Clap de fin pour le pétrolier-ravitailleur Meuse

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21 contributions

  1. Zayus dit :

    Les concepts BRAVE de DCNS, puisqu’il en existe deux dont un à étrave inversée (*), répondent aux besoins de la Marine Nationale.
    Notamment forts d’un déplacement de 30 000 tpc, les BRAVE ont des possibilités de soutien autrement améliorée que celle des BR (puis BCR pour certains) classe Durance de 18 000 tpc.
    Le BR Meuse était la seconde des 5 unités de la classe Durance mises en service dans la Marine Nationale. La Durance étant elle-même devenue Patagonia en Argentine…
    .
    Mais au-delà des capacité de ces « BRAVE » de DCNS qui amélioreraient évidemment le potentiel des Durance, le potentiel de la flotte ne le sera pas.
    Car ce départ de la Meuse va réduire le format de notre marine à 3 BCR au moins de 2016 à 2019, et il semble bien que ce format de 3 unités devienne pérenne avec seulement 3 FLOTLOG programmés pour finalement remplacer les 5 Durance d’origine 🙁 …
    .
    Le 4e FLOTLOG initialement prévu est passé à la trappe en 2013 avec le PA2 …
    Avec les Horizon, PA2 et FREMM abandonnés, Barracuda reportés, parc échantillon de Caïman, TCD vendus prématurément etc … une fois de plus c’est la Marine Nationale qui trinque.
    .
    (*) http://www.meretmarine.com/fr/content/la-marine-voit-sa-flotte-logistique-reduite-et-son-renouvellement-retarde

    • MP3 dit :

      La marine trinque comme les autres voire moins.
      Les programmes navals d’armement sont les plus coûteux avec les programmes aériens, les 2 comptent pour 80% du budget d’équipement qui est plus que dans d’autres armées.

      • Zayus dit :

        @MP3 :
        Et bien justement, c’est pour ça que la Marine Nationale compte effectivement parmi les plus lésées par les récurrentes réductions budgétaires !

    • Maotchao dit :

      Vous avez raison.
      Si on choisit le projet Brave, dont on peut largement penser qu’il sera choisit malgré la procédure obligatoire d’appel d’offres, le remplaçant aura des capacités bien meilleures que nos BCR du moment.
      Ensuite comme vous le dîtes, leur nombre diminue, par ce qu’il suit les diminutions de l’ensemble de la marine.
      Je vais faire une analyse que vous pouvez corriger si je me trompe, vous êtes un peu plus calé que moi pour la marine.
      Le format des 5 navires de classe Durance, remonte au temps de la guerre froide, pour une flotte plus importante.2 de ces navires devaient servir d’escorte aux 2 PA, donc naturellement avec un GAN en moins, l’utilité de l’un de ces navires disparaît, donc on peut comprendre le format de 4 que l’on a depuis 1999 après la vente du Durance a l’Argentine.
      Depuis quelques années nous avons réduits la quantité globale de navires de notre marine, essentiellement en réduisant le nombre de frégates.Bien que les nouveaux navires soient plus performant que les anciens (de l’Horizon a la FREMM et sans doute même la FTI, malgré qu’on puisse regretter de ne pas avoir que des FREMMs) il n’en reste pas moins que les pétroliers s’en moquent, eux un navire reste un navire a approvisionner.
      Avec la réduction a un format de 3, il n’y a rien de choquant, c’est même normal, la suite logique des autres réductions.La Meuse devant servir de bâtiment de réserve, ne sera pas remplacée, on va la désosser pour faciliter notamment l’entretien des autres navires, puis elle ira a la casse.
      Le format définitif a mes yeux est de 3, c’est une évidence.Par contre si par magie on commande un 2e PA, alors là on fera passer le potentiel a 4.
      .
      Ensuite concernant les caïmans, la cible reste a 27 hélicoptères, cela malgré la réduction de 17 a 11 FREMM, ça reste l’un des seuls programme qui n’a pas été réduit et qui comme pour les pétroliers, devait être logiquement réduit (moins de plate forme = moins d’hélicos)
      .
      Le TCD, là aussi toute une histoire.Vous savez comme moi que l’arrivée des BPC a changé complètement les capacités amphibie et héliporté de la flotte.Remplacer les 2 TCD Orage et Ouragan par 2 BPC classe Mistral, c’est un bon en avant énorme, pas simplement la préservation d’une capacité par des navires neufs.Bien qu’on devait garder 2 BPC + 2 TCD classe Foudre, l’ancien gouvernement décida de remplacer l’un d’entre eux prématurément par la construction d’un 3e BPC, a des fins de « relance économique ». Là aussi , personnes ne peut prétendre que l’on ne franchit pas un cap.
      Dès lors que nous avions acquis ce 3e BPC, on savait tous que l’on allait pas concevoir un nouveau type de navire, que ce serait un 4e BPC où rien.Il a donc été décidé de ne rien acheter ainsi que de vendre le navire dès aujourd’hui pour en tirer quelques chose a l’export.

      • Zayus dit :

        @Maotchao :
        En 1995/1996, en parallèle à la professionnalisation de nos armées, était mis en place un projet de modèle d’armée correspondant à cette nouvelle mutation.
        Il s’agissait d’ailleurs du dernier projet connu en France avec une réflexion qui s’inscrivait sur le long terme bien au delà des (trop) nombreux « Livre Blancs » et LPM attenantes.
        .
        Observez au demeurant qu’en 1996, cela faisait déjà plus de 6 ans que la « Guerre Froide » n’était plus d’actualité pour anticiper l’avenir.
        Il s’agissait du « Modèle d’Armée 2015 », dont le seul point important d’imprécision porte justement sur le format d’une Marine Nationale avec « 1 ou 2 porte-avions ».
        Sans d’ailleurs exclure ou justifier l’une ou l’autre des 2 hypothèses.
        .
        Or l’expérience nous a depuis montré qu’aligner en permanence un porte-avions pour la France sous-entend d’en posséder 2.
        .
        Sinon observez les différences entre ce Modèle d’Armées 2015 programmé et la réalité de cette année 2015.
        Les objectifs abandonnés n’ont rien à voir avec les notions de « Guerre Froide » que vous mettez en avant de façon récurrente…
        Mais ces abandons successifs démontrent constamment la notion de variable d’ajustement du budget de l’état que représentent continuellement les budgets de la Défense, sans aucune autre forme de vision pratique et encore moins stratégique.
        .
        Le format capacitaire de la Marine Nationale est bien en dessous de son contrat opérationnel.
        Pourquoi croyez-vous que CEMM demande un PA2 ???
        Je ne pense pas que ce soit un psychotique qui se croit toujours en pleine « Guerre Froide » 🙂 …
        .
        Je ne pense pas que le RU, l’Italie se voient en pleine « Guerre Froide » avec 2 PA …
        L’Italie qui aligne en plus de 2 PA et 2 Orrizonte,
        va aligner 10 FREMM et au moins 8 PPA (FTI italiennes de 4500 tpc) avec 46 NH-90 NFH + 16 AW-101 Merlin.
        La marine italienne prépare certainement la 3e guerre mondiale 🙂 …

  2. Wrecker47 dit :

    Vu son âge …Il est temps de lui offrir …la Quille!

  3. MP3 dit :

    Il est temps de se redonner les moyens de faire face aux menaces du XXIe siècle.
    Nos armées ne sont plus quantitativement adaptées pour les missions quotidiennes qui leur sont demandées. Cela vaut pour notre marine comme pour les 2 autres armées.
    Qualitativement, nous devons viser davantage la juste suffisance technologique, ce qui nous permettra aussi d’augmenter les volumes au niveau souhaitable.

  4. phil dit :

    « DCNS, qui a déjà imaginé un concept de navire ravitailleur à double coque appelé BRAVE  » ils n’ont pas vraiment le choix vu que les normes internationales imposent la double coque à tous les transporteurs de produits polluants si je ne me trompe… donc aucun autre concept ne peut-être construit de nos jours…

  5. dan78 dit :

    J’étais présent lors de sa mise a l eau en novembre 1978. Souvenirs…

  6. Parabellum dit :

    Inexorable peau de chagrin et retards pénalisants jusqu’à à la perte capacitaire iieversible! On sait depuis des années qu il faut renouveler notre flotte stratégique mais les commandes fondent ou n ont pas lieu et on vend même des bâtiments frémm qui nous étaient destinés! Une politique navale suppose une stratégie de souveraineté mais il n y en a pas alors que nombre de pays réarment . Un emprunt défense et un plan industriel, ça nous changerait de la com blabla actuelle!

  7. Barrois dit :

    Je m’insurge…par principe.

  8. oui-mé-non dit :

    Bien évidement, tout ce qui n’est pas « pointu » trinque …
    Pas la priorité. C’est le lot des ravitailleurs de la Royale comme de l’A de l’air dans un parallèle étonnant..
    Les KC 135 sont tout aussi hors d’âge..Heureusement pour les aviateurs, MRTT enfin en vue.. enfin peut être.
    Mais qu’on soit un amiral ou un général de l’air , et donc forcément « en pointe » , on trouve toujours plus sexy, avec l’alliance objectives des industriels et des politiques, d’acheter des trucs « pointus », comme avion ou comme bateau..
    Même dans l’A de terre, le programme de camions logistiques de l’avant ne fait band… personne alors que tout le monde aura une idée sur l’indispensable successeur du Leclerc.
    D’ailleurs si nos gentils amis allemands avaient eu la bonne idée de fournir un ravitailleur plutôt qu’une frégate on aurait apprécié… sauf que eux non plus n’ont de vrai ravitailleurs d’escadre capable du job au sein d’un vrai groupe aéronavale.

    • Pierrot dit :

      Sauf que dans la Marine le personnel qui sert sur les ravitailleurs était pointu avant d’y être, et sera pointu après (il n’y a pas de filière « ravitaillement » dans la Marine). Donc les étoilés ont peut-être voire probablement servi sur des bateaux « pas très pointus ».

      • oui-mé-non dit :

        Vous voyez une contradiction là ou il n’y en a pas.
        On peut avoir passer le permis et débuter en conduisant une familiale et préférer les coupés sportif.

  9. Jean-Marie Hervouët dit :

    L’un des connaisseurs qui fréquentent ce blog pourrait-il me dire pourquoi nous n’avons pas une Marine à propulsion nucléaire pour simplifier les questions de ravitaillement ? Des frégates à propulsion nucléaire auraient une autonomie seulement limitée par la patience de l’équipage et non par des problèmes de fuel.
    Or nos ingénieurs et techniciens maîtrisent depuis longtemps la technologie de la propulsion nucléaire pour les sous-marins, ce qui est autrement difficile que pour les navires de surface.
    Merci de vos réponses.

    • Marcus dit :

      Le nuc pose d’autres problèmes. Notamment de sécurité et de sûreté. Il n’empêche pas les RAM (ravitaillement à la mer) car il faut transférer des palettes (nourriture, munitions, consommables, …) même à bord des bateaux à propulsion nucléaire, sans compter les carburants et huiles pour les aéronefs (avions et hélicos), ainsi que de l’eau distillée…
      Les Marines utilisant la propulsion nucléaire pour des croiseurs ou grands destroyers l’ont peu à peu abandonnée (USA et Russie).
      Et puis, le problème des escales se pose. Une chaufferie nucléaire à quai nécessite des installations de refroidissement spécifiques qui n’existent pas dans les ports de commerce ou de guerre de beaucoup de pays… Sans même évoquer les manifestations et mouvements de populations…
      C’est pourquoi il faut une réelle abnégation pour servir sur des nucs (PA, SNLE ou SNA): jamais, ou très rarement d’escales…

      • Pierrot dit :

        Sans oublier qu’il faut aussi avoir le personnel pour conduire ces chaufferies nucléaires en toute sécurité, et qu’on ne peut pas avoir suffisamment de personnel assez qualifié pour pouvoir faire cela. C’est un peu comme les forces spéciales: elles recrutent des très bons parmi le recrutement ou le personnel déjà d’active, mais on ne pourrait pas faire des forces que spéciales, car le vivier de recrutement n’aurait pas les qualités nécessaires.

    • Jean-Marie Hervouët dit :

      @Marcus
      Je vous remercie de votre réponse.
      Pourtant je ne suis pas entièrement convaincu : je crains que, dans les « milieux autorisés », l’on se contente de ne pas vraiment se poser la question de la propulsion nuc pour les frégates ou de se la poser en y apportant des réponses trop rapides.
      .
      Les SNLE ont une autonomie de deux mois sans avoir besoin de recomplètement d’aucune sorte : l’on pourrait faire la même chose sur des frégates (par ex : le nuc donne suffisamment d’énergie pour distiller l’eau de mer et faire de l’eau potable) ; de plus les frégates ne sont pas tenues à la même discrétion que les SNLE et peuvent donc, par radio, organiser leur ravitaillement avec leur base à terre.
      .
      Les « grandes marines » que vous citez ne sont pas comme la nôtre : la Russie et les USA peuvent escompter qu’ils ne manqueront jamais de pétrole, ce qui n’est pas nécessairement notre cas (et c’est pourquoi, par ailleurs, le souci de notre indépendance énergétique nous conduit à produire une quantité d’électricité nucléaire qui couvre l’essentiel de nos besoins).
      .
      Enfin si les antinuc refusent d’accueillir nos navires, il faudra prendre ce refus comme un mauvais prétexte : notre PAN est à quai presqu’en centre-ville à Toulon sans que ça dérange personne. Si les Néo-Zélandais ou les Australiens ne veulent pas voir nos navires nuc dans leurs ports, l’on prendra alors la décision politique de laisser à leur isolement ces pays qui sont déjà naturellement à l’écart du monde (et c’est pourquoi les Anglais en firent des terres à bagnards) ou d’y envoyer un bateau propulsé au fuel (car il nous restera des bateaux à propulsion classique même si l’on développe la propulsion nuc pour nos navires de surface).
      .
      Pour conclure mes interrogations de citoyen-lambda qui n’y connaît rien, je pense que l’on ne devrait pas trop vite éliminer l’option de la propulsion nuc pour les frégates : l’option fuel me semble subsister plus à cause d’habitudes de pensée que d’une véritable réflexion.
      Cordialement, JMH

    • Frédéric dit :

      Même les américains ont renoncé à leur croiseurs à propulsion nucléaire à la fin des années 90, trop cher à l’emploi.

  10. Mark dit :

    La logique de pointe qui prévaut habituellement se voit consolidée par les soutiens que l’on obtient de nos partenaires, tant OTANiens qu’européens.
    Compte-tenu des exigences d’interopérabilité, et du partage de moyens que je viens d’évoquer, ca semblerait assez logique que les projets de ravitailleurs soient pus souvent en coopération. Est-ce le cas pour FLOTLOG ?
    Autre point : il y avait non seulement les 5 ‘Durance’ pour les escadres, mais aussi des batiments pour accompagner les chasseurs de mine et des bateaux atelier. Les 3 FLOTLOG devront donc remplacer plus que les ‘Durance’.