En 2019, les armées compteront plus de généraux et de sergents mais beaucoup moins d’adjudants

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45 contributions

  1. jeannot dit :

    ouf nous voilà rassurés !!! selon que vous serrez puissant….

  2. Rascasse dit :

    Le dépyramidage, ce n’est pas réduire le taux d’encadrement. C’est une gestion sur le long terme des carrières, visant d’abord à s’assurer qu’on contrôle le nombre de gens qui se trouvent plus haut dans la pyramide et le rythme auquel ils sortent de la pyramide, pour que ceux qui se trouvent en dessous aient des opportunités de monter. C’est la gestion à long terme de la progressivité des carrières, et la prévision des coûts de cette progressivité.

      • Rascasse dit :

        Vous confondez un terme technique de politique publique de pilotage RH, avec un objectif gouvernemental, ministériel ou opérationnel de baisse du taux d’encadrement. Et je doute que la plupart des parlementaires fassent bien la différence entre les deux. Dans les périodes de croissance des effectifs d’officiers ou du taux d’encadrement, on fait toujours du dépyramidage.
        .
        Compte tenu des règles de progression automatique des soldes ou des salaires dans n’importe quelle structure de grande taille, si 100% des gens qui entrent dans la pyramide (que ce soit par le bas pour les soldats ou par le milieu pour les officiers) progressent à chaque étape jusqu’à la fin de carrière, alors on augmente mécaniquement le total de la masse salariale, jusqu’à faire exploser la machine. Il faut piloter pour approcher une certaine concordance entre tous les cas de figure et les nombres de personnes concernées : ceux qui montent, ceux qui stagnent, et ceux qui sortent de la pyramide, que ce soit en cours de carrière ou en fin de carrière. C’est particulièrement efficace de faire sortir les salaires les plus élevés, et bien sûr dans le cas des armées (mais je pense aussi dans un hôpital, par exemple) on doit confronter cet outil de pilotage aux besoins opérationnels. Ça ne s’applique pas qu’aux plus haut revenus : si tous les soldats du rang faisaient des carrières de 30 ou 40 ans, la progression automatique de leur solde déstabiliserait aussi la pyramide.
        .
        Le dépyramidage, c’est le processus de contrôle de la progression naturelle de la masse salariale, visant à empêcher une structure de personnels qui rendrait la pyramide insoutenable du point de vue budgétaire. Et il y a un phénomène social naturel : ce sont ceux qui sont plus haut dans la pyramide qui ont tendance à vouloir rester le plus longtemps dedans. Tout est relatif, et ça s’applique aussi bien à un sergent qu’à un général, mais quand on se dit qu’on avance pas et qu’on peut trouver mieux ailleurs, on quitte la structure pour un meilleur salaire ou moins de contraintes. Mais tant qu’on monte, on reste. C’est donc proportionnellement plus vers le haut de la pyramide qu’on devra faire un effort pour faire sortir des gens, et cela demandera des incitations.
        .
        Sur le long terme, ça pérennise la structure, ça permet d’ajuster le nombre aux changements stratégiques ou technologiques. Pensez à la fin de la guerre froide et à la professionnalisation. Les nombres ont changé, et les approches opérationnelles aussi. Il a fallu repenser toute la pyramide. Si demain, dans l’armée de l’air, la technologie fait qu’on aura 99% de pilotes de drones au sol et seulement 1% de pilotes d’avions en l’air, alors il faudra aussi repenser la pyramide, en s’adaptant à la réalité des compétences, des risques, ou de niveau de responsabilités de chaque personne qu’on doit recruter et dont on doit piloter la carrière. L’opérationnel doit déterminer la pente de la pyramide en fonction des réalités et des besoins. Et le dépyramidage permet de la maintenir. Alors que le changement du taux d’encadrement serait soit une décision politique (budgétaire) et/ou une décision opérationnelle (adapter la structure de personnels aux besoins de fonctionnement, càd ajouter des spécialistes ici, faire partir des gens là dont le métier est trop pourvu.. ou prendre en compte l’attrition des différentes strates en temps de guerre !). Le résultat sera de CHANGER la pente de la pyramide.
        Mais cette année, il semble qu’il y ait eu des surprises, avec des catégories de personnels où les armées n’ont pas recruté autant que prévu, ou su conserver leurs personnels. Soit on soupçonnera que les conditions se dégradent et que plus de gens s’en vont, soit on dira que les efforts de recrutement n’ont pas porté là où c’est nécessaire. Les politiques n’aiment pas ça, car c’est mauvais pour l’image, et le commandement non plus, parce que ça veut dire que leurs besoins opérationnels risquent de ne pas être satisfaits.

    • Jm dit :

      J’ai dans l’idée que vous avez lu cette article en diagonale.
      Je vais parler de ce que je connais, l’Armée de l’Air.
      Il faut en moyenne entre 3 et 5 ans pour passer le Lcl à Col, idem pour passer Gal **. Après c’est politique, donc conjoncturel.
      Alors qu’il faut en moyenne entre 8 et 10 ans pour passer de Sgc à Adj et idem pour Adc.
      Si je fais une simple règle de trois, en prenant comme paramètres les limites d’age actuelle de chaque grade et le fait que le nombre de généraux n’augmente pas – ça ce n’est pas un paramètre, mais un miracle !!! , dans 20 ans, on se retrouve avec toujours (a minima) le même nombre de généraux, par effet ricochet de la stagnation des colonels un nombre de 6218 Lcl, 6151 Cdt, 7965 Cne (passage de grade automatique à 3 ou 4 ans selon le recrutement) en tenant compte de la hausse du nombre de Ltt et Slt.
      Et en ce qui concerne les Adc, en tenant compte du temps moyen de passage de grade à 8 ans, ils ne seront plus que 11351, les adjudants (même temps de passage) 10264.
      Je ne parle même pas des sergent-chef, car pour la plupart d’entre-eux, ils sont sous-contrat, donc CDD, et avec l’avenir qu’on leur prépare, ça va bien s’passer pour eux !!!!
      Effectivement, cela ne s’appelle pas un dépyramidage, mais dans 5 ans cela s’appellera un diamant (pyramide inversée), et dans dix ans, un sablier.
      Et dans 20 ans, on se retrouve comme l’armée américaine, des soldats à la pelle, quelques adjudants pour assurer une formation a minima, et des chefs en veux-tu, en voilà.
      Et on demande de l’expérience, de la mémoire et de la motivation ???
      On se foutrait pas un peu de nous, sur ce coup là ??

      • Janot98 dit :

        Entièrement d’accord.
        L’augmentation des effectifs de CDT, LTT et SLT (idem pour les sous-officiers et officiers mariniers), alors que les CNE et ADJ diminuent signifie que :
        – les grades de LTT et de SGC sont des grades terminaux ;
        – le pilotage de la masse salariale se fera majoritairement à travers des contrats qui conduiront des LTT à partir avant d’être CNE à l’ancienneté ;
        – ces cibles en organisation (effectifs terminaux, c’est-à-dire asse salariale) ne reflètent pas une vision RH à long terme : ce n’est ni de la politique, ni de la GPEEC. Alors que, pour respecter ces cibles, il va falloir faire évoluer les existants, ce qui ne se fera pas sur une seule année.
        Et je ne parle pas des niveaux de responsabilité qu’il va falloir transférer aux grades supérieurs ou inférieurs ou des organisations qu’il va falloir redéfinir…

      • Rascasse dit :

        Le fait que le nombre de généraux n’augmente pas, ce n’est pas un miracle, c’est le dépyramidage ! Il faut mettre en oeuvre des mesures pour que tous ceux qui deviennent LCL ne finissent pas Général. Et comme peu de gens sont prêts à rester au même grade à faire le même boulot pendant 20 ans, il faut des solutions pour les faire sortir du système, en facilitant les réorientations professionnelles. Vos calculs oublient une conséquence possible : si on laisse tout le monde progresser automatiquement, alors soit on se retrouve avec une augmentation des effectifs non-contrôlée, soit on avec une armée vieillissante, ou pour maintenir le même nombre total de soldats en tenant compte de la progression automatique des carrières, il faut arrêter de faire entrer des nouveaux. Ce n’est bien sûr pas tenable.
        .
        La structure de l’armée américiane est dite « top heavy », c’est à dire qu’une part disproportionnée de la masse salariale est consommée par le haut de la pyramide, qui est trop lourd. Mais je peux vous donner un exemple pire. En Afrique du Sud, du fait des réformes liées à la fin de l’apartheid et aux politiques de rectification des inégalités raciales, un sous-officier doit attendre environ 20 à 25 ans pour avoir une promotion. Par contre, au début 2018, ils ont créé 19 généraux d’un coup !, dont plusieurs n’avaient jamais commandé en situation de guerre. L’une d’elle, 42 ans, avait été pendant 18 mois commandant de base (son plus haut accomplissement), et elle s’est retrouvée d’un coup à commander la plus grosse brigade blindée du pays, celle qui est censée protéger l’Afrique du Sud d’une invasion par le Nord. Elle pesait 140 kilos et était totalement incapable de monter dans un blindé… Il n’y a pour ainsi dire pas de pilotage du dépyramidage chez eux, les priorités étant de promouvoir des officiers généraux noirs. Résultats, les carrières de tout les autres sont bouchées, aucune perspective de progression possible.

        • Jm dit :

          « Le fait que le nombre de généraux n’augmente pas, ce n’est pas un miracle, c’est le dépyramidage ! »
          Non, c’est un paramètre de travail.
          Car en l’espèce, il augmente à hauteur de 5% pour cette année à venir.
          A ce rythme, il y aura grosso modo 600 généraux dans 10 ans, et quasi le double dans 20 ans, puisque c’est la vision à long terme de ce « dépyramidage »!!!.
          Mais la question alors est; ils vont commander quoi et qui ????

    • RNX dit :

      Oui enfin la gestion sur le long terme ça marche que si les règles ne changent pas toutes les paires d’années… Les directives RH ont ces 8 dernières années fait des changements de cap à 180 degrés au gré des évènements et des politiques ; malheureusement les politiques de parcours pro se font sur du long terme quand justement on a une vision de GPEEC de sa ressource, voeu pieu dans nos armées dont le maître mot est de s’adapter.

    • Kellermann dit :

      Vous êtes drôle, rascasse, vraiment. Bonne fin d’annee.

  3. Breer dit :

    Le problème du blocage pyramidal existait déjà dans les années 80, (pour la Marine en tout cas) et pour d’autres raisons, il est vrai,notamment le nombre important d’anciens officiers mariniers supérieurs, (maitres principaux et premiers maitres) qui trop vieux pour se refaire une carrière dans le civil restaient le plus longtemps possible (jusqu’à la limite d’âge maximum) en service bloquant ainsi l’avancement des officiers mariniers subalternes (second maitres et maitres). C’était une réalité dans certaines spécialités anciennes de l’époque, pas dans les spé techniques les plus récentes (électroniques, informatiques, électro – mécaniques etc..) il est vrai, puisque dans ces dernières il n’y avait pas de blocages, et beaucoup des meilleurs OM techniciens après 15 ans partaient bosser dans le civil où il y avait du boulot mieux payé avec moins de contraintes professionnelles.
    Pour ce qui est des officiers, je ne sais pas, mais j’ai toujours trouvé qu’il y en avait plus à terre que sur les navires .. leur nombre sur un bâtiment étant forcément limité

  4. Jm dit :

    Tu m’étonnes !!!
    C’es beaucoup plus facile de donner des primes à 400 généraux qu’à 10 000 adjudants.
    Et puis, un général, comme c’est désigné – nommé – élu.(choisissez votre camp).. en conseil des ministres, ça obéit sans broncher.
    Alors qu’un adjudant, en passe de devenir adjudant-chef voire major, ça obéit également, mais ça peut se permettre de critiquer, son ancienneté et l’étendue de ses connaissances le lui permettant.
    Et n’oublions pas la phrase d’un de nos chefs ; critiquer, ce n’est pas désobéir…
    Quand aux sergents, c’est simple ; comment utiliser de la main d’oeuvre corvéable à merci en CDD, désormais moins payée qu’un Smicard , et à qui on a vendu des cravates, et qui n’a quasiment désormais aucun avenir au sein de l’institution.
    Je sais que mon raisonnement est basique, voire simpliste, mais il est totalement réaliste.
    Et c’est ce qui se passe actuellement.

    • Le routier dit :

      Bonjour,
      Je confirme le raisonnement est basique. Le nombre de généraux et d’officiers supérieurs n’a cessé de diminuer ces dernières années. Il revient juste à un niveau normal. L’enjeu pour le gestionnaire sera de maintenir cet équilibre. Je rappelle qu’un officier général est un chef militaire mais également un cadre de la haute fonction publique qui possède des qualifications équivalentes à ses interlocuteurs politiques. Et il vaut sans doute mieux un officier général pour porter les problématiques des militaires au plus haut niveau qu’un administrateur civil qui n’a que faire de la réalité militaire. Le reste est une affaire de personne. Je déplore autant que vous le manque de sous-officiers supérieurs, mais il faut dire aussi que les candidats BSTAT diminuent et que les candidats ESP ne se bousculent pas. Quant aux jeunes, leur cas mérite en effet réflexion, néanmoins, les passerelles offertes pour progresser existent.
      Passez tous de bonnes fêtes de fin d’année.
      Cordialement

      • ghfh dit :

        Il est clair que depuis 30 ans, nos bons généraux nous ont âprement défendu…
        Le seul a avoir « porter ses couilles », gnl de Villiers, était celui qui n’avait rien à perdre. Au sein de l’institution, tout le monde sait qu’il ne faut pas compter sur ses chefs pour avoir un appui, quel que soit le niveau du chef.

      • Jm dit :

        Je ne vais pas remonter trop loin mais en 2012, 303 généraux en activité pour les trois armées (Terre, Air, Marine) pour 228.656 militaires, soit soit un ratio d’un général pour 750 personnels.
        En 2019, les effectifs cibles sont de 272243 personnels militaires, ce qui fait un ratio d’un général pour 730 personnels (comme les impôts, j’ai arrondi).
        En substance, c’est un peu l’histoire du gruyère et des trous ; plus il y a de généraux, moins il y a de personnes à commander.

  5. Marsouin98 dit :

    Augmentation des droits de sous-lieutenants, lieutenants et commandants, mais diminution des capitaines (même logique avec les grades de sous-officiers et officiers-mariniers) : cela signifie :
    – qu’il ne s’agit pas d’une vision à long terme (puisque les armées manqueront un jour de commandants et d’adjudants). Et pourtant, il va falloir mettre en place une gestion des carrières pour atteindre ces effectifs terminaux, ce qui va nécessiter du temps ;
    – que les grades de lieutenant et de sergent-chef sont des grades terminaux, associés à des contrats courts pour fluidifier la gestion.
    Cela signifie également que, sauf à restructurer les unités, les compétences des grades d’encadrement intermédiaire seront progressivement confiés aux grades supérieurs et inférieurs (ce n’est pas péjoratif, c’est juste un classement).
    Enfin, cela va induire des distorsions en gestion, les postes décrits ne correspondants pas aux personnels présents.
    Ce n’est pas de la politique RH ou de la GPEEC.

    • Albe dit :

      Le problème de l’armée, est qu’elle n’est pas organisée pour libérer le potentiel et la créativité de chacun. Seul les pragmatiques en nombre, y trouvent leurs places en incohérence avec des personnels créatifs au savoir être et savoir faire spécifiques qui, s’ils ne sont pas bien encadrés et compris, s’en vont.
      Ces individus vont donc s’épanouir dans le monde civil et in fine élaborent, en respect de ce qu’ils sont, des moyens répondant à des besoins, qui une fois adoptés par la société civile mettent à défaut des organisations qui ne savent pas s’adapter humainement, culturellement et techniquement.

  6. Albe dit :

    5 % de généraux en plus pour 0,7 % de major …
    Ils veulent tuer le corps des majors voir celui des sous officiers supérieurs si je comprend bien !
    Les Sergents vont voir leurs soldes inférieures au SMIC.
    Les promotions des sous officiers supérieurs réduites au profit des officiers.
    Une « armée d’officiers » (qui pour un nombre conséquent attendront patiemment leurs retraites …) est entrain de se construire autour de militaires du rang et de sous officiers subalternes aux emplois de courtes durées.
    Une armée aux grosses cuisses, à la grosse tête mais sans torse et sans souffle (et surtout sans âme et sans esprit d’équipe) est entrain de se monter.
    Une armée « d’intellectuels » versus une armée « jetable ».
    De telles annonces doivent nuire considérablement à la motivation des sous-officiers ?
    Et on entend parler de fidélisation …
    Je n’y comprend plus rien !

    • inchy dit :

      juste pour info et pour rectifier. Le corps des Majors a été supprimé le 01/01/2009.

    • Jm dit :

      Votre raisonnement est simple mais correct.
      En fait, en se penchant sur l’histoire, la première erreur a été d’accepter la création du grade de Major. C’est à partir de là que la politique RH des sous-off a commencé à partir en sucette, et de facto, au profit des officiers (on vous a accordé cela, donc….)

    • Jeje dit :

      Re bravo

  7. Yann dit :

    Un jour un pacha , au carré OMS du JEAN BART, a dit : « vous prenez 3 bateaux, le 1er avec un équipage d’officier, le second avec un équipage d OM-OMS et le troisième de matelots et QM. Lequel fera sa mission? »
    Tout le monde se regarde
    Et le pacha dit fièrement « celui des OM-OMS car se sont des spécialistes. Les 2 autres n auraient pas quitté le port car les équipages ne sont pas encore assez autonome et ni celui des officiers car ils auraient tous cherché à être command.. »
    Rire général

    • Trachix dit :

      Bonne démagogie du CDT au carré OMS… En fait, le bateau d’OMS aurait pu partir, mais n’aurait sans doute pas pu réaliser correctement la mission. Sans QMM : personne pour faire les tâches ingrates ni mettre du coeur dans les tâches les plus physiques (les exercices incendie ne débordent pas d’OMS en pompiers lourds). Sans officiers, pas d’administration, pas de travail en groupe constitué, pas de gestion de chantiers complexes, moindre capacité à s’intégrer (les OMS et l’anglais, les OMS et l’interopérabilité…). Bien sûr, ce ne sont que des généralités et en regroupant les meilleurs OMS (et on en a moules), on pourrait faire appareiller un opérer une bonne partie de la flotte.

  8. Bravo-charlie dit :

    Une armée de soldats de carrière alors qu’il faudrait une armée de guerriers pour espérer vaincre. Sun Tzu doit bien se marrer au paradis des stratèges.

  9. Veritas dit :

    Il a dû échapper à certains commentateurs adeptes de la lutte des classes que cet état de fait pouvait être transitoire et résulter de 2 causes récentes :
    – l’augmentation de la FOT à 77 000 hommes qui a conduit à un sur recrutement et donc de fait à « créer » du sergent et du lieutenant. On ne « fait » pas du capitaine et de l’adjudant en si peu de temps, alors pour le moment on met en place la base de la pyramide qui est appelée à progresser et s’élever avec le temps ;
    – la création d’adT « au Contact » qui multiplie les état-majors qui ont donc besoin de commandants (généraux) et de traitants ou rédacteurs (lieutenants-colonels, commandants ).

    Bref, c’est une mécanique mais qui s’adapte à des décisions de politique qui ont marqué une certaine rupture, et donc prendra du temps pour lisser dans le temps les avancements naturels.

    • Alexandre dit :

      Ouf, ça fait du bien de lire un peu de bon sens par une mise en perspective des faits ! Beaucoup semblent oublier pourquoi on en est là aujourd’hui. Désormais, il faut gérer…

    • Électeur dit :

      Merci, Veritas, de rappeler que les difficultés de gestion des personnels militaires sont le résultat, difficilement géré, de l’imprévision politique pesant structurellement sur les armées.
      .
      Si l’on y regarde mieux, on s’aperçoit que parmi les services publics (éducation nationale, santé, préfectures…) les armées ne se débrouillent pas trop mal avec ce boulet qui handicape la France : l’incompétence de sa classe politique.

      • Janot98 dit :

        @Electeur : ce n’est sans doute pas une question de compétence de la classe politique, mais le fait que le tempspolitique est différent du temps RH.

      • Électeur dit :

        @ janot98
        Merci de m’avoir lu.
        Nous sommes d’accord, me semble-t-il : le problème est l’incapacité du monde politique (ce que vous appelez « le temps politique ») de s’adapter à la réalité (ce que vous appelez « le temps RH »).
        Pour moi (pour vous aussi, je suppose) le résultat est essentiel.
        Lorsque le résultat n’y est pas, je me demande où est l’origine du problème.
        .
        Mes souvenirs de la Quatrième République et du redressement rapide qui se produisit aussitôt que l’on mit fin au « régime des partis » me donne à la fois une explication et la certitude que l’on ne doit pas accepter le décalage dont vous parlez et que c’est la classe politique qui doit s’adapter à la réalité et non l’inverse.

  10. Cambo two dit :

    Cela se nomme une armée Mexicaine

  11. Meiji dit :

    L’écart se creuse entre les militaires de carrière et ceux sous contrat.
    Un peu comme dans les grandes entreprises maintenant, le haut de la pyramide du conseil d’administration (état major) se gave en essorant les milliers de petits employés du bas de l’échelle.

  12. petaf dit :

    c’est vrai qu’on a vachement besoin de ces rentiers étoilés aux douces secondes carrières bien placés…

  13. Micka dit :

    Y’a plus qu’a attendre la réforme des retraites avec la réforme de la RJI, pour voir partir tout un pan des miliaires du rang et des sous officiers.

    • Jm dit :

      Et des officiers, ne les oubliez pas.
      Les départs massifs annoncés sont en cours de traitement (car déposés dès décembre 2018 à la vue de ce qu’à annoncé de façon globale le Chef des Armées), et vont se situer entre janvier et juin 2019, pour ne pas avoir à subir la mise en oeuvre du nouveau plan dès août 2019.
      Plan qui sera bien sûr favorable aux militaires, tous statuts confondus !!!!!!!

  14. Michel dit :

    Une méthode a été utilisée par la D.R.H qui a fonctionné, était celle du « pécule » une prime de départ allouée aux Sous-Officiers les incitant à quitter l’institution militaire. Cet émolument représentait x mois de solde et était attribué en fonction de critères d’ancienneté, de grade, de spécialité excédentaire.

  15. Albe dit :

    Avec cette politique, on risque de voir des personnes n’ayant pas encore acquises suffisamment d’expérience pour prendre de saines décisions (SLT/LTT), encadrer des personnes n’ayant pas encore acquises suffisamment d’expérience pour évoluer en saine autonomie (SGT/SGC) !
    Et si la volonté consiste à aller chercher chez les sous-officiers supérieurs, les futurs SLT et LTT cela aurait pour effet de mettre à défaut techniquement les sous-officiers supérieurs restants.
    Cela pourrait être évité, si chacun, sans ingérence, reste bien dans son rôle (et la, c’est pas gagné …).
    Si bien maitrisé et encadré, l’effet positif serait que par capillarité, le message actuel et réaliste de la technicité et de l’humain passerait mieux et les décisions de haut niveau peut être plus cohérentes et adaptées !

    • mich dit :

      Bonjour ,vous écrivez « Cela pourrait être évité, si chacun, sans ingérence, reste bien dans son rôle (et la, c’est pas gagné …). » , 1000 fois d ‘accord ,mais hélas ce que vous écrivez au début est deja à l ‘œuvre depuis un petit moment.Pour en rajouté un louche ,il faudrait aussi faire un peu le ménage dans les formations ,mais comme dans le civil ,nous avons un peu céder face au dieu diplôme,qui devrait juste servir à valider l’ apprentissage d’un savoir et pas justifier forcement un poste ou pire un salaire (et ça c’est dans toutes les strates de notre société).

  16. Claude dit :

    En gros un 3 galons pour 10 hommes du rang.
    Tout va bien.

  17. ni pour ni contre, bien au contraire dit :

    Ce qui fout la trouille, ce n’est pas tant ces prévisions d’effectifs pour 2019. Ces variations ont toujours été et seront toujours. Ce qui est beaucoup plus inquiétant, c’est la politique de fidélisation, pour garder les meilleurs éléments, surtout dans l’encadrement, et la politique des départs.
    Nombre de règles de gestion ont changé, et vont encore changer. Les règles de recrutements semi-direct des officiers vont évoluer, mais aussi le niveau des examens pour les sous-officiers a drastiquement baissé. A ce rythme, les sous-officiers qui occuperont des postes de haut de pyramide auront un niveau académique déplorable !
    Ces examens, qui servent à filtrer pour ne garder que les meilleurs, ne remplissent plus leur rôle. Finalement, tout le monde pourra prétendre à atteindre le haut de pyramide, alors qu’évidemment tout le monde n’a pas le niveau. En faisant cela, on sabote le niveau général des sous-officiers, et on fait des générations de frustrés !

    • petaf dit :

      dans l’AA plus de S3 depuis qq années et cette année plus de S2 pour les jeunes , tout va bien …
      je ne sais pas pourquoi je me suis fais chier à passer tout ça !!!

  18. Paul Letissier dit :

    « Dividendes de la paix », « variable d’ajustement », puis priorité absolue pour compenser d’urgence les insuffisances des autres administrations tout en subissant des gels et des reports aléatoires de crédits, il ne faut pas s’étonner que la gestion des personnels soit un peu erratique.
    .
    C’est, encore une fois, le résultat d’un problème institutionnel qu’il nous faut résoudre : l’instabilité des moyens, et donc les difficultés de gestion, n’existerait pas si les Parlementaires (des gens qui sont supposés nous représenter) obligeait le Gouvernement à exécuter les lois : les LPM et les lois de finances toujours remises en question, ce n’est pas tenable.

    • Polymères dit :

      Fallait-il exiger des parlementaires qu’on exécute la loi 2014-2019 tel qu’elle était lorsqu’en 2015 elle a été revu à la hausse?
      Ou alors la contrainte ne peut-être que dans un sens et qu’on se retrouve dans l’impossibilité d’augmenter les moyens militaire sans terminer une LPM en cours?
      .
      Tout est remis en question, oui car faut le rappeler, notre situation financière n’est pas bonne! Voilà pourquoi, ce n’est pas juste le gouvernement qui par plaisir vient couper les dépenses militaires.
      On a un déficit budgétaire qui est important, on établit un budget sur des prévisions de recettes, ces prévisions ne sont en rien une certitude et si elles ne sont pas à la hauteur de ce qu’on prévoyait, ben le chamboule tout est vite arrivé. Si on disposerait d’un budget excédentaire ou très légèrement déficitaire, ce genre de fluctuation n’aurait pas d’incidences sur le budget voté l’année d’avant, l’adaptation se fera après.
      De la même manière que si vous prévoyez de dépenser 1000€ pendant vos vacances et qu’au final vous en dépensez 900, ben ça ne bouscule pas votre budget, par contre si vous dépensez 1100€, ben les 100€ faudra les trouver ailleurs, en économisant ailleurs.
      Le déficit budgétaire n’est pas tenable, c’est vrai, mais on voit aussi que dès qu’on veut faire des économies ou augmenter les recettes, ben tout le monde râlent, chacun défendant son clocher…

    • Davy Cosvie dit :

      Polymères, l’on peut faire des raisonnements théoriques où les recettes doivent équilibrer les dépenses comme dans une association, une entreprise, une collectivité territoriale, etc. Mais la comptabilité d’une Nation fonctionne différemment. Ceci parce qu’une Nation souveraine dispose de la possibilité de fabriquer la monnaie dont elle a besoin, ce qui n’est pas le cas des autres collectivités.
      .
      Si l’on est une Nation souveraine, l’on peut compenser les recettes manquantes comme la France l’a toujours fait, c’est-à-dire en fabriquant de la monnaie. Du moins c’était ce qu’elle faisait jusqu’à ce qu’en 1972 soit créé le SME (serpent monétaire européen) qui nous interdisait de fabriquer autant de monnaie qu’il nous en fallait pour équilibrer nos comptes. Le système a sans cesse été perfectionné jusqu’à ce que l’on arrive à priver le Gouvernement de toute autorité sur la Banque de France par une loi de 1993.
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      Alors ce qui devait arriver est arrivé : 1) nous avons dû emprunter et nous sommes endettés ; 2) la diminution des dépenses publiques a fait ralentir l’activité économique, engendrant une hausse définitive du taux de chômage.
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      Aujourd’hui la solution est d’appliquer, dans les traités européens, seulement ce qui est notre intérêt : fabriquer autant d’€uros qu’il nous en faut.