Boeing propose son avion de patrouille maritime P-8A Poseidon au Canada

Durant la Guerre Froide, les forces armées canadiennes acquirent une solide réputation dans la surveillance des sous-marins soviétiques, tant dans le Pacifique que dans l’Atlantique-Nord. Et cela en partie grâce à l’avion de patrouille maritime CP-107 Argus, remplacé au début des années 1980 par le CP-140 Aurora, un appareil dont la conception fut inspirée le P-3C Orion de Lockheed-Martin.

Depuis son entrée en service, le CP-140 Aurora a constamment fait l’objet de modernisation. Et si, à l’origine, il était uniquement chargé de mener des missions de lutte anti-sous-marin, son rôle a évolué après la Guerre Froide, avec l’intégration de nouvelles capacités en matière de recueil de renseignement. Ainsi, par exemple, l’Aviation royale canadienne [ARC] a engagé deux exemplaires [sur 14 encore opérationnels, ndlr] au Levant, dans le cadre de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis [opération Inherent Resolve – OIR].

Dans un contexte marqué par le retour de la menace sous-marine, liée aux tensions avec la Russie et la Chine, la question du remplacement de ces CP-140 Aurora est désormais posé. D’autant plus qu’ils ne sont pas éternels et que la marine canadienne ne peut pas trop compter sur ses quatre sous-marins de type Victoria, qui passent le plus clair de leur temps au radoub… D’où le programme « Aéronef multimissions canadien » [AMC], lancé par Ottawa.

Doté d’un budget d’environ cinq milliards de dollars canadiens, ce projet vise à doter l’Aviation royale canadienne d’un « aéronef longue portée de commandement, contrôle, communications, informatique [C3I], renseignement, surveillance, reconnaissance [RSR] et guerre anti-sous-marine [GASM] à capacités étendues avec équipage afin de remplacer le CP140 Aurora », explique le ministère canadien de la Défense.

Et celui-ci de préciser que, « étant donné son vaste territoire, le Canada doit compter sur un aéronef de longue portée et d’une longue durée de tenue de poste pour lui permettre de se rendre dans les zones opérationnelles et d’y demeurer aussi longtemps que nécessaire ».

Aussi, Boeing a certainement vu dans ce projet un possible lot de consolation, après l’élimination de son F/A-18 Super Hornet de l’appel d’offres canadien sur les avions de combat. En effet, le 10 février, l’industriel américain a fait part de son intention de proposer son avion de patrouille maritime P-8A Poseidon à Ottawa.

« Avec plus de 140 avions en service, le P-8 a effectué plus de 400’000 heures de vol sans accident dans le monde entier » et il a démontré qu’il est une appareil « multimissions le plus performant au monde actuellement en production », a fait valoir Boeing.

« La portée, la vitesse et l’endurance du P-8 en font la plate-forme idéale pour surveiller les approches maritimes et nordiques du Canada. […] Couplée à un solide plan de partenariat industriel, l’offre de Boeing s’appuiera sur ses succès en matière de contribution à la croissance économique du Canada tout au long de la durée du programme CMA », a souligné le constructeur américain.

Un nouveau contrat pour le P-8A Poseidon serait le bienvenu pour Boeing, étant donné que l’US Navy ne prévoit pas d’acquérir un nouveau lot de cet appareil dans un avenir proche.

Pour rappel, basé sur le B-737-800, le P-8A Poseidon est doté de radar de surveillance maritime AN/APY-10 fourni par Raytheon ainsi que de systèmes de renseignement électronique et de dispositifs de contre-mesure. Il peut emporter des missiles AGM-84 Harpoon et AGM-84H/K SLAM-ER, des torpilles Mark 54, des mines et des grenades sous-marines.

Photo : Boeing

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