Les talibans lancent une attaque contre la ville de Ghazni, à deux heures de route de Kaboul

Bien que leurs émissaires « discuteraient » discrètement au Qatar avec une délégation américaine emmenée par Alice Wells, sous-secrétaire d’État adjointe, chargée de l’Asie du Sud, les talibans continuent à mettre la pression sur les forces de sécurité afghanes.

Ainsi, après Kunduz et Farah, deux capitales provinciales, le mouvement taleb afghan a lancé une offensive de grande ampleur en direction de la ville de Ghazni, chef-lieu de la province du même nom, située à deux heures de route, seulement, de Kaboul.

« Les talibans ont lancé leur assaut hier [le 09/08] vers 23H00 en attanquant les barrages de sécurité qui ceinturent la ville. Les combats se poursuivent avec les forces de sécurité », a témoigné, ce 10 août, auprès de l’AFP, Farid Ahmad Marshal, le chef de la police locale.

« On entend encore des tirs venant de plusieurs directions. Les talibans vont et viennent en ville, ils sont des dizaines. Le bâtiment de la direction de la Reconstruction est en feu », a raconté Asif Panahi, un commerçant contacté par l’agence de presse française.

Le porte-parole du mouvement taleb afghan, Zabihullah Mujahid, a affirmé que l’assaut donné contre Ghazni « s’inscrivait dans le cadre de l’offensive de printemps », lancée en mai dernier et appelée Al Khandaq. « Des centaines de moudjahidines équipés d’armes lourdes se sont emparés des checkpoints et postes de police de la ville », a-t-il assuré.

Le fait que cette attaque ait été lancée pendant la nuit suggère que les assaillants étaient dotés d’équipements de vision nocturne. Ce qui laisse à penser que le mouvement taleb a envoyé ses unités d’élite (dites « Rouge ») dans la bataille.

Cependant, et comme à Farah, les taliban n’ont visiblement pas cherché maintenir leurs positions dans Ghazni. Les forces afghanes, appuyées par l’aviation américaine, sont rapidement intervenues.

« Nous pouvons confirmer qu’il y a eu des attaques la nuit dernière contre plusieurs centres gouvernementaux dans la ville de Ghazni », a déclaré le lieutenant-colonel Martin L. O’Donnell, le porte-parole de la mission Resolute Support [conduite par l’Otan] et des forces américaines en Afghanistan. Selon lui, les combats ont cessé vers 8 heures, ce 10 août.

« Les forces américaines sont intervenues en fournissant un appui aérien rapproché (avec des hélicoptères d’attaque) » aux forces afghanes et en effectuant « une frappe » avec un drone, a détaillé l’officier. « De plus des avions américains ont montré leur présence », a-t-il ajouté.

« Les forces afghanes gardent le contrôle au sol. […] C’est une nouvelle vaine tentative des talibans pour prendre du terrain et faire les gros titres », a encore estimé le lieutenant-colonel O’Donnell.

Cela étant, la sécurité dans la province de Ghazni passait déjà pour être très dégradée, la commission électorale ayant renoncé à y organiser les prochaines élections législatives, les canditats potentiels craignant pour leur vie. En outre, d’après ToloNews, l’axe Kaboul-Ghazni avait été fermé à la circulation, après de violents combats entre les forces gouvernementales et les talibans.

Ces derniers mettent la pression sur d’autres capitales provinciales. Outre Ghazni, Farah et Kunduz, c’est en effet le cas pour Lashkar Gah, Tarin Kot et Pul-i-Khumri.

Par ailleurs, et alors que les derniers rapports du Pentagone minimisent les liens entre le mouvement taleb afghan et al-Qaïda, plusieurs membres de l’organisation fondée par Oussama ben Laden ont été arrêtés ou tués ces derniers jours en Afghanistan.

Dans la province du Helmand, bastion traditionnel des talibans, les forces de sécurité afghanes ont tué, le 7 août, 7 membres d’al-Qaïda, dont Abdul Rahim Al-Mesri, un cadre de haut rang probablement d’origine égyptienne. A priori, ce dernier fabriquait des engins explosifs improvisés (IED) pour le compte du mouvement taleb.

Puis, lors d’une opération menée trois jours plus tôt dans la province de Nangarhar, cinq membres présumés d’al-Qaïda, d’origine pakistanaise, ont été arrêtés par les forces afghanes.

L’alliance entre al-Qaïda et le mouvement taleb afghan n’a jamais été remise en cause par l’une ou l’autre partie. Le successeur de Ben Laden, Ayman al-Zawariri, a ainsi toujours fait allégeance au chef des taliban afghans, quel qu’il soit.

En outre, le réseau Haqqani, qui reste l’une des principales branches du mouvement taleb, entretient toujours des relations solides avec l’organisation terroriste.

« Les dirigeants d’al-Qaïda ne semblent pas ‘se concentrer sur leur propre survie’ [comme l’affirme le Pentagone]. La branche qui assure la propagande d’al-Qaïda, As Sahab, a augmenté sa production de vidéos […] depuis la mi-2015. Et son chef, Ayman al-Zawahiri, ainsi que Hamza Ben Laden ont publié de nombreuses déclarations pendant cette période, alors que l’organisation a envoyé des cadres pour diriger les combats dans d’autres théâtres, comme en Syrie. Ce ne sont pas les actions d’un groupe qui se concentre sur la survie », a par ailleurs récemment souligné The Long War Journal.

Photo : Talibans à Farah, en mai dernier (archive)

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