La présence militaire russe en Syrie est encore « considérable »

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Même après le départ de la majeure partie des bombardiers tactiques jusqu’alors engagés dans les opérations aériennes menées par la Russie en soutien du régime de Bachar el-Assad, la présence militaire russe en Syrie restait encore importante, avec le maintien de systèmes de défense aérienne performants (comme le S-400), de forces spéciales et d’hélicoptères d’attaque.

D’ailleurs, l’appui fourni par les forces russes aux troupes syriennes ainsi qu’à celles du Hezbollah libanais lors de l’offensive ayant abouti à la reconquête de la ville de Palmyre, alors aux mains des jihadistes de l’État islamique, l’a démontré.

Pour le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, qui était à Ankara (Turquie) ce 21 avril, cette présence des forces russes est même « considérable ».

« Malgré l’annonce du retrait partiel, nous voyons que la Russie maintient une présence militaire considérable pour soutenir le régime d’Assad en Syrie », a en effet affirmé M. Stoltenberg.

Mais, d’après des responsables du Pentagone, la Russie déploie de nouvelles forces, en particulier des unités d’artillerie, dans le nord de la Syrie, notamment près d’Alep et dans les provinces de Lattaquié et d’Idlib. Ce qui laisse craindre à la fin prochaine du cessez-le-feu instauré en février entre le régime de Bachar el-Assad et les groupes rebelles ayant des représentants aux négociations de paix qui se tiennent actuellement à Genève.

Quoi qu’il en soit, pour les États-Unis, l’afflux de matériels russes en Syrie est préoccupant car il serait de nature à remettre en cause le cessez-le-feu, lequel, au passage, ne concerne pas l’EI et le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda/

« Les informations faisant état de livraisons de matériel russe en Syrie nous préoccupent », a en effet déclaré Ben Rhodes, le conseiller adjoint de la Maison blanche à la sécurité nationale.

« Nous pensons qu’il serait préjudiciable pour la Russie d’amener en Syrie davantage d’équipements militaires ou davantage d’hommes. Nous pensons que nos efforts portent davantage leurs fruits lorsqu’ils portent sur une résolution diplomatique du conflit », a-t-il ajouté.

« Le président Obama a dit directement au président Poutine, quand ils se sont parlés au téléphone il y a quelques jours, que la Russie devrait concentrer ses efforts sur le processus diplomatique, sur le maintien de la cessation des hostilités et de travailler avec le gouvernement syrien pour les amener à prendre au sérieux le processus de négociation et, finalement, la transition », a encore fait valoir M. Rhodes.

Seulement, la trêve et les pourparlers de paix ont du plomb dans l’aile. « Il n’y a plus de cessez-le-feu sur le terrain. C’est fini », a même affirmé Riad Hijab, le coordinateur de l’opposition.

Qui plus est, après le bombardement, attribué au régime de Damas, de deux marchés de la province d’Idlib (44 civils tués), l’opposition syrienne a décidé de quitter la table des négociations (et même Genève).

 

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