Face à l’EI, les États-Unis envisagent de renforcer leur soutien militaire aux Philippines

Depuis le 23 mai dernier, à Marawi, ville située dans l’île méridionale de Mindanao, les groupes Maute et Abu Sayyaf, liés à l’État islamique (EI), mettent en difficulté les forces armées philippines, peu rompues au combat urbain. Si cette situation doit durer, le risque est de voir un point de fixation jihadiste en Asie du Sud-Est, avec l’arrivée d’un flux de combattants étrangers.

« Les Philippines se retrouvent maintenant sous le feu de la communauté mondiale du jihad, avec toute une série de défis » à relever. Elles « doivent maintenant saisir toutes les occasions de nier les victoires à Hapilon », le chef d’Abu Sayyaf, résume un rapport [.pdf] de l’Asia-Pacific Counter IED Fusion Center, un organisme de l’US Army.

Cette menace avait été évoquée dès juillet 2016 par l’amiral Harry Harris, le chef du commandement militaire américain pour le Pacifique (US Pacific Command). « Je parle souvent du rééquilibrage stratégique des États-Unis dans cette région [Asie-Pacifique, ndlr]. Malheureusement, je crois que l’État islamique essaie aussi d’en faire de même. Pour arrêter la propagation cancéreuse de l’EI en Asie, nous ne pouvons pas travailler seul. Nous devons travailler ensemble », avait-il dit lors d’une intervention devant la Rebuild Japan Initiative Foundation.

Face à la menace jihadiste, les Philippines peuvent compter sur le soutien de l’Australie, qui apporte un aide dans le domaine du renseignement et de la surveillance (ISR) via des missions assurées par des avions de patrouille maritime AP-3C Orion. Les États-Unis ne sont pas en reste, avec la livraison de deux avions légers ISR de type Cessna C208B Grand Caravan et la présence, auprès des troupes gouvernementales, de conseillers militaires issus de leurs forces spéciales. Mais il est question de faire davantage.

En effet, un responsable du Pentagone a fait état, le 8 août, de discussions « bien avancées » sur un renforcement de l’aide militaire américaine à Manille, lequel prévoirait le déploiement de drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance).

Ces appareils viseraient à accroître les capacités de surveillance au bénéfice des militaires philippins. Et ils « pourraient théoriquement être utilisés pour des frappes, mais seulement pour défendre des forces américaines ou alliées », a précisé ce responsable américain auprès de l’AFP. Car ils « ne sont pas forcément là pour ça. Ils sont là pour la reconnaissance et le renseignement », a-t-il expliqué.

Le veille, la chaîne NBC a révélé que le Pentagone envisageait un plan pour effectuer des frappes contre l’EI aux Philippines, dans le cadre de la légitime défense collective, prévue par les accords de défense qui lient Washington et Manille depuis 1951.

Seulement, un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Christopher Logan, a calmé le jeu, en précisant que les Manille n’avait pas encore demandé « de frappes de drones » aux États-Unis. « Nous respectons la souveraineté des Philippines et nous ne cherchons pas à mener une action unilatérale aux Philippines », a-t-il dit.

Un autre responsable a souligné que l’accent était pour le moment davantage mis sur le partage de renseignements que sur des « frappes aériennes offensives » contre l’EI. « L’autodéfense collective ne signifie pas nécessairement des raids aériens », a-t-il dit.

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