Au moins 12 gendarmes ont été tués lors d’une nouvelle attaque au Niger

La région de Tillabéri, située dans le sud-ouest du Niger, a une nouvelle été le théâtre d’une attaque meutrière, le 21 octobre. Cette fois, c’est la gendarmerie d’Ayorou qui a été visée, pour la deuxième fois cette année, par un groupe d’hommes armés arrivés à bord de plusieurs véhicules 4×4, depuis le camp de réfugiés maliens de Tabareybarey.

Les assaillants ont pillé la caserne avant de prendre la fuite avec trois véhicules de gendarmerie, des armes et des munitions.

Selon un premier bilan donné par le ministre nigérien de l’Intérieur, Mohamed Bazoum, au moins 12 gendarmes nigériens y ont laissé la vie. « Des opérations de traque ont été lancées », a-t-il assuré. Et une source sécuritaire a précisé que des « poursuites terrestres et aériennes » étaient en cours dans les heures qui ont suivi l’assaut.

Plus tard, un nouvel accrochage a eu lieu, cette fois dans la zone de Inates, un peu plus au nord, entre les forces armées nigériennes et un groupe armé qui tentait de rejoindre le nord du Mali. On ignore si c’est celui qui a attaqué la caserne d’Ayorou.

Les attaques de ce genre tendent à devenir de plus en plus fréquentes dans la région de Tillabéri, malgré l’instauration de l’état d’urgence et l’interdiction de la circulation de voitures et de motos dans plus zones afin d’empêcher les infiltrations terroristes. Les Nations unies affirme en avoir recensé « au moins 46 » depuis le début de l’année 2016.

La plus meutrière a eu lieu le 22 février 2017. Ce jour-là, 16 soldats nigériens furent tués à Tilwa, à une dizaine de kilomètres de la frontière malienne. L’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), commandé par Abu Walid Al-Sahraoui, en avait revendiqué la responsabilité.

Par la suite, le ministre français de la Défense, qui était alors Jean-Yves Le Drian, avait annoncé le déploiement, dans la région, d’un détachement de liaison et d’assistance opérationnelle (DLAO), avec notamment 50 à 80 commandos des forces spéciales.

S’agissant de l’attaque de la caserne de gendarmerie d’Ayourou, des sources sécuritaires ont confié à RFI que le camp de réfugiés de Tabareybarey, situé à seulement 4 km, aurait servi de refuge aux assaillants. C’est un « endroit idéal pour stocker des armes, avant toute opération dans la zone », estiment-elles.

Des complicités… C’est aussi la piste privilégiée pour expliquer les circonstances de l’embuscade qui a coûté la vie à 4 commandos des forces spéciales américaines et à 4 soldats nigériens, au début de ce mois. Ainsi, le chef du village de Tongo Tongo, près duquel a eu lieu l’attaque, attribuée à l’EIGS, a été arrêté.

Ce chef de village a « retardé de quelques minutes une réunion » avec les militaires nigériens et américains, ce qui a « permis l’arrivée des assaillants » et « favorisé l’embuscade », a expliqué une source sécuritaire nigérienne, rapporte l’AFP.

« Certains des soldats qui ont assisté à la réunion avec les dirigeants locaux ont déclaré qu’ils soupçonnaient les villageois de retarder leur départ » et donc « auraient été complices de l’embuscade », a en outre récemment indiqué un responsable de la défense américaine, à l’antenne de CNN.

« C’est une zone où ils (les jihadistes) ont été en mesure d’être plus présents que nous, inspirer la peur et certainement disposer d’éléments à même de leur donner des renseignements très précis », a par ailleurs estimé Mohamed Bazoum.

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