AUKUS : L’ex-gouvernement australien avait envisagé l’achat de deux sous-marins nucléaires américains

En mai, Jean-Yves Le Drian, désormais ancien ministre des Affaires étrangères, s’était réjoui de la défaite du Premier ministre libéral-conservateur Scott Morrison lors des dernières élections législatices australiennes, remportées par le Parti travailliste local. Et cela en raison du rôle joué par celui-ci dans la rupture du contrat qui avait été attribué par Canberra au français Naval Group pour la livraison de douze sous-marins Shortfin Barracuda [ou classe Attack].

« Ses actes posés à l’égard de la France […] étaient d’une brutalité, d’un cynisme et, je serais quand même tenté de dire, d’une forme d’incompétence notoires, et ça me fait plaisir de vous le dire ce soir », avait en effet affirmé M. Le Drian, le 21 mai, au moment de céder ses fonctions à Catherine Colonna. Et d’ajouter : « J’espère que nous pourrons renouer avec l’Australie un dialogue franc et constructif dans l’avenir ».

Cependant, les chances pour que le nouveau gouvernement australien, emmené par Anthony Albanese, revienne sur la décision de son prédécesseur sont infimes. Car, a priori, il n’est pas dans ses intentions de remettre en cause l’alliance AUKUS que son prédécesseur avait nouée avec les États-Unis et le Royaume-Uni. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette dernière qu’il avait décidé de dénoncer le contrat notifié à Naval Group pour acquérir des sous-marins nucléaires d’attaque [SNA].

Ce 9 juin, l’ex-ministre australien de la Défense, Peter Dutton, a fait quelques révélations au sujet des intentions du gouvernement dont il a été membre. Ainsi, dans les colonnes du journal The Australian, il a affirmé que plans consistaient acquérir deux SNA de type Virginia aux États-Unis d’ici 2030 et d’en construire huit autres en Australie. Jusqu’à présent, aucun détail sur le modèle envisagé n’avait été officiellement dévoilé. Qui plus est, une étude lancée dans le cadre de l’alliance AUKUS pour préciser les besoins australiens est toujours en cours…

Pour M. Dutton, un tel choix était une « évidence » au regard de la conception « éprouvée » des SNA américains, contrairement à leurs homologues britanniques de la classe Astute, dont la « conception est plus récente », avec des « coûts et des défauts inévitables ». BAE Systems Submarines appréciera… alors que la Royal Navy a admis au service le HMS Astute en 2010. Cela étant, et à titre de compensation il était prévu d’acquérir plus de frégates de Type 26 [ou classe Hunter] auprès du Royaume-Uni. Actuellement, neuf ont été commandées pour 35 milliards de dollars australiens.

Les propos de M. Dutton, qui est désormais le chef de l’opposition, ont déclenché une polémique en Australie. « De toute évidence, il a fait état de discussions confidentielles avec les Américains qu’il n’était pas prêt à divulguer pendant qu’il était en fonction. Et pourtant il vient de le faire. C’est très inhabituel », a commenté Sam Roggeveen, directeur du programme « Sécurité internationale » au Lowy Institute, auprès de l’AFP.

Le nouveau ministre australien de la Défense, Richard Marles, a fustigé les propos de son prédécesseur. Ses « commentaires sapent l’accord AUKUS » et « portent atteinte à l’intérêt national de l’Australie », a-t-il fustigé. « Le gouvernement n’a pris aucune décision sur le choix du sous-marin. Toutes les options sont sur la table », a-t-il ajouté, dans un communiqué.

En attendant, la décision prise par le gouvernement de Scott Morrison fait craindre un déficit capacitaire qu’il sera difficile de combler entre la fin de vie des six sous-marins de type Collins [à propulsion diésel-électrique] et l’arrivée des SNA. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que M. Dutton avait l’intention d’en acquérir deux auprès des États-Unis avant 2030.

Considérant que le sous-marin est « la forme la plus importante dont nous disposons pour façonner notre espace stratégique », M. Marles en a fait sa première priorité. Dans une tribune qu’ils ont récemment publiée dans la presse, d’anciens sous-mariniers de la Royal Australian Navy [RAN] ont estimé qu’il n’y avait que deux possibilités pour éviter une rupture capacitaire : maintenir les actuels sous-marins en service ou en acquérir de nouveaux, à propulsion diesel-électrique à titre provisoire. Le suédois Kockums, le constructeur des Collins, a d’ailleurs fait savoir qu’il était prêt à répondre aux besoins australiens, estimant que son nouveau sous-marins A-26 pourrait convenir.

Cependant, le chef d’état-major de la RAN, l’amiral Mike Noonan, a catégoriquement exclu une « flotte intérimaire », qui « apporterait plus de défis que de capacités ». « Je reste très confiant sur le fait que les sous-marins de la classe Collins resteront très performants jusqu’à l’arrivée des SNA », a-t-il fait valoir.

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84 contributions

  1. zaza24 dit :

    coule !
    Heu pardon, cool !
    good for U

  2. Olivier_M dit :

    Que les Australiens se dé…brouillent et qu’ils paient un lourd tribut à cet accord AUKUS. On peut leur souhaiter bien de plaisir pour acquérir toutes les compétences liées au nucléaire sans parler de celles pour construire des sous-marins… Bref.
    En tout cas, avec les 3.2 ou .4 milliards d’euros que Naval Group va récupérer, l’entreprise pourrait offrir à la France 2 SNA de plus 😉

    • Czar dit :

      je sais pas d’où vient ce chiffre, mais faut arrêter de rêver.

      • MERCATOR dit :

        L’Australie devra débourser jusqu’à 5,5 milliards de dollars australiens (3,7 milliards d’euros) en conséquence de la rupture, en septembre, de l’accord conclu avec la France pour la fourniture de sous-marins par Naval group, ont admis des membres du gouvernement australien le 1er avril. Le Premier ministre Scott Morrison avait annoncé ce revirement au profit de modèles américains ou britanniques, dans le cadre de l’accord Aukus conclu avec les deux puissances anglo-saxonnes. Le secrétaire adjoint du ministère australien de la Défense, Tony Dalton, a précisé que « le montant exact n’était pas encore clair car les négociations avec Naval group étaient en cours »,

      • Bomber X dit :

        Ce chiffre avancé par @Olivier_M est à peu près exact (3,7 Mds € en fait), mais là où il se trompe, c’est qu’il ne sera pas versé intégralement à Naval Group. Cette somme couvre le remboursement des coûts de l’industriel français, mais aussi ceux de Lockheed Martin (système d’arme) et des sous-traitants et du chantier naval, dont 35 sociétés françaises qui s’étaient installées en Australie dans le cadre du programme.

        • Czar dit :

          évidemment on s’est toujours monté le bourrichon en évoquant la totalité du montant du contrat en ‘oubliant’ que Naval n’avait pas vocation à fournir un sous-marin entier, la partie juteuse étant faite par les ricains. Et les indemnités de rupture du contrat suivront la même logique proportionnelle

      • Too dit :

        3.7 milliard d’€ est un chiffre qui vient des responsables Australiens
        => Senatrice Penny Wong en séance de question/réponse a laquelle le secrétaire adjoint a la défense (Tony Dalton) à répondu que le montant sera négocié dans les limites de ce prix.

      • UnKnown dit :

        C’est le chiffre annoncé par le gouvernement Australien lui même… Environ 3.7 Milliards d’€uros.
        https://www.abc.net.au/news/2022-04-01/cancelled-french-submarine-program-cost-billions/100959082
        lesechos.fr/industrie-services/air-defense/laffaire-des-sous-marins-francais-coute-une-fortune-a-laustralie-1397970

        Dans un marché public il y a des règles strictes, généralement abusivement en faveur du pouvoir adjudicateur. Mais dès que ce dernier viole ses propres règles et SURTOUT revient sur son engagement signé, les pénalités sont très salées.

        • Ou ai je lu 550 millions? Quoiqu’il en soit, les américains vendent à OTAN et AURKUS au détriment des autres industries militaires. Y compris les fameux F35 dont l’US AIR FORCE ne veut plus.

    • AirTatto dit :

      Si on en croit le Financial Times, c’est 90 millions d’euros le payement de rupture de contrat plus évidement le remboursement des quelques 250 millions d’euros pour les investissement en Australie.
      De plus, il a aussi les 250 millions de dollars pour GE qui bossait sur le système de combat.
      Donc oui chiffres de 3.2 / 3.4 milliards me semble pas très juste.
      https://www.ft.com/content/37042bf8-c3b7-4173-a0de-628b440f2933

  3. themistocles dit :

    Des SSK de conception fin des annees 80-debut des annees 90, le premier etant admis au service actif en 96, tenir leur rang jusqu`en 2035 minimum, voila de l`optimisme ou je ne m`y connais plus…

    • breguet dit :

      themistocles: effectivement et au vu que ces soums semblent peu naviguer, va falloir s’y mettre si les chinois continue la pression…Le matos c’est déjà pas le top mais quid de l’expérience des équipages? Ce n’est plus de l’optimisme c’est de la naïveté voir de la négligence…Vont pas rigoler les sous-mariniers…

  4. mulshoe dit :

    faut oublier l’Australie

    • Axer dit :

      Quand la Chine est déjà aux îles Salomon, la France comme les Australiens, ont des inquiétudes à se faire, à moins de se coucher dès que l’Empire du Milieu dira le moindre mot.

      • mulshoe dit :

        ah oui ? Mais comment faire confiance à l’Australie ? A l’Aukus en général ? Si à la première occasion vous recevez des camouflets ? La new calédonie est de toute façon vouée à l’indépendance à plus ou moins long terme . Que ce côté de l’indo-pacifique se débrouille avec la Chine . Mais sans nous .

      • Pascal (l'autre) dit :

        « Quand la Chine est déjà aux îles Salomon, la France comme les Australiens, ont des inquiétudes à se faire, » Ce sont surtout les états du Pacifique que la Chine veut cajoler (comprendre spolier) qui ont de légitimes « inquiétudes »
        https://www.lepoint.fr/monde/les-nations-du-pacifique-rejettent-un-projet-d-accord-avec-la-chine-sur-la-securite-regionale-30-05-2022-2477580_24.php
        « à moins de se coucher dès que l’Empire du Milieu dira le moindre mot. » Se coucher………………………une « tradition » toute française, A ceux qui en douteraient encore il suffit de lire certaines interventions sur ce blog!

    • tschok dit :

      Faudrait oublier les cartes pour ça.

      • Thomas dit :

        En effet
        S’ils nous l’ont fait à l’envers, ils restent les plus proches alliés de notre collier de perle polynésien

  5. Jre91 dit :

    Ca va être dur de les maintenir opérationnels jusqu’au SS US… Je ne sais pas quand ceux-ci arriveront, mais sans doute pas avant 2045, voire plus tard…
    A moins que les sous-mariniers australien aillent s’entrainer dans des SS US, ils risquent fort de perdre leurs compétences… D’ailleurs, même financièrement, entre les coûts d’un SNA de classe Virginia (ou similaire, car les US n’ont jamais exportés de SS), les coûts de matières premières qui doublent dans plusieurs secteurs d’activité, bref, cela va couter une fortune.

  6. Félix GARCIA dit :

    « Ses actes posés à l’égard de la France […] étaient d’une brutalité, d’un cynisme et, je serais quand même tenté de dire, d’une forme d’incompétence notoires, et ça me fait plaisir de vous le dire ce soir »

    On pourrait dire la même chose de nos politiques au passage …

    Souveraineté Numérique – Présentation de Perspectives Libres
    https://www.youtube.com/watch?v=NotsUULPWUQ

    C’est rien, ça m’fait plaisir à moi aussi …

  7. Gplt dit :

    Des t***ds ces australiens ! Nos shortfin leur permettaient de justement faire la transition vers le SNA en mettant en place leur filière nucléaire inexistante à ce jour tout en ayant des sous-marins performants à court terme. Les décisions d’armement devraient faire l’objet d’une stratégie militaro-politique et non uniquement politique.

  8. R2D2 dit :

     » plans consistaient acquérir deux SNA de type Virginia aux États-Unis d’ici 2030 et d’en construire huit autres en Australie. »
    – aux dernieres nouvelles les américains sont un peu court en soum et prolongent la durée de vie de ceux qu’ils ont. Donc je ne vois pas trop d’où pourrait sortir ces deux Virginia d’occasion.
    – en construire 8… en dehors du défi industriel cela veut dire aussi créer puis former un grand nombre d’équipages. Sachant que le réservoir humain australien n’est pas illimité cela va etre là aussi un autre défi.

    • Axer dit :

      Les USA les construiront (quel délais reste la question), y compris pour les besoins de l’Australie, ce n’est pas à en douter. Le problème c’est les Porte-Avions, en auront t’ils assez au su que les chinois s’entraînent à les détruire et s’équipent vitesse grand-V avec des missiles de hautes puissance/grande vélocité pour les couler…

      • R2D2 dit :

        « Les USA les construiront (quel délais reste la question »
        justement les USA ont quelques soucis de production…

    • NRJ dit :

      @R2D2
      « en construire 8… en dehors du défi industriel cela veut dire aussi créer puis former un grand nombre d’équipages. Sachant que le réservoir humain australien n’est pas illimité cela va etre là aussi un autre défi. ». Je ne pense pas que la difficulté soit là. Certes il faut y faire attention, mais ce n’est pas le problème principal. D’ailleurs, on prévoyait 12 équipages pour les Shortfin.

      Par contre 8 SNA de type Virginia, ça coûte assez cher. Bien plus que les Shortfin. Et effectivement, rien ne garantit que les américains accepteront de leur filer 2 SNA. Leurs premiers Virginia datent de 2004, ce qui signifie que ces sous-marins seront déjà âgés.
      Après il s’agira de monter toute une industrie de construction navale, ainsi qu’une industrie nucléaire. Et là, contrairement à Naval Group qui a été imposé par la concurrence allemande et japonaise de faire des concessions, les américains n’auront aucune contrainte.

      Après on peut supposer que l’Australie achètera des sous-marins anglais.

      • Midship dit :

        Concernant les équipages embarqués (Je ne parle pas soutien, formation, encadrement)
        6 Collins ca fait 350 embarqués, et il n’arrivent déjà pas à armer leurs sous-marins.
        12 Attack de Naval Group, ca aurait fait moins de 600 personnes… Petit bond.
        12 Virginia (avec 1 seul équipage par bateau, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas optimisés) , on atteint 1130 embarqués… Avec des fonctions très spécifiques nécessitant des formations longues pour tout ce qu’entraîne la propulsion nucléaire. Alors oui , ce n’est pas le problème principal, mais ce n’est pas rien.
        Y aura toujours la solution de prendre des marins UK ou US à la retraite en les payant très très bien…

        • NRJ dit :

          @Midship
          en soit ils auraient eu 8 Virginia, pas 12. Ca fait un peu plus de monde que les 12 Shortfin, mais ce n’est pas non plus une classe au-dessus.

          « Y aura toujours la solution de prendre des marins UK ou US à la retraite en les payant très très bien… » A mon avis, ça aurait peu de chance d’arriver. Pour des raisons stratégiques évidentes, mais également humaines (les sous-mariniers n’ont pas les pires retraites de l’armée…).

      • Bomber X dit :

        Oui enfin bon, les Shortfin c’est 70 membres d’équipages, quand les Virginia c’est 113 ! Et il faudra certainement des équipages doublés.
        Au final, ça peut revenir très cher, et difficile à recruter, l’Australie connaissant comme beaucoup d’autres pays, un déficit de personnels militaires, et en particulier pour la marine.
        Après, bien évidemment, des Virginia couteront beaucoup plus cher que des Shortfin d’autant que comme vous le dites, il faudra créer de toute pièces les infrastructures destinées à les construire et à les entretenir.

  9. Pedro dit :

    De beaux enf***és nos « amis » australiens … Mieux vaut avoir qq ennemis déclarés que des amis comme eux. Bon après tout, cela reste d’anciens anglais exilés 🙂

    • Naledi dit :

      Ouais et autres bagnards, à lire: « L’espoir est une terre lointaine » qui retrace l’arrivée de ces exilés en Australie.

  10. LEONARD dit :

    R.Marles a fait d’autres déclarations:
    « Je pense qu’en réalité, lorsque l’ancien gouvernement a quitté ses fonctions, la plupart des projections étaient que [la livraison] était plus susceptible d’avoir lieu au milieu des années 2040 »
    https://www.theage.com.au/politics/federal/expect-submarine-delays-marles-says-as-he-plans-for-defence-capability-gap-20220606-p5argk.html
    Ca nous met donc à 2045 pour les 1ers SNA.
    Ca oblige donc à prolonger les derniers Collins jusqu’en 2050 à minima. Pour mémoire, le 1er a été livré en 1996, le dernier en 2003.

    Quant à l’achat de Virginia, vu que l’US Navy dit ne pas avoir assez de SNA face à la Chine, c’est très, très hypothètique.
    Seul avantage de la situation, ils ont 20 ans pour se préparer, si la Chine leur en laisse le temps…

    • Axer dit :

      C’est ce que cherche l’Australie en réalité, c’était pas pour baffer la France, mais ils ont un besoin vital de la technologie nucléaire pouvant mener leurs SM a de plus grandes distances, à être peut-être plus silencieux et avec plus d’autonomie, en cas de guerre contre la Chine. L’avancement de Pekin dans le Pacifique est le cauchemar des USA, et de ses alliés de la région, y compris la France (N-Calédonie) et le Japon.

      • Naledi dit :

        Mais avec les SNA ils orientent leur stratégie vers de l’offensif plutôt que du défensif. En ont ils l’intérêt ? La capacité? La Chine serait trop gourmande à croquer tous ces pays qui n’ont pas la même culture. Je pense plutôt à une colonisation larvaire, avec de l’immigration et des investissements économiques. Qui est beaucoup plus rentable.

      • NRJ dit :

        @Axer
        « C’est ce que cherche l’Australie en réalité, c’était pas pour baffer la France, mais ils ont un besoin vital de la technologie nucléaire pouvant mener leurs SM a de plus grandes distances, à être peut-être plus silencieux et avec plus d’autonomie, en cas de guerre contre la Chine. ». Tous les arguments que vous sortez sont des arguments de mauvaise foi, que ce soit volontaire ou non de votre part.
        D’abord les spécifications des sous-marins n’ont pas de raison d’évoluer entre 2016 et 2021. Il n’y a eu que 5 ans entre ces deux dates, et pas de changement géopolitique et technologique privilégiant l’utilisation d’un SNA plutôt que d’un sous-marin conventionnel. L’ennemi est resté la Chine, et on parle d’un réacteur à eau pressurisé, le même que celui qu’on installe déjà dans les SNA français depuis les années 60-70. Donc il serait intéressant que vous évoquiez les raisons techniques pour laquelle en 5 ans, on change complètement de spécifications.

        Sur l’aspect distance, les Shortfin disposant d’une autonomie assez importante. Alors oui la propulsion nucléaire a une autonomie quasiment infinie, mais il n’en reste pas moins que le Shortfin pouvait rivaliser avec un SNA en distance franchissable. Par ailleurs, le Shortfin était une version du Barracuda, un sous-marin d’attaque… Nucléaire. Bref, si on avait voulu équiper le Shortfin d’une propulsion nucléaire, c’était parfaitement possible. Mais ça aurait évidemment été une propulsion française….

        Quant au fait d’être plus silencieux, vous vous trompez également. Autant on peut faire fonctionner un moteur Diesel au ralenti et baisser le bruit qu’il émet, autant un réacteur nucléaire nécessite le fonctionnement continu de pompes, un système par nature bruyant (pour rappel, la pompe sert à augmenter la pression d’un fluide. Or le son est le résultat d’une dépression) et ce même s’il est à l’arrêt.

        Il est temps d’admettre (et non pas simplement sous-entendre comme vous le faites à la dernière phrase) que cet décision fut motivée par des raisons politiques et géopolitiques. D’un point de vue technique, technologique, financier, et industriel, il n’y avait aucune raison de changer de sous-marins.

        • breguet dit :

          NRJ: Je ne sais pas votre niveau d’expérience dans ce domaine, mais pour les bruits rayonnés par les subs, c’est pas aussi binaire que ça..Un sub diesel qui ne fait pas de bruit…n’avance pas…tactiquement c’est pas trés bon ( ou en tout cas cela limite les possibilités..)…Un sub nuc a l’avantage, lui, de ne pas trop rayonner à des vitesses de patrouille intéressantes ( on va pas donner de chiffres, hein…) J’en veux pour preuve ( l’expérience) qu’un sub nuc en exercice va mettre en route sa  » moulinette » ( elle même relativement discrète) pour masquer sa signature réelle et en cas de besoin, plus de moulinette et là ça se corse……Donc, j’aurai tendance à être de l’avis d’Axer…A+

          • breguet dit :

            et pour finir, le bruit des pompes on sait faire pour limiter les décibels…Pour info, il ya pas mal de pompes aussi sur un diesel…

          • NRJ dit :

            @Breguet
            « Un sub diesel qui ne fait pas de bruit…n’avance pas… ». En soit on incorpore de plus en plus des batteries dans les sous-marins, permettant une autonomie réduites mais non négligeable.
            Après, la pompe fait du bruit. On parle en plus d’un réacteur nucléaire, donc ce n’est pas un détail.

            Je n’ai pas d’expérience particulière dans les sous-marins. J’ai simplement les outils scientifiques qui me permettent de comprendre un peu comment marche le bidule 😉

          • NRJ dit :

            @breguet
            Sauf que les pompes du diesel ne sont pas aussi volumineuses que celle d’un réacteur nucléaire. Et là encore, elles peuvent s’arrêter, là où la pompe d’un réacteur doit continuer à fonctionner quoi qu’il arrive sans quoi on retrouve Tcherchnobyl au fond des mers.

          • breguet dit :

            NRJ: Il faut reconnaitre ses limites: je m’incline donc devant vos connaissances scientifiques ( et théoriques) moi qui n’ai seulement que pas mal d’années de pratique de la lutte anti-sous-marine…J’ai du en rater des choses!

          • NRJ dit :

            @breguet
            J’aime bien votre ironie.
            Quoi qu’il en soit, si vous voulez on peut faire le calcul ensemble pour avoir un ordre de grandeur de la puissance nécessaire à la pompe pour refroidir un réacteur nucléaire, ainsi que la puissance des pompes d’un Diesel. Je suis à peu près certain que ce qui fait le plus de bruit dans un Diesel, c’est bien la combustion. La question devient ainsi de savoir quand utiliser le moteur thermique.

            Sinon, il est normal que vous n’ayez pas vu les nouvelles générations de batterie dans les sous-marins français. Pour votre information, les batteries Lithium-Ion commencent à être implémentées dans les sous-marins, ces batteries étant plus endurante, plus compacte et plus puissantes que les batteries au Plomb ou Nickel-Cadmium que l’on utilisait jusque là.
            Ce n’est pas un hasard si Naval Group les propose sur les Scorpène et que les derniers sous-marins japonais en disposent désormais.
            Après les informations pratiques dont vous disposez sont sans doute intéressantes, mais faut savoir où sont vos propres limites. Si vous êtes dans la marine française, vous ne deviez pas fréquemment utiliser des moteurs Diesel et des batteries de longue durée (même si à ma connaissance, les sous-marins française en sont équipés).

      • Pascal (l'autre) dit :

        « C’est ce que cherche l’Australie en réalité, c’était pas pour baffer la France, » Vous n’avez pas du tout suivre………….

    • R2D2 dit :

      « Seul avantage de la situation, ils ont 20 ans pour se préparer, si la Chine leur en laisse le temps… »
      si je ne me trompe pas les dernières estimations sont que ça claque avec la Chine avant la fin de cette décennie ^^’

  11. philbeau dit :

    la Chine est l’autre cauchemar de l’Occident en ce moment , et l’agressivité de ses dirigeants est à l’unisson de celle des dirigeants russes . Mais qui peut évaluer à sa juste importance ses capacités , dans le proche avenir , à être le challenger qu’on nous décrit complaisamment , faisant par là même le jeu de la propagande chinoise ? la politique zéro Covid , ou le rêve fou de Xi Jing Pin de pousser à l’extrême le contrôle social va finir par venir à bout de la patience des chinois , et commence à inquiéter les jeunes élites qui jusque là adhéraient à la trajectoire de mondialisation du pays qui a fait sa réussite au cours des deux dernières décennies . D’autant que l’origine de la pandémie va encore révéler des surprises . S’ajoute au plus mauvais moment le phénomène démographique qu’on prévoyait , et qui est le cauchemar des autorités chinoises : le vieillissement qui s’accélère de la population https://www.lefigaro.fr/international/seisme-demographique-la-population-de-chine-entame-son-declin-20220609
    Alors , la Chine futur maître du monde comme cela nous est sans cesse répété ? Pas si simple . Et ses ambitions belliqueuses loin d’être possibles .

    • sepecat dit :

      Effectivement. Si les incantations belliqueuses des dirigeants chinois et leur volonté d’exporter leur vision du monde sont bien réelles, il faut tout de même prendre un peu de recul et considérer que ce vaste pays n’est pas constitué de façon homogène. Des tensions existent intra Chine et, comme vous le soulignez, les jeunes générations étaient tentées de jouer sur les deux tableaux en profitant de la mondialisation et acceptant les contraintes de leur gouvernement. Sur le long terme personne n’est en mesure de garantir que tout ceci peut perdurer. On peut également se poser la question de la valeur exacte des armées chinoises dont nous ne contesterons pas le nombre, mais qui n’ont rien prouvé récemment dans un conflit moderne. L’armée russe était estimée performante, jusqu’à ce qu’on voit sur le terrain dans quelle galère elle se trouve. Elle aussi avait pour elle le nombre, mais cela ne suffit pas et il faut que les personnels soient à la hauteur. Un documentaire récent posait la question, fort juste, de savoir à quel point l’encadrement chinois pourrait être à la hauteur sachant que l’endoctrinement a amené des générations entières à ne pas prendre de responsabilité et se reposer sur la hiérarchie. Pas sût que cette vision soit adaptée aux combats de l’époque moderne où l’on voit que les Ukrainiens savent s’adapter très rapidement et mettre à profit toute opportunité pour augmenter leur force de frappe. Reste également la qualité des matériels qui n’est pas forcément de même niveau côté Chine. On le voit avec les canons mis en oeuvre par les Ukrainiens… A quoi sert d’avoir pléthore de canons russes, si leur portée est trop courte et qu’ils se font tirer dessus par des unités ayant une plus grande allonge. Peut être les équipements chinois sont-ils de même rang que ceux mis en oeuvre par les occidentaux… peut-être pas. Seul un conflit pourrait nous donner une réponse valable mais il est préférable d’éviter cette voie.

    • Vinz dit :

      « la Chine est l’autre cauchemar de l’Occident en ce moment »

      Oui. D’où l’intérêt pour l’Occident de former par tous les moyens un bloc eurasien Russie-Chine.

  12. Paddybus dit :

    Pas grave, macreux va leur louer à pas cher le Suffren… on en a tellement, et puis quoi, il faut bien vendre…!!!!! :o)))

  13. Le Breton dit :

    La France avait, semble-t-il, fait la proposition de sous-marins nucléaires mais les australiens ont refusés et Naval Group a donc fait la proposition de transformer une architecture (celle de nos SNA actuels ?) conçue pour des sous-marins nucléaires en quelque chose de plus classique si j’ai bien compris ce qui augmentera d’autant plus les coûts et le temps du chantier à cause d’imprévus sûrement.
    Mais ce que je pense c’est qu’ils ne verront pas l’ombre d’un seul sous-marin nucléaire dans ce fameux partenariat AUKUS.

    • Carin dit :

      @Le Breton
      Comme prévu lors de l’annonce AUKUS, nos amis anglais sont recalés, nos amis australiens vont construire à leurs frais quelques bases pour que quelques soums américains y soient basés, l’Amérique c’est très loin de la chine, Guam trop petite, restait l’Australie pour y baser tout ce qu’il faut pour que les SNA US n’aient pas à faire ce long voyage pour se faire entretenir.
      Plus jamais nos amis australiens n’auront de soums en propre, la fin des colins marquera la fin de cette spécialité au sein de la marine australienne, qui verra ses équipages monter à bord des produits américains, sous commandement américain…

    • vno dit :

      Les Suffren ont été pensés de façon « modulaire » l’avant projet de la fin des années 90 avait prévu une version à propulsion non nucléaire à la place des compartiments chaufferie et machine pour l’export. Après ce n’était que des PowerPoint avec des performances calculées et espérées.

    • Marco dit :

      Non, à l’époque de l’appel d’offre des sous-marins diesel-électrique qu’a remporté Naval Group, il était totalement hors de question pour les Australiens de posséder des SNA.
      La population australienne dans sa grande majorité n’était pas prête à accepter des équipements nucléaires sur son territoire. La France n’a donc pas proposé de SNA aux Australiens à l’époque.
      Puis est arrivée la menace chinoise…

  14. Michel dit :

    C’est pathétique, comment l’Australie peut elle être crédible à l’avenir ?
    Heureusement pour leurs dirigeants la honte ne tue pas.
    J’espère sincèrement que les Australiens n’auront pas à regretter leur choix.

    • Too dit :

      La honte ne tue pas, mais les élections les ont achevé.

    • Pascal (l'autre) dit :

      @ Michel il est vrai que le « gag » de la volte face sur le choix ses sous-marins a considérablement et aussi durablement impacté les relations de confiance que nous avions avec les « Aussies » L’ancien (et pour cause) premier ministre et son gouvernement ont été viré par les urnes mais n’oublions jamais en cas d’éventuels nouveaux projets les Australiens sont des Anglo-Saxons et qu’ils se tourneront toujours préférentiellement vers d’autres , la Grande Bretagne, les U.S. voire le Canada! Et même si l’actuel gouvernement laisse penser qu’il « agira » pour recoller les pots cassés ne nous berçons pas d’illusions, ne nous leurrons pas sinon de nouvelles désillusions nous encaisserons!

  15. Axer dit :

    C’est parceque le vrai problème de l’Australie c’est la Chine, qui n’arrête de s’avancer vers ses eaux territoriales et son territoire. Les Australiens ont contractés avec les USA et la couronne britannique pour avoir du renfort en cas de batailles, ou en cas de guerre de grande ampleur. Ceci étant ça n’excuse pas les revirements de dernière minute. Si elle désirait tant que ça des Sub. à propulsion nucléaire, elle pouvait le dire à la France, qui maîtrise cette technologie, autant que les Usa. Mais bon, ce qu’ils ont besoin, c’est que 100.000 marines US puissent venir les aider en cas d’agression de Pekin. On se retrouve dans les mêmes schémas que le cas de Taïwan.

    • Carin dit :

      @Axer
      Vous n’y êtes pas vraiment…
      Ce sont les USA qui « annexe » l’Australie. L’armée australienne renforcera les troupes américaines, mais plus encore, la marine australienne, véritable besoin des USA.
      La guerre contre la Chine auras lieu, c’est une question de temps, mais nos amis américains n’iront pas en chine, ils se contenteront de supprimer sa marine, et de faire un gros blocus, empêchant la chine d’exporter ses produits. C’est la raison pour laquelle nous
      « européens », sommes cordialement invités à faire comme les states… rapatrier nos industries!

  16. Deres dit :

    Cela éclaire juste le processus qui mène à l’abandon de tous les projets avec les français en Australie. Derrière les négociations officielles, il y a des accords secrets et des tractations cachés qu’il n’est pas possible de surveiller démocratiquement et qui mène aux décisions militaires. Ensuite, il ne reste qu’à trouver des argument pseudo-technique pour conspuer le matériel acheter suite à des appels d’offre concurrentiels et les remplacer par du matériel américain avec des contrats de gouvernement à gouvernement. les rémunérations indirects via consultants et futurs postes à la retraite doit être super intéressants.

  17. EP04 dit :

    « Je reste très confiant sur le fait que les sous-marins de la classe Collins resteront très performants jusqu’à l’arrivée des SNA »,

    Aussi performants que par le passé?

  18. Oliver dit :

    Les australiens navigueront en SNA quand nous volerons en SCAF !
    C’est à dire jamais… Le conflit de civilisations à venir aura tout fait péter.

    • Pascal (l'autre) dit :

      @ Oliver C’est beau…………………………….l’optimisme!

  19. Jre91 dit :

    Je ne suis pas sur que la France aurait acceptée de leur vendre des SNA des le début… cela aurait crée un précédent, je je vois mal la France dans ce role.
    Cependant vous avez raison, noys aurions pu basculer vers des version nucleaires sans doute assez facilement… mais on en revient au meme, cela aurait crée un précédent.
    A mon avis seuls les US pouvaient se le permettre… meme si la Russie a loué un SNA a l’Inde, mais bon, celle-ci etant deja une puissance nucleaire, cela doit faciliter les choses…

  20. Rascasse dit :

    Une info essentielle n’est pas connue de la presse française, on dirait, ni de M. Lagneau…
    A la fin de 2021, l’un des Collins, le HMAS Sheean, a connu un grave incident, quand une pompe du système de vidange des ballasts s’est mise à fuir, entrainant une voie d’eau importante dans la coque intérieure (pressure hull, ou strong hull pour les australiens).
    A priori, il s’en ait fallu de peu pour que le soum ne puisse pas remonter à la surface, considérant en plus qu’il était proche de sa profondeur de plongée maximale.
    Un incident du même type mais sur une conduite d’eau d’un plus gros diamètre avait eu lieu en 2003 sur un autre Collins, le Dechaineux. Il se dit qu’il s’en était fallu d’une vingtaine de seconde pour que la quantité d’eau dans le soum rende impossible sa remontée…
    .
    En conclusion, la sous-marinade australienne connait depuis une fuite des effectifs, car aucune solution rassurante à l’incident sur la pompe n’a été apportée, et que l’équipage du Sheean a été traumatisé par l’incident. Du coup, les promesses de prolonger les Collins pendant encore 20 ans ne sentent pas très bon.
    .
    Tout le détail de l’histoire ici:
    https://vpk.name/en/602195_the-incident-with-the-australian-submarine-sheean.html

  21. lym dit :

    Oncle Sam pourra toujours leur refiler les deux exemplaires les plus touchés par les problèmes de qualité d’acier révélés il y a quelques mois… Mais je pense qu’avant d’avoir mis le 1er en service la pression chinoise sera bien montée pour tester la solidité de l’alliance. On en voit déjà les prémices: Ils se sont vraiment mis entre le marteau et l’enclume avec des capacités propres largement dépassées et qui le resteront longtemps.
    Le seul truc qui fait plaisir dans cette confidence, c’est de souhaiter la bienvenue aux anglais au rayon des baisés vu qu’ils avaient sans doute en vue un débouché pour leurs Astute! Pour les australiens, bin ils se sont baisés eux-mêmes en fait: Une île continent très peu densément peuplée, sans moyen d’éviter un blocus maritime, cela parait déjà bien difficile à défendre en ayant les moyens sur place alors devoir compter sur des alliés à des dizaines de millier de km: Bonne chance!

  22. xavier37 dit :

    L’Australie est devenue un porte avion US , une cible pour les chinois, et n’auront jamais de SNA.
    C’est qui le patron ? C’est le Pentagone.

  23. benoit dit :

    Cela finira par l achat de sous marins tkms les Australiens n auront jamais de Virginia c est impossible pour les us de les vendre le risque de fuite serait trop grand Idem pour la fabrication sous license c est impossible de part la nature du carburant.

    La solution DCNS était la plus raisonnable et le contrat pouvait être converti en sous marin nucléaire a moindre frais…. De toute façon les Australiens n ont et n auront jamais les équipages pour armer 8 sous marins…

  24. Lado dit :

    Absolument
    Riche et vide..Toutes les matières premières y compris l’uranium..proie comme en 1942..
    Pour le meilleur et pour le pire,face à l’agressivité Chinoise,ils ont décidé de s’en remettre au parapluie US pour les 40/50 ans qui viennent.C’est un choix explicable même si il est très risqué.Quelle sera la posture des USA un pays divisé , se moins en moins « blancs/européen centré culturellemen »..?
    Notons que ni la Corée ,ni le Japon, ni même Taiwan sans parler de l’Inde ou de l’Indonésie ne mettengt tous leurs oeufs dans le même panier..
    Les travaillistes proposait en filigrane une politique d’alliance avec leur voisins (Salomon , Fidji ,NG, Indonésie et …et Fr (NC) avec des faciltés navales ( Un ssk Aus basé à Nouméa aurait 2000 km d’allonge de plus..)?Cela tout en restant allié des US..
    Tout le reste , les débâts sur la « techno inférieure » des Naval , ses délais et dérapages.. (voir la classe Hunter britannique..!) ne sont qu’une campagne de com par un lobby pro américain, souvent anti français à priori,et considerant les voisins avec condescendance voire pas mal de racisme.(Les Fr ont fait pas mal de répressions violentes ..en NC mais jamais les caldoches n’organisait le Dimanche ..après la messe… des battues /chasse aux aborigènes..)
    Ils auraientpu dans leur optique plus facilement offrir une base navale aux SSN Us, (ce qui en pratique ils feront mais avec un cout considérable , iun manque d’équipage déjà criant avec les Collins..)et acheter 10 /30 P8 supplémentaires et des missiles qui vont bien

  25. penandreff dit :

    les Australiens pourraient aussi louer des Los Angeles qui ont été retirés du service, ces sous-marins seraient entretenues par l’US navy dans ses bases du pacifique ou de l’Océan Indien.
    depuis le début cette option est sur la table, mais dans ce cas la construction de nouveau sous-marin en Australie serait oublié, choix politique difficile.

    • LEONARD dit :

      @penandreff
      Si les Los Angeles sont retirés du service, c’est que leur coeur nucléaire est à bout, et rien n’est prévu pour un rechargement.
      Donc, oubliez.

  26. vrai_chasseur dit :

    L’Australie s’est mise dans une impasse stratégique avec ses sous-marins.
    Aucune solution australienne n’est en vue avant 2040 au mieux. Etre capable d’opérer des sous-marins classiques n’est déjà pas une sinécure, opérer des sous-marins nucléaires requiert plusieurs décennies de montée en compétence.
    Les seules options sont de laisser les USA disposer librement de l’Australie comme d’un base militaire géante jusqu’à cette date, et de bâtir une cote mal taillée intérimaire pour monter en compétence industrielle et maintenir un minimum d’équipages opérationnels en les faisant embarquer comme supplétifs sur les sous-marins américains.
    Rien de tout cela ne semble avoir été planifié.

    • LEONARD dit :

      @vrai_chasseur
      « Rien de tout cela ne semble avoir été planifié. »
      Tout dépend de l’analyse de la menace, en l’occurence chinoise par l’E.M australien: Intensité et temporalité.
      Si tant est qu’il est acquis que Morrison est une tanche, il faut lui reconnaître sa volonté de mettre la Défense australienne à niveau avec une hausse importante du budget et le lancement de multiples programmes (plutôt mal gérés dans leur mise en oeuvre, je le concède).

      Il faut donc se poser la question des décisions avant Morrison et à ce titre, évoquer la cata stratègique, technique et opérationnelle des Collins. Tout vient de là. Une fois embourbée dans le problème Collins, la Marine australienne, (qui ne doit pas être plus mal commandée qu’en France), a dû se dépêtrer pendant 15-20 ans avec ces barcasses avant qu’enfin, il soit décidé de créer une sous-marinade océanique, pourtant utile et même vitale dès les années 90-2000.

      L’option nuc étant à l’époque impopulaire en Australie (ou elle est devenue subitement acceptable dès l’annonce d’Aukus, ce qui ne lasse pas d’interroger), et la France (ni les U.S, ni les U.K à l’époque), ne voulant devenir « proliférante », les aussies se sont orientés vers du diesel-électrique océanique. Les politiques ayant voulu du Make in Australie, le projet a tout de suite pris 5 à 10 ans de retard, alors que la Chine enquillait littéralement les mises à l’eau de frégates, croiseurs, soums, PHA, et bientôt P.A.

      Alors, la Marine Aussie a refait sa projection de risque sur base des mises en chantier chinoises 2015-2025 et des délais SHORTFIN (5 à 10 ans de – d’un côté, 5 à 10 ans de plus de l’autre),et s’est aperçue qu’elle n’avait plus le temps et n’aurait quasiment plus de sous-marinade en plein milieu de la période de danger.
      Il était impossible pour Morrison d’admettre la fin du Make In Australia pour gagner 10 ans, donc la Marine a proposé de devenir sous-traitante des U.S, qui, justement, avaient besoin d’équipages, de bases, d’alliés fidèles.
      Pour faire passer la pilule à l’opinion publique (qui, au vu de son revirement sur le nuc est malléable), on a sorti AUkus (çà, c’est sérieux), et un futur Make in Australia pour des SNA.
      Sauf que c’est impossible à réaliser dans les délais et que tout naturellement, avec le temps, l’urgence fera privilègier la sous-traitance d’équipages aussies dans des soums U.S basés en Australie, avec d’autant plus de facilité que la menace chinoise se fera plus proche (d’ou, peut-être, la coupable négligence avec les îles Salomon).

      Donc, on annonce 2045 pour un premier SNA qui se transformera en 2060-2070 en fonction de l’état du monde à ce moment là.
      Et contrairement à vous, je pense que tout ceci est planifié par la Marine australienne, du fait de décisions de politique intérieure des gouvernements successifs.

      L’inde a exactement le même problème, mais s’avère incapable de surmonter ses contradictions politico-militaro-industrielles. Les Aussies ont eu le courage de trancher. Leur Défense avant leur Indépendance industrielle, du fait de l’urgence.

      • midas le voltigeur dit :

        « Si tant est qu’il est acquis que Morrison est une tanche,  » ,messieurs je crois que c est un grand jour , malgré les opinions parfois galactiques sur ce site je crois bien que quelque chose fait l’unanimité !

    • Pascal (l'autre) dit :

      @ Vrai Chasseur « Rien de tout cela ne semble avoir été planifié. » Eh bien si! Et vous l’avez mentionné « Les seules options sont de laisser les USA disposer librement de l’Australie comme d’un base militaire géante » En fait certainement plusieurs bases!
      Navales c’est certain et aussi aériennes! Interopérabilité (l’Armée de l’Air australienne possède du matos U.S. dont les F-35, F/A F18 F Super Hornet et EA-18G Growler). Cela remplacerait les bases U.S. des Philippines, Subic Bay pour l’U.S. Navy et Clark pour l’U.S.A.F. Bases sévèrement endommagées par la colossale éruption du volcan Pinatubo en 1991. Plus obligé de passer par l’actuel fantasque président philippin Rodrigo Dutertre avec qui les relations n’ont jamais été au beau fixe!

      • LEONARD dit :

        @Pascal
        Oui, enfin, Manille Haïnan, c’est 1300 km alors que Darwin Haïnan c’est 4200 km, alors, ça relativise l’intérêt de la substitution.
        L’Australie ne peut être qu’une base arrière.

        • Pascal (l'autre) dit :

          « Oui, enfin, Manille Haïnan, c’est 1300 km alors que Darwin Haïnan c’est 4200 km, alors, ça relativise l’intérêt de la substitution. » Oui mais dans le cas de tir de missiles venant du « nord » ça a quand même un petit avantage, on voit…….venir!

      • Frédéric dit :

        Je rappelle que Rodrigo Dutertre ne sera plus président a la fin du mois, remplacer par Ferdinand Marcos Jr., fils du dictateur. Et sa fille Sara Duterte, sera la vice-présidente. Même ligne politique populiste, mais moins fantasque. .

  27. Félix GARCIA dit :

    HS : UDT 2022 – Undersea Defense Technology in Rotterdam, NL
    https://www.youtube.com/watch?v=hEB4aF9ss14

    Très intéressante cette idée de SPEAR :
    https://spearuav.com/solutions/?tab=ninox103

  28. Thaurac dit :

    Seuls les ricains peuvent aider un pays comme l’Australie, aux antipodes , et seuls les ricains ont les moyens de fournir du matos en quantité , parfois sur étagère, nous, on a vu avec l’Ukraine
    Donc l’intérêt du pays prime, et ils ont aussi le même ennemi la chine hégémonique