Le Japon a donné son accord pour l’installation d’un second radar américain d’alerte avancée

Evoquée à la fin du mois dernier, l’installation d’un second radar américain X-Band d’alerte avancée a fait l’objet d’un accord avec Tokyo, à l’occasion d’une visite du chef du Pentagone, Leon Panetta, le 17 septembre.

Un radar X-Band a déjà implanté sur la base Shakiri, près de Tsugaru City, dans le nord du Japon. L’emplacement du second n’a pas encore été précisé mais il est probable qu’il soit situé dans le sud de l’archipel nippon.

Cette décision va renforcer les moyens de détection de la défense antimissile japonaise, qui a fait l’objet d’un accord avec les Etats-Unis en 2004. A ce jour, les forces d’autodéfense nippones mettent en oeuvre 4 destroyers Aegis de la classe Kongo doté de missiles intercepteurs SM-3 ainsi que 16 batteries PAC-3 (Patriot Advance Capability-3). Le pays dispose également de 11 radars FPS-5 et FPS-3 modernisés.

Au sujet de l’installation de ce second radar X-Band, Leon Panetta a déclaré que « le but sera de renforcer notre capacité à défendre le Japon ». Et j’ajouter : « Ce sera également efficace pour protéger les Etats-Unis d’une menace des missiles balistiques nord-coréens ». Lesquels présentent un danger potentiel, du moins quand ils n’explosent pas en vol comme cela été le cas lors de récents essais.

En désignant clairement la Corée du Nord, les responsables américaines et japonais ont ainsi laisser entendre que le déploiement de ce nouveau système ne concernerait pas la Chine. Mais cette dernière peut aussi s’estimer visée, d’autant plus que l’on prête à Washington l’idée d’installer un autre radar d’alerte avancée dans la région.

Par ailleurs, la stratégie de défense antimissile de l’administration Obama a été critiquée dans un rapport publié le 11 septembre dernier par le National Research Council (NRC).

Cet organisme gouvernemental a en effet recommandé de revenir en partie au bouclier antimissile tel qu’il avait été défini sous la présidence Bush et d’abandonner l’idée d’intercepter des missiles balistiques juste après leur lancement. Cette approche, estime le document, est « techniquement ardue et inabordable ».

« Pendant trop longtemps, les Etats-Unis se sont engagés dans de coûteuses stratégies de défense antimissile sans considération suffisante des coûts et de son utilité réelle » a déclaré David L. Montague, co-président du comité qui a rédigé le rapport et ancien responsable de Lockheed Martin Missiles and Space.

Aussi, le NRC estime que le Pentagone devrait plutôt se concentrer sur l’interception de missiles hostiles à mi-parcours avec des systèmes éprouvés. « Un tel changement de stratégie serait moins coûteux et entrerait dans le budget annuel de 10 milliards de dollars que le Pentagone consacre à la défense antimissile », fait valoir le rapport.

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