Créer une « cyber armée »? Une fausse bonne idée pour l’officier général Cyberdéfense

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À l’occasion du sommet de Varsovie, les membres de l’Otan ont reconnu que le cyberespace est désormais un domaine opérationnel comme un autre. En octobre 2014, lors de la pose de la première pierre du futur bâtiment d’expertise cyber de haute sécurité de la Direction générale de l’armement (DGA), à Bruz, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait évoqué une « quatrième armée » qui prendrait en compte ce nouveau champ de bataille, aux côtés de l’armée de Terre, de la Marine nationale et de l’armée de l’Air.

« Je parle de parle de quatrième armée » car « je considère que l’enjeu (de la cybersécurité) est tellement fort, tellement inter-armées, que dans les années qui viennent, ce sera sans doute aussi fort qu’une armée », avait affirmé le ministre.

Pour autant, la création d’une « cyber armée » serait-elle une bonne idée? Ce n’est pas si sûr, à en croire les doutes exprimés par le contre-amiral Arnaud Coustillière, le patron de la cyberdéfense française, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« L’espace numérique irrigue très profondément tous les systèmes, tous les bateaux, tous les avions et jusqu’au fantassin qui a des équipements et des liaisons intégrés (FÉLIN), qui a une adresse IP sur lui. Le véhicule de combat de l’avant sera, dans quelques années (…) une sorte de système androïd (…) auquel on aura mis des roues et qu’on aura pourvu d’une certaine intelligence. Ensuite, le domaine des systèmes d’information va nous permettre d’exploiter ce milieu numérique et, au-dessus, nous avons les combattants – ceux qui se défendent et ceux qui attaquent –, voilà ce qu’est la cyber », a commencé par expliquer le contre-amiral Coustillière.

Passé ce constat, la création d’une armée distincte des autres avec ses logiques propres est-elle justifiée? « Je doute que ce soit une bonne solution à court terme parce que nous risquons alors de perdre en cohérence en sortant les spécialistes des différentes armées, en provoquant une telle cassure », a estimé l’officier.

À vrai dire, le contre-amiral Coustillière n’a pas de certitude. « Je n’ai pas de boule de cristal, pas plus que le militaire de 1912 qu’on aurait interrogé sur l’avenir éventuel de l’arme aérienne. » En tout cas, la question mérite d’être posée et « d’être analysée par par ceux qui réfléchissent aux évolutions des armées. »

Cela étant, le patron de la cyberdéfense française a observé que « du côté américain, où l’on a en général toujours un peu d’avance, on n’envisage pas une armée cyber, chacune des composantes s’appropriant au contraire la cyberdéfense. » Et d’ajouter : « Il me semble qu’il s’agisse de la meilleure voie, à condition que chacune des armées joue le jeu et consacre la ressource humaine nécessaire aux biens communs interarmées. Si les armées ne fournissent pas les compétences dont nous avons besoin il y aura en effet un problème. »

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