Pour l’armée de Terre, l’immobilisation d’un matériel terrestre doit « devenir l’exception »

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30 contributions

  1. Tankaboum dit :

    Et oui avec l’impression 3D on évite 14 kg de papier de demande administrative, le passage par 3bureaux avec l’approbation des responsables en charge, et surtout le stockage et l´envois des dites pièces. Une vraie révolution de théâtre..

  2. Polymères dit :

    Précisons que l’intérêt d’éviter d’attendre la panne, c’est éviter des complications, de l’imprévu et une longue indisponibilité du fait justement de cet imprévu. On attend donc plus longtemps la pièce de rechange.
    Changer avant la casse ou par planification de certaines usures permet comme il est dit d’éviter un problème plus important. Certains diront toujours qu’on est fou d’agir ainsi, qu’il y a toujours un potentiel, qu’on peut tirer dessus, mais cette méthode là, nous la connaissons bien, nous l’utilisons depuis bien longtemps et on en voit les résultats, le matériel est à bout, non pas une pièce ou deux, mais totalement au point qu’il faut tout régénérer pour redonner du potentiel de quelques années.
    Tout s’entretient en permanence et on doit être capable de bien prévoir et gérer les opérations de maintenance, les rechanges, pour ne pas se faire surprendre, pour ne pas être débordé de l’imprévu au point de décaler des visites et autres, c’est cela ensuite qui fait fondre la disponibilité.

    Une maintenance préventive plutôt que corrective, si elle est bien faite, ce sera une bonne chose, on pourra prévoir les commandes de pièces avant les actes de maintenance, prévoir les temps de travail, d’indisponibilité.
    On aurait également pût faire comme avant, comme maintenant, en cherchant à acquérir des stocks plus importants de pièces de rechanges, au plus près des régiments, mais il y aurait toujours eût le côté non prévisionnel et potentiellement bordélique (surcharge de travail) dans la maintenance.

    Le renouvellement des matériels va inévitablement donner une bouffée d’oxygène dans les forces, même si il faudra aussi en parallèle assurer la formation. L’intégration du privé n’est pas une mauvaise chose pour maintenir une expertise technique permanente en France par rapport à des militaires qu’il faut former sans cesse (beaucoup quittent l’institution), qui sont mutés, qui sont en missions à droite et à gauche, qui font sport, etc. Le personnel civil, il ne fait peut-être pas la guerre, mais il a son rôle à jouer dans les armées, qu’il soit civil de la défense ou rattaché à un industriel, ils sont précieux. Cela se passe très bien aujourd’hui avec Nexter autour des VBCI par exemple, ça n’a pas de raison de moins marcher demain.

    • ji_louis dit :

      Il me semble comprendre que la maintenance préventive n’est pas faite dans l’armée de terre sur ses matériels roulant, ce qui m’étonne beaucoup!
      D’une part parce que du temps des appelés, cela se faisait en atelier pour le parc automobile (les constructeurs donnaient un calendrier de révisions régulières selon l’age ou le kilométrage), ensuite parce que cela se fait depuis presque un siècle en aéronautique.

      Sur ATL1, il y avait 4 niveaux de visite de maintenance préventive:
      V1 = maintenance courante et entretien
      V2 = maintenance importante faisable en flottille
      V3 = maintenance lourde à faire chez l’industriel
      V4 = opérations profondes, évolutions de matériels, refonte à mi-vie ou équivalent
      Sur ATL2, il n’y avait plus que 3 niveaux quand j’ai quitté la patmar.

      En école de spécialité (1989-91), j’avais appris que le simple fait de nettoyer les antennes à l’eau claire tous les jours (sur les aéronefs embarqués) avait fait diminuer de 80% les ocurences de pannes radio dans les années 1970, d’où le fait que les patmar « prennent la douche » à l’atterrissage après un vol en basse altitude au dessus de la mer.

      • ji_louis dit :

        La maintenance préventive se faisait déjà dans les années 1930 sur les moteurs des avions Bloch (mon grand-père paternel l’avait fait et me l’avait raconté).

      • Optimist dit :

        Je pense qu’il s’agit désormais de « maintenance prédictive » et non « préventive ». Préventive, c’est avoir un plan d’entretien. Prédictive, c’est avoir recours à des capteurs et un minimum d’IA pour déclencher des opératiuons hors planning AVaNT la panne

      • Vroom dit :

        « …nettoyer les antennes à l’eau claire tous les jours (sur les aéronefs embarqués) avait fait diminuer de 80% les ocurences… »
        Cela a dû se perdre, vu la qualité radio merdique des Rafale M comparée aux Rafale Air….

    • Vinz dit :

      Thanks captain Obvious 🙂

    • Czar dit :

      merci ô combien d’approuver fortement, au risque de ta carrière, le discours officiel.

      Que ferait Platon dans sa grotte sans l’écho ?

    • Le K.pitan dit :

      Le privé, ça fait toujours du bon boulot au départ pour obtenir le marché, puis après ça fout le bordel partout. Comme quoi, tu payes pas je fais pas où je fais pour ce que tu payes. Sans compter les prix qui vont à la hausse. Faut faire du profit avant tout, avant les intérêts de la nation si d’aventure

  3. Arnaud dit :

    C’est intéressant. Il était temps que l’armée de terre communique enfin sur ses compétences et sur ses savoir faire, notamment pour recruter et fidéliser. L’armée de l’air ou la marine mettent souvent en avant leurs innovations. Enfin l’Armée de terre en fait autant.
    Et pour une fois, il faut noter que le MCO se modernise en même temps qu’arrive une nouvelle génération d’équipements (SCORPION).

  4. vrai_chasseur dit :

    Le programme SCORPION fait entrer de nouveaux « objets » dans la panoplie de l’AT : les matériels et logiciels informatiques et de télécommunications.
    Comme pour le reste, il va falloir aussi en gérer les pannes (les défaillances électroniques, les bugs), la maintenance (les mises à jour) et la disponibilité (coupures réseau, etc).

  5. bertrand dit :

    Malheureusement la seule façon d’avoir des taux de disponibilité élevé c’est d’avoir du stock directement dans les régiment ou par une plateforme logistique qui permet des envoie rapide….Bref faut du stock et ca coute bonbon surtout quand c’est sur véhicule vieillissant ou il faut souvent mettre en refabrication des pièces.
    l’impression 3d( que je pratique pas mal a titre amateur) c’est pas mal mais pour des pièce mécanique j’y crois absolument pas, rien que par les matériaux utiliser et la précision des pièces fabriquer.
    A mon humble avis si y’a des besoin de pièce mécanique rapidement la solution serait peut être de recruter des tourneur fraiseur

    • Chanone dit :

      @ Bertrand
      C’est exactement ce que mon boss me disait quand je me suis entretenu avec lui sur cette lacune.
       » Pas de chances de voir des pièces en métal de structure en 3D ».
      Trois mois plus tard, Tom Enfers dévoilait en moto en assemblée générale et présentait le prototype, dont les formes tarabiscotées étaient héritée de support d’ailes. L’alliage avait la solidité du titane, évitait des dizaines de passes de fraisage, et dans le même temps, les nouveaux actionneurs d’ailes perdaient 30% de poids.
      Quand aux Chinois, ils y croient tellement qu’ils font des pièces de drone de plusieurs mètres.
      .
      La 3D est régulièrement évoquée ici, et l’aéronautique en fait un axe d’avenir, au point que même les professionnels sont largués…

    • Patatra dit :

      Tout à fait, il faut du stock au plus prêt de l’utilisateur final, mais le stock coutant cher…
      Les industriels, pour faire baisser les coûts promettent un stock moindre avec un chaîne logistique réactive (dans les rêves de tout le monde).
      Résultat des courses > Tx de dispo merdique

  6. Frédéric dit :

    Peut être du mieux pour les hélicoptères ?

    Une usine modernisé de Safran doit faire baisser les délais de réparation des moteurs de 50 a 35 jours :

    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/comment-safran-va-augmenter-la-disponibilite-des-helicopteres-de-l-armee-francaise-840284.html?amp=1

  7. werf dit :

    Des capteurs électroniques pour analyser l’huile des moteurs on connaît la suite sur les véhicules civils qui connaissent des bugs dus aux nombreux capteurs sur les voitures modernes et surtout sur les boitiers électroniques d’analyse qui sont très fragiles e, pour la plupart, fabriqués en Asie. Quant à l’impression 3D pour faire des pièces mécaniques résistantes autres que des petites pièces plastiques je n’y crois pas un seul instant, surtout si le véhicule est destiné à la BSS. Il faut revenir aux fondamentaux du MCO des armées modernes : des véhicules ayant les mêmes châssis et les mêmes moteurs avec des ateliers sur le terrain opérationnesl ayant des pièces de rechange en nombre suffisant compte tenu de la fréquence des pannes rencontrées

  8. blavan dit :

    On découvre enfin pour le matériel terrestre , l’analyse spectrale des huiles de moteur , développé par les américains depuis la seconde guerre mondiale, et utilisé par l’ALAT depuis 1975.
    La dispo c’est uniquement un problème de rechange et donc d’argent et aussi de rusticité de matériel, ce que la France ne sait pas faire dans ses créations de matériels militaires.

  9. fgni dit :

    Je vais peut etre …surement me faire jeter, mais comme je suis un « pekin » ignare..je me lance, adonc:
    je lis:
    …///Ces dernières raffirmaient le rôle central que devait tenir la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [SIMMT], qui chapeaute le Service de la maintenance industrielle des matériels terrestres [SMITer] et le Commandement de la maintenance des forces de l’armée de Terre [COM MF]. Et il était question d’avoir un recours accru aux externalisations, le niveau d’activité de régénération des véhicules relevant d’opérateurs privés devant être porté à 40% en 2024.

    avec tous ces honorables superpositions de structures cela ne revient-il pas à dire : c’est pas moi c’est l’autre, en réalité qui va intervenir rapidement et opérationnellement?
    bon on verra bien
    merci et bonne journée
    A

    • Aymard de Ledonner dit :

      Précisément l’un des changements envisagés est de limiter de manière drastique le nombre de contrats, donc le nombres de responsables, et de passer des contrats calés sur des objectifs de résultat : tant de véhicules en état de rouler, tant d’avions ou d’hélicos qui volent…..

    • Paul Bismuth dit :

      @ fgni
      Il suffit de voir comment cela se passe chez les allemands.
      https://youtu.be/EpY-piJuUUM
      Il y a de fortes chances que cela se passe comme vous le decrivez si de fortes sanctions financières en cas de non respect du contrat ne sont pas appliquées (pour cause de chantage à l’emploi notamment).

  10. Luc dit :

    « ’arrivée des véhicules du programme SCORPION et les innovations technologiques, l’armée de Terre espère faire encore mieux. « L’immobilisation d’un matériel terrestre doit devenir l’exception  »
    Combat perdu d’avance par la multiplications des capteurs, des chaines logiques, des calculateurs,des câblages par « bus » ,des lignes de code buggées et des prises ……
    On va regretté le Pick-up Peugeot ou la Jeep pour leur simplicité et leur fiabilité ….

  11. William dit :

    Et si on commençait par le plus simple: dés l’achat prévoir des pièces de rechange?
    De nos jours, on tente d’imposer des procédures civils ou, en effet, le stockage de pièces a un cout ( marginal mais soit, tout pour le bénéf), mais, pour une armée, des pièces de rechange sont le nerf de la guerre! Simplification des procédures, stockage bien pensé près du théâtre d’opération…il me semble bien étrange qu’on doivent aller « à Paris » quand on est au Mali depuis des années!

  12. STEPHANE FLEURY dit :

    L’impression 3D, super! Quid de la qualification des pièces qui seront ainsi fabriquées ? des HUMS partout: super avec des matériels qui ont un profil d’emploi linéaire. Quand on sait que les matériels des régiments passent le plus clair de leur temps dans les hangars, quelle utilité de les barder de capteurs ? La maintenance prédictive a été mise en place sur le Leclerc dans les années 2000. Quelqu’un peut me rappeler la DTO du Leclerc depuis 20 ans ? Le recours au privé a permis l’amélioration de la DTO de 3 % : à isopérimètre de parc ? Ça sent l’embrouille cet article……..

  13. Belzébuth dit :

    C’est un pacte faustien entre les politiques et les industriels sur le dos de l’armée. Et je m’y connais! 😉