Une plongée au coeur du 27e Bataillon de Chasseurs Alpins

27ebca-20160417Quand éclate la Première Guerre Mondiale, François Ratto n’a que 16 ans. Et, évidemment, son âge lui interdit de s’engager dans l’armée. Pour autant, l’adolescent ne s’en laisse pas compter : il réussit à embarquer clandestinement à bord du train devant emmener le 27e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) en Lorraine.

Une fois découvert, et grâce à sa détermination, François Ratto réussit à se faire incorporer à la 2e compagnie du bataillon. C’est ainsi qu’il se battra en Lorraine, puis en Belgique, dans le secteur d’Ypres. Malheureusement, le 24 novembre 1914, gravement touché, la veille, par un éclat d’obus, il s’éteint des suites de ses blessures. La Médaille militaire lui sera décernée à titre posthume. Ce qui fait probablement de lui le plus jeune médaillé militaire.

On peut lire l’histoire de François Ratto dans le livre « Les Chasseurs alpins du 27e BCA » qui vient d’être publié aux éditions Pierre de Taillac sous la direction du capitaine Bruno de Franqueville.

Si des personnages illustres ont servi dans ses rangs (Tom Morel, Roland Garros), d’autres personnalités du 27e BCA méritent d’être connues. Et c’est ce que permet cet ouvrage, au travers de l’histoire de cette unité, des témoignages de ceux qui y ont servi et de plus de 300 illustrations souvent inédites.

Ce livre revient sur les batailles et les opérations extérieures auxquelles le 27e BCA a pris part. Et l’engagement en Afghanistan y est largement évoqué.

À ce propos, voilà ce qu’en dit le colonel Nicolas Le Nen, ancien commandant de la « Task Force » Tiger, déployée en Kapisa en 2009 :

« À l’heure où j’écris ces lignes, je suis gagné par la même fierté que celle qui m’a accompagné pendant ces six mois d’opérations. La guerre, comme la montagne, est un révélateur implacable de ce que valent les hommes. Je ne remercierai jamais assez les hommes et les femmes de la Task Force Tiger d’avoir offert au 27, à l’armée de Terre et à la France le meilleur d’eux-mêmes. Sept ans plus tard, je peux affirmer que du poste avancé Belda [du nom de Nicolas Belda, jeune militaire du 27e BCA tué au combat] au fond de la vallée d’Alasay jusqu’au quartier Tom Morel, des crètes du Gala Kuhe jusqu’au plateau des Glières, le 27 fut lui-même parce qu’il ne cessa jamais d’être grand. »

Comme le souligne l’éditeur, l’histoire du 27e BCA démontre que la valeur d’une unité d’élite (n’ayons pas peur des mots!) « repose non seulement sur l’excellence de ses soldats, mais aussi sur son aptitude à fédérer une jeunesse venue d’horizons très divers, à dépasser les objectifs reçus, à rassembler autour d’elle ses familles et tous ceux qui constituent son ancrage et sa raison d’exister. »

Le 27e Bataillon de chasseurs alpins : Des hommes d’exception, Éditions Pierre de Taillac – 35 euros

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Contribution

  1. de Daniel BESSON