Une maquette d’un porte-avions américain détruite lors de manoeuvres navales iraniennes

En mars 2014, le service de renseignement de la marine américaine découvrit que l’Iran était en train de construire une réplique à l’échelle 2/3 d’un porte-avions de la classe Nimitz au chantier naval de Bandar Abbas. Les spéculations sur les intentions iraniennes allèrent bon train. Était-ce pour les besoins d’un film? Pour mettre au point de nouvelles tactiques contre ce type de navire? Pour faire de la propagande?

Il aura fallu attendre un peu moins d’un an pour avoir la réponse. Alors que les relations entre Téhéran et Washington sont nettement moins tendues que par le passé, notamment depuis l’élection du président Hassan Rohani, cette réplique d’un porte-avions américain a été détruite par des « missiles de haute précision » tirés depuis la côte et un hélicoptère dans le cadre de manoeuvres navales « Grand Prophète », actuellement menées par les gardiens de la révolution (pasdarans) au large de l’île de Qeshm.

Le message se veut clair. « Nos ennemis doivent être assurés qu’ils ne seront jamais en mesure de gagner toute bataille éventuelle contre les Iraniens », a assuré le contre-amiral Ali Fadavi, le commandant de la composante navale des gardiens de la révolution, auprès de la chaîne iranienne PressTV.

« Les Américains sont présents dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, sous prétexte d’assurer la sécurité énergétique, mais selon les chiffres et les statistiques, ils ont apporté une insécurité plus grande plutôt que de la sécurité », a encore ajouté le contre-amiral Fadavi.

Cela étant, détruire la réplique d’un porte-avions est une chose. Attaquer un vrai en est une autre dans la mesure où il faut compter sur ses systèmes de défense et son escorte.

Par le passé, Téhéran a menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, stratégiquement important étant donné qu’y transite un tiers du trafic pétrolier mondial, en cas d’attaque contre ses installations nucléaires. La force navale des gardiens de la révolution, dont les effectifs sont estimés à 20.000 hommes, dispose à cette fin de centaines de vedettes rapides armées de différents types de missiles antinavires et de sous-marins de poche.

Quant aux États-Unis, ils maintiennent en permanence au moins un porte-avions dans les eaux du golfe arabo-persique. Actuellement, l’USS Carl Vinson y est déployé, en compagnie du Charles-de-Gaulle. Les deux navires sont engagés dans les opérations visant l’État islamique (EI ou Daesh) dans le nord de l’Irak.

À ce sujet, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a déclaré, le 25 février, que les États-Unis et l’Iran ont « au moins un interêt commun », c’est à dire la lutte contre l’EI.

Les Iraniens « sont totalement opposés à l’EI et ils combattent et éliminent des membres de l’EI le long de la frontière avec l’Irak, près de l’Iran et ont de graves inquiétudes sur ce qui va se passer pour la région », a expliqué M. Kerry, lors d’une audition au Congrès. « Ils ont fait des choses qui nous aident. Mais nous ne nous coordonnons pas avec eux, nous n’y travaillons pas et nous ne leur avons pas demandé de le faire », a-t-il ajouté.

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