importantes de l’armée de l’Air.

Seulement, la dissolution annoncée de la base aérienne de Metz n’a pas réjouit les élus locaux. D’autant plus que la ville a été l’une des grands perdantes de la refonte de la carte militaire, avec le départ programmé d’autres unités présentes dans ses environs. Du coup, pour compenser, il a été décidé d’y faire venir le 3e Régiment de Hussards, actuellement en garnison à Immendingen, en Allemagne.

Bien évidemment, déshabiller Pierre pour habiller Jacques, ce n’est sous doute pas ce que l’on appelle faire de l’aménagement du territoire. Encore une fois, il n’y a rien à redire à la rationalisation des implantations militaires. Encore faudrait-il que ce qui est valable pour les uns le soit pour les autres. Et il n’est pas certain que ce  chambardement d’unités entre bases aériennes, dont on a du mal à voir la finalité, soit très pertinent sur le plan comptable. Au moins, cela donnera toujours du travail aux déménageurs.

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Avions ravitailleurs de l’US Air Force : Hervé Morin s’en mêle

8 février 2010 – 20:45

Un contrat de 35 milliards de dollars pour livrer 179 avions ravitailleurs pour remplacer l’actuelle flotte obsolète des KC-135 de l’US Air Force. Voilà l’enjeu qui oppose depuis maintenant plusieurs années Boeing et Northrop-Grumman, associé au groupe européen EADS.

Attribué une première fois à Boeing, puis remis en jeu après la mise au jour de pratiques frauduleuses, le marché avait été remporté, en mars 2008,  par le KC-45 (en fait, l’A-330 MRTT pour les Etats-Unis), proposé par Northrop et EADS, avant d’être une nouvelle fois annulé par le Government Accountability Office (GAO), l’équivalent américain de la Cour des comptes française pour une raison de procédure.

D’où le lancement d’un nouvel appel d’offres pour l’acquisition urgente d’avions ravitailleurs. Seulement, les dirigeants d’EADS et de Northrop se sont plusieurs fois inquiétés d’être défavorisés par rapport à leur concurrent. En effet, le Pentagone aurait communiqué à Boeing des informations sur leur offre. D’où la menace qu’ils ont laissé planer de se retirer d’une compétition où les dés seraient pipés.

Cet appel d’offres dépasse les aspects techniques puisqu’il a aussi une portée politique. Lors de la victoire annoncée du KC-45, les réactions hostiles à la décision du Pentagone ne manquèrent pas d’autant plus que les Etats-Unis étaient en période électorale. Qu’un appareil de conception européenne puisse équiper l’US Air Force semblait alors inconcevable chez certains, qui passaient jusqu’alors pour des défenseurs du libre commerce.

Cependant, EADS et Northrop n’ont pas que des adversaires outre-Atlantique. Et cela pour une raison simple : le KC-45, s’il est choisi par le Pentagone, sera fabriqué aux Etats-Unis, notamment en Alabama. Inutile de préciser les retombées économiques que cet Etat peut espérer le cas échéant. Aussi, le sénateur républicain Richard Shelby, qui en est l’élu, ne ménage pas sa peine en sa faveur.

Déjà auteur d’une lettre envoyée en octobre dernier au secrétaire à la Défense, Robert Gates, et dans laquelle il dénonçait « la trop grande attention au fait que le prix le plus bas devait gagner, sans considérations pour les capacités offertes », ce parlementaire, qui siège à la commission bancaire du Sénat, a décidé de bloquer environ 70 nominations du président Obama pour exprimer son mécontentement face à la tournure prise par cet appel d’offres.

« Le sénateur Shelby retient toutes les nominations du président actuellement en instance » a fait savoir Regan Lachapelle, une porte-parole de la majorité démocrate. Le sénateur a en fait utilisé une procédure parlementaire qui permet de mettre en attente les candidatures des nommés avant qu’elles soient confirmés par le Sénat. Du coup, pour que le processus aboutisse, la majorité devra réunir 60 voix sur 100 pour obtenir l’approbation des personnalités nommées par la Maison Blanche.

L’attitude de Richard Shelby ne lui vaut pas que des amis. « S’il est un exemple de ce qui va mal dans cette ville, c’est peut-être le fait qu’un sénateur puisse bloquer 70 personnes qualifiées pour mieux faire fonctionner le gouvernement, parce qu’il n’a pas eu ses subventions » a déclaré le porte-parole de la président américaine. « J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de meilleur exemple de stupidité dans toute l’année 2010″ a-t-il ajouté.

Cela étant, la question de l’équité dans le traitement des concurrents pour cet appel d’offres a été évoquée lors du passage du secrétaire américain à la Défense à Paris, ce 8 février. « J’ai eu l’occasion de rappeller à  mon ami Robert Gates que lorsqu’on était un pays défendant l’économie de marché, ça ne pouvait pas se faire à sens unique » a déclaré son homologue français, Hervé Morin, à l’occasion d’une conférence de presse commune.

« Nous espérons bien que sur le grand programme des ravitailleurs américain, l’économie de marché jouera à plein » a-t-il encore insisté, en espérant qu’EADS bénéficierait de « conditions d’égale concurrence » face à Boeing.

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Le nouveau projet de bouclier antimissile US passera par la Roumanie

8 février 2010 – 20:39

Initialement, les éléments du bouclier antimissile américain devaient être implantés en Pologne et en République tchèque. Seulement, cela avait posé au moins deux problèmes : d’une part, la Russie ne voulait pas de ce dispositif si près de ses frontières et le percevait comme une menace à ses propres intérêts et d’autre part, le flanc sud de l’Europe n’était pas aussi bien protégé face à d’éventuels tirs de missiles iraniens de moyenne portée.

Du coup, en septembre dernier, la disposition du bouclier antimissile avait été profondément remaniée. « La meilleure façon d’améliorer de manière responsable notre sécurité et la sécurité de nos alliés est de déployer un système de défense antimissile qui réponde mieux aux menaces auxquelles nous sommes confrontés et qui utilise une technologie éprouvée et efficace en terme de coût » avait alors expliqué Barack Obama.

Le nouveau dispositif qui va se mettre progressivement en place n’aura plus besoin de la Pologne et de la République tchèque, ce qui a été de nature, jusqu’à présent, à réchauffer les relations russo-américaines. Seulement, et même si l’essentiel de ce bouclier antimissile repose sur le déploiement en Mediterranée de navires équipés du système de détection AEGIS et de missiles intercepteurs SM-3, il est néanmoins encore nécessaire de disposer d’installations terrestres.

D’où l’intérêt américain pour la Roumanie, qui va mettre en oeuvre depuis son territoire, des missiles intercepteurs, à la demande de Washington. Ce pays a en effet été « officiellement invité par le président Barack Obama à participer au système de défense antimissile » a fait valoir Traian Basescu, le chef d’Etat roumain, à l’issue d’une réunion du Conseil suprême de défense, le 4 février dernier.

Conformément à ce qu’avait annoncé le Pentagone, les missiles intercepteurs – des SM-3 améliorés – devraient être déployés à partir de 2015. « Ce système de défense n’est pas dirigé contre la Russie » a rappelé le président Basescu, qui a par ailleurs précisé qu’il « s’inscrit dans le principe de l’indivisibilité de la sécurité » des membres de l’Otan et « protégera l’ensemble du territoire roumain ».

Il reste maintenant, pour Bucarest et Washington, à négocier les accords portant sur ce déploiement, lesquels devront être ratifiés par le Parlement roumain. Et ce dernier point ne sera sans doute pas la partie la plus facile. Pour le président du Sénat, Mircha Joanem, il s’agit ni plus ni moins de « la plus importante décision de politique étrangère de ces dernières années ». D’où la volonté de bien mesurer les avantages, mais surtout les désavantages.

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Un gendarme blessé à Marcoussis

8 février 2010 – 18:22

Lors d’une intervention pour régler un problème de voisinage, deux gendarmes ont croisé, le 5 février à vers 22h15, deux voitures allant manifestement trop vite dans les rues de Marcoussis (Essonne). Ayant contraint l’une des deux à s’arrêter, les deux militaires ont alors procédé à un contrôle routier.

Seulement, le conducteur de l’automobile pris en faute a démarré en trombe et donné un coup de volant pour renverser le gendarme qui s’était posté du côté passager. En réaction, son collègue a tiré à 3 ou 4 reprises sur le véhicules en fuite, sans pour autant savoir si le chauffard a été touché.

Le militaire blessé a été hospitalisé à Orsay, dans l’Essonne. Souffrant de contusions et de plaies ouvertes, les médecins lui ont prescrit une incapacité totale de travail de 20 jours. Il a pu regagner son domicile en fin de nuit.

Pour tenter de retrouver le conducteur en fuite, le plan Epervier a été déclenché. Sans succès pour le moment. L’enquête concernant cet incident a été confiée à la Section de recherche (SR) de la gendarmerie de Paris.

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L’excellent cru 2009 pour les exportations françaises d’armement

8 février 2010 – 18:00

Depuis que la France a mis en place un nouveau dispositif avec des procédures simplifiées pour ses exportations d’armement, ces dernières sont en constantes progression et ne sont pas loin d’atteindre l’objectif affiché d’une croissance à deux chiffres.

Ainsi, en 2008, l’industrie française de défense avait enregistré pour 6,58 milliards d’euros de commandes à l’étranger, soit une hausse de 13% par rapport à 2007. Et pour l’année dernière, la tendance s’est confirmée, avec une augmentation de 21%, à 7,95 milliards d’euros.

« Nous renouons avec les chiffres des années 2000, malgré la crise » a commenté, ce 8 février, Laurent Collet-Billon, le directeur général de l’armement, qui s’attend à un cru encore meilleur pour 2010, avec un objectif de 10 à 12 milliards d’euros de commandes.

En effet, le Rafale reste toujours bien placé pour s’imposer au Brésil et aux Emirats arabes unis, tout comme la version navalisée de l’hélicoptère NH-90 d’Eurocopter, en Australie, avec un contrat de 2 milliards d’euros à la clef. Au Pakistan, et pour 1 milliard d’euros, l’intégrateur français ATE, épaulé par Thales et MBDA, a été retenu pour équiper 50 à 100 exemplaires l’avion de chasse JF-17, conçu en coopération avec la Chine. L’accord final reste à être signé. Sans oublier la vente non plus d’un seul mais de quatre Bâtiments de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral à la Russie, comme l’a précisé Jacques de Lajugie, le directeur du développement international de la Direction générale de l’armement (DGA).

Quoi qu’il en soit, ces chiffres permettent à la France de rester le quatrième exportateur mondial d’armements, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Russie alors que le dernier rapport annuel du gouvernement portant sur les ventes d’armes françaises, publié en septembre dernier, s’inquiétait d’un possible déclassement compte tenu d’une plus forte concurrence intraeuropéenne, avec notamment l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Suède.

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Mauvaise passe financière pour l’Otan

8 février 2010 – 17:36

En dépit d’un budget de 2 milliards d’euros, les finances de l’Otan sont mal en point. Les pays membres s’attendaient à un déficit de l’ordre de 545 millions d’euros sur les cinq prochaines années. En fait, ce sera plus de 640 millions qu’il faudra combler rien que pour l’année 2010.

Si les ministres de la Défense de l’Alliance atlantique, réunis à Istanbul la semaine passée, ont décicé d’injecter de « l’argent frais » pour assainir les finances, il n’en reste pas moins que l’organisation devra réformer son financement et faire des économies en revoyant sa structure militaire. Ainsi, son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, doit faire des propositions allant dans ce sens pour leur prochaine réunion des 11 et 12 juin à Bruxelles.

« Les procédures budgétaires devront être entièrement réformées, pas seulement révisées » a prévenu le porte-parole de l’Otan. Cela devrait passer par une suppression d’un certain nombre de quartiers généraux, devenus inutiles eu égard à la situation actuelle.

Plusieurs pistes de réflexion sont à l’étude. Ainsi, la mutualisation des moyens dans les domaines des hélicoptères et des antennes médicales, ainsi que celui de la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED), responsable de plus de 70% des pertes en Afghanistan fait partie des axes de la réforme voulue par les ministres. De même que la refonte des structures de l’Otan et qu’une « meilleure utilisation des budgets existants » pour reprendre les termes utilisés par Anders Fogh Rasmussen.

Cette rationalisation des dépenses doit surtout permettre à l’Alliance de remette ses comptes à l’équilibre afin d’assurer le financement de ses opérations et de soutenir ses priorités stratégiques. L’Afghanistan figure bien évidemment en tête de ces dernières. Il faudra en effet trouver les 140 millions de dollars pour d’un fonds spécial, dont la création a été annoncée par M. Rasmussen le 1er février, censé inciter financièrement les insurgés à déposer les armes.

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L’Iran choisit la fuite en avant

8 février 2010 – 15:32

« Si la communauté internationale fait front commun pour faire pression sur le gouvernement iranien, je crois que les sanctions et la pression peuvent encore marcher » a déclaré, le 7 février, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, en évoquant le programme nucléaire de Téhéran, lors d’une conférence de presse donnée en compagnie d’Ignazio La Russa, son collègue italien.

Sauf que les pressions internationales et la politique de la main tendue du président Obama n’ont, pour le moment, donné aucun effet tangible. D’autant plus que si la Russie s’est rangée, pour le moment, du côté des Occidentaux sur ce dossier, c’est loin d’être le cas pour la Chine, qui, membre permanent du Conseil de sécurité – et par conséquent, en mesure de mettre son veto sur un éventuel projet de sanction – soutient le régime de Téhéran.

Aussi, l’Iran joue la carte de la confrontation et de la provocation. Le 7 février encore, le guide de la République islamique s’en est une nouvelle fois pris à Israël, en affirmant, devant Abdallah Challah, le chef du groupe radical palestinien « Djihad islamique », que sa destruction était « imminente ». Ces propos viennent quelques jours après d’autres déclarations du même responsable iranien selon lesquelles l’Etat hébreu était « voué à la destruction ».

Et, le même jour, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a donné son feu vert pour la production d’uranium hautement enrichi ce qui, selon le Foreign Office (ndlr: la diplomatie britannique) « violerait de manière délibérée cinq résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ». Alors que des négiociations sont en cours pour que justement, l’uranium iranien soit traité à l’étranger, cette décision peut être interprétée de deux manière : soit Téhéran cherche à faire pression sur la communauté internationale, soit les gesticulations diplomatique, soufflant tantôt le chaud et le froid, n’ont jusqu’à présent visé qu’à faire gagner du temps quant à de nouvelles sanctions.

Toujours est-il qu’au-delà du dossier nucléaire, l’Iran cherche toujours à améliorer ses capacités dans le domaine balistique, et plus généralement dans celui des missiles. En effet, le 3 février, Téhéran a annoncé le lancement réussi de sa troisème fusée spatiale Kavoshgar-3 porteuse d’une « capsule expérimentale », laquelle contenait des animaux, dont « des rats, des tortues et des vers ». C’est la troisième fois que l’Iran procède au tir d’un lanceur de ce type, après celui d’une autre Kavoshgar, en novembre dernier, et d’une fusée Safir-2, qui avait mis sur orbite un satellite Omid, l’an passé, à pareille époque, pour les 30 ans de la république islamique.

Cette annonce, comme les précédentes, a suscité l’inquiétude parmi les chancelleries occidentales étant donné que les progrès réalisés en matière de lanceurs peuvent servir pour le développement de missiles balistiques.

Enfin, dans le domaine de l’armement conventionnel, le ministre iranien de la Défense a annoncé l’inauguration de deux nouveaux sites de production de missiles. Le premier doit produire des engins sol-air batipsés Qaem (ascension) tandis que le second doit fabriquer des missiles antichar « toufan » (tempête). Cette annonce vient après celle faite par le colonel Naser Arah-Begi, le 3 février dernier, selon laquelle, Téhéran aurait mis au point un nouveau missile sol-air.

« Nos ennemis ne doivent pas s’imaginer que leurs hélicoptères Apache seraient aussi efficaces en cas d’agression contre l’Iran qu’ils le sont en Irak et en Afghanistan » a ainsi déclaré ce responsable des gardiens de la Révolution à l’agence officielle Fars. « Nous serions certainement en mesure de mettre fin au pouvoir de ces Apaches avec nos moyens » a-t-il ajouté, sans pour autant s’étendre davantage sur les performances de ce nouvel engin.

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L’Otan donne l’assaut contre un cargo pris par des pirates somaliens

8 février 2010 – 14:23

Alors que depuis quelques temps, plusieurs attaques de navires commerciaux se sont déroulés au large des Seychelles et dans une région située à mi-chemin entre les côtes est-africaines et celles de l’Inde, il semblerait que les pirates somaliens sont revenus à leurs fondamentaux en ciblant leurs proies dans leur zone de prédilection, à savoir le golfe d’Aden.

Ainsi, le 5 février dernier, le cargo slovène battant pavillon d’Antigua-et-Barbuda appelé Ariella a été attaqué au large de Bossasso, alors qu’il faisait partie d’un groupe de transit, placé sous protection internationale. Seulement, les pirates n’ont pas pu empêcher l’un des 25 membre de l’équipage de lancer un appel de détresse, lequel a été intercepté par la frégate indienne Tabar, qui l’a ensuite relayé à tous les bâtiments et avions de surveillance maritime de la zone via le système de communication sécurisé Mercury.

Le message a donc été transmis à un avion Atlantique 2 de la Marine nationale, déployé dans le cadre d’Atalante, la mission contre la piraterie de l’Union européenne. Après avoir survolé l’Ariella, l’équipage de l’appareil français a demandé à la frégate danoise HDMS Absalon de l’opération Ocean Shield, de l’Otan, de se rendre sur place, accompagnée par le navire russe Neoustrachimy.

Quelques heures après la prise du cargo estonien, la décision de lancer un assaut contre les pirates est prise. Sur la base des renseignements recueillis par l’Atlantique 2, les forces spéciales danoises, présentes à bord de l’Absalon, passent alors à l’action et prennent rapidement le contrôle de l’Ariella. Mais voilà, les pirates ont eu le temps de prendre la fuite et les commandos ne les poursuivent pas.

Il faudra l’intervention du Neoustrachimy pour mettre la main sur une partie de l’équipe des bandits des mers. En effet, les marins russes ont réussi à mettre la main sur l’un des deux skiffs utilisés par les pirates pour leur opération, avec 7 hommes à son bord.

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A400M : Toujours pas d’accord, malgré des avancées

5 février 2010 – 18:11

Les négociations se poursuivent pour tenter de sauver l’A400M, l’avion de transport européen développé par Airbus Military, une filiale du groupe EADS. L’enjeu est de trouver une solution pour financer les 5,2 milliards d’euros de surcoûts générés par les retards et les difficultés rencontrées lors de la mise au point de l’appareil, qui n’a effectué son premier vol d’essai que le 11 décembre dernier. Et encore, cette somme, aussi importante soit-elle, risque d’être plus élevée puisque le chiffre de 11 milliards a même été avancé.

Pour résumer les positions des uns et des autres, EADS estime ne pas avoir à prendre en charge seul l’intégralité de ces surcoûts. Le groupe a des raisons a faire valoir : il lui faut financer d’autres programmes civils en cours, tels que l’A380 et l’A 350, ainsi que préparer l’avenir en travaillant sur un successeur à l’A320. En clair, il n’est pas question que l’A400M plombe ses autres projets stratégiques. En outre, la responsabilité des retards et des surcoûts n’est pas du seul fait de l’avionneur. Les clients sont également fautifs, pour lui avoir imposé un cahier des charges trop complexe et un moteur de facture européenne qu’il ne voulait pas initialement et dont la mise au point – notamment au niveau logiciel – a posé des difficultés qui expliquent pour une bonne partie les retards de l’avion de transport militaire.

Pour les sept pays clients, qui attendent la livraison des 180 appareils commandés pour 20 milliards d’euros, il n’est pas question non plus de faire une fleur à EADS  en prenant en charge l’intégralité de ces surcoûts. L’Allemagne se montre par ailleurs la plus dure dans les négociations, rappelant qu’un « contrat, ce n’est pas de la sémantique ».

Pour l’instant, les clients ont mis sur la table 2 milliards d’euros. Une somme jugée insuffisante par EADS. Aussi, la réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Istanbul devait permettre de finaliser un accord. Si cela n’a pas été le cas, quelques évolutions sont toutefois à relever. Ainsi, et alors que Paris s’y opposait jusqu’alors, il serait question de proposer des avances remboursables à l’avionneur, comme cela est de mise pour l’aviation commerciale. Il est à noter que cette pratique serait appliquée pour la première fois à un programme d’armement.

« J’ai eu l’accord du Premier ministre pour que la France mette en oeuvre un dispositif d’avances remboursables à hauteur d’environ 400 millions d’euros » a indiqué, le 4 février, Hervé Morin, le ministre de la Défense. « Compte-tenu du potentiel d’exportation du programme, ce système (…) pourrait être commun aux pays ayant les retombées industrielles le splus importantes, c’est à dire la France, l’Allemagne et l’Espagne » a-t-il ajouté.

Le total de ces avances remboursables serait compris entre 1 et 1,5 milliard d’euros et s’ajouterait aux 2 milliards déjà consentis par les sept pays clients. Cette somme a été confirmée par Carme Chacon, le ministre espagnol de la Défense. Mais « nous n’avons pas conclu d’accord sur un chiffre sous quelque forme que ce soit et pas davantage sur la manière dont (ce montant) sera réparti » a cependant nuancé Karl-Theodor zu Guttenberg, son homologue allemand, pour qui l’A400M a une « importance stratégique » si l’on se référe aux propos tenus par la chancelière Angela Merkel, lors d’une conférence de presse commune avec le président Sarkozy, le 4 février.

Par conséquent, si des « jalons significatifs ont été franchis dans la négociation », pour reprendre les termes du communiqué publié à l’issue de la réunion des pays clients, l’accord final reste encore à trouver. Cela pourrait être le cas les 24 et 25 février prochains, à Palma de Majorque, à l’occasion d’une réunion informelle des ministres de la Défense de l’Union européenne. A condition qu’EADS fasse « un effort supplémentaire » a rappelé Hervé Morin. « Les Etats veulent cet avion mais pas à n’importe quel prix » a-t-il prévenu.

Le Plus : L’assemblage du 4e prototype de l’A400M, le MSN4, a commencé à Séville, le 3 février. Les ailes de l’appareil sont déjà arrivées sur les chaînes de montage. Il reste à venir la dérive verticale, qui doit arriver d’Allemagne dans quelques jours, et le fuselage, qui est attendu en mars. Cet avion devrait prendre l’air avant la fin de l’année.

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Google demande de l’aide à la NSA

5 février 2010 – 18:09

Récemment, la société de services Internet Google a menacé de quitter le marché chinois après avoir rendu Pékin responsable d’attaques informatiques contre ses systèmes informatiques. Mais plus grave encore, les intrusions constatées depuis décembre dernier auraient spécialement visé les codes sources utilisés par Google pour ses applications. Cela étant, la start-up n’aurait pas été la seule à être prise pour cible : une trentaine d’entreprises appartenant à des secteurs stratégiques tels que la défense, l’énergie, les médias et les nouvelles technologies feraient également partie des victimes.

Aussi, et selon le Washington Post, Google aurait fait appel à la National Security Agency (NSA) pour l’aider à comprendre et à résister à ces types d’attaques informatiques. En fait, l’agence de renseignement serait chargée d’évaluer ses vulnérabilités et d’estimer les capacités réelles des pirates informatiques afin de voir si elle est en mesure de les contrer.

La réputation de la NSA n’est plus à faire : spécialisée dans la surveillance des réseaux de télécommunications, l’agence avait été pointée du doigt lors de la publication du rapport publié par des députés européens au sujet du système d’espionnage Echelon. Et, étant donné que les services de Google sont les plus utilisés (moteur de recherche, comptes Gmail, etc…), la possibilité que les deux entités puissent échanger des informations n’est pas spécialement du goût de ceux qui s’inquiètent de la défense de la vie privée et craignent l’avènement de Big Brother.

Cependant, l’accord entre Google et la NSA est clair : les données personnelles des utilisateurs des services de la société californienne ne seront pas communiquées. Les échanges d’informations ne porteront que sur des aspects techniques.

Reste que cette association pose, une fois de plus, le problème de l’équilibre entre les impératifs de sécurité nationale et la protection de la vie privée. Cet accord risque par ailleurs d’être suivi par d’autres, si l’on prend en considération les déclarations de Dennis C. Blair, le directeur du renseignement américain. « Nous ne pouvons pas protéger le cyberespace sans un effort coordonné et en coopération impliquant à la fois le secteur privé américain et nos partenaires internationaux » a-t-il en effet déclaré le 2 février dernier, devant une commission sénatoriale.

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