Le niveau des dépenses militaires mondiales s’est stabilisé en 2011

Les dépenses militaires mondiales ont marqué le pas en 2011 avec une progression de seulement 0,3% par rapport à l’année précédente pour s’établir à 1.700 milliards de dollars, si l’on en croit le dernier rapport du Sirpri (Stockholm International Peace Research Institute) qui vient d’être publié ce 17 avril.

Pour l’Institut suédois, cela marque la fin « d’une série continue d’augmentations des dépenses militaires entre 1998 et 2010 », avec une hausse annuelle moyenne de 4,5% constatée entre 2001 et 2009.

La stabilité de ces dépenses s’explique en partie par les effets de la crise économique, laquelle a contraint 6 pays parmi les principaux acheteurs d’armes à réduire leur budget militaire (Allemagne, Brésil, France, Royaume-Uni, Etats-Unis) au cours de l’année passée.

« Les séquelles de la crise économique mondiale, en particulier les mesures de réduction des déficits aux Etats-Unis et en Europe ont finalement stoppé, du moins pour l’instant, l’augmentation enregistrée pendant une décennie des dépenses militaires » a souligné Sam Perlo-Freeman, chercheur au Sipri.

Ainsi, en 2011, les dépenses militaires américaines, qui restent les plus importantes au monde, ont baissé de 1,2% « en termes réels », soit de 8,7 milliards aux prix de 2010, en raison du retard pris par le Congrès pour approuver le budget du Pentagone. Cette tendance devrait se poursuivre dans les années qui viennent, note le Sipri, à cause des mesures de restrictions budgétaires annoncées outre-Atlantique et de la fin des opérations en Irak et en Afghanistan.

En Europe, et selon le Sipri, la rigueur budgétaire a contraint la France à diminuer son effort de défense de 4% depuis 2008, année à partir de laquelle les réformes du ministère de la Défense (Révision générale des politiques publiques, Livre Blanc, changement de la carte militaire, etc…) ont commencé à s’appliquer.

Au cours de la même période, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont également réduit leurs dépenses militaires, respectivement de 1,4% et de 0,6%. Mais comme le souligne l’institut suédois, d’autres coupes sont à venir pour les forces armées de ces deux pays.

D’une manière générale, c’est l’ensemble des pays européens – ou quasiment – qui sont concernés par la réduction de leurs dépenses militaires, conséquence de la crise des dettes souveraines. C’est notamment le cas de la Grèce, de l’Espagne et de l’Italie.

Autre région où les dépenses militaires sont en baisse : l’Amérique latine, avec une chute de 3,3%. L’explication vient du Brésil, pays qui a réduit son budget militaire de 8,2% afin de lutter contre l’inflation et de maîtriser ses dépenses publiques.

En revanche, si les dépenses militaires mondiales sont restées stables en 2011, c’est que d’autres pays ont accru les leurs. Comme par exemple la Russie, qui a dépassé la France et le Royaume-Uni en la matière, avec une hausse de +9% de son budget alloué à ses forces armées, lequel a ainsi atteint les 71,9 milliards de dollars. Et cette tendance va s’accentuer au cours de la prochaine décennie, Moscou ayant l’intention de doper sa recherche et développement et de renouveler ses équipements.

Comme attendu, la région Asie-Pacifique a globalement augmenté ses dépenses militaires de 2,4%. Là, la hausse est principalement dû à la Chine, qui a augmenté les ressources de ses forces armées de 120% depuis 2002. La politique suivie par les autorités chinoises a un effet d’entraînement pour d’autres pays de la région (Vietnam, Malaisie, etc…) qui ont des différends territoriaux avec Pékin.

En revanche, le plus surprenant est la diminution de 3,9% du budget militaire indien, alors que l’Inde est présentée comme étant un eldorado pour les industriels de l’armement. Cette baisse s’explique par une forte inflation, laquelle a annulé l’augmentation prévue des ressources des forces armées indiennes.

En Afrique, les dépenses militaires ont été tirées vers le haut par l’Algérie, qui augmenté les siennes de 44% (2,5 milliards de dollars) sur fond de conflit libyen et de printemps arabes. Ce dernier explique en partie le fait que le Moyen Orient est « la seule région où une claire tendance à la hausse était perceptible » en la matière. L’autre explication réside dans les tensions entre les monarchies du Golfe et l’Iran.

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