Un général américain sanctionné pour avoir confondu l’argent du contribuable avec celui de son portefeuille

Patron du commandement militaire américain pour l’Afrique (US AFRICOM) de 2007 à 2011, le général William « Kip » Ward a été rétrogradé au rang inférieur et « prendra sa retraite avec le grade de lieutenant-général », ce qui se traduira par une pension annuelle inférieure de 30.000 dollars par rapport à celle qu’il aurait dû percevoir en tant que général quatre étoiles.

Cet officier a été sanctionné pour avoir confondu les moyens qui lui étaient alloués par le Pentagone pour qu’il puisse exercer son commandement avec sa cagnotte personnelle. En plus de sa rétrogradation, il devra rembourser 82.000 dollars (64.000 euros).

Selon un rapport de l’Inspection générale du Pentagone, l’ancien chef de l’US AFRICOM, dont l’état-major est implanté à Stuttgart, en Allemagne, avait notamment utilisé à des fins personnelles l’avion mis à sa disposition pour ses déplacements professionnels.

Mais le général Ward a commis d’autres indélicatesses, comme par exemple emmener son épouse lors de ses voyages officiels, qu’il n’hésitait pas à prolonger pour des raisons privées sans rembourser les frais afférents, réserver des suites dans des hôtels de luxe, utiliser des véhicules militaires pour faire du shopping ou encore accepter des dîners et des billets de spectacles à Broadway offerts par des entrepreneurs travaillant pour le gouvernement américain.

Cette sanction, qui a été prise après 17 mois d’enquête pendant lesquels l’officier n’a pas été autorisé à quitter l’armée, vient après l’annonce d’une enquête visant le général John Allen, l’actuel commandant des forces de l’Otan en Afghanistan, pour des « échanges inappropriés » avec la femme qui a déclenché l’affaire ayant abouti à la démission du directeur de la CIA, le général Petraeus, laquelle a été officiellement motivée par une relation extra-conjugale.

« Le secrétaire à la Défense Panetta insiste sur le fait que les responsables au sein du Pentagone doivent à la fois illustrer l’excellence professionnelle et le bon jugement » a commenté George Little, le porte-parole du Pentagone, après l’annonce de la sanction du désormais « lieutenant-général » Ward. Il est « déterminé à veiller à ce que toute irrégularité ou faute commise par les officiers supérieurs soient traitées rapidement et de manière appropriée », a-t-il ajouté.

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant; [Voir les règles de confidentialité].