Kosovo : Moscou hausse le ton

Après la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo et sa reconnaissance par les Etats-Unis et une partie des pays européens, dont la France, Moscou a menacé « d’utiliser la force » si l’Otan et l’Union européenne « défient » l’ONU sur l’ancienne province serbe. En effet, la déclaration d’indépendance kosovare est considérée par la Russie comme une violation du droit international.

C’est en tous les cas ce qu’a déclaré Dmitri Rogozine, le représentant de la Russie auprès de l’Otan. Pour l’heure, les membres de l’Union européenne sont en désaccord sur la reconnaissance du Kosovo. Mais « si aujourd’hui l’Union européenne adopte une positions unie ou si l’Otan dépasse son mandat au Kosovo, ces organisation vont défier l’ONU et nous allors alors nous aussi partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu’on appelle une force armée, pour qu’on nous respecte » a prévenu M. Rogozine.

Allié traditionnel de la Serbie, Moscou verrait également d’un mauvais oeil l’installation éventuelle de nouvelles bases militaires de l’Otan au Kosovo et met en garde l’Alliance atlantique de toute entorse au mandat que les Nations unis lui ont confié. M. Rogozine a prévenu que les relations avec la Russie et l’Otan pourraient connaître un « développement dramatique » si jamais l’information selon laquelle certains responsables militaires de l’Otan envisageaient d’empêcher les dirigeants serbes de se rendre au Kosovo venait à être vérifiée.

Par ailleurs, la Russie tente de faire pression sur les pays qui n’ont pas encore reconnu l’indépendance du Kosovo. Ainsi, Moscou a lancé un sérieux avertissement au Canada par la voix de son ambassadeur, Georgiy Mamedov.

« Nous avons conseillé au Canada d’y réfléchir à deux fois avant d’accepter la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo’, a-t-il déclaré à Montréal. « Nous sommes deux Etats fédéraux, et on ne doit pas lancer de pierres lorsqu’on a une façade de verre », a-t-il ajouté.

Pour l’instant, Ottawa n’a pas suivi ses alliés traditionnels (France, Etats-Unis, Grande Bretagne) sur ce dossier et garde pour l’instant une position prudente, à l’instar de l’Espagne, la Chine ou encore l’Indonésie, pays qui sont aux prises avec des tensions séparatistes. L’indépendance kosovare est en effet de bon augure par les souverainistes québécois qui y voient un précédent favorable à leurs aspirations.

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