Une médaille pour reconnaître les mérites des pilotes de drones et des cyber-opérateurs
14 février 2013 – 13:40Aux Etats-Unis, quand on pilote un drone et que l’on participe à des missions de guerre sans pour autant être présent physiquement sur le théâtre des opérations, et donc, mettre sa vie en danger, l’on ne peut pas prétendre à la Medal of Honor, à la Silver Star ou encore aux autres médailles prévues pour reconnaître les mérites des combattants disons… traditionnels. La même chose vaut pour ceux qui, devant un écran d’ordinateur, sont amenés à réaliser des cyberattaques.
Mais le Pentagone va y remédier. “Je suis heureux d’annoncer que j’ai formellement approuvé la création d’une Distinguished Warfare Medal”, a ainsi déclaré Leon Panetta, le secrétaire américain à la Défense, lors d’une conférence de presse donnée le 13 février.
Pour ce dernier, les drones ont “changé la façon de faire la guerre” et cette récompense “reconnaît la réalité de la guerre technologique dans laquelle nous sommes engagés au XXIe siècle.” Précision : cette médaille ne pourra être accordée que si les actions accomplies par les pilotes (ou les opérateurs) de drone ont un “impact direct sur les opérations de combat.”
Même si, effectivement, ils ne risquent pas leur vie sur un théâtre d’opérations extérieurs, les pilotes de drone doivent faire face à une charge de travail conséquente. Les frappes aériennes réalisées au moyen de ces appareils ne sont qu’une des parties des activitésns qui leur sont confiées. Ils sont surtout utilisés pour des missions de surveillance et de renseignement, lesquelles peuvent durer pendant plusieurs heures.
En outre, des études médicales réalisées par l’US Air Force et l’US Navy ont montré que les pilotes de drones sont soumis à un stress intense et qu’ils peuvent même être victimes de syndromes de stress post traumatique quand ils ont été amenés à tirer un missile sur des insurgés. Et cela même s’ils travaillent depuis des containers climatisés.
L’intense activité de ces pilotes comme leur non engagement physique au combat est aussi un frein à leur avancement, lequel est beaucoup moins rapide que leurs camarades volant à bord de chasseurs bombardiers. Et depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, ils ont été sollicités comme jamais, les frappes de drones contre les mouvements terroristes, que ce soit dans les zones tribales pakistanaises ou au Yémen, ayant été multipliées.
Quoi qu’il en soit, l’annonce de la création de cette Distinguished Warfare Medal, une première depuis la Bronze Star en 1944, vient une semaine après l’audition mouvementée au Sénat de John Brennan, qui doit prendre les rênes de la CIA après avoir été l’architecte du programme secret de frappes ciblées contre les réseaux terroristes.
“Il y a une mauvaise impression chez certains Américains qui croient que nous recourons à ces frappes pour punir des terroristes pour des actes passés. Rien n’est plus éloigné de la vérité”, a-t-il ainsi affirmé, le 7 février dernier. “Nous ne recourons à de telles actions qu’en dernier recours pour sauver des vies là où il n’y a pas d’autre alternative pour réduire cette menace”, a-t-il ajouté.
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8 commentaires à “Une médaille pour reconnaître les mérites des pilotes de drones et des cyber-opérateurs”
Oula-là …
Vl’à une idée qu’elle est bonne. Mais qui ne doit pas trop plaire aux pilotes embarqués.
On commencera par une médaille,
et puis on discutera soldes et primes…
D’abord aux USA, un peu plus tard en France.
C’est une révolution, et comme d’hab elle nous vient d’outre-Atlantique.
Car au final, l’objectif est de remercier, via médailles, soldes et primes, non plus la “prise de risque” assaisonnée de “la prise de g”, mais l’efficacité, le résultat. Quand on sait qu’un pilote à bord ne tire pas de beaucoup plus près qu’un pilote au sol, cause que le “Fire&Forget” qui sauve l’avion du contact en même temps que les fesses du pilote embarqué.
Peut-être que d’ici quelques décennies on en viendra enfin à redéfinir l’avion d’armes comme une plate-forme de tir, que le pilote soit assis dedans ou dehors.
Ici on devrait bientôt philosopher, du devenir de la chevaleresquerie. De la préséance nobiliaire, vu que “Chevalier” est le dernier grade “noble” avant les gueux.
Ca tombe pile-poil :
Du cheval,
on en bouffe jusqu’Ã plus faim ces jours…
Tous en selles…
(Pas en selle: En selles)
Par Myshl on fév 14, 2013
La chevalerie du joystick mériterait plutôt une “Distinguished Software Medal” …!
Par Clavier on fév 14, 2013
Lol, à “world of tank” je ressemble déjà à un général russe.
Ceci-dit, ils tirent aussi, tuent l´adverssaire et ne sont ni plus ni moins éxposés que les gars d´une pièce d´artillerie de 155.
C´est tout nouveau et à définir.
Par LeGaulois on fév 14, 2013
@myshl
Fire & forget? Facile à dire derrière un clavier non?
Un jour peut être il n’y aura plus de pilotes en attendant ça fait toujours bizarre de se faire tirer dessus même si c’est que de la kalash pendant un show or force
Par WSO on fév 14, 2013
Bientôt une médaille en chocolat a la ” Call of duty” via un nombre de points virtuels affiché a l’écran du joueur (pardon pilote) avec des high score.
Un geek boutonneux et prés pubère suffira pour peu qu’on lui inculque un minimum d’éthique.
Les states y sont déjà pourquoi pas la France.
Pilote métier d’avenir… qu’ils disaient.
Par reaper & forget on fév 15, 2013
Je me pose la question surtout pour des officiers de l’air ayant jamais combattu au front (du moins sur le théatre) et atteignant les plus haut grades. Comment commanderont ils ?
Par Montaudran on fév 15, 2013
@ WSO on fév 14, 2013
Merci de relever l’imbécilité du “Show of force” des chasseurs, qui engage nos avions et leurs équipages, avec rien que le bruit des moteurs supposé impressionner les spectateurs du “Show”…
Un Atlantique ne fait pas de “Show”,
il ouvre et il largue. Un Caesar pose ses pieds, puis il tire.
En Chasse, soit on veille et tire de loin, du “Fire&forget”, soit on vient faire du bruit supposé dissuasif. Rien entre très loin et trop près. Pas de roquettes sous le Rafale, pas assez d’obus pour faire mieux que du bruit en première passe. Seconde passe interdite.
Le “Show of force” à 30k€ de l’hdv,
moi aussi ça me fait bizarre,
sans kalash…
Vous avez quelque grief contre les “Derrière un clavier”? J’en ai tout autant à l’encontre des joystickers embarqués qui n’avionnent guère plus d’intelligence qu’il n’y en a déjà à bord, qui n’existent plus que par acharnement corporatiste et donc thérapeutique, qui refusent d’admettre qu’ils sont une charge à bord plus qu’un bénéfice.
Le “Show of force” est un bel anachronisme.
La force, on l’a pour détruire et tuer,
pas pour la montrer. Si on la montre, c’est qu’on craint de l’employer.
Par Myshl on fév 15, 2013