Tankers : Boeing probablement seul en course

16 décembre 2009 – 18:22

Le 1er décembre dernier, Northrop Grumman, l’associé d’EADS pour remporter le marché visant à remplacer les avions ravitailleurs  KC-135 de l’US Air Force, avait annoncé son retrait de l’appel d’offres de 34 milliards d’euros lancé par le Pentagone en dénonçant les faveurs dont aurait bénéficié Boeing. Quelques semaines plut tôt, les dirigeants des deux groupes avaient déploré que le prix de l’appareil qu’ils proposaient – à savoir le KC-45, c’est à dire un A330-MRTT dérivé de l’Airbus A330-200 – avait été communiqué à leur concurrent.

Parmi les autres griefs invoqués figurait aussi le changement des critères de sélection qui favoriserait « une nette préférence pour un plus petit appareil de moindre capacité » par rapport au KC45. Membre du Congrés et élu de l’Etat de Washington où Boeing a ses usines, Norm Dicks avait alors critiqué la démarche de Northrop-Grumman en estimant qu’il s’agissait d’une « tactique classique pour mettre la pression sur le Pentagone ».

« Il ne s’agit pas d’une manoeuvre de négociation » a fait valoir Sean O’Keefe, le directeur du groupe européen pour l’Amérique du Nord, le 11 décembre dernier. Cette déclaration est intervenue après une semaine de discussions avec les représentants de l’US Air Force au sujet d’éventuelles modifications du cahier des charges auquel devra répondre le successeur du KC135.

Pour l’instant, EADS n’a pas pris de décision concernant le possible retrait de sa candidature à la compétition qui l’oppose à Boeing. « Nous n’avons jamais dit que nous abandonnions la partie, seulement que nous avions des craintes au sujet du processus actuel d’appel d’offres », a affirmé son P-DG, Louis Gallois, le 12 décembre.

Seulement, il semblerait que les remarques du tandem Northrop/EADS, qui avait remporté le marché en 2008 avant son annulation la même année après un recours de Boeing, ne soient pas prises en compte par l’US Air Force et que le cahier des charges, dont la version définitive devrait être prête en janvier 2010, ne sera que très peu modifié.

C’est en tout les cas le sens des propos que Michael Donley; le secrétaire à l’US Air Force, a tenus le 14 décembre. « Le cahier des charges est très solide » a-t-il dit. « Je n’anticipe aucun changement majeur dans ce domaine » a-t-il insisté.

Alors Boeing seul en course? Le scénario est désormais plus que probable si les choses en restent là. A moins qu’EADS et Northrop Grumman aillent jusqu’au bout du processus de sélection, quitte à le contester une fois qu’il sera terminé en juin prochain.

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  1. Un commentaire à “Tankers : Boeing probablement seul en course”

  2. La question est de savoir si un retrait apportera quelque chose. Est-ce que cela peut servir la cause du libéralisme dans le marché de l’armement ? C’est là qu’est la question.

    Le centre idéologique mondiale du libéralisme redécouvre la raison d’Etat dans ce marché. C’est vrai qu’en Europe où il y a plus de 800 F-16 en ligne (rien que ça) dont la majeure partie a été construire aux USA on ne devrait pas se plaindre. Par contre des Airbus convertit par des ouvriers américains, ce n’est pas encore assez.

    Alors, si Airbus se retire, les américains perdront-ils la face ? Aurons-nous un quelconque bénéfice ? Les européens, pour ne citer qu’eux, se réveilleront-ils ?

    Un Président a parlé de réciprocité. Ce n’est clairement pas le cas dans le marché de l’armement euro-atlantique. Conclusion ?

    Par Thibault Lam001 on déc 17, 2009

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