L’avenir de l’US Navy d’ici 2025
18 décembre 2011 – 12:32L’amiral Jonathan Greenert, qui est le chef des opérations de l’US Navy, a détaillé les défis qui attendent la marine américaine à l’horizon 2025 dans un article publié par l’US Naval Institute’s Preceedings.
Alors que les économies susceptibles d’être demandées au Pentagone font craindre au secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, que la taille de l’US Navy soit équivalente à ce qu’elle était en 1915, les points chauds ne manqueront pas dans les années qui viennent : il faudra en effet garantir la sécurité des voies maritimes ouvertes par la fonte des glaces en Arctique, empêcher un éventuel blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran et surveiller de près la zone Asie-Pacifique, où la montée en puissance de la Chine dans le domaine militaire inquiète d’autant plus qu’elle est impliquée dans plusieurs différends territoriaux dans la zone, notamment en mer de Chine du Sud.
L’amiral Jonathan Greenert n’a pas désigné d’adversaires potentiels dans son article, mais l’Iran ou la Chine y apparaissent en filigrane, surtout quand il évoque l’accroissement des capacités d’interdiction de zone maritime (A2/AD) auxquelles la marine américaine aura à faire face.
Pouvant être considérées comme défensive, ces capacités permettent à un Etat qui les possédent d’intimider ses voisins en menaçant de bloquer un carrefour maritime clé, ce qui retarderait ou empêcherait une éventuelle intervention américaine. Conséquence : les pays avec qui il a un différend territorial, par exemple, sont placés devant le fait accompli et n’ont plus qu’à capituler et abandonner leurs revendications.
L’interdiction d’une zone maritime passe par la mise au point de nouvelles armes (missiles anti-navires hypersoniques, entre autres), de systèmes de détections, la pose de mines et le déploiement de bâtiments et de moyens aéronavals, comme le fait actuellement la Chine.
Pour prendre en compte cette menace, l’US Navy doit, selon l’amiral Greenert, porter ses efforts sur plusieurs axes. Pour palier à l’accroissement des capacités de détection d’éventuels adversaires, ainsi que l’augmentation de la précision de leurs armes, l’amélioration de la furtivité de ses systèmes d’armes (navires, avions, drones) est une priorité, de même que le maintien de ses moyens en matière de guerre électronique et de cyberguerre, afin de rendre inopérant, par exemple, les radars adverses.
Par ailleurs, en plus d’acquérir des munitions plus sophistiquées et encore plus précises, la marine américaine aura à conserver les capacités de ses forces navales sous-marines et investir dans les drones, aériens et sous-marins, à des fins de renseignement, voire de déminage pour les appareils mis en oeuvre depuis des submersibles.
Enfin, pour prévenir d’éventuels conflits et être en mesure, le cas échéant, d’intervenir rapidement et alors que ses moyens seront limités, l’amiral Greenert a estimé que « la Marine aura besoin d’approches innovantes (…) pour répondre aux inquiétudes grandissantes concernant la liberté en mer ».
« Parce que nous ne pourrons probablement pas supporter le coût financier et diplomatique qu’entraîneraient de nouvelles bases à l’étranger, la flotte en 2025 dépendra de ports de pays hôtes », a-t-il affirmé, en s’appuyant sur l’exemple de Bahreïn, où est pré-positionnée la Ve Flotte américaine.
Et là encore, c’est la zone Asie-Pacifique qui semble préoccuper le plus l’officier puisqu’il a évoqué la présence de l’US Navy dans cette région. Aussi, il a évoqué le déploiement de « nouvelles frégates de combat » à Singapour, où l’armée américaine dispose déjà de certaines facilités, ainsi que l’envoi d’avions de surveillance maitime P-8A Poseidon aux Philippines et en Thaïlande pour traquer des sous-marins.
Pour le moment, les Etats-Unis ont déjà annoncé leur intention de déployer 2.500 Marines à Darwin, en Australie, en vertu d’un accord de défense conclu avec Camberra, lequel prévoit également des facilités pour les navires de l’US Navy. Cela avait d’ailleurs été critiqué par Pékin. Et il faut encore y ajouter la présence de 70.000 militaires américains au Japon et en Corée du Sud.
Tags: amiral Greenert, Asie-Pacifique, avenir, Etats-Unis, US Navy








10 commentaires à “L’avenir de l’US Navy d’ici 2025”
Je me permet juste de souligner un petit lapsus, il n’y a pas de troupes Américaines positionner en Corée du Nord comme indiquer en toute fin d’article. Ou alors ils sont bien caché ^^
Par jeliot on déc 18, 2011
Depuis que les leaders écolos situent le Japon dans l’hémisphère sud , on peut s’attendre à tout question géographie …..(°_°)
Par Clavier on déc 18, 2011
@ Jeliot & Clavier,
Lapsus : présence en Corée du Sud en pensant à la Corée du Nord
Et je rassure Clavier, je ne suis pas influencé par les écolos
Par Laurent Lagneau on déc 18, 2011
« L’interdiction d’une zone maritime passe par la mise au point de nouvelles armes »
Pas forcément. L’aéronavale allemande durant la guerre froide, avec ses Tornado et ses missiles anti-navires, avaient bien une mission d’interdiction de de sortie de la flotte soviétique de la Baltique.
Par Kouak on déc 18, 2011
kouak
En fait, c’est une demande d’investissement dans du neuf, car la marine americaine perd sans arrêt une part du budget depuis les guerres d’irak et d’afghanistan.Qui plus est (avec les marines) elle est la plus impactée par les futurs reductions.
Sans compter que les principaux programmes connaissent des hausse de couts, ce qui impliquera une flotte de remplacement numeriquement plus faible qu’aujourd’hui.
L’amiral defend ses intérêts.
Par aeroxavier on déc 18, 2011
@Kouak
C’est exact et pertinent pour les Tornado et leurs missiles à cette époque.
La difficulté actuelle c’est que le volume des SAM embarqués à largement augmenté et qu’il commence à flirter avec la portée des missiles anti-navires aéroportés. Leur vitesse et leur mode de guidage a également évolué.
La simple présence (en alerte au sol ou en vol) d’avions avec des missiles anti-navires n’est plus suffisant dans ce cas de figure.
Par Themistocles on déc 18, 2011
Mais un engin comme le DF-21D, n’est pas non plus la panacée. Il faut d’abord trouver la cible, et aussi gros que soit un porte-avions ou un grand navire amphibie, à l’échelle d’une mer, c’est corsé.
Un satellite peut être brouillé ou détruit, un sous-marin coulé, un avion abattu.
En plus, il faut un guidage terminal extrêmement précis, qui soit est hors de portée de la Chine, pour l’instant, soit cher donc réduction du nombre de missiles opérationnels.
A moins d’équiper ces missiles de têtes nucléaires et de commencer une montée aux extrêmes qui sent bon la destruction mutuelle assurée.
Et tout ça, c’est sans compter sur un missile anti-missile pour un missile balistique, ou un système de défense rapprochée contre les missiles rasants.
Par Kouak on déc 18, 2011
L’avenir de l’US Navy passe tout simplement par le démantèlement d’un certain nombre de porte avions géants. Signe tangible de la fin de la toute puissance US et qui devrait intervenir après le retrait d’Afghanistan.
Avec 15.000 milliards d’endettement et ces dernières années des difficultés pour faire voter le budget fédéral, au risque de bloquer le pays, les politiques américains prennent conscience que les menaces « sur étagère » comme l’Iran et la Corée du Nord ne sont que des enfantillages face à la Crise. Avec une réduction annoncée de près de 700 milliards du budget de la défense étalée sur plusieurs années d’autres composant que l’US Navy subiront des coupes drastiques… On ferait bien en Europe et plus particulièrement en France de s’en inspirer…
Par guillotine on déc 19, 2011
Depuis notre retour à l’Otan ils peuvent peut-être faire cadeau à notre Président de leurs vieux porte-avions ! on en manque !
…Les plus pourris on les gardera pour en faire des « pontons flottants « pour la Pénitentiaire ,ils manquent aussi de locaux!…
Par Wrecker on déc 20, 2011